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 Arthur et le Chevalier du Diable

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Eléanore
Petit arbre dans le vent


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MessageSujet: Arthur et le Chevalier du Diable   Ven 31 Aoû - 23:09

En espérant que ça vous plaise... Smile

Amicalement,

Eléanore
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Eléanore
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MessageSujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable   Ven 31 Aoû - 23:10

Chapitre 1 : De l’art de piloter un moustique enragé


Contrairement à la plupart des romans pour la jeunesse, cette histoire ne commencera pas par une radieuse journée d’été, mais plutôt par une horrible matinée d’orage. Ce qui est encore plus bizarre, c’est que cette histoire se déroulait en plein mois de juin. Le 22 pour être précis. Remarquez, même en plein mois de juin, il n’est pas rare d’avoir un temps gris accompagné d’averses lorsqu’on vit en Normandie.

Et c’est précisément là que notre histoire a lieu : en Normandie.
Nous sommes à Geminy, une petite ville paisible du nord de la région, entre Caen et le Havre, située à quelques kilomètres seulement de la côte, et par conséquent de la Manche. Comme je le disais plus haut, cette journée s’annonçait pluvieuse, et cela ne réjouissait pas la population, même si elle y était plus ou moins habituée. En revanche, le temps avait particulièrement exaspéré un des jeunes habitants de l’endroit, un grand garçon d’une vingtaine d’années, aux cheveux en bataille et au visage parsemé de tâches de rousseur malgré son âge, un sacré gaillard répondant au nom d’Arthur.

Arthur était assis près du mur, les bras croisés, le front appuyé contre la fenêtre. Il avait l’air particulièrement contrarié et tendu. Cela faisait maintenant plusieurs minutes qu’il avait le regard dans le vide et semblait réfléchir à un moyen d’éviter l’inévitable. En effet, ce jour était un jour important pour notre jeune garçon. Aujourd’hui, il devait passer son permis.
Pas son permis de chasse, non, son permis de conduire. Et cela ne semblait pas le satisfaire le moins du monde. Pourtant, à son âge, on rêverait d’avoir le permis, de pouvoir enfin conduire une voiture ; d’aller où bon nous semble, quand nous en avons l’envie ; de venir chercher une amie à la sortie du lycée ou d’emmener une bande de copains boire un coup dans un bar !
Mais notre cher Arthur n’est pas comme tous les jeunes de son âge. Il ne rêve pas spécialement d’avoir une voiture à lui, encore moins d’avoir le permis _ comment une espèce de petit bout de papier rose insignifiant pourrait-il nous aider à conduire un véhicule ? _ ni même de d’avoir des tonnes de petites amies ou de sortir en boite de nuit. Arthur ne rêvait que d’une seule chose et cela tient en un mot : Sélénia.

Qui est-ce, allez-vous me demander ?
Sélénia est en fait la reine _ autrefois la princesse _ d’un peuple ancestral et majestueux : le peuple des Minimoys. Cette tribu se veut assez particulière du fait que ses membres vivent dans un jardin et ne mesure que quelques millimètres ! Mais malgré ce grand fossé qui les sépare, Arthur et Sélénia se sont toujours aimés et ont toujours formé un couple uni, dans le malheur comme dans le bonheur.

Ce qui déprimait notre jeune héros, c’est que cela faisait bientôt 3 ans qu’il n’avait pas vu sa bien-aimée. En effet, l’année de ses 16 ans, son père, Armand Bigantol, adulte particulièrement borné et mal luné, avait décidé de déménager et de quitter la région malgré les protestations de toute la famille, à savoir Rose, la mère d’Arthur _ qui était certainement celle qui s’est le moins opposée à son mari étant d’un naturel doux et pas particulièrement futée _ Archibald Suchot, grand-père d’Arthur et père de Rose _ grand explorateur de la savane africaine autrefois et petit papy courageux et plein de vie aujourd’hui _ Marguerite Suchot, la femme d’Archibald, et par conséquent la grand-mère d’Arthur _ cuisinière hors norme et ronfleuse hors pair _ et Alfred, chien dévoué des grands-parents qui devait avoir une balle de tennis à la place du cerveau. Ce jour malheureux, Armand avait annoncé tout fier à la fin du repas de famille qu’il avait trouvé un travail stable et bien payé en Normandie _ sursaut de surprise de la part de toute la famille : cela faisait près de 900 kilomètres de trajet _ et qu’ayant également trouvé un spacieux appartement pour un loyer tout à fait convenable, ils déménageraient dans trois jours et allaient s’installer définitivement dans le nord de la France !
Notre Armand, tout fier de lui, regarda son assistance qui, après quelques minutes de perplexité, explosa littéralement de colère. Archibald et Arthur, dont le teint avait viré au rouge tomate, se levèrent de leurs chaises et se retinrent pour ne pas proférer les plus odieuses des injures qu’ils connaissaient. Marguerite faisait son possible pour retenir son mari et lui serrait le bras de ses petites mains menus. Tandis que notre Rose, un peu longue à la détente, regardait ébahie cette scène de ménage. Bien sûr, elle n’était plus à son assiette notre Rose, et comme elle était en train d’essuyer son couteau avec sa serviette et qu’elle ne regardait plus ce qu’elle faisait, le drame arriva et elle se coupa le doigt. La douleur lui remit les idées en place et, voyant son doigt en sang, elle tomba de sa chaise et s’évanouit, ajoutant un peu plus de souk au chaos qui régnait déjà dans la salle à manger.
Bien sûr, Archibald et Arthur, croyant que Rose s’était évanouie à cause de la nouvelle fracassante qu’Armand venait de leur annoncer, se mirent à crier un peu plus fort. Le père se défendait, prit lui aussi la teinte d’un piment bien mûr, et cette soirée resta dans la pire qu’ait jamais passé la famille Suchot-Bigantol.

Bref, pour en revenir à la situation actuelle, Arthur était pensif, et bien sûr il pensait à sa princesse. Ou plutôt à sa reine, mais bon, reine ou princesse, là n’est pas le soucis. Le soucis, c’est plutôt que l’heure de son examen approchait dangereusement et que notre bon garçon n’avait pas du tout la tête dans les clignotants, les réservoirs d’huile et les changements de pneus. Cela le rendait d’autant plus triste que la dixième lune, c’était dans 10 jours et, qu’une fois de plus, il allait louper le passage. Une larme aurait bien coulé sur sa joue s’il ne se retenait pas autant de montrer ses sentiments.


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Eléanore
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MessageSujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable   Ven 31 Aoû - 23:10

Une main amicale vint alors se poser sur son épaule. Arthur se retourna et aperçut un jeune homme qui devait avoir à peu près le même âge que lui. Avec ses longs cheveux blonds cendrés relevés en crête sur sa tête, ses yeux bleus pétillants de malice et son sourire charmeur, nul doute que ce type là faisait tomber toutes les jeunes filles. Fier et sûr de lui, la seule chose qui lui déplaisait chez lui, c’était sa taille : en effet, notre tombeur ne mesurait qu’un mètre soixante et des poussières, et cela le frustrait au plus haut point.
Un autre jeune homme était assis à une table face à eux. Il était penché sur une copie, un stylo dans la main, la mine bien pensive. Bien qu’assis, on devinait une silhouette fine et élancée. Ses cheveux châtain clair étaient coupés très courts, et ses yeux marron foncés étaient rivés sur sa copie.
Arthur sourit à ses deux amis, respectivement Daniel et Aaron. Heureusement qu’ils étaient là dans les moments difficiles. A eux trois, ils formaient un parfait trio : Arthur, l’homme de la Nature, Aaron, l’homme des Sciences et Daniel, l’homme de ses femmes.

« Allez mon vieux, dé-stresses toi ! » Commença Daniel, « C’est que le permis ! Tu conduis super bien, y’a pas de raison qu’ils ne te le donnent pas ! Et ce n’est pas une petite pluie de rien du tout qui va t’arrêter ! » Poursuivit-il en adressant un clin d’œil à son interlocuteur, c'est-à-dire à Arthur.

Aaron tourna légèrement la tête vers ses deux amis, signe qu’il avait suivit la conversation. Lui aussi aurait bien voulu réconforter son ami. Il savait pertinemment qu’Arthur avait toutes les chances d’avoir son examen et ne se faisait aucun soucis pour lui.

Mais Daniel et Aaron n’étaient pas au courant pour les Minimoys. Arthur n’avait jamais osé leur parler de ses aventures, de peur que ces derniers le prennent pour un fou échappé de l’asile. Il avait bien essayé quelques fois de leur dire, mais sans grand succès.
Il se contenta alors de hocher de la tête en regardant ses amis.

