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turluturu Petit arbre dans le vent

Age : 15 Inscrit le : 21 Juil 2007 Messages : 65 Localisation : Dans ton c.. ! Naaaan...c'est trop facile xD !
| Sujet: Les mystères d'une vie Ven 27 Juil - 12:26 | |
| Bonjour à tous !
C'est ici que je choisis de publier ma première fanfiction sur ce fabuleux univers.
A vous de me dire ce que vous en pensez !
Les mystères d'une vie
Chapitre 1 - Retrouvailles
Pour le garçon, les lunes avaient passé, depuis son départ du monde des Minimoys, comme une éternité à laquelle il ne pouvait pas mettre terme. Malgré ça, il avait pris son mal en patience et avait attendu que ces trois années d’attente passent. De toute façon, qu’aurait-il pu faire d’autre ? Mais, aujourd’hui, il allait pouvoir y retourner.
Lorsqu’il se fut assuré que ses grands-parents dormaient à poings fermés, il se glissa fugitivement dans le bureau de son grand-père et prit la toile dans le double-fond de la cheminée. Sans faire de bruit, il sortit dehors et repéra le passage. Il posa la toile encore nouée au même endroit et remonta dans le bureau pour prendre le télé-scope. Lorsqu’il sortit de la maison, télé-scope en main, il aperçut quatre torches plantées en forme de carré. Un léger sourire se peint sur son visage alors qu’il allait en courant vers les Bogo-Matassalaï. Leur chef lui fit un sourire alors qu’il le voyait arriver. - Bonsoir, Arthur, dit-il de sa voix grave. - Bonsoir, répondit-il, un grand sourire au visage. Regardant par terre, il s’aperçut que les cinq hommes avaient déjà déployé la grande toile pentagonale. Le garçon céda le télé-scope à son aîné qui alla l’installer. - Oh ! fit une voix derrière lui. Tu t’en vas ? Pris en faute, il se retourna. Heureusement pour lui, ce n’était que son grand-père qu’il avait dû réveiller en faisant un peu trop de bruit. Il avait oublié que le vieil homme avait le sommeil extrêmement léger. - Désolé d’avoir rompu ton sommeil, grand-père. - Tu n’as pas répondu à ma question, releva-t-il. Le silence resta de mise entre les deux parents. Finalement, un sourire sur le visage, Archibald fit un mouvement de la main en direction des cinq hommes qui lui répondirent de la même manière. - Bon voyage, mon garçon. - Merci, grand-père ! - Dépêche-toi, lui conseilla-t-il en s’en retournant vers la maison familiale. On ne fait pas attendre le portail. Arthur, sous l’œil attentif des Bogo-Matassalaï, déplia la feuille où étaient inscrites les instructions et fit les tours nécessaires. Le rayon lunaire descendit et frappa de plein fouet l’objectif de la lunette, ouvrant la porte du monde des Minimoys. Le jeune garçon souffla longuement tout en accordant un dernier regard à son grand-père. Il s’approcha de la lunette et y colla son œil. Il lui fallait maintenant attendre.
Il vit une minuscule échelle se poser contre le rebord de l’objectif. Il sourit et sentit son cœur se gonfler de joie. En quelques secondes, une petite tête rousse fit son apparition. Elle scruta l’œil qui lui faisait face et, reconnaissant son compagnon d’aventure, poussa une grande exclamation. - Arthur ! Tu es revenu ! - Je t’avais dit que je reviendrai vite, non ? - Oui, c’est vrai. Bon, attends-moi là. Le rouquin descendit de son échelle et partit réveiller le Passeur qui, comme à son habitude, bougonna contre l’indiscipline de la jeunesse avant de s’étirer. Il regarda, ensuite, la lune puis, content, alla actionner les cercles. Il se sentit rapetisser. Immédiatement, il s’accrocha au rebord de la lunette et se hissa sur la plaque de verre qui, il le savait, allait s’ôter d’un moment à l’autre. Son grand-père vint lui faire un dernier au revoir auquel il répondit. Sous lui, il sentit quelque chose s’ôter et il bascula dans le vide. Il y prit presque plaisir ; contrairement à la dernière fois où il avait hurlé à pleins poumons. Il heurta durement la plaque de verre. Sans attendre, il sortit la clé de sa poche et l’inséra dans la serrure. Il regarda au dessus de lui et, avec une certaine peur, constata que l’iris de la lunette se refermait. Il déglutit lentement. S’il y avait bien un des moments qui l’avait marqué durant sa précédente aventure, c’était celui là.
Lorsqu’il fut passé de l’autre côté, il épousseta ses vêtements de cette gelée jaune d’or et se secoua la tête avant de passer une main dans ses cheveux couleur de neige en bataille. - C’est bon, t’as fini ? lui demanda le Minimoy, ironique. Parce qu’il y a du monde qui t’attend, là. - On m’attend ? - Qu’est-ce que tu crois, sombre idiot. Ca fait trois ans que nous t’attendons - Ah…Bon, et bien, allons-y ! - Heureux de te l’entendre dire. Au fait… - Oui ? - Ca fait plaisir de te revoir, Arthur. - Merci, Bétamèche. Moi aussi, ça me fait plaisir. Comment va ta sœur ? - Elle est complètement transie, lâcha-t-il, un léger sourire aux lèvres. Tu te seras fait attendre, mon vieux ! lança, taquin, le rouquin en frappant du coude la cuisse d’Arthur. - Oui, bon… C’est pas ma faute non plus si le passage ne s’ouvre qu’une fois en trois ans. Tu n’as toujours pas répondu à ma question - Oui, elle va bien. Ca fait juste deux jours que, dès qu’on lui pose une question, elle n’y répond pas vraiment. Elle est dans les nuages à longueur de journée. Ah, l’amour ! soupira Bétamèche. Arthur sourit face au comportement de son ami. Décidément, il était bel et bien resté le bon vivant qu’Arthur avait connu quatre ans plus tôt. Il avait toujours cet éternel sourire sur le visage et ce ventre arrondi laissé à l’air libre par sa veste courte. Oui, assurément, Bétamèche resterait toujours fidèle à lui-même malgré les années qui passeraient. Ils arrivèrent sur la grande place. Immédiatement, des regards se tournèrent vers les deux Minimoys alors qu’ils traversaient en ne regardant personne. A un moment, le regard d’Arthur dévia sur la pierre d’où il avait arraché l’épée. A sa plus grande surprise, la lame était de nouveau fichée dans la pierre, attendant patiemment son possesseur. Ils continuèrent leur chemin et entrèrent dans le palais. Arthur regarda, impressionné, le nombre de couloirs qui partaient de cette pièce centrale. Il y en avait facilement une dizaine. Le jeune garçon fit part de son impression au prince. Ce dernier hocha la tête en disant que, une fois que l’on connaissait l’endroit, on avait plus de mal à se repérer. - Sauf qu’avec une seule journée tous les trois ans, je risque de mettre du temps, non ? ironisa Arthur. - Tu t’y feras ! lui assura le rouquin. Juste une question de temps. Dubitatif, Arthur hocha tout de même la tête afin de ne pas s’engager dans une conversation qui pourrait devenir trop longue et, surtout, bien trop embarrassante. - Euh, Béta…tu m’emmènes où, là ? - Chez mon père. Il veut être le premier à te voir dès ton arrivée. Enfin…le deuxième, maintenant, mais c’est sans importance. Le garçon n’en demanda pas plus et se laissa conduire jusqu’aux appartements de l’ancien roi. Le prince frappa à la porte et, après un bref « Entrez ! », laissa le jeune garçon seul. Prenant son courage à deux mains, il posa sa main sur la poignée, tourna celle-ci et ouvrit la porte. Le vieux roi était allongé dans son lit, les couvertures remontées jusqu’au cou. Il semblait extrêmement faible. « Bizarre que Bétamèche ne m’en ait pas parlé, songea-t-il. ». - A…Arthur ? siffla le roi. La garçon s’avança prudemment et vint s’agenouiller au chevet de l’ancien monarque, la tête basse. Il sentait le regard de ce-dernier braqué sur lui, mais ne pipa mot. Mieux valait ne rien dire. Du moins, pour le moment. - C…c’est bien toi…Arthur ? - Oui, votre majesté, répondit-t-il. - Je…je ne possède plus…ce titre. Il fut pris d’une quinte de toux violente. - Pourquoi vouliez-vous me voir, majesté ? demanda Arthur lorsque l’ancien monarque se fut remis. - Oh…pour rien, assura-t-il. Je voulais…te voir…encore une fois…avant de m’en aller. Tu…tu peux sortir. Il…j’ai…encore besoin de repos. - Comme vous voudrez. Arthur ne se le fit pas répéter deux fois. Il se leva, adressa ses respects au malade et sortit de la pièce. Le prince ventripotent l’attendait, adossé au mur. - Alors ? lui demanda-t-il. - Il voulait juste me voir…avant de s’en aller. - Ouais, c’est compréhensible. Tu veux aller voir Sélénia ? lui demanda-t-il. Le cœur du garçon fit un bond dans sa poitrine. Aller la voir ? Bien sûr qu’il le voulait. Cela faisait maintenant un an qu’il ne l’avait plus vue tout de même. - Dis-moi juste où est sa chambre, lui dit-il. - Je ferais mieux de t’y accompagner. Avec tous ces couloirs, tu risquerais de te perdre. Arthur acquiesça et se laissa mener par Bétamèche jusqu’aux appartements de sa princesse. Il hésita à frapper. - Bah, alors ? T’attends quoi ? - Que tu t’en ailles, répondit le garçon sans une once d’hésitation. Bougonnant des paroles qu’Arthur n’entendit pas, le rouquin s’en alla, le laissant seul face à cette porte. Hésitant, il poussa la porte et entra dans la chambre de celle qui s’était emparée de son cœur en un seul regard. La pièce était dans l’obscurité. Seule la lumière émanant de quelques lucioles voletant dans un bocal de verre posé sur la commode de la princesse venait éclairer ce spectacle. En tentant de faire le moins de bruit possible, il s’approcha du lit de la princesse. Par réaction, le phosphore contenu dans le corps des lucioles émettait une lumière froide, éclairant le visage de la princesse d’une couleur vert citron. Il s’assit sur l’un des sièges présents dans la chambre et le ramena près du lit de la Minimoy. Il la regarda longuement. Les jours n’avaient pas altéré sa beauté. Toujours ces quelques tâches de rousseur parsemant son visage ovale par-ci, par-là. Comme de juste, ses cheveux cuivrés étaient en bataille. Un léger sourire effleura le visage du garçon. Elle était exactement pareille que dans ses rêves. Sans qu’il s’en rende compte, Morphée le captura et l’emmena dans son royaume peuplé de rêves, de cauchemars et de songes.
Le lendemain matin, la lumière du dehors vint chatouiller ses paupières. Lentement, elle ouvrit les yeux, devinant une silhouette par-delà sa vision floue. Elle ferma de nouveau les yeux le temps que ceux-ci s’habituent à sa condition éveillée avant de les rouvrir. Son cœur rata un battement. Il était là. Celui qui avait fait chavirer son cœur. Il dormait paisiblement, la tête inclinée sur la gauche. Quelques uns de ses cheveux blancs retombant devant son visage aux yeux encore masqués. Elle le vit papillonner des paupières. Elle se renferma sous sa couette et fit semblant de dormir. Elle l’entendit se lever après quelques secondes. Puis plus rien. Mais elle savait qu’il était encore là. Soudainement, quelque chose effleura sa joue. Elle frissonna mais n’en montra rien. Il était en train de lui caresser la joue du bout des doigts. Puis, quelques secondes après, il rompit ce contact et sortit de la pièce. Elle aurait très bien pu lui sauter dessus et l’embrasser comme elle le voulait ; comme aurait fait n’importe qui d’autre. Le problème était qu’elle n’était pas n’importe qui d’autre. Elle avait un protocole à la con à respecter.
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J'ai été obligé de splitter le chapitre en deux parce qu'il était trop long sinon ! xD La suite plus tard, alors ! ^^
P.S : le coup du phosphore est faux. En vérité, c'est un mélange d'adénosine triphosphate et de magnésium. Cependant, par souci de simplicité, j'ai dit qu'il s'agissait de phosphore
A vous les studios !
turluturu _________________

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|  | | turluturu Petit arbre dans le vent

Age : 15 Inscrit le : 21 Juil 2007 Messages : 65 Localisation : Dans ton c.. ! Naaaan...c'est trop facile xD !
| Sujet: Re: Les mystères d'une vie Ven 27 Juil - 14:51 | |
| Je savais bien qu'il y allait avoir plein de défauts ! xD Mais c'est bien de me le faire remarquer. Ca me fait progresser pour rendre plus agréable la suite de mon récit ^^ !
Alors...parlons donc de mes erreures : Pour le transport, je pense que c'est un défaut du film car au départ, le chef des Bogo dit à Arthur que le portail se referma pour mille et un jours (= trois ans). Quant à l'attente, il y a écrit "nous t'attendions". Ce qui n'implique pas tous les Minimoys. Certes, Sélénia peut se jeter dans les bras d'Arthur. Mais j'avais pas envie qu'elle le fasse ^^. Pas pour le moment, du moins. Tu comprendas plus tard pourquoi sa famille n'était pas très chaude pour qu'il y aille. Trente six heures passent tellement vite... Quant à la tristesse, je n'ai pas dit qu'il allait mourir (enfin, je ne crois pas ^^). Il est malade mais il croit qu'il va mourir. Puis, même s'il allait mourir, la royauté étoufferait l'affaire jusqu'à sa mort.
Bon...je mets le second chapitre (qui est en fait ce que j'ai splitté ce matin en version plus rallongée).
Chapitre 2 - Toi aussi
- Alerte à la porte Ouest ! Voilà le cri qui résonna dans le village des Minimoys peu de temps après leur réveil. Immédiatement, des masses de population se pressèrent à la porte concernée alors que des soldats tentaient de les rassurer. Vainement. Se frayant un passage à travers tous ses autres congénères, Arthur parvint jusqu’aux premiers rangs où, par hasard, il trouva Bétamèche. - Tu sais ce qu’il se passe ? lui demanda-t-il. - Pas plus que toi. Un étrange bruit se fit entendre. Tous regardèrent la porte. Une étrange tache bleu clair commençait à apparaître en son centre. Rapidement, la tache se propagea jusqu’à couvrir la totalité de la porte. Curieux, un garde posa sa main et la retira bien vite. - De la glace ! dit-il. La porte vola en éclats, éparpillant ses morceaux un peu partout. De la vapeur d’eau due au contraste de température entre l’intérieur et l’extérieur masquait l’entrée. On pu voir une silhouette se détacher dans la vapeur. Puis, quelques instants plus tard, un Minimoy émergea du brouillard. - Le Corbeau ! hurla quelqu’un. Des grands cris de frayeur s’élevèrent de la foule. Le regard d’Arthur se porta sur le nouvel arrivant : C’était quelqu’un de plutôt grand pour quelqu’un de son espèce. Il avait le visage pâle, un nez discret et ses lèvres ne formaient qu’un trait horizontal, imperturbable, sur son visage. Un visage dont la pâleur formait un contraste époustouflant avec la couleur de ses yeux. Des yeux comme ça, Arthur n’en avait vu que dans les contes : des yeux bleu électrique à la pupille fendue à la verticale encadrée par deux points. Ses cheveux étaient assez sombres, dans les teintes noires (quoique…en regardant bien, on pouvait apercevoir des reflets bleutés très sombres.), et tombaient en longues lèches qui descendaient jusqu’au dessous de ses genoux. Il était vêtu d’un long manteau en cuir synthétique, d’un pantalon noir et de bottes aux sangles non fermées. Son absence de haut sous son manteau laissait apercevoir son torse musclé, ses abdominaux et pectoraux mais aussi des cicatrices. Une bande de cuir noir enserrait son torse au niveau de la poitrine. Il portait deux épées courtes au côté et, dans son dos, une longue lame rangée dans un fourreau. Un sourire aux lèvres, il s’avança vers les gardes qui brandirent leurs lances vers le Minimoy. Celui-ci considéra quelques instants les armes avant d’éclater d’un rire nerveux. - Et c’est avec ça que vous pensez pouvoir m’avoir ? demanda-t-il d’une voix grave, légèrement sensuelle. Haussant les épaules, il écarta les lances d’un mouvement involontaire des mains et s’aventura dans la foule qui le regardait avec un regard empli de haine. Sans y faire attention, il les dépassa et ils se mirent à le suivre. Il s’arrêta devant la grande porte du palais, soupira et tira la grande lame du fourreau dans son dos avant de la pointer vers la foule. - Si vous n’y voyez pas d’inconvénients, j’aimerais parler avec une personne située dans ce palais. Vous avez trente secondes pour foutre le camp. Après des bougonnements mécontents, les gens commencèrent à partir par petits groupes de trois ou de quatre. En moins de trente secondes, il ne resta sur le devant du palais que trois personnes : l’étranger et deux autres Minimoys. - Je suppose que si vous restez, c’est que vous avez de bonne raison, non ? insinua-t-il. - Je suis le fils de l’ancien Roi. - Et moi je suis le mari de la princesse. - Elle est mariée ? s’étonna-t-il en ouvrant légèrement les yeux. - Depuis trois ans, ajouta le rouquin. Dans un mouvement fluide, le Corbeau rangea son épée et se détourna des deux Minimoys qui se regardèrent et haussèrent les épaules avant de suivre l’étranger dans le palais. - Vous vous appelez comment ? lui demanda Arthur en le rattrapant. - Pour commencer, ne me vouvoie pas, j’ai horreur de ça. Ca me vieillit. Pour ce qui est de ta question, tu n’as pas entendu tout à l’heure ? - Non…je veux dire : votre…enfin ton vrai nom. - Ah, ça ! Raven, leur dit-il. Et vous ? - Bétamèche, prince des Minimoys. - Arthur. D’où est-ce que tu viens ? - De l’endroit où je suis en ce moment. Et toi ? - Tu es d’ici ? s’étonnèrent les deux en même temps. - Je ne t’ai jamais vu, poursuivit le rouquin. - C’est…une longue histoire. Mais tu n’as pas répondu à ma question. - Je viens d’en haut. Du monde des Humains. Je peux venir ici une fois tous les trois ans. - Sélénia doit quand même te manquer. Ils n’insistèrent pas et continuèrent à le suivre. Au plus grand étonnement des deux, l’étranger semblait parfaitement bien connaître les lieux. Il s’arrêta en face de la porte des appartements du roi. - Est-ce que vous pouvez me laisser seul ? demanda-t-il. - Qu’est-ce que tu veux à mon père ? releva Bétamèche, un brin méfiant. - Lui parler. N’en ai-je pas le droit ? - Je peux te faire confiance ? - Qu’est-ce que tu en penses ? Ce jeu de questions sans réponses commençait à profondément taper sur les nerfs de Bétamèche. Et cela se voyait parfaitement sur son visage. - Bah…fais-moi confiance. Je ne le tuerai pas. Après cette dernière phrase, il ouvrit la porte et s’enferma dans la pièce, laissant en plan ses deux autres congénères. Ceux-ci se regardèrent un instant avant de quitter le couloir dans lequel ils étaient.
La pièce était plongée dans l’obscurité. Un volet était tiré pour que la lumière n’entre pas. Heureusement qu’il était nyctalope. Il s’approcha du lit et regarda son occupant. Ses traits s’étaient tirés depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Un sourire effleura le visage de Raven. La dernière fois qu’ils s’étaient vus. C’était il y avait mille ans cent ans. Normal qu’il ait vieilli depuis. - Qui est là ? siffla-t-il. - Chut, fit Raven en s’agenouillant. - R…Raven ? - C’est bien moi. - Je…je te croyais mort depuis des siècles ! s’exclama l’ancien roi avec émotion. - Je m’en sors toujours. Vous devriez le savoir. - L…laisse-moi te voir. Il…il y a une bougie sur la commode. Suite à l’ordre, Raven prit la bougie et l’alluma à l’aide d’une des allumettes posées sur la même commode et la porta entre lui et le monarque. - T…tes yeux ! Que leur est-il arrivé ? - Je me suis battu contre un sorcier en voulant secourir une femme. Il m’a brûlé les yeux lorsque je l’ai achevé. La femme, c’était une sorcière en fait, m’a redonné des yeux et, à sa mort, m’a légué ses pouvoirs. - Tu as dû en faire des choses depuis le début de ton exil. Ta mère… - Ne me parlez plus jamais d’elle ! Ou je crois bien que je vais devenir fou ! - Comme tu voudras, Raven. Tu as grandi, analysa-t-il. - Après sept cent ans, c’est normal de grandir, non ? Un silence lourd passa entre eux deux. - Pourquoi est-ce que tu es revenu ? - J’ai…de mauvaises nouvelles. A qui pourrais-je les annoncer ? - Au Conseil. Ou à Sélénia. C’est toi qui vois. - Très bien. Où pourrais-je la trouver ? - Fie-toi au garçon aux cheveux blancs. Lui, il sait où la trouver. - Ce n’est pas son mari pour rien, souffla-t-il. Un sourire effleura le visage de l’ancien roi. Un sourire que Raven ne vit pas. - Bien. Il me faut…encore…du repos. - Comme bon vous semblera. Je vais vous laisser. - A bientôt, Raven. Sans répondre, le Minimoy sortit de la chambre et referma lentement la porte derrière lui. Il se souvenait encore à peu près où était la chambre de la princesse. Il ne lui restait plus qu’à en trouver le chemin. Peut-être y serait-elle. A force de parcourir les couloirs, il tomba, forcément, sur la bonne porte. Il toqua. Personne ne lui répondit. « Qui ne dit mot consent ». Il ouvrit la porte. Personne. Il y avait du bruit dans la pièce d’à côté. « Elle doit sûrement prendre sa douche… ». Il choisit de s’asseoir sur l’un des fauteuils.
Elle stoppa l’arrivée d’eau et attrapa une des serviettes posées sur la tige métallique. Elle se sécha rapidement puis enroula la serviette autour de sa poitrine avant de sortir de la salle de bains, les yeux clos et fredonnant un petit air. - On ne remarque plus ses anciens amis ? lâcha une voix. Elle sursauta puis se retourna immédiatement. Par réflexe, elle mit ses mains devant sa poitrine en oubliant totalement que sa serviette était déjà là. - Qui êtes-vous ! s’exclama-t-elle, furibonde. Sortez d’ici immédiatement ! - Je suis quelqu’un qui t’a protégée. - Sortez ou j’appelle la garde ! - Quelqu’un qui a tué pour te protéger. Elle commençait à avoir un affreux doute sur l’identité de la personne Il n’y avait qu’une seule personne à avoir tué pour la protéger. Mais cette personne était sûrement morte à l’heure actuelle. De plus, cette personne avait les yeux verts. Et non pas bleu électrique. Sortant de ses gonds, elle se rua sur lui, le poing prêt à frapper. Ce fut avec une vitesse impressionnante qu’il emprisonna le poing de la princesse dans sa main. Il s’approcha de son oreille et susurra : - Quelqu’un qui a été envoyé en exil pour avoir protégé sa petite sœur. Non. Pas Lui. Elle recula doucement, la bouche entrouverte par la surprise et s’affala sur son lit tout en ne parvenant pas à détacher son regard de l’être en face d’elle. - C…c’est pas possible. Tu…tu es porté disparu depuis cinq cent ans. - Exilé depuis mille ans, rectifia-t-il. Le silence s’installa avant d’être rompu. - Le rouquin que j’ai croisé… - Tu as vu Bétamèche ?! - Oui, pourquoi ? - Il ne sait pas que tu es notre frère. Il n’y a que moi et Père qui le savons. Mère étant… - Sélénia…je comprends que tu puisses la considérer comme ta mère, mais plus moi. Je te rappelle que c’est elle qui m’a contraint à l’exil. - Tu avais tué quelqu’un ! - Pour TE protéger ! répondit-il en haussant le ton. Si protéger quelqu’un équivaut à mille ans d’exil, je préfère encore me retenir et laisser mourir la personne. - Tu as changé, releva-t-elle après quelques secondes de silence. - Nan, tu crois ? lâcha-t-il sur un ton très ironique. Au fait, j’ai remarqué que Père ne va pas bien. Qu’est-ce qu’il a ? - Une grippe passagère. Il croit être à l’article de la mort, mais il s’en sortira. - Tu en es sûre ? Je ne tiens pas à ce que l’on mette sa mort sur le compte de mon arrivée ? - Pourquoi ferait-on ça ? - Tu sembles avoir oublié mon vieux surnom et sa symbolique. - Corbeau, oiseau de malheur et annonciateur de mauvais augure, je sais. Tu n’es pas venu me donner de mauvaises nouvelles, j’espère ? Il ne répondit pas. Bien sûr que si qu’il était revenu pour une mauvaise nouvelle. Il avait découvert quelque chose d’important. De crucial, même. Son silence sonna lourd aux oreilles de Sélénia. - Si, souffla-t-il. Elle soupira et baissa le regard alors qu’elle réfléchissait. - Attends-moi dehors ! lui ordonna-t-elle. Il s’exécuta. Adossé au mur à la droite de la porte, il entendit des pas claquer sur le sol. Il regarda en direction de l’origine du bruit et aperçut le garçon aux cheveux blancs. Il arrivait en direction de la porte. Alors qu’il allait frapper, une voix l’en empêcha. - Elle est en train de s’habiller. Tu peux rentrer si tu veux, mais je ne garantis pas la suite des événements. Arthur se raisonna. S’il avait vraiment raison, mieux valait qu’il se retienne d’entrer. Bougonnant quelque chose, le jeune garçon alla s’adosser à la gauche de la porte et attendit. - Tu lui as déjà parlé depuis que tu es revenu ? demanda le garçon. - Oui. Et toi ? - Pas vraiment… La porte s’ouvrit, les coupant dans leur discussion monotone et sans grand intérêt. Sachant que les deux tourtereaux seraient bien mieux seul à seul, Raven décida de s’éclipser.
Elle tourna la tête à droite. Rien. Elle tourna la tête à gauche. Son cœur rata un battement. Elle le regarda. Il la regarda. Elle ne s’écouta plus elle-même et se jeta dans ses bras en le serrant contre elle de toutes ses forces. Il était enfin là. Bien sûr, elle aurait pu faire ça tout à l’heure, lorsqu’ils étaient seuls et à l’abri des regards. Mais quelque chose l’avait retenu. Sûrement l’envie de ne pas briser ce moment. Elle releva le regard vers le jeune garçon et, sans attendre plus longtemps, s’empara de ses lèvres en un baiser auquel il ne se priva pas de répondre avec toute la tendresse dont il était capable. Il sentit la langue de sa princesse passer sur ses lèvres. Souriant intérieurement, il entrouvrit ses lèvres, laissant libre accès à sa princesse. Ce fut une explosion de sensations. Il redécouvrait ainsi toutes les sensations par lesquelles il s’était senti envahi lors de son premier baiser devant la porte de Nécropolis. Lorsqu’ils furent à court d’oxygène, ils rompirent le baiser et Arthur posa son front sur celui de Sélénia. Une fois de plus, leurs regards se mélangèrent, exprimant ainsi une multitude de sentiments. - Tu m’as manqué, souffla-t-elle. Il l’embrassa de nouveau, goûtant à ces lèvres tellement douces et dont la brûlure l’avait hantée toutes les nuits. - Toi aussi, lui répondit de la même manière.