« Vous avez raison les gars, ça se passera bien. C’est juste… J’ai un peu d’appréhension, voila tout. » Répondit Arthur. Il se leva alors, mit son sac sur l’épaule, et traversa la salle de classe vide que ses amis et lui étaient venu squatter en attendant l’heure fatidique de son épreuve.

Personnellement, Arthur n’avait aucune envie d’y aller. Il n’aimait pas vraiment conduire, malgré le fait qu’il était plutôt adroit au volant. A vrai dire, il avait piloté des moustiques enragés et lobotomisés dans le passé, et la voiture lui semblait d’un ennui mortel à côté de ça.
Il se dirigea malgré tout vers la sortie du lycée, ses deux amis quelque peu inquiets et suspicieux sur les talons. Après avoir traversé la cour déserte de l’école, Arthur se retrouva rapidement à attendre son moniteur devant le portail sous un parapluie. Il n’avait même pas l’envie de guetter l’arrivée de la voiture, il était trop perdu dans ses pensées. Daniel et Aaron étaient à ses côtés, bien que silencieux. Ca ne lui arrivait pas souvent à Arthur d’être dans cet état. D’habitude, c’est plutôt un joyeux luron proche de la nature qui ne ratait pas une occasion de s’amuser. Mais lorsque la fin de l’année scolaire approchait, Arthur était souvent maussade. Ses amis avaient émis de nombreuses hypothèses, mais aucunes ne semblaient concluantes. A part le fait que cette baisse de régime arrivait en même temps que l’été et sa pleine lune, Daniel et Aaron n’avaient rien remarqué, et Arthur ne laissait rien paraître de suspect le reste du temps. De plus, il restait particulièrement mystérieux sur la cause de son mal, et cela faisait longtemps que ses camarades avaient cessé de l’interroger, tellement cela était une perte de temps et ne servait à rien.

Toujours est-il que la voiture de l’auto-école finit par arriver. Arthur adressa un signe à ses amis et se força à sourire. Il fallait qu’il essaye de se concentrer, juste pendant 20 minutes. Il aurait tout le temps qu’il lui faudrait ensuite pour penser à sa femme et désespérer de la revoir un jour. Daniel et Aaron sourirent, ils avaient l’air confiant. Ils retournèrent dans le lycée, où leurs cours étaient sur le point de commencer. Pendant ce temps, Arthur replia son parapluie et ouvrit la portière de la voiture. L’imposante silhouette qui prenait place du côté passager ne se voulait absolument pas rassurante, et Arthur se dit qu’il allait passer un mauvais quart d’heure.

« Bonjour jeune homme. Vous avez votre livret ? » Demanda l’examinateur.

« Bonjour. Oui, bien sûr. »

Arthur tendit son carnet de conduite et s’installa au volant. Il donna un discret coup d’œil dans le rétroviseur et aperçut Delphine, sa monitrice. Il faut dire que cette dernière semblait particulièrement anxieuse. Pourtant, Arthur était bon élève, elle le savait pertinemment. Mais depuis qu’un de ses anciens avait failli s’encastrer dans une boutique de beignets le mois dernier, elle se méfiait de tout, même des élèves les plus doués. Elle sourit donc à Arthur, et s’épongea de suite le front, où de la sueur commençait à perler.

« Bien. » Annonça l’examinateur, « Nous allons faire un petit tour. L’examen durera 20 minutes, vous aurez deux manœuvres à effectuer et deux questions sur le fonctionnement de votre véhicule. Ce que j’attends de vous pendant ces 20 minutes, c’est bien sûr que vous respectiez le code de la route et me montriez comment vous maîtrisez votre véhicule. »

Arthur serra des dents. « Ca promet… » Pensa t-il. Mais il n’eut pas le temps de se poser plus de questions, car l’examinateur lui demanda de démarrer et de prendre la première à droite. C’est ainsi que notre Arthur tourna la clef. Le moteur se mit à ronronner et l’automobile disparut sous la pluie torrentielle, dans une rue adjacente.

Daniel et Aaron virent la voiture démarrer.

« Au moins, il a pas calé, c’est déjà ça… » Annonça Daniel.

Aaron le regarda, un sourire aux lèvres.

« Tu croyais vraiment qu’il allait caler ? » demanda t-il, légèrement amusé.

« Non, bien sûr que non… T’as remarqué, il nous repique sa crise de nerf. Il est tout triste notre Arthur ! » Ajouta t-il en faisant le pitre avec une grimace qui lui donna un air particulièrement idiot de petit enfant qui pleure.

« Ouais… Comme à chaque fois, à l’approche des vacances scolaires… »

« Qu’est ce qu’il a, à ton avis ? »

« J’en sais rien… Il est peut-être en mal d’amour ? » Demanda faussement Aaron, qui savait déjà comment son ami Daniel le Tombeur allait réagir.

« Lui ?!? Tu te fiches de moi ?!? Toutes les nanas de la classe lui courent après ! S’il voulait, il pourrait les avoir toutes ! » Répliqua Daniel, en dragueur professionnel néanmoins jaloux du charme naturel de notre héros.

« C’est bien ce que je dis : mal d’amour. Celle qu’il a choisie n’est pas là. »

« Ouais, ben quand on a Amanda Devanture qui nous court après, la moindre des choses, ça serait d’oublier « celle qu’il a choisit » comme tu dis, et de profiter de l’instant présent ! Franchement, t’as vu les yeux qu’elle a ! Et ses lèvres, pulpeuses à souhait ! Oh mon Dieu, c’est trop pour moi… » Et là, notre Dom Juan local fit semblant de s’extasier devant une beauté inexistante avant de s’évanouir. Cela faisait bien rire notre duo de choc, qui rejoignit définitivement la salle de classe tout en polémiquant sur les nombreux atouts de la Demoiselle Devanture.


Il était 17h30 et la cloche sonna enfin. Daniel et Aaron, nos deux compères, sortirent de la salle de classe à une vitesse proche de celle d’une Ferrari lancée à pleine vitesse sur une route dégagé et foncèrent vers le portail. En fait, ils avaient aperçu Arthur par la fenêtre de la salle et celui-ci les attendait sagement devant l’entrée, avec la ferme intention de leur raconter ses fameuses 20 minutes. Heureusement, il ne pleuvait plus, mais le sol était encore bien humide et, dans sa précipitation, Daniel glissa sur une flaque d’eau et se retrouva rapidement les quatre fers en l’air et le cul dans la marre. Enfin, ce n’est qu’une expression puisque la marre en question n’était rien d’autre que la flaque sur laquelle il avait glissé. Cela fit bien rire Arthur, qui semblait plus détendu qu’avant sa montée dans la voiture.
Peut-être était-il seulement stressé par son examen finalement ? Aaron arriva à hauteur de son camarade, suivi de près par Daniel qui faisait de son mieux pour cacher la tâche de flotte qu’il avait sur les fesses aux jolies filles qui passaient.

« Alors ce permis ? » demanda t-il à Arthur, histoire d’orienter la conversation sur autre chose que sur son ridicule incident.

« Disons que ça s’est mieux passé que ton atterrissage en force sur le bitume de la cour… » Ajouta Arthur, décidé à ne pas laisser son ami s’en sortir aussi facilement.

« Allez, sans dec’ mec ! Raconte ! »

« Et bien, ça s’est assez bien goupillé en fait. Les questions étaient vraiment simples, et pas de problème pour les manœuvres… » Dit-il en mimant un créneau droit avec ses mains. « Pour la conduite en général, on verra. Je n’ai pas vraiment d’avis sur la question. En fait, je n’étais pas complètement dedans, mais je ne pense pas avoir fait de fautes graves… Apparemment, je devrais avoir les résultats au courrier de demain… »

Daniel grimaça de dégoût. Lui qui en était à son troisième essai ! Mais y’a pas moyen, à chaque fois, il était distrait par quelque chose, et l’examinateur saisissait le volant. La dernière distraction en date était une joli brune à la peau de pêche qui marchait sur le trottoir d’à côté avec ses copines. Non seulement, Daniel n’avait pas eu son permis, mais il s’en était sorti avec un bon torticolis. Alors que cet Arthur, qui n’est même pas concentré sur sa route, passe son exam les doigts dans le nez.
Y’a de l’injustice sur cette planète…

Toujours est-il qu’Aaron, persuadé que son ami avait brillé une fois de plus, décida de fêter l’évènement.

« Tournée au Maltusy ! C’est moi qui invite ! On va fêter ta victoire, mon gars ! » Dit-il en prenant Arthur par les épaules. Sachant que le Maltusy était un bar très chic situé à seulement quelques rues du lycée et qu’il possédait en plus des tables de billard et une piste de danse, on pouvait se douter que nos trois amis n’étaient pas partis pour rentrer tôt à la maison ce soir ! Mais, que voulez-vous, il fallait bien qu’ils s’amusent un peu ces étudiants ! Surtout qu’ils ne savaient pas encore quelles aventures palpitantes les attendaient…


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Eléanore
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MessageSujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable   Dim 2 Sep - 0:32

Chapitre 2 : Sur la route toute la Sainte journée...