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Dernière édition par le Ven 27 Juil - 18:38, édité 1 fois |
|  | | turluturu Petit arbre dans le vent

Age : 15 Inscrit le : 21 Juil 2007 Messages : 65 Localisation : Dans ton c.. ! Naaaan...c'est trop facile xD !
| Sujet: Re: Les mystères d'une vie Sam 28 Juil - 11:19 | |
| Oui, désolé, j'étais trop stone à deux heures du matin pour la mettre. Du coup, je suis direct allé me coucher en me disant que je vous la mettrais demain matin.
Chapitre 3 - Mise en garde
Alors qu’il se promenait au détour d’un couloir, il tomba par hasard sur les deux tourtereaux, main dans la main. Un sourire naquit sur ses lèvres. Sa sœur allait vraiment bien. Il s’était fait tellement de soucis depuis son départ en exil qu’il avait failli devenir cinglé à force de ne cesser d’y penser sans arrêt. Mais la nouvelle qu’il avait à annoncer revint à lui et fit s’alourdir son esprit. Il fallait qu’il s’allège, qu’il partage ce secret oublié du temps. Un secret qui remontait plus loin encore que l’époque où Maltazard était encore considéré en héros. Raven s’avança vers eux, conscient qu’il troublait un moment intime. De toute façon, ils pourraient très bien reprendre leur ballade en amoureux un peu plus tard. - Sélénia, commença-t-il. Désolé de te déranger, mais j’aimerais te parler. - Très bien, répondit-elle, légèrement dépitée de devoir interrompre sa balade. Arthur, est-ce que tu… - Il peut rester. Ca le concerne tout autant que toi. Tu ne veux pas aller quelque part ailleurs ? - Pourquoi ? demanda le jeune garçon avec un air naïf. - Il arrive que les murs aient des oreilles. On peut aller dehors ? - Si tu veux, acquiesça la princesse. A trois, cette fois-ci, ils sortirent dans les jardins du palais et allèrent s’asseoir en triangle dans un parterre d’herbe. - Alors ? De quoi est-ce que tu voulais me parler ? - De l’Epée plantée en plein milieu du village. J’ai découvert quelque chose à son propos. Quelque chose d’assez dérangeant. Pour toi, quelle est la condition pour pouvoir retirer l’épée ? - Il faut que celui qui la retire de son piédestal ait été choisi par elle. - Erreur, très chère ! L’épée ne peut être retirée que si celui qui s’y essaie ait un cœur empreint d’innocence et n’ait jamais connu une quelconque chose pouvant entacher son innocence. En l’occurrence : un enfant pourrait la retirer sans aucun problème. - Mais alors dis-moi pourquoi je n’ai pas pu la retirer lorsque j’ai essayé ! s’indigna Sélénia. - Parce que tu m’as vu tuer ton agresseur. Tu ne te souviens plus ? Le regard d’Arthur se fit méfiant. Sélénia agressée ? Raven tueur ? Tant de questions. - Tu…tu as été agressée ? osa-t-il demander. - C’est une longue histoire, Arthur, s’empressa-t-elle de dire. Je te raconterai ça plus tard. - Nan, la contredit Raven. Il est en droit de savoir. Selon toi…combien de membres la famille royale compte-t-elle ? - Et bien…Sélénia, Bétamèche, leur père et leur mère décédée, non ? Donc quatre. Le regard du Corbeau croisa celui de sa sœur cadette. - Erreur, mon cher. Ils sont cinq dans la famille royale. Le père ; la mère décédée ; l’aîné ; la cadette et le benjamin. - Mais je n’ai jamais vu de benjamin. - Tu le connais très bien, Arthur. C’est même ton meilleur ami. - J’en déduis que c’est Bétamèche. Quand tu dis la cadette, tu parles de Sélénia. Maintenant, je ne sais pas qui est l’aîné. - Tu l’as en face de toi, Arthur, lui avoua Sélénia. Raven est notre frère aîné à moi et à Béta. Les quelques instants de surprise passés, il se permit de demander des explications. - C’est très simple, commença Raven. Je suis né trois cent ans avant Sélénia. Nos parents nous aimaient et tout allait pour le mieux. Lorsqu’est arrivé ce fameux jour. Sélénia et moi nous étions engueulés et elle est partie par une pluie battante. Avec la ferme intention de m’excuser je suis parti à sa recherche avec un couteau (on ne sait jamais ce qui peut traîner dehors). Je la cherchais lorsque j’ai entendu des cris. J’ai couru en direction des cris et j’ai retrouvé Sélénia en train de se débattre face à quelqu’un âgé de plus de trois mille ans de plus. Disons qu’il n’était pas très net et que ses intentions ne devaient pas être très folichonnes. Je n’ai pas hésité. Je lui ai sauté dessus et je l’ai égorgé. Sélénia était juste en dessous et elle a vu toute la scène. Lorsque je suis rentré, ma main dans celle de Sélénia complètement traumatisée, un couteau et les vêtements pleins de sang, nos parents ont tout de suite compris. Quelques temps après, l’affaire était mise en place publique. C’était ma mère qui s’occupait de la justice. Et le jugement a été sévère : condamné à l’exil. Mon père était contre mais, visiblement, ma mère était pressée de me foutre à la porte. C’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à la détester comme la pire des pestes qui soit. Son histoire terminée, il laissa le silence prendre place pendant quelques instants afin de l’apprécier pleinement puis termina : - C’est comme ça que Sélénia a perdu son innocence. Et c’est pour ça qu’elle n’a pas pu retirer l’épée. Maintenant, revenons-en à nos moutons : l’Epée. Je disais qu’un individu au cœur totalement innocent pourrait la retirer. - Aucun homme n’est innocent, Raven. Et tu devrais le savoir. - Un homme, non. Un Minimoy, non plus. Mais un enfant, oui. Les enfants courent les rues. Et les plus innocents sont ceux qui vivent le plus durement la vie. Il suffit que l’un d’eux tombe entre les mains d’une personne malfaisante au courant de ce secret et vous pourrez dire au revoir à votre épée magique. - Les gardes contrôlent les nouveaux arrivants dès que quelqu’un veut entrer. - J’ai déjà réussi à m’introduire une demi-douzaine de fois ici sans que personne ne me remarque. Je ne suis pas resté longtemps, certes, mais j’ai déjà réussi. Le bec cloué, Sélénia ne savait plus quoi dire. Et elle qui osait se vanter de la sécurité de son petit fief… Elle aurait mieux fait de se taire. - Il y a une chose qui me titille, Raven. - Laquelle ? - La dernière fois que nous nous sommes vus, tes yeux étaient verts et non bleu. - Ah…c’est une longue histoire. Si vous avez du temps, je peux vous la raconter. Mais ça risque d’être long, par contre. - J’adore les histoires ! s’exclama Arthur, un grand sourire sur le visage. - Quant à moi, je suis curieuse de nature. Le Corbeau changea de position : il se coucha dans l’herbe, les deux mains sous la tête et les jambes croisées l’une sur l’autre, bordé par ses cheveux noirs, avant d’entreprendre son récit. - Il faut d’abord savoir que, après mon départ, je me suis rendu compte que si je voulais rester vivant, j’avais intérêt à me battre. J’ai appris sur le tas avec quelques bâtons de bois avant d’aller « emprunter » une épée courte à un forgeron. A partir de là, je me suis mis à parcourir le monde à la recherche d’aventures. Finalement, mon exil m’aura au moins servi à ça. Et, c’était à peu près six cent ans après mon départ, je suis entré dans un sous-bois où j’ai entendu des cris. J’y suis allé et je suis tombé sur un duel de sorciers. L’un était un homme complètement en noir avec un capuchon sur le visage qui faisait de la magie noire. L’autre était une femme vêtue en paysanne et qui, apparemment, n’avait pas demandé ce duel qui manipulait la foudre. J’ai vite choisi mon camp. Premièrement, je ne fais jamais confiance à ceux qui utilisent la magie noire. Deuxièmement, c’était une femme et elle était sur le point de mourir. Je me suis donc faufilé derrière le sorcier, ai bondi et lui ai passé mon épée au travers de la gorge. Il est mort quelques instants plus tard, mais il a eu le temps de me lancer un dernier sort : il m’a brûlé les yeux. J’étais devenu aveugle, mais j’avais tué mon adversaire. La sorcière m’est venue en aide : elle m’a offert ses yeux et ses pouvoirs avant de mourir. On va dire que j’ai été son héritier, en quelque sorte. Voilà comment je me suis retrouvé avec des yeux de couleur bleu électrique. Et j’avoue que ce n’est pas pour me déplaire. - Si elle t’a donné ses pouvoirs…tu es donc sorcier, non ? - Je n’en fais que très rarement usage. Seulement quand le cas est gravissime et, en général, ça fait mal là où ça tombe. Mais, comme dit, c’est rare que je l’utilise. Ca prend énormément d’énergie et, de toute façon, elle est morte avant de pouvoir m’en apprendre plus sur la manière de les contrôler. On peut dire que je joue avec le feu avec un bandeau sur les yeux. La métaphore fit sourire Arthur qui avait l’habitude d’entendre sa grand-mère lui dire qu’il jouait avec le feu en taquinant Alfred. - Pour en revenir au sujet initial, tu penses donc que l’Epée pourrait être volée ? - Oui. Elle pourrait l’être. Et c’est pour ça que je suis venu te voir. Il faudrait que tu rassembles le Conseil pour leur dire qu’il faut que quelqu’un retire l’épée de son piédestal. Sinon…qui sait ce qui pourrait arriver. - Et…qu’est-ce qui pourrait arriver ? - Un jour que je me baladais en forêt, j’ai trébuché sur quelque chose. J’ai juré, puis j’ai regardé ce que c’était : un coin de bois cerclé de métal. J’ai ôté la terre qu’il y avait autour avec les moyens du bord, c'est-à-dire mes mains, et je me suis aperçu que c’était un coffre qui avait été enterré à la va-vite. Je l’ai déterré et ouvert. Il contenait toutes les notes de Maltazard à propos de l’Epée. Toutes. Du métal à employer pour la forger jusqu’à la pierre à utiliser pour l’effiler en passant par les plans de forge. Il y avait tout. Et c’est justement ça qui m’a fait peur. - Pourquoi ? - Tout le monde prenait Maltazard pour un abruti doublé d’un grosse-tête. Mais c’est faux. C’était un foutu magicien qui a enfermé une quantité impressionnante d’énergie auto-régénérante dans cette épée. Ce qui permet à son utilisateur d’enchaîner des sortilèges monstrueux. On avait tous sous-estimés Maltazard. Et il s’en est rendu compte. Si bien qu’il a décidé de mettre tous ses talents de côté et de les concentrer en une seule création : l’épée qui, aujourd’hui, repose dans la pierre du village. Tous deux avaient écouté le récit de Raven avec attention. Jamais ni Sélénia ni Arthur n’auraient imaginé que Maltazard pouvait être aussi puissant. Certes, son prestige était grand, mais s’était dégradé avec les âges. Et l’on n’avait retenu de lui qu’un traître. - Mais…il y a quelque chose que je ne comprends pas, dit Arthur après quelques secondes d’appréciable silence. Comment est-il possible d’emmagasiner de l’énergie à l’intérieur de métal. - Par un procédé très complexe. Il suffit de concentrer son énergie sur un objet, en général une pierre précieuse car elles sont réfléchissantes, et de la projeter vers cet objet. Le procédé est d’autant plus complexe lorsque tu veux faire passer de l’énergie à du métal. Je ne sais pas combien de temps il a mis à transférer toute cette énergie mais, quoiqu’il en soit, c’est impressionnant. - Vous ne préfèreriez pas parler de choses un peu plus agréables que l’hypothétique vol de l’épée de pouvoir ? lança Sélénia. - Tu n’as pas l’air de trop t’inquiéter de ce que pourrait engendrer la perte cette épée. - Bien sûr que si, que je m’en rends compte ! s’indigna-t-elle en montant sur ses grands chevaux. Mais, étant donné que personne d’autre à part nous, ne connaît ce secret, je ne vois pas pourquoi je devrais m’en faire. - Si tu ne prends pas de mesure de sécurité, tu cours à la perte de notre peuple, Sélénia ! se révolta Raven. Et tu ne sembles pas t’en rendre compte ! - Pour qui est-ce que tu te prends, Raven ? Tu disparais pendant mille ans et, à ton retour, tu trouves le moyen de me faire la morale ?! Tu es mal placé, je pense, pour me dire ça ! Il grinça des dents. - Fais comme tu veux, Sélénia. Mais ne t’étonnes pas si l’épée est volée. Peut être suis-je mal placé pour te faire la morale, mais je suis conscient qu’un danger approche. Et après mille ans passés à errer en ayant risqué ma vie des dizaines de fois, je sais quand vient le danger. Et là, je peux t’assurer qu’il est proche. Très proche. Sur ces derniers mots, il se releva, épousseta ses cheveux ainsi que sa tenue avant de leur tourner le dos. - Bonne ballade, leur souhaita-t-il en s’en allant. - Où est-ce que tu vas ? lui cria Sélénia. - Quelque part où je serais tranquille et à l’abri de la colère des autres Minimoys. - Tu comptes repartir ? - Et manquer de voir un hypothétique neveu ? lui lança-t-il en tournant le regard. Plutôt affronter Maltazard en combat singulier ! Il ne l’avait pas remarqué, mais les deux adolescents avaient rougi au mot « neveu ». Ils étaient peut être un peu jeune pour parler de ce sujet.