Tout était calme, parfaitement silencieux. On entendait les mouches voler.
Enfin, ce n’est qu’une expression puisque tout le monde sait que les mouches dorment à une heure aussi matinale.

C’était aussi le cas d’Arthur, qui avait bien besoin de sommeil réparateur vu la soirée qu’il avait passé. En effet, cette dernière fut tout ce qu’il y a de plus mouvementé.
Pour commencer, Daniel glissa à nouveau dans une flaque et manqua de peu de se retrouver une fois de plus les fesses dans l’eau. Il faut dire qu’il est tellement vif et enthousiaste qu’il a tendance à gesticuler dans tous les sens, et donc à être maladroit.
Nos trois garçons arrivèrent tout de même au Maltusy où une surprise de taille les attendait : Amanda Devanture et son groupe de copines surmaquillées étaient là et bien décidée à séduire notre pauvre Arthur qui s’intéressait autant à cette belle jeune fille qu’un gamoul s’intéresse à une carcasse de vermisseau. Cela ne découragea pas la belle qui usait de tous les artifices pour attirer l’attention de notre héros, qui restait malgré tout complètement insensible.
Pour finir, Aaron avait découvert une nouvelle variété de bière irlandaise qu’il prit beaucoup de plaisir à tester, si bien qu’Arthur et Daniel durent s’y mettre tous les deux pour le porter et le ramener chez lui sans qu’il y ait d’incident.

Bref, notre Arthur était bien fatigué ce matin, et on le comprenait. Il prit donc un repos bien mérité avec la ferme intention de profiter de sa grasse matinée.
Mais ce qu’Arthur n’avait pas prévu, c’était que ses parents déboule en trombe dans sa chambre à 8h30 du matin en chantant, en poussant des cris de joie et en dansant la samba. Le jeune homme fit un bon de plusieurs mètres dans son lit avant de réaliser ce qui se passait et également qu’il se trouvait en caleçon devant ses parents qui, entre guillemets, n’avaient pas l’air gêné le moins du monde. Son père tenait une enveloppe ouverte dans la main droite et une feuille jaune griffonnée dans l’autre.
Arthur se redressa, enfila un pantalon et regarda de plus près ce qui mettait ses parents dans un tel état. Une chose sautait aux yeux lorsqu’on regardait le papier jaune de plus près, c’était le mot « RECU » écrit en lettres grasses et à l’encre rouge.
D’un coup, l’hystérie de ses parents et leur entrée fracassante dans sa chambre trouvèrent une explication. Il avait obtenu son permis de conduire. Voyant combien ses parents avaient l’air heureux et fiers de lui, il se mêla à leur petite danse en s’efforçant de paraître satisfait, mais le cœur n’y était pas.

Bref, c’est ainsi que notre Arthur se retrouva à la table du petit déjeuner, son père à sa droite avec son journal, sa mère à sa gauche avec ses tartines de confiture, et son bol de céréales devant lui. Ses parents étaient de très bonne humeur, ce qui était plutôt rare ces derniers temps.
Cela sautait aux yeux car Rose chantonnait et ne s’était pas encore coupée avec le couteau qui lui servait à étaler le beurre sur ses tartines, et Armand n’avait pas encore critiqué les nouvelles du jour en étant déjà à la moitié de son journal.
Enfin, Arthur était devant son bol et profitait de ce moment de calme passager, tellement rare depuis trois ans.
Son père se racla alors la gorge pour attirer l’attention de son fils et les regarda alternativement, sa femme et lui, tout en affichant une expression de profonde satisfaction. Arthur sentit qu’il se préparait quelque chose, et visiblement sa mère était dans le coup vu qu’elle avait le même genre de sourire de conspiratrice que son mari.

Le père prit la parole : « Mon grand, tu t’es drôlement bien débrouillé cette année et ta mère et moi sommes fiers de toi. »

Il marqua un temps de pause pour faire durer le suspens, et Rose ne put s’empêcher de verser une larme en pensant à son petit garçon qui avait tellement grandi et qui était devenu un beau et brillant jeune homme.

Armand reprit : « Les études, le permis… Tu nous as tout réussi ! » Finit-il par crier. « Bref, tu nous a comblé et nous aimerions t’offrir un cadeau pour te récompenser. »

Arthur baissa la tête et reste silencieux. Il n’avait pas vraiment besoin de ça. De toute façon, son père était tellement avare que ce soi-disant cadeau risquait d’être ridicule et inutile, du moment qu’il ne le ruinait pas.

« Demande ce que tu veux, fils, et tu l’auras ! Tout ce que tu veux ! » Continua t-il en insistant bien sur ses derniers mots.

Notre jeune compagnon releva doucement la tête et regarda attentivement ses parents : « Tout ce que je veux ? Vraiment ? »

Armand avait senti l’arnaque et son sourire se crispa.
Mais notre bienveillante Rose, qui avait tendance à agir avant et à réfléchir après, renchérit : « Vraiment ! Tout ce que tu veux mon chéri ! Absolument tout ! »

Le regard dans le vague et le front plissé, on voyait bien qu’Arthur se concentrait, réfléchissait. La seule chose qu’il désirait à cet instant précis, c’était être près de près de Sélénia, et il ne voyait pas vraiment comment son père pourrait réaliser ce souhait.
A moins que…

Une idée germa dans son esprit et ses yeux, animé d’une flamme malicieuse se posèrent à nouveau sur le visage maintenant anxieux de son père.

« Je voudrais qu’on aille passé les vacances d’été chez Mamy et Papy. » répondit Arthur sur un ton des plus convaincant.

Armand était abasourdi, il en restait comme deux ronds de flan. Il est vrai que leur dispute à cause du déménagement il y a 3 ans les avait un peu brouillé, lui et les grands-parents d’Arthur, et qu’ils n’avaient pas revu Archibald et Marguerite depuis un bout de temps.
Mais de là à dire que les revoir était le vœu le plus cher de son fils, ça lui paraissait un peu gros.
Il soupira tout de même de soulagement, car il s’attendait plutôt à une semaine de vacances toutes fraîches payées au bord de la mer ou à une belle voiture décapotable pour épater les jolies filles.

« Tu es certain que c’est ce que tu veux ? C’est plutôt curieux comme demande… »

« Certain. Et si on pouvait emmener Daniel et Aaron, et se débrouiller pour partir demain, ça serait parfait. » Répondit Arthur, coupant presque la parole à son père.

Armand était de plus en plus déconcerté. Son fils devait lui cacher quelque chose, mais il était trop peu intelligent et pas assez patient pour découvrir de quoi il s’agissait. Il est vrai que préparer deux mois de vacances à 900 kilomètres en même pas 24 heures est un véritable défi. Mais il avait promit. Et comme il aimait faire le malin, l’idée du défi impossible à relever lui plut bien aussi.

Il adressa donc un signe de tête à son fils : « C’est d’accord, on part demain. Va prévenir tes grands-parents et leur demander s’ils veulent bien de nous. » Dit-il en ronchonnant un peu.

Arthur bondit littéralement de sa chaise. S’il avait eu des ailes, il se serait probablement envolé en emportant le toit de l’appartement avec lui. Il hurlait en montant l’escalier qui menait à sa chambre et se jeta sur le téléphone.
Il composa rapidement le numéro de téléphone de ses grands-parents qu’il connaissait par cœur à force de leur téléphoner. De sa main libre, il sortit de son placard un énorme sac de voyage et commença à le bourrer d’affaires en tout genre.

Le téléphone sonna et une voix de femme mûre lui répondit : « Marguerite Suchot, j’écoute. »

« Mamy, c’est moi Arthur ! » hurla t-il avec une telle force dans le combinée que la grand-mère, de l’autre côté, se retrouva toute décoiffée.

« Arthur ?!? Mais qu’est ce qui te prend de crier comme ça ? Tout va bien au moins ? »

« Oui mamy, tout va pour le mieux. On vient passer l’été chez vous. Si tout va bien, on devrait arriver demain soir. »

Bien évidemment, ce n’était pas une question mais plutôt un ordre, et Marguerite s’en rendit vite compte.
Elle sourit à cette pensée et s’adressa à son petit fils : « Et bien, c’est gentil de demander ! Nous n’avions justement rien de prévu ! »

Arthur réalisa tout à coup son impolitesse et se mit bafouiller :

« Euh… Désolé. Je suis tellement excité à l’idée de vous revoir que j’en oublie les bonnes manières… »

« C’est pas grave mon garçon, nous serons ravis de vous accueillir et vous attendons impatiemment. Je te passe ton grand-père ? »

« Oui, s’il te plaît, ce serait sympa ! »

« Grosses bises mon grand et à demain alors ! »

« Bises, à demain ! »

Arthur n’eut pas le temps de finir que son grand-père se mit à hurler lui aussi dans le combiné : « Arthur, mon grand ! Comment vas-tu ?!? »

« Bien grand-père, très bien ! Et ce sera encore mieux dans deux jours ! Tout va bien chez vous ? »

« Tout va parfaitement bien, je te remercie de t’inquiéter pour nous. » Répondit le papy avec un air amusé.

Arthur leva alors la tête de son sac et regarda alentour. Aucune trace de ses parents, mais il chuchota quand même dans le combiné, par précaution.

« Tu as des nouvelles du peuple ? »

De l’autre côté, le grand-père sourit. Il savait très bien que la tournure employée n’était que simple politesse et que la vrai question était « Comment va Sélénia ?!? »

« Le peuple se porte merveilleusement bien, et sa reine aussi ! »

A l’évocation de sa bien aimée, le cœur d’Arthur se mit à battre la chamade.

« Bien… Parfait… » Dit-il sans vraiment maîtriser les mots qui sortaient de sa bouche.

Archibald l’avait bien compris et le ramena à la réalité : « Nous avons tous hâte de te voir ! »

« Oui, moi aussi ! » répondit Arthur, qui redevint soudain lucide.

« Bon je te laisse, j’ai pas mal d’affaires à préparer et quelques coups de fil à passer. Ca t’embête si j’invite deux amis ? »

« Non, aucun problème ! Tes amis sont les bienvenus, rassure-toi ! »

« Merci papy, c’est vraiment cool de ta part ! »

Archibald n’est pas très à l’aise avec ce vocabulaire à la mode. Néanmoins, il avait comprit le sens de la phrase.

« Bon je te laisse alors. Nous aurons le temps de nous raconter des tas de choses à votre arrivée ! »

« Oui, pas de problème ! Prépare la lunette pour moi s’il te plaît ! »

« Aucuns soucis ! Allez, bon voyage ! »

« Merci, bonne journée à vous ! »

Mais Archibald avait déjà raccroché. Arthur composa alors un autre numéro : « Allo, Aaron, c’est Arthur. »

Une voix ensommeillé lui répondit : « Eh mec, t’as vu l’heure qu’il est !?! T’es pas un peu fou de me réveiller à une heure pareille !?! A moins que t’es une nouvelle importante à m’annoncer… ? »

« Ouais ! On part en vacances demain, alors fait ta valise et bouge toi ! »

Aaron ne s’attendait pas vraiment à cette réponse, mais elle lui convenait quand même.

« T’as eu ton permis, alors ! Et tu nous emmènes en vacs pour fêter l’évènement, c’est ça ? »

« C’est à peu près ça… » Dit Arthur qui avait la tête dans les chemises à carreaux et les chaussettes de tennis.

« J’ai pas le temps de te donner plus de détail, mais la route est longue. Tiens toi près vers 5h du matin. »

« 5h ?!? Mai t’es… »

Mais nous ne saurons jamais ce qu’était Arthur vu qu’il avait déjà raccroché et qu’il s’apprêtait à composer le numéro de Daniel. Il lui tint exactement le même speech, aussi direct et peu précis.

Cette journée promettait d’être chargée en évènements, mais surtout en bonnes émotions.
Car Arthur se préparait à revoir sa reine qu’il n’avait pas vue depuis 3 ans, et aucune pensée ne pouvait le rendre plus heureux.


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MessageSujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable   Dim 2 Sep - 11:54

Chapitre 3 : Surprise !


Le soleil était sur le point de se coucher. Et comme nous étions en plein moi de juin, l’époque de l’année où les jours sont les plus longs, je vous laisse imaginer l’heure avancée qu’il était déjà.

Nous étions dans le sud du pays, à un endroit où le relief est bien vallonné, sillonné par de nombreuses petites routes de campagnes en terre battue et en gravier. Le paysage demeurait bien sec, mais tellement agréable à regarder lorsqu’il était, comme ici, teinté de noir et de reflets orangés par le crépuscule qui approchait.
On entendait les cigales chanter, le vent souffler et les lapins détaler en direction de leur terrier afin de laisser les animaux de la nuit reprendre leurs droits.

Une seule voiture venait troublé cette nature paisible et presque endormie, et c’était Armand qui la conduisait. C’était une magnifique berline noir et blanche, qui brillait de milles feux sur les routes sinueuses.

Armand n’était pas de très bonne humeur. Il faut dire que ça faisait plus de douze heures qu’il étai au volant et qu’il aurait bien aimé se dégourdir les pieds. Ses passagers lui en avaient fait baver aujourd’hui !
Pour commencer, il avait failli s’étrangler avec un petit gâteau sablé lorsqu’Arthur était redescendu de sa cambre avec son sac sur l’épaule et lui avait dit qu’ils partiraient à 5h du matin. Armand pouvait se montrer compréhensif parfois, mais là il estimait que son fils commençait à dépasser les bornes ! Bien évidemment, Arthur avait haussé le ton et lui avait rappelé sa promesse, ce qui avait tout de suite calmé notre bon Armand. Il n’aimait pas qu’on lui fasse remarquer qu’il avait tort, Armand. Et ça, son fils l’avait bien compris.
Quoi qu’il en soit, ce brave père de famille avait, pour une fois, écouté son fils et préparé les affaires la veille du départ. Et comme il était absolument indispensable que sa voiture soit lavée, rincée, frottée et lustrée de partir en voyage, il avait bien fait de s’y prendre tôt, sinon c’est plutôt à 1h du matin qu’il aurait dû se lever pour avoir le temps de tout faire. La voiture était donc chargée et tout notre petit monde quitta la maison de Geminy à 5h précises. Armand passa chercher Daniel en premier, puis Aaron vu que c’était dans ce sens que c’était le plus pratique de les récupérer. Ce petit convoi chercha alors la direction de Marseille et se mit en route, plein d’entrain et de bonne humeur.
Bien sûr, le voyage dégénéra vite car Armand connaissait plein de raccourcis qu’il voulait à chaque fois emprunter et qui leur a, au final, rallonger le voyage d’une bonne centaine de kilomètres. Du côté passager, c’est Rose qui dégénérait, et particulièrement ses intestins. A chaque fois que son mari prenait des virages un peu brusques, elle rendait son petit-déjeuner. Ils durent donc s’arrêter une bonne demi-douzaine de fois pour vider les sacs que notre Rose remplissait à une vitesse ahurissante et l’intérieur de la voiture finit par prendre l’odeur désagréable des rendus de Rose, ce qui exaspéra un peu plus Armand qui avait nettoyé sa voiture de fond en comble il n’y a même pas 24 heures…

Malgré toutes ses péripéties, la voiture s’approchait de sa destination : le domaine Suchot. C’était un merveilleux bout de terrain complètement sauvage, sur lequel la faune et la flore s’étaient magnifiquement bien développées. L’herbe était haute dans les champs et une petite forêt de chênes centenaires bordait le domaine en contrebas. Au milieu de terrain était planté une magnifique petite maison en bois, d’un style plutôt colonial, légèrement surélevée par rapport au sol car sur pilotis.

« Enfin ! C’est pas trop tôt ! » Brailla le père qui pensait déjà à se dégourdir les pattes.

Arthur ne répondit rien. Un large sourire illuminait son visage et des petites étoiles brillaient dans ses yeux. Il avait beau avoir 19 ans dans même pas un mois, il se sentait comme au premier jour : un petit garçon insouciant et enjoué qui partait retrouver l’élu de son cœur.
Daniel et Aaron regardèrent discrètement notre Arthur qui, il faut être franc, avait l’air bien idiot avec son sourire béat sur le visage. Il ne semblait pas réaliser qu’on était arrivé, et les garçons commencèrent à froncer les sourcils.

« Tu crois que ça se soigne ? » demanda Daniel sur le ton de la plaisanterie et assez fort pour qu’Arthur percute.

« A dire vrai, je ne pense pas qu’il soit malade… C’est juste une sorte de situation émotive forte. Tu vois, c’est ce que j’essayais de t’expliquer l’autre jour. L’homme a des sentiments et lorsque ceux-ci sont refoulés pendant… »

Daniel se massa le front : Aaron était reparti pour son numéro de psychologie à deux balles et il n’y avait rien de plus barbant sur cette planète. Sauf peut-être les courses d’escargots, mais bon…

Toujours était-il que la voiture arriva enfin dans la cour de la maison Suchot et s’arrêta dans un dernier grondement de moteur.
Archibald et Marguerite étaient sur le balcon et attendaient sagement que les voyageurs sortent de la voiture. Ils les avaient entendus arriver de loin et cela fait maintenant quelques minutes qu’ils s’imaginaient serrant leur petit fils, qui maintenant était plus grand qu’eux, dans leurs bras.