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| Sujet: Re: Les mystères d'une vie Sam 28 Juil - 16:05 | |
| La suite est ici ! Je vous l'avais promie pour cet après-midi, et bien je tiens ma promesse !
Elle est un peu courte, certes, mais j'espère que cela sera suffisant pour vous faire patienter jusqu'à ce soir !
Chapitre 4 - Coincé
L’après-midi, Sélénia avait annoncé que l’exil de Raven prenait fin et qu’il était, désormais, réintégré dans la société Minimoy. Ce qui, bien sûr, n’avait pas été du goût de tout le monde, chacun se souvenant du meurtre accompli par le frère de la princesse. Malgré tout, ni Sélénia ni Raven n’étaient encore décidés à parler à Bétamèche du lien de sang qui unissait Raven à la famille royale. Il fallait dire que le rouquin éprouvait pas mal de méfiance vis-à-vis du Corbeau. Tant de ragots circulaient sur son compte que le premier accident qui arriverait serait mis sur son dos. Néanmoins, tous les quatre avaient passés une bonne soirée. On avait assigné une chambre à l’aîné de la famille royale, mais, apparemment, il ne comptait pas y loger de sitôt. Il avait été habitué à vivre à la belle étoile et ce n’était pas aujourd’hui que cela changerait.
La nuit était tombée depuis bien longtemps sur le paisible village des Minimoys. Tout allait pour le mieux. Il ne faisait ni trop chaud, ni trop froid et une légère brise venait rafraichir le tout. En bref, c’était une nuit magnifique pour tout le monde. Mais, comme toujours, il y avait une ombre au tableau : deux silhouettes encapuchonnées marchaient en direction de l’épée avec, entre eux, un enfant vêtu de haillons. Ils s’approchèrent de l’arme et une des silhouettes s’accroupit devant l’enfant. - Vas-y, l’encouragea-t-elle. Accomplis ta mission. L’enfant aux grands yeux remplis de naïveté et d’innocence s’approcha de la lame de pouvoir et posa ses deux mains sur le pommeau. Il tira un coup sec dessus et la lame s’ôta de sa pierre comme un couteau du beurre. Il se retourna vers les deux adultes et leur tendit l’épée. L’un d’eux, un grand sourire au visage, prit l’épée et la roula soigneusement dans une étoffe de couleur quelconque avant de la ranger dans une besace. Sans perdre plus de temps dans l’endroit où, manifestement, ils n’avaient rien à faire, ils s’en allèrent dans l’ombre, emmenant avec eux le symbole de la royauté Minimoy. Ils regardèrent la porte de sortie. Elle était gardée par trois gardes parfaitement éveillés. Les deux silhouettes se concertèrent rapidement avant que l’une d’entre elles ne s’approche des gardes. Immédiatement, ceux-ci brandirent leurs lances. - Qui va là ? - Laissez-moi sortir ! leur ordonna-t-il. - Il en est hors de question ! Montrez-nous votre visage. Après, nous vous laisserons sortir. Qu’est-ce qu’ils croyaient ? Allait-il vraiment leur montrer son visage ? Surtout pas avec la précieuse cargaison qu’il possédait dans sa besace. Plus suicidaire que ça, on ne faisait pas. Lentement, il fit glisser la dague cachée dans l’intérieur de sa manche et l’empoigna avant de la jeter dans le crâne d’un des gardes. L’arme transperça l’os dans un bruit effrayant tandis que les deux autres étaient éberlués. Ils n’eurent pas le temps de se ressaisir qu’ils étaient déjà morts, abattus par deux aiguilles en pleine gorge.
Le lendemain matin, Sélénia fut tirée du sommeil par un garde. Elle lui lança un regard furieux mais il ne céda pas. - Quelle est la raison pour laquelle vous venez me réveiller de si bon matin ? - Des gens mécontents sont aux portes du palais. Ils veulent que vous bannissiez le Corbeau une bonne fois pour toute. - Je ne vois pas pourquoi je ferais ça. Vous avez une raison valable ? - Le peuple pense que c’est à cause de lui si l’épée a été volée. Malgré son cerveau encore endormi, Sélénia capta deux mots : « épée » et « volée ». Il ne lui en fallut pas plus pour la réveiller. Elle congédia rapidement le garde, s’habilla en quatrième vitesse et sortit de sa chambre. Elle se rua vers celle d’Arthur, entra en furie dans la pièce et se jeta sur le lit de son prince. Visiblement, il dormait toujours. Elle l’empoigna par les épaules et le secoua. - Arthur ! Réveille-toi ! L’épée a été volée ! Le silence lui répondit. - ARTHUR ! hurla-t-elle. Il ouvrit les yeux en grand, subitement réveillé par la gueulante de sa princesse et tourna le regard vers son réveil matin. - Qu’est-ce qui ne va pas, Sélénia ? lui demanda-t-il calmement. - L’épée a été volée ! Raven avait raison ! Les yeux du garçon s’écarquillèrent et il se leva immédiatement, ne remarquant pas pour le moins du monde qu’il était en sous-vêtement. Sélénia rougit et se retourna immédiatement. Arthur, curieux, se regarda et s’aperçut de sa tenue. Il rougit et, marmonnant un vague « Deux minutes », s’enferma dans la salle de bains. Quelques minutes plus tard, ils sortaient de la chambre d’Arthur et couraient en direction de celle de Bétamèche. Ils le trouvèrent déjà dehors. - Je suis au courant ! fit-il. Tout ça c’est la faute de ce Raven ! Je savais bien qu’il n’apporterait que des malheurs ! - Tu ne le connais pas ! cracha Sélénia. Alors ne le juge pas ! Maintenant suis-nous. Le benjamin suivit sa grande sœur ainsi que beau-frère jusqu’à la chambre du Corbeau où, visiblement, il n’était pas. Sélénia jura un grand coup, pestant contre lui tout en faisant attention à ne rien dévoiler concernant leur lien de parenté. Ils entendirent la porte s’ouvrir. Arthur fut le premier à tourner le regard. Raven. - Je t’avais bien dit de faire attention, Sélénia, lâcha-t-il. Tu n’as pas voulu m’écouter. Maintenant, voilà le résultat. Et il n’est pas très joyeux. Sans rien dire d’autre, il traversa sa chambre, récupéra ses armes et les fixa solidement autour de lui sous le regard inquisiteur des trois autres personnes présentes dans la pièce. - Qu’est-ce que tu comptes faire ? lui demanda la princesse. - Ce qui me paraît le plus censé possible : aller récupérer l’épée. - Mais on ne sait même pas où elle se trouve dans les premières terres ! Comment veux-tu la retrouver ? - Il va falloir chercher. Et si le voleur est assez intelligent, il n’ira pas se cacher dans les premières, mais dans les secondes terres. - Les secondes terres ? s’étonnèrent-ils tous trois. - Parce que tu crois qu’au-delà des frontières des premières terres, il y a le néant ? Le monde est vaste, Sélénia. Immense. J’ai usé et abusé des moyens de transports rapides pour accéder plus rapidement aux terres. Et j’ai découvert qu’il y avait bien plus de terres que ce que nous pensions il y a mille ans. C’est dans ces terres là que le voleur ira se cacher. - Comment peux-tu en être aussi sûr ? lui dit hargneusement le rouquin à la panse rebondie. - Parce que l’épée de pouvoir est connue dans les premières terres comme le symbole de la royauté Minimoy. Mais pas ailleurs. - Quand est-ce que tu comptes partir ? lui demanda Sélénia. - Sur le champ. - Alors attends encore, lui ordonna-t-elle. - Et pourquoi ferais-je donc ça ? - Parce que je pars avec toi. C’est mon royaume et je suis concernée. - Je viens aussi ! s’exclama Arthur. - Et moi aussi ! Un silence passa. - Cet après-midi, alors, leur dit Raven. Et je ne reviendrais pas sur ma décision. - Comme tu voudras. - Préparez-vous à partir pour un long voyage, dans ce cas là. Tous acquiescèrent. Cependant, dans sa précipitation, Arthur avait oublié quelque chose. Quelque chose de très important : il ne pouvait rester que trente six heures dans le monde des Minimoys. Et il ne lui restait déjà plus que deux heures avant d’être enfermé pour mille et un jours. Après une brève déclaration au peuple expliquant comme quoi elle allait partir à la recherche de l’épée de pouvoir, elle délégua Miro aux responsabilités du royaume jusqu’à son retour. Celui-ci, honoré de l’honneur que la princesse lui faisait, la remercia chaleureusement et jura sur l’honneur de prendre garde aux affaires du royaume.
Mais, pour le moment, les deux tourtereaux s’étaient retirés dans un petit coin du jardin où ils pourraient être tous les deux, tranquilles, sans que personne ne vienne les déranger. Alors qu’Arthur était tranquillement couché dans l’herbe, les yeux fermés, appréciant la caresse du vent léger sur son visage, Sélénia était assise, les genoux repliés contre sa poitrine, se balançant d’avant en arrière. Ils parlaient de tout et de rien, de leurs inquiétudes, de leurs projets. - Tu penses vraiment que ce que Raven a dit à propos de l’épée est juste ? demanda Arthur. - Oui. Tu sais, Raven a peut être un passé très lourd, il reste quelqu’un en qui j’ai confiance et à qui je suis prête à confier me vie si la situation le demande. - Je suis rassuré, alors. Si tu lui fais confiance, je le peux aussi. On ne peut pas dire la même chose de Béta. - J’espère juste ne pas gaffer à ce propos. Si Béta apprend qui est réellement Raven, j’ai un peu peur de sa réaction. - Vous le lui direz le moment venu. Pour le moment, je crois qu’il n’est pas encore prêt à apprendre ça. Il est tellement méfiant vis-à-vis de votre frère que ce n’est pas l’instant rêvé pour lui dire. Tu as encore vu sa réaction de ce matin à propos de l’épée. - Béta est plus influençable que tu ne le penses. Il est débrouillard, courageux, gentil, affectueux mais influençable. Et j’ai peur que la population le monte contre Raven. - Mais, qui sait, peut être que cette aventure lui montrera la véritable nature du Corbeau, tu ne penses pas ? - Peut être… Arthur ferma les yeux, écoutant le vent jouant entre les feuilles des arbres. Puis il sentit la chaleur diminuer au dessus de son visage. Il ouvrit un œil et sourit à sa princesse qui était juste au dessus de lui. Etrangement, cela lui rappelait leur première nuit lorsqu’ils étaient partis vers Nécropolis. Sauf que les rôles étaient inversés à ce moment là. - Tu ne veux pas parler d’autre chose ? lui demanda-t-elle. - Hum…pourquoi pas ? Mais de quoi est-ce que tu veux parler ? - Je ne sais pas…tu pourrais me raconter ton monde, non ? Et là, le tilt ! Son monde ! Il l’avait complètement oublié ! Il se redressa subitement, affolé. Sélénia, qui ne comprenait rien à rien, le regarda. - Qu’est-ce qui ne va pas, Arthur ? demanda-t-elle. - Combien de temps reste-t-il avant que le portail se referme ? Elle écarquilla les yeux. Elle aussi avait totalement oublié ce détail. - Je dirai…dix minutes. Même pas. Arthur déglutit lentement. Ce n’était peut être pas le bon moment pour se quitter, mais bon. Il fallait qu’il essaye. Il prit la main de Sélénia et l’entraîna avec lui. La peur au ventre, ils coururent du plus vite qu’ils purent jusqu’à la salle de passage. Arrivé là-bas, il prit le visage de sa princesse entre ses mains et porta ses lèvres à celles de Sélénia en un baiser dans lequel il mit tout l’amour dont il était capable avant qu’elle ne le pousse sous le rayon de lune. Mais rien ne se passa. Il resta sous la lunette sans que rien ne se passe. La peur se faisant encore plus sentir, Arthur regarda l’intérieur de la lunette. Il parvenait à voir l’extérieur. Mais le rayon de lune n’était plus présent. C’était trop tard. Il était coincé ici.
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| Sujet: Re: Les mystères d'une vie Sam 28 Juil - 22:59 | |
| Pour le coup du passage, c'est un peu chelou, en effet. Ca servirait à rien en plus parce que, si tu peux rentrer, tu peux sortir techniquement ^^.
Bon, et bien, voilà la suite !