C’est bien sûr Arthur qui bondit le premier de la voiture. Il se rua sur ses grands-parents et embrassa Marguerite sur les joues.

« Grand-mère ! Ca fait vraiment plaisir de te voir ! »

Il se tourna vers son grand-père à qui il serra poliment la main, avant de se jeter dans ses bras comme un frère : « Grand-père ! Content de te voir toi aussi ! »

Arthur se redressa et regarda ses hôtes avec un sourire jusqu’au oreilles : « Alors tout va bien ? »

« Oh oui, tout va très bien pour nous, merci. » répondit Archibald, « Et vous, vous avez fait bon voyage ? »

Arthur ne répondit rien mais fit un signe de tête en direction de la voiture, là où sa mère, livide, sortait de la voiture en se tenant le ventre. Voyant ses parents sur le perron, elle leur adressa un vif signe de main avant de mettre cette fameuse main devant sa bouche, et de courir en direction de l’herbe haute pour se vider une dernière fois.
Le père, lui, commençait à descendre les bagages de la voiture. Aaron et Daniel vinrent proposer leur aide.

Pour une fois, le père fut véritablement compréhensif : « Non non, laissez… Je vais le faire. Allez plutôt rejoindre Arthur, je suppose qu’il a hâte de vous présenter ! »

Aaron et Daniel ne se firent pas prier et rejoignirent Arthur et les grands-parents.

« Papy, Mamy, je vous présente mes amis, Aaron et Daniel. Ils sont venus profiter du beau temps avec nous. »

Les deux jeunes garçons tendirent la main aux grands-parents : « Enchanté de faire votre connaissance. » répondirent-ils à l’unisson avec un sourire en coin.

« Tout le plaisir est pour nous ! » répondit Marguerite, en faisant un clin d’œil à ses interlocuteurs.

Arthur fronça les sourcils. Ils auraient presque l’air de se connaître… Comment cela se pouvait-il ?

« Allez, si nous entrions boire une bonne limonade ! Vous devez être épuisés de votre voyage, non ? »

« Ouais, c’est vrai que ça a pas été de tout repos… » Balança Daniel, regardant alternativement Armand qui approchait avec les valises et Rose qui sortait des fourrés.

Archibald sourit : « Je veux bien vous croire… Je n’ai pas encore expérimenté le voyage avec ses deux là, que Dieu m’en garde ! »

Un éclat de rire général s’en suivit, auquel Armand et Rose vinrent se joindre, bien qu’ils ne sachent pas ce qui avait provoqué l’hilarité générale. S’ils savaient qu’on était précisément en train de se moquer s’eux, ils rigoleraient peut-être moins.

C’est ainsi que notre petite troupe se dirigea vers la porte d’entrée. Marguerite ouvra et…


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MessageSujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable   Dim 2 Sep - 14:33



« SURPRISE !!!!!!!!!!! »

Arthur fit un bond de plusieurs centimètres tellement il était surpris. Il n’avait même pas encore passé le pas de la porte qu’on entamait déjà un « Joyeux Anniversaire Arthur » enflammé.
De nombreux visages qu’il connaissait étaient là, peut-être quarante personnes !
La maison avait entièrement été re-décorée avec des ballons multicolores et des banderoles où on pouvait lire « Joyeux Anniversaire Arthur » ou bien « Arthur, 19 ans ».
Un immense buffet s’étalait sur un côté du salon, recouvert de pizza, de toast en tout genre et d’une grande marmite d’apéritif qui sentait bon les fruits frais.
Notre jeune homme étai complètement déboussolé. Il s’attendait à tout sauf à ça ! Il commença à rougir, bafouilla des choses incompréhensibles et finit par se tourner vers sa grand-mère.

« Mais… Mon anniversaire est dans un mois ! »

La vieille dame lui sourit : « Oui je sais mon ange. Mais ça aurait été beaucoup plus difficile de préparer tout cela pendant ton séjour chez nous ! Futé comme tu es, tu aurais certainement remarqué quelque chose ! » dit-elle en lui passant la main dans les cheveux, geste qu’elle avait de plus en plus de mal à faire étant donné que son petit-fils la dépassait maintenant d’une tête.

« En tout cas, il a pas été assez futé pour se rendre compte qu’on avait participé à la préparation ! » dit alors Daniel en donnant un coup de coude à son ami.

« Alors vous étiez dans le coup tous les deux… » Demanda Arthur, un sourire aux lèvres, en regardant alternativement Daniel et Aaron.

« Bien évidemment ! » répondit Archibald, « Comment voulais-tu qu’on contacte tout ce beau monde, ta grand-mère et moi ! » dit-il en présentant l’assemblé d’un geste du bras, « On en connaît pas la moitié ! »

« Ce sont tes amis qui nous ont contacté au printemps pour nous dire qu’il serait sympathique de t’organiser une petite fête cet été. Nous avions donc prévu cela pour courant juillet jusqu’à ce que tes amis nous appellent hier an catastrophe pour nous dire que tu arrivais demain ! » Ajouta Marguerite.

« Bien sûr, comme tu nous appelé pour savoir si vous pouviez venir, nous étions déjà au courant. Du coup, nous avons repris la liste des personnes que nous avions invitées et nous avons passé la journée d’hier à tous les contacter pour leur dire que la date était très avancée ! » S’exclama Archibald.

Arthur tourna de nouveau la tête et regarde ses invités : c’était tous ces amis, les anciens comme les nouveaux, venus de Lille ou de Marseille, en passant par Paris et Bordeaux. Tous ces amis étaient là aujourd’hui et chantait de tous leurs poumons.
Arthur était ému, il retint difficilement ses larmes. Il se gratta derrière la tête, signe qu’il était très heureux mais ne savait pas comment exprimer sa joie et remercier tout ce monde.
Les derniers couplets se finirent et le silence finit par arriver. Tout le monde avait les yeux rivés sur Arthur. Celui-ci se mit à rougir… Ils n’attendent pas un discours quand même ?!?

« Je… Je euh… Je vous remercie tous d’être là… C’est… Vraiment très sympathique de votre part… Ça me touche beaucoup ! » Finit-il par articuler.

« On voit ça ! » cria quelqu’un dans la foule. C’était Luc, un ami d’enfance d’Arthur qui habitait à une trentaine de kilomètres d’ici. Il avait énormément changé : ses longs cheveux bruns étaient noués en catogan dans son dos, et un petit bouc ornait le bas de son visage. Il était vêtu d’un débardeur blanc sur lequel est grossièrement dessiné une tête de Bob Marley et d’un jean bien trop grand pour lui : le parfait baba cool. Arthur sourit : il s’entendrait bien avec Max celui-là !

« Joyeux anniversaire Arthur ! » lança une jeune fille blonde comme les blé au premier rang. C’était Janice, une amie qu’Arthur avait rencontré en camp de vacances il y a deux ans. Elle aussi avait changé. Et plutôt en bien. Elle, qui était si peu féminine à l’époque, portait aujourd’hui une mini jupe à carreau noire et violette avec un chemisier blanc en coton. Elle avait toujours des piercings plein la figure, mais ça, Arthur avait fini par s’y faire…

Les gens s’approchaient de lui, l’attrapaient, l’enlaçaient, lui demandaient comment ça allait, et lui re-souhaitait un joyeux anniversaire.

Derrière, Archibald, Marguerite, Aaron et Daniel étaient fiers d’eux : ils avaient brillamment réussi leur coup ! Cette fête improvisée avait l’air de plaire à tout le monde, et particulièrement à l’invité d’honneur qui ne s’y attendait pas du tout.
Au bout de quelques minutes, Arthur arriva enfin à se dégager de l’étreinte de ses nombreux compagnons.

Il s’approcha de notre quatuor de choc : « Merci ! Merci vraiment à vous quatre ! C’est formidable ! »

Là-dessus, notre héros embrassa ses amis _ ce qui mit Daniel momentanément mal à l’aise _ et retourna à sa fête. Les grands-parents décidèrent de laisser les jeunes un peu ensemble et rejoignirent les parents d’Arthur que la petite fête avait bien plus impressionné que leur fiston.

« Mais que se passe t-il ici ?!? » demanda Armand, toujours avec un temps de retard.

Archibald se retint de le traiter de bougre d’imbécile et décida de rester poli. Il avait encore du mal à digérer les insanités qu’avait proféré Armand lors de leur dispute il y a trois ans, mais il avait bon fond Archibald, et il décida d’oublier le malentendu.

« C’est une petite fête pour l’anniversaire d’Arthur. »

« Mais vous avez un mois d’avance ! »

« Et oui, que voulez-vous ! On fait comme on peut ! Mais je ne pense pas que cela gêne vraiment Arthur… Et si nous allions en terrasse boire un bon verre de limonade, qu’en dis-tu mon bon Armand ? »

« J’en dit que c’est une merveilleuse idée, je meurs de soif ! »

Et voila les parents et leurs parents partis en direction du petit salon de jardin, laissant les jeunes à leur fiesta et à leur amusement.

Aaron et Daniel étaient toujours au bord de la porte et contemplaient le spectacle.

« On a bien bossé, non ? » demanda Daniel, un air de profonde satisfaction sur le visage.

« On a pas fait grand-chose… » Répondit modestement Aaron.

« Faut toujours que tu gâches le plaisir toi ! ON a bien bossé !! ON a appelé tous ces gens pour qu’ils viennent, t’as oublié ça ? T’as oublié le temps que ça nous a pris ?!? »

« Non non, bien sûr… C’est juste que… Regarde, toutes ces personnes réunit aujourd’hui, c’est un intense moment d’émotion. Finalement, c’est eux qui ont tout fait. Tout est dans leur cœur, dans ce sentiment qu’on appelle l’amitié et qui les a fait se déplacer jusqu’ici ! Si par exemple on regarde… »

Daniel se massa à nouveau le front Il était véritablement désespéré par son ami. C’est à ce moment précis que quelque chose attira son attention. Il se bloqua, se crispa, devint tout rouge et commença à fumer comme une locomotive en affichant un sourire qui lui allait d’une oreille à l’autre.

« Amanda ! C’est Amanda Devanture, là bas, regarde !!! »

Aaron fut coupé dans son explication, et Dieu seul sait comme il déteste être interrompu.

« Bien, puisque ce que je dis t’intéresse fortement, je vais moi aussi aller boire un coup. De toute façon, tu n’es qu’un sale hypocrite. Un hypocrite, un égoïste, un dragueur invétéré qui se réjouie du malheur de ces magnifiques créatures que sont les femmes. »

Il marqua un temps d’arrêt, réfléchissant à ce qu’il venait de dire : « Ah, les femmes ! Quelle joie, quel merveilleux cadeau la nature nous a fait là ! Dans son écrit sur la Beauté, Platon disait… »

Mais on ne saura jamais ce qu’a dit Platon sur la beauté des femmes car Aaron se retrouva le bec cloué par un toast au saumon que son ami vint lui enfourner dans la bouche pour le faire taire.
Daniel se dépêcha de se sauver, histoire d’éviter d’entendre les absurdités philosophiques de son compagnon une nouvelle fois. Il fonça en direction d’Amanda Devanture, le regard plus séducteur que jamais.

Cette soirée promettait d’être riche en rebondissements…


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MessageSujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable   Dim 2 Sep - 15:32

Chapitre 4 : Amour, amour, toujours...


Il était plus de minuit et pourtant, la petite fête battait son plein chez les grands-parents d’Arthur.

Ce dernier était assailli de toute part par ses camarades et ne savait plus où donner de la tête ! C’était vraiment une magnifique fiesta, mais très fatigante. Il quitta quelques minutes ses anciens amis et s’approcha d’Aaron et de Daniel qui étaient à proximité du buffet.
Aaron était debout, la bouche ouverte, et semblait encore une fois être pris dans un grand discours philosophique. Daniel, lui, était avachi sur une chaise, la tête dans les mains, et semblait plus dépité que jamais.

Arthur s’approcha, soucieux : « Dan, ça va ? »

Le pauvre Dan remua légèrement la tête de gauche à droite pour indiquer son mal-être. Arthur regarda Aaron et montre Daniel du doigt.

Aaron lui expliqua alors : « Notre cher Daniel, tombeur invétéré, a encore essayé de draguer Miss Devanture et… »

Arthur sursauta : « Amanda ? Elle est là ?!? Vite cache-moi ! » Dit-il en faisant semblant de se cacher derrière Daniel. Cette petite blague idiote était censée faire rire son ami, mais celui-ci enfonça encore plus sa tête dans ses mains.

« Allons Dan… » Dit gentiment Arthur en posant une main sur l’épaule de son ami, « Tu vas quand même pas me dire que t’es amoureux de cette mijaurée ? »

A ces paroles, Daniel se releva d’un coup. Il se mit debout face à Arthur _ bon, il n’était pas très impressionnant vu qu’il lui arrivait à peine au menton _ et lui tint à peu près ces propos : « Moi ? Amoureux ?!? Non, mais est ce que tu m’as bien regardé, mec ?!? Je suis Daniel Belfontaine ! LE Daniel, le tombeur, le Dom Juan, la fureur des femmes ! Je PEUX PAS être amoureux ! » Lui hurla t-il presque dans les oreilles. « J’aime simplement pas qu’une fille résiste à mon charme ravageur, c’est tout. » finit-il en prenant une voix grave de séducteur confirmé.

Les trois amis éclatèrent de rire. Daniel les avait bien eus, une fois de plus. Pour faire passer le fou rire, nos trois amis décidèrent de se resservir un verre de punch.

C’est à ce moment précis que la sonnette retentit.

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MessageSujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable   Dim 2 Sep - 17:54

Marguerite, qui avait finit par retourner dans la maison avec Archibald et les parents d’Arthur, alla ouvrir.

Il y avait tellement de monde dans la salle que, depuis le banquet, nos trois amis eurent du mal à voir qui a sonné. Ils virent simplement entrer une petite dizaine de personnes supplémentaires.

« Décidément, vous n’avez pas fait dans la dentelle… » Dit Arthur à ses deux compagnons.

Mais Aaron et Daniel se regardèrent, perplexe.

« Ben… C’est pas nous qui les avons invité ceux-la, on les connaît pas. » Répondit honnêtement Aaron.

Mais visiblement, ces invités surprises semblaient connaître Marguerite puisqu’ils la serrèrent tous dans leur bras et lui demandèrent comment elle allait. Archibald la rejoignit et donna des poignées de mains à tout va.

Arthur plissa les yeux. Ces personnes semblaient lui dire quelque chose, mais… Rien de concret ne lui vint à l’esprit. Il s’approcha un peu, les yeux toujours plissés, pour mieux voir.
Il y avait un vieil homme à la longue barbe blanche qui se déplaçait à l’aide d’un canne et qui semblait vraiment gêné par ses rhumatismes, un autre homme d’une cinquante d’années au crâne dégarni et aux longues moustaches blanches, un géant de plus de deux mètres au teint particulièrement cireux qu’Arthur avait l’impression d’avoir déjà vu quelque part… Il les connaissait, c’était certain… Mais d’où ? Il ne devaient pas être d’ici car ils portaient tous d’étranges costumes.
A ce moment précis, une petite main tira un grand coup sur sa manche et manqua de lui faire renverser son verre.

« Eh ! Doucement, t’as failli… »

Mais il n’eut pas le temps de terminer sa phrase que la chose qui l’avait tiré par la manche se mit à crier d’une petite voix d’enfant : « Arthur ! Arthur, c’est vraiment toi ?!? Je suis tellement content de te voir, tu nous avais tellement manqué ! »
Arthur baissa les yeux et discerna un petit être qui ne devait pas dépasser le mètre trente. Il étaitt mignon avec sa grande tignasse rousse, ses nombreuses tâches de rousseur et son petit ventre rebondit.

Le petit homme lui serra la main tellement rapidement que tout le corps d’Arthur en trembla, puis se jeta dans ses bras, le serra fort pendant environ 1 seconde et demi et se remit à parler : « C’est fou ce que tu nous a manqué ! Tu vas bien ? Comment se sont passées ces trois années ? »

Tout à coup, Arthur eut un éclair de lucidité : cette frimousse, cette voix d’enfant insouciant… Non, c’est impossible !?!

Arthur déglutit et regarda le petit garçon : « Béta… Bétamèche ? »

« Oui, c’est moi ! » hurla l’enfant en se jetant à nouveau dans ses bras.

Arthur était sous le choc, le regard perdu dans le vide. Il venait de réaliser ce qui était arrivé. Il posa alors Bétamèche sur le sol et le regarda :

« C’est pas possible… C’est vraiment toi, Béta !? Mais comment as-tu fait ? »

Mais Arthur n’attendit pas la réponse et se releva pour jeter un œil aux autres invités. Il les reconnut immédiatement : le Roi Maximilien en premier qui n’avait pas l’air au meilleur de sa forme ; Miro, la taupe dans le monde souterrain, qui ressemblait ici à un homme mur et sérieux ; Et Darkos, le fils de Maltazard, qui maintenant s’était fait accepté par la société Minimoys.
Ils étaient tous là ! Ils étaient tous venus à son anniversaire ! Et visiblement, ils étaient attendus !
Arthur avait maintenant un sourire qui lui allait d’une oreille à l’autre. Il ne savait absolument pas ce qui s’était passé, mais ses amis Minimoys étaient là. Et si eux étaient présents, pas loin on devrait trouver…

Arthur se figea. Il avait trouvé ce qu’il cherchait.