Chapitre 5 - Je te demande pardon
Le regard qu’il reçut de la part de Sélénia lui fit comprendre qu’elle était tout autant désolée que lui à l’idée qu’il ne put rentrer chez lui. Quoiqu’il préférait de loin passer du temps ici avec sa princesse plutôt que seul et chez lui. Il s’approcha d’elle et lui prit les mains. - Il faudrait que je puisse faire parvenir un message à mon grand père pour lui expliquer. Je n’aimerais pas qu’il se fasse du mauvais sang. Et puis, il pourra tout expliquer à ma grand-mère. - Pas de problème ! s’exclama-t-elle. Suis-moi ! Restant toujours main dans la main, mais avec un grand sourire cette fois, elle l’amena jusqu’aux services postaux des Minimoys. Arthur découvrit un nouveau genre de papier : les feuilles d’érable. En effet, les Minimoys attendaient l’automne pour récolter les précieuses feuilles en masse, les séchaient pendant l’hiver sous des poids de cinq cent grammes pour qu’elles soient parfaitement plates. Une fois l’hiver passé, les Minimoys enduisaient les feuilles d’un produit spécial qui conférait souplesse et rigidité à la feuille d’érable. Après ce rituel de plus de six mois, l’on pouvait écrire sur les feuilles d’érable et les envoyer par un réseau de coccinelles. Sélénia lui fit une première démonstration. Les feuilles devaient être rédigées à l’aide d’un stylet en charbon brûlé enduit de cire étant donné la finesse de la feuille. En une série de phrases courtes et précises, Arthur informa son grand père de la totalité de la situation en partant de son départ au pays des Minimoys jusqu’à son impossibilité de revenir dans leur monde. Quand il fut fier de son travail, il la donna à Sélénia qui la plia convenablement avant de la fixer à la bague que la coccinelle possédait. La princesse prit le petit insecte entre ses mains aux doigts fins et l’amena près de la lucarne. L’insecte déploya ses minuscules ailes et s’envola. - Maintenant, il ne reste plus qu’à espérer que ton grand-père reçoive ton message. - Espérons-le. Sinon, il faudra que j’attende trois ans avant de tout pouvoir lui expliquer. Un sourire lui effleura le visage alors qu’il la regardait. Il s’approcha d’elle et fourra sa main dans celle de Sélénia. - On va pouvoir la reprendre notre ballade, finalement, non ? - Tu sais bien que non, Arthur. Je dois faire mes préparatifs pour partir à la recherche de l’épée de pouvoir. - Ah…Je peux t’accompagner si tu veux, proposa Arthur. - Non, merci, répondit-elle d’un ton légèrement gêné. Apparemment, il ne se rendait pas compte de ce qu’il proposait. Bien sûr, il n’avait aucune arrière-pensée. Cependant, c’était tout de même gênant. Il la regarda s’éloigner et soupira quelques instants avant de se retourner. Il sortit de la poste et regarda dans les arbustes. Il y aperçut le frère de la princesse, une jambe pendant dans le vide, l’autre posée sur la branchette. Visiblement, lui aussi regardait sa sœur. - Tu l’aimes vraiment, hein ? lui lança-t-il de là où il était. Arthur releva le regard vers Raven. - Bien sûr que je l’aime ! Je donnerais ma vie pour elle ! - La question n’est pas « Est-ce que tu donnerais ta vie pour elle ? ». La question, c’est « Est-ce qu’elle donnerait sa vie pour toi en te préférant à tous ses devoirs de princesse ? » Cette question eût tôt fait de semer le doute à l’intérieur du jeune garçon. Il avait raison. La question n’était pas de savoir s’il donnerait sa vie pour elle. D’un pas décidé, il traversa toute la grande place et entra dans le palais. Il alla jusqu’à la chambre de la princesse et frappa trois coups à la porte de bois. Elle vint lui ouvrir. Immédiatement, elle remarqua son visage soucieux. Elle le fit entrer sans plus attendre. Il alla s’asseoir sur le lit de la Minimoy et elle le rejoignit quelques instants après. Il remarqua le sac à dos posé dans un coin de la pièce. - Arthur, est-ce que… - Est-ce que tu donnerais ta vie pour moi ? demanda-t-il de but en blanc sans quitter le mur des yeux. Elle fut prise de court par la question. Donnerait-elle sa vie pour lui ? - Oui, lui dit-elle. Je donnerais ma vie pour toi. - Renonçant ainsi à tous tes devoirs de princesse ? - Oui. Soulagé, il passa son bras autour des épaules de Sélénia et l’attira à lui. Elle se laissa faire. Il émit un long soupir d’aisance. Il aimait la sentir proche de lui. Il aimait sentir sa chaleur. Il aimait son odeur (une odeur de pins). Il aimait tout en elle. Il la serra encore plus fort contre lui. - Merci, Sélénia. Merci. - Tu en doutais ? - Je ne t’avais jamais posé la question. Elle sourit et s’échappa de son étreinte pour achever ses préparatifs de voyage. Elle ne savait pas pour combien de temps elle en aurait. Sans doute serait-ce long. Très long
Quelques heures plus tard, ils se retrouvèrent tous les quatre devant la grande porte centrale. Tout le monde était rassemblé autour d’eux. Sélénia achevait de faire ses au-revoir à son peuple lorsqu’une petite fille s’échappa des rangs avec un bouquet de fleurs. Mais, au lieu d’aller vers Sélénia comme tout le monde aurait pu le penser, elle prit la direction du Corbeau et lui tendit les fleurs. Raven regarda quelques instants le bouquet. - Elusia ! Reviens ici tout de suite ! s’écria une femme en commençant à sortir du rang. Le regard meurtrier que Raven lui envoya dissuada la mère de l’enfant à faire un mètre de plus. Le Corbeau se baissa à hauteur de la petite et prit le bouquet tout en la remerciant. Elle lui fit un grand sourire qui le désarma totalement bien qu’il n’en montra rien. Ils quittèrent le village quelques minutes après, se retrouvant dans les tunnels creusés par les Minimoys il y avait déjà bien longtemps. Ils ne prononcèrent pas un mot et se mirent tout de suite en marche, Sélénia ouvrant la marche ; Raven la fermant ; Arthur derrière Sélénia et Bétamèche devant Raven.
Le soir même, ils arrivèrent à l’air libre. Sélénia s’étira longuement alors que Bétamèche fit craquer les os de son bassin. D’un large coup d’épaule, Raven fit basculer tous ses cheveux derrière ses épaules et rangea quelques mèches derrière ses longues oreilles. Arthur se contenta de cligner des yeux pour se réhabituer à la lumière. - Bon ! s’exclama Bétamèche. C’est pas tout ça, mais j’ai sommeil, moi ! Où est-ce qu’on dort ? - Encore un peu de patience, lui conseilla Raven. Je connais un coin où on pourra être tranquille pour la nuit. Il y a des fleurs assez hautes pour qu’aucun insecte sérieux ne vienne nous embêter et assez basses pour que les abeilles ne s’y intéresse. Le rouquin ne répondit rien et se contenta d’hocher la tête. - Je pense que vous n’avez pas pris d’armes avec vous, n’est-ce pas ? demanda le Corbeau à ses compagnons de voyage. - Aurions-nous dû ? demanda Sélénia. - Tu pensais sérieusement que l’on allait entrer chez les voleurs en disant : « Bonjour on vient récupérer l’épée » ? - Non, bien sûr que non, mais je ne pensais que nous nous battrions. - Ce n’est pas grave. Malheureusement, je n’ai que deux armes en plus de mon épée. L’un de vous trois devra rester désarmé jusqu’à ce qu’il puisse trouver une arme. Raven tira ses deux épées courtes de leurs fourreaux et les posa au sol avant de placer les fourreaux à côté d’elles. - Départagez-vous, je pars en éclaireur, leur dit-il. Ils le virent s’enfoncer dans les fourrés, seul mais armé. Les trois se consultèrent du regard avant que Bétamèche n’hausse la voix : - De toute façon, j’ai mon couteau multifonctions. Prenez-en chacun une. J’arriverais bien à me débrouiller. Les deux époux se regardèrent encore une fois avant de se baisser et d’empoigner chacun un fourreau ainsi qu’une épée. Ils passèrent les fourreaux à leurs ceintures avant de ranger les épées dedans. Attendant le retour de Raven, ils s’assirent au sol et se mirent à discuter. - Vous ne le trouvez pas louche, Raven ? demanda le rouquin. - Arrête de croire tous ces ragots, Béta, s’il te plait, s’exaspéra la princesse. - Tu savais qu’il a tué quelqu’un alors qu’il n’avait que sept cent ans ? Désolé, mais moi je trouve ça louche. - Oui, je le sais. Et sûrement mieux que quiconque ! s’emporta-t-elle. Oups, boulette ! Elle aurait mieux fait de rester maîtresse d’elle-même sur ce coup. Maintenant, elle allait être obligée de tout déballer à Bétamèche. Et sûrement que ce que elle allait avoir à lui dire n’allait peut être pas lui plaire. - Tu as toujours cru que j’étais l’aînée dans la famille, n’est-ce pas, Béta ? - Bah, oui. Pourquoi ? Ca aurait changé récemment ? - Ca n’est pas récent. Ca date de mille sept cent ans, déjà. Disons que je ne suis pas l’aînée mais la cadette. Et Raven est notre aîné de trois cent ans. Le meurtre dont tu parles, il l’a exécuté pour me protéger moi d’un homme ivre et qui comptait abuser de moi. Et s’il est louche, c’est parce qu’il a été exilé pendant mille ans par notre mère. Tu es né quelques années après son départ en exil. Au fil de ses déclarations, elle avait vu le visage de son petit frère se décomposer lentement. - Je ne veux pas être le frère de cette ordure ! s’exclama-t-il en se levant. Agissant à une impulsion, il s’enfonça dans l’un des fourrés et disparut de la vue des deux époux. - Bétamèche ! hurla Sélénia en se levant. Elle allait partir le suivre lorsque des doigts se nouèrent autour de son bras. C’était Arthur. - Laisse-le, Sélénia, lui conseilla-t-il. - C’est mon frère, Arthur ! - C’est aussi celui de Raven, Sélénia. Et il connaît sûrement mieux les lieux que toi. Il est aussi plus expérimenté en combat singulier que toi. Ledit Raven émergea d’un fourré, le visage soucieux. - Je t’ai entendue crier, dit-il. Que s’est-il passé ? - J’ai fait une gaffe, Raven, avoua Sélénia. Bétamèche t’a mis sur le tapis d’une discussion en disant que tu étais louche et en ajoutant que tu avais commis un meurtre. Je me suis emportée en disant que je le savais mieux que quiconque. J’ai été forcée de tout lui avouer. Il s’est emporté et il a disparu. - Par où ! s’exclama le Corbeau. - Par là, lui dit Arthur en pointant vers l’Est. - Mais quel abruti ! Il va pile en direction des Marais ! Vous, vous restez là ! J’ai pas envie d’avoir un hypothétique mort de plus sur la conscience ! D’un souple mouvement du poignet, il tira son épée du fourreau et disparut à son tour dans un des fourrés, lame au clair et regard dur. Il avait presque atteint les Marais lorsqu’un cri retentit. Il accéléra le pas même s’il courait déjà et, sans prendre la peine d’écarter les quelques herbes, les faucha d’un large coup d’épée. Il aperçut son petit frère entre les pattes d’une araignée. Et, visiblement, elle n’avait pas que de très bonnes intentions vis-à-vis du Minimoy. Sans prendre la peine de réfléchir aux risques qu’il courrait (il avait risqué sa vie de trop nombreuses fois pour se poser la question maintenant), il se rua sur l’insecte et sauta dessus avant de lui planter l’épée en plein dos. L’arachnide, sous la douleur, lâcha sa proie mais fit basculer Raven au sol. Pestant parce qu’il s’était rétamé dans la boue, il se releva immédiatement et se jeta sur Bétamèche pour lui éviter un coup de patte qui lui aurait été fatal. - Dégage de là ! lui ordonna-t-il. Va retrouver les autres ! Je m’occupe de cette bestiole ! Lorsqu’il se fut assuré que le rouquin était hors de combat, il reporta son regard sur l’araignée. « Merde ! Une araignée à croix ! ». Finalement, ce combat allait être légèrement plus dur que ce qu’il pensait au départ. Il se rua sur l’araignée et tenta de la frapper à l’une des pattes. Malheureusement, elle frappa plus fort que lui et envoya son épée à quelques mètres de l’endroit où il était. Il esquiva un coup et regarda tout autour de lui dans l’espoir de trouver un quelconque moyen de défense. Courir vers son épée était suicidaire. Les araignées à croix étaient réputées pour leur vitesse. Il prit un bâton qui traînait par terre dont le bout était pointu par endroits et fit face à l’insecte. Bien sûr, il savait que ce n’était pas une si bonne idée de vouloir combattre un insecte de cette taille avec un bâton pointu, mais bon…Il allait devoir faire avec le temps qu’il puisse la blesser et aller récupérer son épée. La plupart de ses coups n’étaient que des manœuvres d’intimidation plus axées dans le but de lui faire peur que de réellement la blesser. De toute façon, le bois se serait brisé en entrant en contact avec la peau de l’araignée. Pas assez résistant. Il lui fallait donc trouver quelque chose capable de transpercer la peau de la bête et assez long pour la blesser. Pendant quelques minutes, il continua son petit manège d’intimidation tout en tournant autour d’elle, en avançant brusquement ou en esquivant lorsqu’elle tentait de le frapper. Mais il vit ce dont il avait besoin, finalement : une pierre longue de quelques millimètres et assez pointue pour pénétrer dans la chair de l’araignée. C’était maintenant que tout se jouait. Il s’approcha de la bête qui ouvrit grand sa gueule. Profitant de l’occasion, il y lança sa lance improvisée. Elle s’en saisit au vol et mit quelques secondes avant de la réduire à l’état de brindilles. Mais, durant ces quelques secondes, Raven avait eu le temps de courir jusqu’à cette pierre. Le plus dangereux restait à faire : l’endroit le plus sensible d’une araignée étant le dessous de son abdomen, il lui fallait se glisser en dessous et y faire rentrer la pierre. Il prit une grande bouffée d’air et se mit à courir. Il esquiva une patte, puis une seconde et frappa de bas en haut. Il sentit la peau se déchirer et la bête hurla. Il se dégagea rapidement et eût la joie de voir que son coup l’avait suffisamment blessée pour qu’elle s’écroule au sol, traînant une patte arrière. Saisissant l’occasion, il se rua sur son épée plantée dans le sol, la tira d’un grand coup et se précipita vers l’araignée au sol. Il se servit de sa patte arrière pour monter sur son dos et prit impulsion avec son pied. Il décolla du dos de l’araignée et, alors qu’il était à portée, tournoya sur lui-même. Il sentit sa lame entailler la section entre l’abdomen et le thorax. Finalement, dans une grande giclure de sang, sa lame ressortit et il finit sa vrille au sol, se réceptionnant souplement sur le sol. Il regarda la tête de son adversaire chuter sur le sol puis, un sourire victorieux aux lèvres, essuya sa lame dans un repli de son manteau. De toute façon, dans l’état dans lequel était ce vêtement, il pouvait bien se permettre de le salir un peu plus.