Ou plutôt celle.
Elle venait de franchir la porte d’entrée et faisait la bise à Marguerite.
Elle était encore plus belle que dans ses rêves.
Sa silhouette était fine et élancée, et ses quelques rondeurs étaient plutôt bien réparties.
Elle était vêtue très simplement : un léger pantalon de toile beige et un petit bustier en cuir brun.
Les parties de son corps qui n’étaient pas couvertes laissaient apparaître une peau de pêche parsemée de tâches de rousseurs.
Ses magnifiques cheveux roux étaient maintenus en arrière par une fine tige de lierre ce qui dégageait son beau visage ovale qui respirait la sagesse et la bonté.
Ses gestes étaient élégants, son maintient gracieux.

Elle discutait avec Marguerite. Visiblement, elles s’étaient déjà rencontrées. Elle finit par tourner la tête et son regard se posa exactement sur Arthur.
Son visage s’illumina.
Ce qu’elle est belle lorsqu’elle vous regarde avec ce sourire malicieux mais emplie de tendresse, et avec ce regard noisette, pénétrant, envoûtant, auquel on ne peut résister.

Arthur était béat d’admiration. Sa reine était là, elle avait traversé les mondes pour venir le rejoindre après trois ans d’absence. Il était complètement perdu dans ses pensées et admirait sa belle de la tête aux pieds. Il était incapable de bouger.

C’est Sélénia qui rompit l’enchantement en lui adressant un petit signe de main.

Arthur se réveilla. Il poussa un cri de joie tellement bruyant que toute l’assemblée sursaute malgré la musique.
Notre héros renversa littéralement la foule qu’il y avait autour de lui et qui commençait sérieusement à se demander s’il n’avait pas un peu trop forcé sur le punch.
Sélénia aussi fut surprise par la réaction excessive de son cher et tendre. Même s’il lui avait énormément manqué, elle ne manquerait pas de lui faire remarqué qu’en temps que Roi, il se devait de se tenir convenablement, même en période d’émotion intense.
Mais cette pensée lui sortit radicalement de la tête lorsque son mari arriva vers elle, un sourire radieux éclairant son visage. Elle oublia tout ce qu’elle avait à lui reprocher. Elle n’avait plus qu’une seule envie, c’était de lui sauter dans le bras et de l’enlacer longuement.
Cependant, Arthur la devança : il la prit et la fit tourner dans ses bras. S’en suivit un long regard plein d’amour et de tendresse. Nos deux tourtereaux avaient les joues toutes rouges et le cœur qui battait la chamade. Finalement, ils ne purent se retenir plus longuement et échangèrent un baiser langoureux et passionné.

Autour d’eux, la fête s’était arrêtée et les invités avaient les yeux rivés sur eux, mais aucun des deux amoureux n’en avait conscience, trop occupés ailleurs.

« Ils sont pas censés respirer à un moment ? » demanda Daniel en connaisseur.

« Décidément, tu ne comprendras jamais ce qu’est l’amour, mon pauvre Dan… » Commença Aaron, « L’amour, c’est la passion qui nous anime, le feu qui… »

« Je te conseille sincèrement de te taire si tu veux pas prendre cette cruche en pleine poire… » Annonça Daniel qui était très menaçant avec sa carafe de punch à la main. « Et ce que je ne comprends pas, c’est que visiblement, cet empaffé qui nous sert de pote ne nous a jamais dit qu’il avait une nana, et encore moins une bombe pareille ! »

Revenons à nos deux tourtereaux qui ont finit par se décrocher l’un des lèvres de l’autre.

« Tu m’as manqué ma chérie… »

« Toi aussi mon doux roi… »

Ils se regardèrent tendrement, tête contre tête, se cajolèrent et se bichonnèrent et c’était mignon à voir.

Surtout pour la quarantaine de paire d’yeux qui mataient la scène.

Arthur et Sélénia finirent par percuter et se retrouvèrent au milieu d’une foule d’invités qui ne voulaient plus détourner leur regard et mouraient d’envie d’en savoir plus.

Arthur décida que la moindre des politesses était de la présenter : « Euh… Les amis… Je vous présente ma f… Euh, mon amie. Sélénia. »

Sélénia lança un sourire gêné à l’assemblée.

« Bon, c’est bon, vous savez ce que c’est qu’un baiser, non ? Vous allez pas rester là à les mater toute la soirée ! Allez, tout le monde sur la piste et que ça chauffe !!! » S’exclama Daniel qui essaye de détourner l’attention.

Heureusement, sa petite ruse avait fonctionnée à merveille et les invités estimèrent que, vu les retrouvailles qu’avaient eu nos deux amis, ils avaient encore besoin d’un peu d’intimité avant de se faire submerger de question.

Arthur adressa un signe de tête à Daniel pour le remercier. Ce dernier lui fit un clin d’œil et retourna à son occupation préférée, c'est-à-dire la chasse à l’Amanda.

Arthur, lui, déposa délicatement un baiser sur le front de sa femme bien-aimée et lui dit ses quelques mots : « Et si on allait un peu plus loin, non ? Je crois qu’on a pas mal de chose à se dire tous les deux… »

Sélénia fixa son roi dans les yeux. Elle ne l’avait jamais vu d’aussi près sous sa forme humaine et se dit qu finalement, son humain n’était pas si mal que ça.

« Tout ce que tu voudras, mon amour. »

Et après un autre petit baiser pour la route, nos amoureux quittèrent la maison pour aller sur le balcon et avoir un peu de calme pour se retrouver.

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MessageSujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable   Dim 2 Sep - 20:02

Chapitre 5 : Erakald


Cela faisait maintenant un petit moment qu’Arthur et Sélénia était assis sur un banc sous l’avancé de toit. Ils étaient serrés l’un contre l’autre et il ne se passait pas une minute sans qu’ils s’embrassent tendrement. C’est bien mignon tout ça, mais pour tenir une conversation, ce n’était pas très pratique… Mais bon, comme ça avait l’air de leur convenir, on n’allait pas en faire un fromage.

« Tu es vraiment magnifique. » dit Arthur à sa femme tout en lui caressant le visage.

Le sourire de bien-être de Sélénia disparut et elle haussa un sourcil : « Tu en doutais… ? »

Arthur se rattrapa juste à temps : « Non, non, bien sûr que non ! C’est juste que… Tu es encore plus belle que dans mes rêves… »

A ses paroles en revanche, Sélénia afficha un sourire plein de malice : « Oh ! Et tu rêves souvent de moi ? »

Arthur comprit le sous-entendu et son visage prit la teinte d’une tomate bien mûre.

« Euh… Tu sais ma chérie, c’est euh… »

Mais Arthur n’aura jamais à se justifier _ et c’est tant mieux pour lui _ car la porte d’entrée venait de s’ouvrir et Darkos apparut dans l’encadrement de la porte, suivi de près par les autres membres du peuple Minimoys.
Arthur et Sélénia se levèrent aussitôt. Ce n’est pas qu’ils n’aimaient plus la position dans laquelle ils se trouvaient, c’est plutôt que d’un point de vue protocolaire, ce n’était pas très sage de se papouiller généreusement devant ses sujets.

« Les amis ! » S’exclama Arthur, « Je suis désolé, je ne suis même pas venu vous saluer… »

« Voyons voyons mon grand, ce n’est pas grave ! » lui répondit le roi Maximilien en le prenant par les épaules, « Nous savons que tu as bien mieux à faire… » Ajouta t-il en lui adressant un clin d’œil discret.

Arthur passa du rouge tomate au vert olive, et cela s’accentua encore lorsque Darkos le regarda avec un grand sourire en levant les deux pouces et en désignant la princesse _ ou plutôt la reine _ d’un signe de tête.

« Et bien euh… Moui, c’est vrai… Enfin, non… Ce n’est pas ce que je voulais dire… »

Sélénia jeta un regard en coin à son roi. Elle ne l’avait jamais vu bafouillé autant. Ca promet pour les conseils royaux !

« Et à part ça, comment allez-vous tous ? » demanda Arthur qui essaye de changer de sujet.

« Oh bien, très bien ! » répondit Maximilien, « Ta femme fait des prouesses à la tête du royaume ! »

Sélénia avait peut-être grandie, mais elle était toujours aussi fière et sensible à la flatterie. Elle se redressa d’un seul coup et regarda Arthur avec un air qui veut sûrement signifier « Eh oui ! Même sans toi, je fais du bon boulot ! »
Arthur se sentit tout de suite mal. Il était tout de même roi maintenant, mais il n’avait pas souvent été là pour aider sa chère femme à gouverner et celle-ci avait du se débrouiller complètement seule pendant 3 longues années. Il sentit la culpabilité l’envahir.
Sélénia se rendit vite compte que son cher ami s’en voulait de ne pas avoir été à ses côtés pour surmonter ces épreuves difficiles. Elle tendit sa main vers son visage et l’obligea à la regarder.