Lorsqu’il revint quelques instants plus tard, Arthur et Sélénia regardaient le rouquin avec un regard encourageant. Finalement, celui-ci s’approcha de Raven. - Je te demande pardon, Raven. Le concerné hocha brièvement la tête. - On se remet en marche ! ordonna-t-il. Je veux passer la nuit tranquille, moi.
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| Sujet: Re: Les mystères d'une vie Dim 29 Juil - 21:35 | |
| Moui, c'est vrai...quinze pages en moins. C'est énorme pour ces trois-là ^_^ !
Bon, la suite vous la vouliez, elle est là.
Chapitre 6 - Confessions nocturnes
Il ouvrit les yeux et constata sans se lever que quelqu’un manquait sur leur matelas d’étamines. Décidé à voir de qui il s’agissait, il se leva et observa. Sélénia était là ; Bétamèche aussi. Il n’y avait que Raven qui manquait à l’appel. Où pouvait-il donc bien être ? Curieux de nature, Arthur délaissa leur abri afin de partir à la recherche de l’absent. Il parcourut quelques mètres dans une direction au hasard en n’y trouvant rien, si ce n’était quelques fleurs mortes tombées au sol. Après dix minutes de recherches infructueuses, il se décida à retourner dans leur cocon. Cependant, il lui restait encore une direction qu’il n’avait pas explorée. Décidé à retrouver ce fugueur, il s’aventura sur le dernier chemin qu’il lui restait à explorer.
Il entendit un bruit de chute d’eau. Etrange. Il n’en avait jamais entendu de son jardin. En compagnie d’une curiosité encore plus piquée, Arthur s’aventura alors que le bruit de la chute se faisait de plus en plus précis et de plus en plus fort. Subitement, après quelques secondes à s’être battu contre des herbes hautes, il déboucha sur une sorte de mare qui, venant d’en haut, devait plus ressembler à une flaque qu’à autre chose. Observant rapidement l’architecture de l’endroit, il remarqua que la chute, à proprement parler, était un faible courant qui descendait d’une pierre posée à quelques centimètres au dessus du sol. Alors qu’il pensait être seul, il foula quelque chose avec le pied. Il baissa le regard et constata que c’était des vêtements, apparemment, fraîchement lavés. Il ôta rapidement son pied et regarda dans la mare. Il y avait quelqu’un. Vu les vêtements, cela devait être le fugueur qu’Arthur recherchait depuis déjà un quart d’heure. Cependant, lorsque le regard du jeune garçon était tombé sur le corps du Corbeau, il aurait juré que c’était une femme ; et non pas un homme. Il était vrai que, lorsqu’il portait ses vêtements, il n’y avait aucun doute sur son identité. Mais, à nu, la question se posait tout de même. - La vue est belle ?! lui lança ironiquement Raven sans se retourner. Pris en faute, Arthur rougit et se retourna. Il entendit Raven sortir de l’eau, mais n’osa pas se retourner. Quelques secondes plus tard, une main se posa sur son épaule. Surpris, il sursauta et laissa échapper un léger cri aigu. - Eh ! calme-toi ! lui lance Raven. Ce n’est que moi. Le garçon se retourne doucement. Le jeune homme en face de lui n’est vêtu que de son pantalon pas tout à fait sec ; ses cheveux tombant dans son dos et légèrement sur son torse gouttent encore et déversent quelques cristaux d’eau sur sa peau d’albâtre. - Qu’est-ce que tu viens faire ici ? lui demanda-t-il. - Je me suis réveillé et je ne savais pas où tu étais. Etant donné que les deux autres dorment à point fermé, je me suis dit que ça serait intéressant de partir à ta recherche. Qu’est-ce que tu fais ici ? - Disons que j’étais passablement sale après mon combat contre cette araignée à croix. J’ai profité de la faveur de la nuit pour aller faire un brin de toilette. Dans un coin très agréable, ajouta-t-il en embrassant d’un mouvement de bras l’ensemble de l’endroit. Il fallait absolument que je me lave de toute façon. Je n’allais pas passer le reste de notre voyage dans la boue et le sang séché. Arthur acquiesça avant de reprendre la conversation : - Si je n’avais pas su que c’était toi, j’aurais juré que c’était une fille qui se tenait dans la flaque là-bas. - On m’a souvent pris pour une fille. Pour l’anecdote, on m’a même déjà fait des avances. Avances que j’ai été dans l’obligation de refuser par un magnifique coup de genoux dans les parties génitales du courageux. Un sourire se forma sur la bouche du garçon. - Vous appelez ça comment, vous ? demanda Arthur. - De quoi ? - Des garçons avec un corps de fille. - Boh…je ne connais pas le nom précis et ça ne m’intéresse pas. Vous en avez un chez vous ? - Oui. Chez nous, ça s’appelle des androgynes. - Ah…drôle de nom, mais bon. Au moins, j’aurais quelque chose à mettre dessus, maintenant. Le silence s’installa entre les deux compagnons de route. Le regard d’Arthur se perdit dans une contemplation silencieuse de la flaque d’eau qui, à son échelle, ressemblait plus à une mare qu’à autre chose, mais bon. Tandis que Raven jetait de fréquents coups d’œil au manteau accroché à une branchette, en train de sécher. - Tu t’es déjà aventuré hors des premières terres ? lui demanda Raven. - Non, jamais. Je suis déjà allé dans la terre où se trouve Nécropolis, mais jamais ailleurs. Je ne viens pas assez souvent ici pour avoir le temps. - Tu risques d’en avoir du temps, maintenant. Coincé parmi nous pendant mille et un jours. Même si notre voyage s’annonce sûrement très long. - Tu penses qu’il durera combien de temps ? - Honnêtement, je n’en sais rien. Tout dépendra de notre rythme et de si nous ne rencontrons rien de malencontreux sur notre chemin. Ce dont je doute fort. Les voleurs savent que vous êtes à leur poursuite. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que je suis avec vous. Et ces gens là ont peur de moi. - Pourquoi ça ? s’étonna Arthur. - Parce que, tu vois, chaque chose dans la nature a son opposé. Et l’épée de pouvoir qu’ils ont dérobée ne fait pas exception à la règle. - Attends…tu serais en train de me dire qu’il y a une épée aux caractéristiques semblables et capable de rivaliser avec l’épée de pouvoir ? - Oui. Et cette épée, je suis à présent le seul à en connaître l’emplacement. Nous étions deux il y a une centaine d’année. La curiosité d’Arthur fut piquée à vif et le garçon ne put retenir la question qui lui brûlait les lèvres : - Qui était cette deuxième personne ? - Je ne vais pas te le dire. Tout ce que je peux te dire, c’est que dans tout ce que je vous ai raconté, il y a un mensonge. Rassure-toi, ce n’est pas quelque chose de crucial pour le monde des Minimoys, s’empressa-t-il d’ajouter devant la mine méfiante du garçon. C’est quelque chose qui me concerne moi. - Tu me le diras un jour ? - Sûrement, oui. Un jour. Sur cette dernière phrase, l’androgyne se leva et alla décrocher son manteau qu’il se pressa d’enfiler après la bande de cuir qu’il portait au torse. Lorsqu’il se retourna, il vit Arthur avec son épée en main. - Lâche mon épée, tu veux bien ? lui demanda Raven. - Il y a quelque chose que je n’ai pas compris dans ton fourreau. Tout à l’heure, tu as fait sortir ton épée par un mouvement circulaire. Or, il faudrait la tirer du fourreau. - Si tu regardes bien, tu constates qu’un des bords du fourreau est tranché. Ce qui permet de la sortir, mais aussi de la rentrer, plus rapidement. - Tu n’as pas peur de la perdre ? - Non. Car la tranche est tellement fine qu’il faut presser convenablement sur la lame pour qu’elle sorte. Si tu savais le nombre de fourreaux que j’ai utilisés avant d’arriver à ce résultat-là. Bon. Tu as encore quelque chose à faire ici ou nous pouvons rentrer ? - Non, c’est bon, lui répondit Arthur en s’avançant vers lui. Rentrons, ajouta-t-il en lui tendant le fourreau. Un sourire aux lèvres, Raven prit son épée et suivit le garçon jusqu’à la fleur illuminée de l’intérieur par le mouf-mouf. Un problème se posa à eux : ils en étaient sortis. Maintenant, restait à savoir comment rentrer. - Euh…Tu as une idée ? lui demanda Raven. - Pas plus que toi. - Et merde ! se plaignit le Corbeau en ôtant son manteau. Je sens que je peux de nouveau le laver demain. Il s’enveloppa dans le tissu et s’allongea au pied de la fleur alors qu’Arthur regardait l’androgyne. - Désolé, lui dit-il, mais je peux pas te prendre avec moi. J’espère que tu n’auras pas trop froid ! Marmonnant quelque chose d’incompréhensible, Arthur vint se mettre de l’autre côté de la tige de la fleur et se recroquevilla sur lui en position fœtale pour garder un maximum de sa chaleur. C’est ainsi qu’ils s’endormirent, attendant que l’aurore du matin ne les réveille.
Le lendemain matin, lorsque Sélénia ouvrit un œil, elle fit une première constatation qui lui mit la peur au ventre : Arthur n’était pas là. Et il n’était pas du genre à se lever tôt. Seconde constatation : Raven non plus. Elle se tourna vers Bétamèche et le secoua par les épaules. Le rouquin, habitué à des réveils moins délicats, se demanda ce qui n’allait pas. - Arthur et Raven ont disparu ! s’exclama-t-elle. - Calme-toi ! s’empressa de dire son petit frère. Ils ne doivent pas être bien loin. Pas tellement convaincue, elle s’aventura jusqu’au rebord de la fleur et en sauta rapidement. Elle tomba sur quelque chose de mou et tomba à la renverse. Elle pesta lorsque la voix bien connue d’Arthur se fit entendre. - J’en ai marre de me faire réveiller brutalement, Sélénia ! Tu ne sais pas réveiller les gens normalement ? - Te plains pas, ça fait déjà sept cent ans qu’elle me réveille comme ça, renchérit Bétamèche. - Vous n’avez pas fini de vous plaindre, tous les deux ! dit-elle en haussant le ton. - Et vous n’avez pas fini de vous engueuler tous les trois ? pesta Raven, tranquillement enroulé dans son manteau. - Et réveille-toi, toi ! lui ordonna Sélénia. Tu as assez dormi ! Et puis qu’est-ce que vous faites au pied d’une fleur alors que la dernière fois que l’on s’est vus, vous étiez dans les étamines ? - Demande à ton mari ! Je n’ai pas envie de me répandre en explications. L’androgyne se releva, épousseta rapidement son manteau sur lequel s’était fixée de la terre séchée puis le remit et tira quelques secondes sur son col afin de l’ajuster comme il le voulait. Ensuite, il attacha son épée dans son dos et fit basculer ses cheveux derrière ses épaules d’un large coup d’épaule. - Bon ! On y va ! La route est encore longue ! - Tu comptes faire escale quelque part ? - Qui vivra verra. Pour le moment, on avance et on avisera le moment venu. Après s’être assurés de n’avoir rien oublié, ils délaissèrent leur fleur de la nuit et reprirent la marche avec un rythme légèrement plus souple que celui de la veille tout en conservant leur régularité. Durant quasiment toute la durée de la marche, Sélénia ne cessa de harceler Arthur pour qu’il lui dise ce que son frère n’avait pas voulu lui dire. Finalement, au bout d’une heure, le garçon avait craqué. - Je me suis réveillé en pleine nuit et il n’était plus là. Je suis partie et je l’ai cherché. Je l’ai trouvé et on a discuté avant de revenir à la fleur. Là, on a constaté qu’on ne pouvait plus monter. Alors on a décidé de dormir en bas. La suite, tu la connais. Bien que très peu convaincue, la princesse n’en demanda pas plus. De toute façon, elle aurait droit à bien plus de confessions au coin de l’oreiller qu’autrement. Elle se décida donc à patienter encore un peu plus et de garder sa bouche fermée jusqu’à la soirée qui allait suivre.
Durant toute la journée, ils ne firent que marcher, s’arrêtant de rares fois pour boire lorsque l’envie s’en faisait sentir ou manger lorsqu’il le fallait vraiment. Car il fallait le dire, lorsqu’ils s’arrêtaient pour manger, ce n’était pas une légère collation qu’ils prenaient, mais tout un repas complet en partant de l’entrée jusqu’au dessert en passant par le plat de résistance et une pause. Toutes choses contre lesquelles Raven s’était opposé plusieurs fois sans qu’on en connaisse les obscures raisons.
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Je précise que le titre de ce chapitre n'a rien à voir avec la chanson de m**** portant le même titre.
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Age : 15 Inscrit le : 21 Juil 2007 Messages : 65 Localisation : Dans ton c.. ! Naaaan...c'est trop facile xD !
| Sujet: Re: Les mystères d'une vie Mar 31 Juil - 1:49 | |
| Encore heureux que tu ne veuilles pas mettre ça dans la suite de ta fic, Wizzard ! (Allez, juste pour le fun et sans vouloir t'offenser : xD).
Bon, bon, d'accord. J'arrête mes conneries et je mets le chapitre 7 que je viens de finir d'écrire. Il est tard, mon cerveau déconnecte et j'ai la flemme d'appuyer sur la commande du 'Coller'. Alors une question se pose : je poste...ou je poste pas ? Cruel dilemme......
Ok, ok, pas taper. J'ai compris, vous la voulez. Donc je la mets ^^ !
Chapitre 7 - Qui es-tu ?
Cela allait maintenant faire presque un mois qu’ils étaient partis du village des Minimoys. Et cela allait maintenant faire une semaine qu’ils ne se rabattaient que sur les friandises emportées par Bétamèche à son départ du village, n’ayant pas prévu assez de vivres. « Que la gourmandise soit bénie et qu’elle perdure à travers les âges » avait lancé Raven sur un ton solennel. Cette phrase avait fait rire les trois autres et leur avait quelque peu remonté le moral.
Ils grimpaient depuis plus d’une heure le col d’une montagne et la fatigue se faisait sentir chez chacun des quatre aventuriers. Bétamèche traînait la patte loin derrière alors qu’Arthur n’était que quelques mètres plus loin devant le rouquin. Et, visiblement, ces deux là faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour parvenir à suivre le rythme de marche des deux leaders. Car, même si aucune goutte de sueur ne coulait le long de leurs visages, ils étaient fatigués mais ne le montrait pas. Raven, qui, en plus de la montée, devait supporter le poids de son épée ainsi que l’amplification de la chaleur par son manteau ouvrait la marche et Sélénia suivait quelques mètres derrière. - J’en peux plus ! s’écroula Arthur. Sélénia délaissa l’avant de la petite troupe alors que cette dernière se mettait en pause pour le moment. Elle s’approcha du garçon et se mit à sa hauteur. - Allez, Arthur, l’encouragea-t-elle. Encore un effort ! On y est presque ! - Selon toi ou selon Raven ? lança ironiquement Arthur. - Selon moi, Arthur. Regarde là-haut ! Tu vois bien que le terrain s’aplanit. Quand on sera là-haut, je te jure qu’on fera une méga-pause. Choisissant de donner encore ce qu’il avait au fond des tripes, il se releva difficilement et en prenant appui sur l’épaule réconfortante de sa princesse. Ses jambes faillirent ne plus le porter, mais il se raccrocha à temps à Sélénia qui, elle aussi, fut déstabilisée mais se rattrapa. Mieux valait ne pas se rétamer devant les deux autres qui, apparemment (enfin, surtout Raven), s’impatientaient.
Bétamèche tendit sa gourde d’eau à Raven qui, une moue de dégoût sur le visage, renia la boisson d’un hochement négatif de la tête.
Les deux époux remontèrent ce qui leur restait de pente et rejoignirent les deux autres, déjà arrivés depuis quelques minutes sur le plateau. Raven regarda Arthur quelques instants puis, voyant son visage épuisé d’où quelques gouttes sueurs s’échappaient, leur dit : - Bon ! Pause. On reprendra à la tombée de la nuit. Profitez-en pour dormir un bon coup ; mangez, buvez. On sera à la prochaine ville demain matin si tout va bien. Ils hochèrent tous trois la tête et s’assirent à même le sol alors que Bétamèche posait son sac à terre et l’ouvrait pour en tirer quelques friandises qu’il tendit à ses compagnons de route. Raven, comme de juste, déclina l’offre et se contenta de regarder le ciel. De son côté, Arthur repensait à ce que lui avait dit Raven la nuit d’il y a un mois : « Dans tout ce que je vous ai dit, il y a un mensonge ». Pourtant, il avait beau cherché, il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Et, plus il s’évertuait à chercher, moins il trouvait de solutions. C’était tout simplement frustrant. La seule chose qui lui restait à faire, c’était de faire quelque chose pouvant prouver à Raven qu’il pouvait avoir confiance en lui. - Ca ne va pas, Arthur ? lui demanda Sélénia, le visage soucieux face à la mine du garçon. - Hein ? Oh, oui ! Ca va, ne t’inquiète pas. Je réfléchissais, c’est tout. Sélénia hocha la tête, apparemment convaincue et continua son maigre repas. Raven les regardait faire. - Demain, vous pourrez prendre un vrai repas et on s’arrêtera une journée pour se reposer. Vous pourrez dormir dans un vrai lit. Ca vous changera des cailloux et des chemins forestiers. - Pour sûr ! s’exclama Bétamèche, habituellement loti dans des étamines de fleur ou dans un bon lit recouvert de draps frais. Ca nous fera du bien une journée de repos. - On pourra en profiter pour acheter des vivres ainsi que quelques vêtements de rechange, vous ne pensez pas ? demanda Sélénia. Apparemment, la prévision d’aller faire des achats n’enchantait aucun des trois hommes présents ici présent. Elle soupira longuement. N’y aura-t-il qu’elle pour aller s’occuper de la logistique ? - Je viendrais avec toi, concéda Raven. - Ne te sens pas obligé, surtout, lui lança-t-elle ironiquement. - Mais je ne me sens pas le moins du monde obligé, chère petite sœur ! s’exclama-t-il avec un sourire qui sonnait faux. Le reste de leur repas se déroula de la sorte. Vers quatre heures de l’après-midi, les trois amis de longue date se permirent une sieste. Ce fut à ce moment que Raven se permit d’aller soulager un urgent besoin naturel.
Arthur ouvrit un œil. Puis l’autre et constata que Raven n’était de nouveau pas là. Peu décidé à partir à sa recherche cette fois, en particulier parce qu’il tenait inconsciemment sa princesse contre lui, il referma un œil et se laissa bercer par la mélopée du vent jouant autour d’eux.
Plus tard, il se réveilla de nouveau. Mais cette fois, il ouvrit les deux yeux. Une forme se profilait au loin. Une personne. Raven sûrement. Arthur l’observa attentivement, mais il n’en crut pas ses yeux : le visage de Raven, habituellement hanté par un étrange sourire, était cette fois tordu par un rictus de folie. De là où il était, le garçon pouvait apercevoir un filet de sang au coin de sa bouche. Et, ce qui effraya le plus Arthur, ce fut les deux paires de canines anormalement allongées et visibles hors de sa bouche. Persuadé que c’était un mauvais rêve, il ferma les yeux et se rendormit.
Ce fut par Sélénia qu’il fut réveillé la troisième fois. Elle changea de position contre son prince et le réveilla par la même occasion. Malgré ça, elle se rendormit alors qu’Arthur, au contraire, ne parvint pas à se rendormir. Il avait toujours la même vision de Raven que dans son rêve. On aurait dit un vampire. Le garçon se gifla mentalement. Des créatures comme ça, ça n’existait que dans les rêves de petits garçons peureux. Il observa rapidement l’endroit une énième fois : la nuit était tombée et Raven avait eu la bonne idée de faire du feu. D’ailleurs, le visage de l’androgyne semblait étrangement irréel derrière cette barrière de flammes dansantes. Son visage de marbre éclairé par les flammes, faisant ressortir son regard bleu électrique. - Déjà réveillé ? le questionna le concerné. - Oui. J’ai été réveillé trois fois, mais ça ne fait rien. Tu n’avais pas dit qu’on partirait à la tombée de la nuit ? - J’ai dit ça, mais vous aviez tellement besoin de repos qu’il m’a paru préférable de ne pas vous réveiller. J’ai préféré vous laisser vous reposer encore un peu. - Dis…tu te souviens de ce que tu m’as dit il y a un mois ? - Oui, je m’en souviens. Et je ne suis toujours pas décidé à te dire de quoi il en retourne. Lorsque je saurais que je peux pleinement te faire confiance et te considérer comme l’un de mes alliés. - La confiance règne à ce que je vois… - J’ai accordé ma confiance deux fois. Une fois à ma mère qui m’a foutu dehors ; et la deuxième fois, tu le sauras lorsque j’aurais décidé de te le dire. - Raven…je pense que si l’on doit travailler en équipe, le mieux serait de ne rien nous cacher. - Je cache ce que je veux à qui je veux ! lança-t-il sur un ton n’admettant aucune réplique. Quant à travailler en équipe, je vous signale que je suis le seul ici à pouvoir vous amener dans les secondes terres et vous permettre de récupérer cette épée à la con ! Alors maintenant, sois gentil, et laisse-moi faire ce qui a besoin d’être fait. La tirade du Corbeau le laissa pantois. Il hocha la tête en signe de compréhension puis reporta son attention sur le visage endormi de sa bien-aimée. Elle était tellement belle quand elle dormait. - On doit penser la même chose, alors. Sauf que je n’en ai pas le même concept, lui assura l’androgyne avec un clin d’œil. - C…Comment tu as su ce que je pensais ? - Un regard peut être bien plus significatif que de futiles paroles. Si les paroles mentent, les regards sont garants de vérité. - Ca se voit tant que ça ? - Que tu l’aimes ? Bien plus que tu ne le crois, jeune garçon. Tout le monde le remarquerait à des kilomètres à la ronde. Arthur soupira longuement. Oui, il l’aimait. Il l’aimait à la folie et à en mourir. Il l’aimait comme jamais il n’avait aimé quelqu’un. Pas même sa propre famille. Il l’aimait comme sa seconde moitié. Il l’aimait comme celle qui le complétait et qui le ramenait toujours au calme dans des moments de tensions. - Je l’ai toujours comparée à une rose, lui avoua Raven. - Une rose ? s’étonna le garçon qui la tenait toujours contre lui. - Ne dit-on pas que sa beauté n’égale jamais la douleur causée par ses épines ? Il se retint de rire et, sans le faire exprès, bougea. Ce qui tira la Minimoy de son sommeil qui, apparemment, avait duré six bonnes heures. Elle s’étira, bâilla longuement et, réalisant dans quelle position elle était, rougit et se dégagea rapidement des bras de son amour pour favoriser une position de tailleur. - Tu ne devais pas nous réveiller à la tombée de la nuit ? demanda-t-elle en rendant compte de la situation. - Vous dormiez presque debout quand l’on s’est arrêté. Il valait mieux pour vous que vous preniez des forces. - Mais on a dormi de quatre heures à…Quelqu’un a l’heure ? - Oui, moi ! s’exclama Arthur en regardant la montre qu’il avait reçue au dernier Noël. Il est vingt deux heures trente sept. - De quatre heures de l’après-midi à onze heures moins vingt cinq ?! s’écria-t-elle. Tant de temps ? - Bah, oui. Pourquoi est-ce que tu t’affoles ? On a trois ans, je te signale. Ce qui correspond, à peu près, à trois cent ans pour vous, si je ne m’abuse. Donc, je pense que l’on peut bien s’accorder six heures et une journée de repos, non ? - Oui, c’est vrai. Excuse-moi…la perte de l’épée m’affole au plus haut point et j’ai peur pour mon peuple. - Tu peux aller réveiller ton frère, s’il te plaît ? demanda Raven en considérant la masse rousse toujours assoupie au sol. Elle hocha la tête et se leva. Elle s’approcha de Bétamèche et lui secoua l’épaule. Il ouvrit doucement les yeux puis, au moment où il les ouvrit totalement, elle s’exclama : - BOUH ! Il eût un sursaut de frayer qui passa plus pour un cri strident et ultra-féminisé qu’un sursaut. - Et on se demande lequel des deux est le plus jeune, marmonna Raven. Décidément…irrécupérable. Le rouquin, remis de ses émotions, incendia sa sœur qui n’écouta pas une seule de ses paroles concernant les réveils brutaux comme il appelait ça. - Bon, les gamins, c’est fini ? lança Arthur, passablement énervé des disputes entre les deux rouquins. Tous deux le regardèrent, surpris. Il était vrai qu’ils n’avaient pas pour habitude de se faire rappeler à l’ordre par le mari de la princesse. Celui-ci prenait, généralement, parti pour l’un ou pour l’autre, mais ne refusait jamais de s’aligner. C’était bien la première fois. Tous deux maugréèrent quelque chose puis reprirent la marche, de nuit cette fois. Ils avaient opté pour un système très simple : une longue corde avec, à chaque personne, un nœud. Ainsi, toute la chaîne était reliée entre elle et, si l’un d’eux tombait, ils le sentiraient immédiatement. Car, malgré la lueur de la lune, il fallait avouer que se repérer en pleine nuit n’était pas évident.
Dans la tête du jeune garçon se pressaient des questions plus farfelues les unes que les autres : « Etait-ce vraiment un rêve ? » ; « Ai-je bien vu ? ». Mais la question qui revenait le plus souvent était celle-ci. « Mais qui es-tu, Raven ? ».
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A vous les studios ! 
turluturu _________________

Dernière édition par le Mar 31 Juil - 13:08, édité 2 fois |
|  | | turluturu Petit arbre dans le vent

Age : 15 Inscrit le : 21 Juil 2007 Messages : 65 Localisation : Dans ton c.. ! Naaaan...c'est trop facile xD !
| Sujet: Re: Les mystères d'une vie Mar 31 Juil - 15:11 | |
| Bon ! et bien après ces deux pages de flood sur les relations familiales que chacun peut avoir et sur la cousine d'Anthéus, je pense que je peux me permettre de mettre la suite ^^.
Chapitre 8 - J'ai peur de lui
Aux premiers rayons du soleil, une ville se profila en contrebas du plateau où ils étaient. Décidant de faire une maigre pause avant d’entamer la descente qui les mènerait aux portes de la ville, ils s’assirent et mangèrent une leurs dernières vivres avant de, sous l’impulsion du Corbeau, se lever et de le suivre en bougonnant. - Nous y sommes ! clama l’androgyne. Je vous présente Lidelorth ! dit-il en embrassant d’un mouvement du bras la cité. Sans prêter plus d’attention à la cité, ils s’approchèrent des portes. - Qui va là !? - Des visiteurs cherchant à se ravitailler pour continuer leur chemin. Ils virent le garde hocher la tête et, quelques secondes plus tard, la porte s’ouvrit, leur laissant le passage libre. La première chose qu’ils firent, ce fut de repérer une auberge pour y loger le temps que durerait leur séjour, mais aussi pour glaner des informations sur l’hypothétique passage des voleurs et des informations sur l’emplacement d’échoppes. Raven poussa la porte d’un établissement qui ne lui paraissait pas trop dégradé et se dirigea de son pas sûr vers ce qui lui sembla être la réception. Un homme au caractère acariâtre vint à sa rencontre. - Qu’es’ vous voulez ? demanda-t-il. - Quatre chambres pour la nuit ainsi que le repas du soir pour trois personnes et le petit-déjeuner pour trois aussi. - Vous avez de quoi payer ? lança-t-il agressivement. Raven sortit une petite bourse de sa poche et en étala le contenu vertueux sur le comptoir. Les yeux de l’homme se firent lumineux. - Je pense qu’on va pouvoir s’entendre maintenant, non ? - Tout à fait, monsieur ! Nous disions donc quatre chambres, dîner et petit-déjeuner pour trois, c’est cela ? - Tout à fait. - Je suis désolé, mais il ne nous reste que trois chambres dont une avec lit double, s’excusa l’aubergiste. Pour le reste, tout est disponible. Bétamèche, ayant écouté la conversation et très réactif, se tourna vers les deux tourtereaux et leur lança : - Vous prenez la chambre à lit double ! Gêné, les deux époux sentirent le rouge leur monter aux joues alors que le benjamin et l’aîné les regardaient avec un regard amusé, voire carrément complice. - Tout est arrangé, dit Raven en retournant à l’aubergiste. Combien vous dois-je ? - Cent vingt gills pour les trois chambres ; quatre vingt gills pour les trois repas et soixante gills pour les trois petits-déjeuners. Ce qui, en tout, nous donne…deux-cent soixante gills. - Ca va…c’est honnête pour le nombre. Après que le Corbeau eût payé l’homme et que celui-ci se fût hâté de ramasser toutes les piécettes, ils se permirent de monter dans leurs chambres respectives avec les clés que l’androgyne avait distribuées après qu’il soit revenu vers ses acolytes. Sélénia fit tourner la clé de leur chambre dans la serrure de la porte qu’elle poussa quelques secondes après. Elle entra et Arthur la suivit. Aucun des deux n’osait dire un mot. La situation était quelque peu…gênante. Décidé à reporter son attention sur autre chose, le garçon regarda rapidement l’ameublement de la chambre : un lit double (il rougit d’ailleurs en le voyant), une commode et une porte menant sûrement à une salle de bains. Un scénario traversa rapidement l’esprit d’Arthur et il prit une couleur capable de jalouser celle d’une brique. - Ca ne va pas ? lui demanda-t-elle. Tu es rouge comme une brique. Il marmonna un « Tout va bien » et se dirigea dans ladite salle de bains sobrement constituée d’un lavabo, d’une douche et de toilettes. Arthur s’approcha du lavabo, ouvrit l’arrivée d’eau et s’en passa un peu sur le visage histoire de calmer son esprit. Lorsqu’il sortit, Sélénia était couchée sur le lit, les bras en croix, le regard fixé au plafond. Doucement, il s’approcha du lit et s’assit dessus, légèrement de dos par rapport à sa princesse. - Je sens que Raven nous cache des choses, Arthur, commença-t-elle. Je sens qu’il n’est pas franc avec nous et qu’il nous cache quelque chose sur lui. - Ca t’inquiète tellement ? - J’ai peur de me faire trahir, Arthur. J’ai peur qu’il ait la rancune tenace et qu’il m’en veuille indirectement à moi. J’ai peur de Raven, Arthur. Peur de ce qu’il est devenu. Tu sais, il montre une façade gentille et affectueuse bien qu’autoritaire. Mais…tu aurais dû le voir égorger cet homme... Le garçon parvenait à entendre des sanglots dans sa voix. Il tourna légèrement le regard et vit qu’elle avait les yeux brouillés par les larmes. - On aurait dit qu’il…qu’il… Arthur ne disait rien. Il savait qu’il fallait qu’il l’écoute. Sans rien dire. Juste l’écouter et la consoler après. C’était tout ce qu’il y avait de mieux à faire. - Qu’il y…prenait…du plaisir. - Tu ne peux rien affirmer, Sélénia. Tu étais en état de choc. - Est-ce que…qu’il t’a dit quelque chose…à propos des regards ? - Oui. Il m’a dit que les regards sont les garants de la vérité. - Alors crois-moi, Arthur, s’il te plaît. Il y a pris plaisir. Je l’ai vue dans ces yeux…cette lueur de folie… Arthur changea de côté et vint prendre sa princesse contre lui. Il sentit quelque chose couler le long de son cou. Il savait ce que c’était. Et il savait pourquoi. Il fallait aussi dire qu’il était d’accord avec elle. Raven cachait des choses. Beaucoup de choses.
Il la reposa sur le lit. Elle s’était endormie, fatiguée par ses pleurs. Il la regarda encore quelques instants puis soupira et se leva. Il quitta la pièce et alla frapper à celle de Bétamèche. Le rouquin vint lui ouvrir. - Ca va pas ? - Si, si, Béta. Tout va bien, je t’assure. Sélénia s’est endormie et je voulais parler à quelqu’un. - Ah…Et bien entre ! Le garçon aux cheveux de neige ne se fit pas prier et entra après que son ami se soit légèrement écarté du passage. - Raven est parti chercher des vivres, lui apprit le rouquin. Il devrait revenir dans l’après-midi et repartir chercher des informations sur les voleurs de l’épée. C’est ce qu’il m’a dit. Sélénia va bien ? - Ouais, elle s’est endormie. Fatiguée par la marche sûrement, mentit Arthur. Et, Bétamèche, en bon naïf, le crut ferme. Ce qui facilita grandement la tâche d’Arthur qui ne se serait pas vu expliquer le pourquoi du sommeil de Sélénia alors qu’elle était en pleine forme quelques minutes auparavant. - Tu ne voudrais pas qu’on sorte un peu ? lui demanda Bétamèche alors qu’Arthur venait de s’asseoir. - Pourquoi voudrais-tu sortir ? - Je sais pas…on pourrait visiter les lieux et essayer de se renseigner s’il y a une boutique de friandises dans le coin. Un sourire perla au coin des lèvres d’Arthur. Décidemment, Bétamèche serait toujours accro aux bonbons et à toutes les autres friandises disponibles dans leur monde. « Il faudra que je lui ramène des bonbons de chez moi la prochaine fois que je viens ici, pensa-t-il. ». Chez lui…il eût un pincement au cœur. Même ses parents allaient lui manquer. - Ouais, tu as raison. Viens, on sort. Je vais juste laisser un mot à Sélénia histoire qu’elle sache où nous sommes quand elle se réveillera. Il sortit le premier, laissant le cadet de la famille royale des Minimoys préparer ses affaires et sa bourse, tandis qu’il se rendait à nouveau dans sa chambre et chercha un morceau de papier sur lequel écrire. Finalement, il en trouva dans la commode, accompagné d’un stylet en charbon. Il inscrivit rapidement un petit message dessus et le posa sur le coussin à côté de la tête endormie de sa princesse.
Lorsqu’il se rendit de nouveau dans le couloir, il trouva son ami adossé au mur, semblant l’attendre de pied ferme. - Tu as fait vite, le charria Arthur. D’habitude, il te faut dix minutes pour te préparer. - Mais dis-moi, Arthur, tu as fait vite, toi aussi ! Il te faut une demi-heure d’habitude pour dire « A tout à l’heure » à ma sœur. Arthur se fendit d’un petit rire qui ne tarda pas à contaminer Bétamèche. Finalement, ils éclatèrent de rire en plein milieu du couloir. Heureusement qu’il n’y avait personne d’autre. On les aurait pris pour deux fous dans le cas contraire.
Ils furent rapidement dehors et remarquèrent que la ville possédait un très bon système de sécurité. A chaque rue, il y avait un garde ayant la mission de renseigner les nouveaux venus, les voyageurs et tout autre sorte de touriste. Il avait aussi la tâche de faire respecter l’ordre. Ce fut à l’un d’eux que les deux compères s’adressèrent. - Dites-moi, mon ami, commença le prince. Pourriez-vous nous indiquer le chemin d’une confiserie ? Le garde leur indiqua rapidement un chemin qu’ils suivirent et, conformément aux indications du garant de l’ordre, ils se retrouvèrent devant un établissement à la façade ornée d’une canne à sucre rouge et blanche. Le bois de la boutique était peint en rose et les carreaux étaient superbement lustrés. Un sourire large de deux kilomètres aux lèvres, Bétamèche s’aventura dans la boutique et s’avança jusqu’au comptoir en attendant que quelqu’un veuille bien le guider dans ses choix. Ce fut ainsi qu’Arthur le regarda dévaliser le magasin sous les yeux mi-affamés, mi-désespérés des employés. Affamés à l’idée de l’argent qu’ils pourraient se faire grâce aux achats de ce Minimoy ventripotent. Désespérés en pensant à toutes les heures qu’il avait fallu pour créer toutes ces confiseries. Et, finalement, après dix bonnes minutes d’emplette, Bétamèche ressortit de la boutique, son sourire de prince bien heureux flottant sur ses lèvres. Arthur le suivait, une lueur d’amusement dans le regard. Oui, ils avaient tous raison : Bétamèche ne savait raisonner ni son estomac ni la main qui plongeait dans sa bourse à moitié vide, désormais. Incorrigible dépensier ; incorrigible gourmand, il n’en restait pas moins très apprécié.
En fin d’après-midi, ils rentrèrent à l’auberge, chargé de paquets en tous genres (confiseries ; nouveaux gadgets à implémenter dans son couteau multifonctions ; vêtements de rechange, ceux-ci étant tout de même très rares ; et autres choses qu’il serait bien obligé de laisser sur place à leur départ). Voulant éviter les remontrances de Sélénia, ils passèrent le plus silencieusement possible devant la chambre des deux époux et réussirent à passer sans qu’elle ne les entende. Ce fut donc avec un grand sourire que Bétamèche ouvrit doucement du pied la porte de sa chambre. Il posa son chargement à même le sol, fit craquer les os de son bassin et se retourna vers son beau-frère. - On l’a bien eue, hein ? Elle ne nous a même pas entendus ! - Tu ne crois pas si bien dire, Béta, lança une voix trop connue à leurs oreilles. Lentement, Bétamèche se retourna vers le lit où était assise sa sœur, une jambe posée sur l’autre, prête à bondir sur son petit-frère si jamais celui-ci tentait ne serait-ce que la moindre protestation ou la moindre tentative de fuite. - Ca t’a coûté combien tout ça ? demanda-t-elle d’un ton suave qui laissait envisager le pire. Le rouquin déglutit lentement à l’idée du montant dont il allait devoir l’informer. Surtout que c’était désormais elle qui s’occupait aussi de la comptabilité du royaume. - Euh…deux mille sept cent trente neuf gills, avoua-t-il tout bas. - Deux mille sept cent trente neuf gills ?! explosa-t-elle. Non mais tu es fou, Bétamèche ! Tu te rends compte que tu prends ça sur le trésor public ?! Je te jure que si tu achètes encore ne serait-ce qu’une plume durant le mois à suivre, je te ligote pour que tu ne puisses plus toucher à cette bourse, tu m’entends ?! Il hocha doucement la tête, sachant que le pire était passé. Enfin…pour lui. - Et toi, fit-elle en se tournant vers son mari. Tu n’aurais pas pu l’en dissuader, non ?! Tu es tout autant irresponsable que lui dans cette affaire ! Vous n’avez pas l’air de vous rendre compte que l’argent ne tombe pas du ciel ! Penaud, les deux complices hochèrent en faisant mille et une promesses que, de toute façon, ils ne parviendraient pas à tenir
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Et valà ! A vos télécommandes et préparez-vous à voter ^^ !
Le bonus arrivera sous peu. Juste le temps de me reposer cinq minutes et je commence... _________________
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