« Eh… Je sais que ce n’est pas de ta faute si tu n’as pas été là ces trois dernières années… Ne t’en fais pas, je ne t’en veux pas. »

Arthur était quelque peu réconforté mais il savait bien que sa femme essayait de lui remonter le moral en lui cachant la vérité.
Car la voila, la vérité : pendant trois ans, il avait été absent. Il ne s’était occupé ni de sa femme ni de son peuple. Sélénia était forte et courageuse, mais Arthur savait pertinemment que gouverner un royaume ne devait pas être une promenade de santé pour un couple, alors pour une jeune reine seule, imaginez !
Et pendant que Sélénia s’évertuait à rendre la vie meilleur à son peuple, Arthur était dans une salle de classe à bailler aux corneilles ou à faire du basket-ball avec ses copains.
Ces pensées sombres n’étaient pas vraiment réconfortantes et il essaya de détourner la conversation.

« Et toi Darkos, comment vas-tu ? Pas trop difficile ton intégration au sein de la communauté Minimoys ? »

« Eh bien, à vrai dire, z’ai été très bien accueilli ! » et il remercia Sélénia d’un signe de tête, « Notre reine m’a trouvé un travail très zinterrezzant dans le transport ! Grâz à elle et à Archibald, z’ai pu monté ma propre entreprize et maintenant ze loue mes zervices aux plus grandes perzonalités du royaume ! Z’ai des tas de véhicules et ils z’ont tous une fonction bien particulière. Bref, z’est le bonheur ! »

Arthur constata qu’il n’y avait pas que lui qui n’était pas très à l’aise dans l’assemblée. Et ça se remarquait d’autant plus que c’était lui qui captait toute l’attention puisque c’était son anniversaire et c’était donc pour le voir qu’on était venu.

« Notre cher reine a pris des mesures dans certains domaines qui s’avèrent excellentes, alors que nous n’y aurions pas pensé du tout nous-même, n’est ce pas Maximilien ? » ajouta Miro.

« Ah oui ? » demanda Arthur, « Quel genre de mesures ? » continua t-il en se tournant vers sa femme.

« Et bien, tout d’abord la création d’une entreprise de transport privé qui gère absolument tous les déplacements, » précisa t-elle en fixant Darkos, « Mais aussi l’agrandissement et l’aménagement de certaines routes très empruntés qui n’étaient plus toutes neuves. Il y a eu aussi l’agrandissement de l’aile Est du village et la création de nouvelles habitations ainsi que d’une nouvelle école. Nous avons également décidé de former une petite unité militaire. » Acheva Sélénia.

Arthur fut surprit. Il croyait les Minimoys pacifiques.

« Mais… Pourquoi une unité militaire ? Tu ne vas pas aller à la guerre tout de même ?!? » Demanda Arthur, plus pour plaisanter que pour être sincère.

« Pour se défendre, mon chéri. On ne sait jamais avec ce satané M dans les parages. »

Arthur fronça les sourcils. Il est vrai que M était à présent dans la nature. Cela s’était passé il y a bien 4 ans maintenant.
Un jour où elle voulait faire de la confiture, Marguerite fouilla dans ses bocaux en verre. C’est là qu’elle s’aperçut que notre fameux Maltazard avait disparu de sa prison. Toute affolée, elle avait immédiatement prévenu Archibald et Arthur, qui eux-mêmes s’étaient empressé d’avertir la communauté Minimoys. Mais on avait jamais réentendu parler de Maltazard et du coup, on avait plus ou moins fini par l’oublier, lui et la menace qu’il représentait pour les royaumes du dessous. Mais Sélénia, en reine sérieuse et prévoyante, avait décidé de constituer une petite unité de soldats d’élite qui assurerait la sécurité du peuple en cas de danger important.

« Et il faut reconnaître qu’ils sont efficaces et disciplinés, ces Guerriers-Soleil ! » commenta Miro.

« Bien sûr, ils sont là pour ça. Et tout va pour le mieux depuis qu’Erakald a pris la direction des opérations ! » Ajouta Sélénia sur un ton satisfait, un petit sourire aux lèvres.

Evidemment, ça a fait « tilt ! » dans la tête d’Arthur. Il se retourna doucement vers Sélénia, essayant de cacher au maximum sa jalousie et sa frustration.

« C’est le commandant de l’escadron Guerrier-Soleil, et il est absolument épatant ! » lui dit Sélénia, toute joyeuse, n’ayant rien remarqué du mal-être de son ami.

« Bien bien… Erakald… J’espère juste que s’il se passe vraiment quelque chose de grave, il saura agir en conséquence, et pas juste se pavaner et faire le malin, comme il a l’air de faire en ce moment alors qu’il n’a pas encore pu prouver ce dont il était capable… »

Cette fois, Sélénia avait remarqué l’animosité qu’il y avait dans la voix de son mari et essaya de lui rappeler : « Et toi ? Ne t’as t-on pas fait confiance alors que tu n’avais rien prouvé ? »

Arthur ne put que confirmer, même s’il poussa un grognement.

« Bien ! Et si nous rentrions à l’intérieur ! Il commence à faire frais ici… » Dit Maximilien.

« Vous avez raison, rentrons. » répondit Arthur toujours aussi vexé.

La petite troupe se précipita à l’intérieur, et Arthur et Sélénia rentrèrent les derniers. Juste avant de franchir la porte, Sélénia se pencha vers son roi et lui glissa ses quelques mots à l’oreille : « Ne t’en fais pas, mon amour… Je n’aime que toi. »
Et elle lui déposa un tendre baiser sur la joue. Arthur aurait bien voulu la croire, mais il avait passé tellement de temps loin d’elle. Comment savoir si, après tout ce temps, elle l’aimait encore tout autant ?

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Eléanore
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MessageSujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable   Mar 4 Sep - 18:18

Chapitre 6 : Explications rigoureuses et prise de tête foireuse


Vous vous demanderez certainement comment une dizaine de membres du peuple minimoys ont réussi à rejoindre le monde des humains alors que la pleine lune n’était pas encore passée ? Je vous répondrais que c’est une sage question, et m’en vais vous expliquer le pourquoi du comment de suite.

Pour commencer, nous savons tous que notre chère Princesse… Pardon… Notre Reine Sélénia (je ne m’y ferais jamais…) n’avait pas vu son Arhur depuis maintenant trois longues années, et je ne préfère pas vous décrire l’état dans lequel cela l’avait mise.

Au départ, elle avait supporté l’éloignement car, comme le disait le protocole _ qu’elle se voyait pour une fois obligée de respecter _ c’était un moyen très efficace de mettre ses sentiments à l’épreuve. Elle avait donc accepté avec toute la dignité d’une bonne reine que son mari s’échappe pour une durée indéterminée.
Mais Sélénia eu beau faire des efforts, son caractère de cochon a fini par reprendre le dessus. Et malgré les lettres enflammées qu’Arthur lui faisait parvenir chaque mois grâce à l’aide d’Archibald, Sélénia finit par traiter son mari qu’elle aimait de faible, de faignant, de mauvais mari égoïste et insouciant, j’en passe et des meilleurs. On se rappelle de cette période comme la plus noire du règne de notre jeune souveraine car elle était vraiment devenue exécrable et on ne pouvait plus lui adresser la parole sans se faire envoyer paître.
Le temps passa, et finalement, après avoir été sur les nerfs pendant des mois, Sélénia devint triste, mélancolique et pessimiste. Son prince l’avait quitté et il y avait de fortes chances qu’il ne revienne jamais. Il était dans son monde, avec sa famille et ses amis. Il était libre de s’amuser, de faire ce qui lui plaisait ! Pourquoi diable reviendrait-il la voir après tant de temps ? Et puis, il était tellement parfait qu’elle était persuadée que toutes les humaines lui couraient après. Elle nous piqua alors une petite crise de déprime. Et comme ce n’est pas très pratique de tenir un conseil royal lorsqu’on pleure, qu’on boude et qu’on a la tête ailleurs, toutes les réunions qui n’étaient pas de la plus haute importance étaient suspendues.
Et puis finalement, un jour sans prévenir, tout rentra dans l’ordre. Sélénia mûrit, devint une jeune femme, une adulte, et finit par se faire à la situation.

Elle attendit patiemment, et cette patience fût récompensée car un soir, Archibald fit passer un message comme quoi Arthur et deux de ses amis arrivaient le lendemain à Suchot-City. Le problème, c’était qu’il lui faudrait encore attendre 10 jours avant la pleine lune, et donc le moment de revoir son prince.
Et vous connaissez Sélénia, sa patience à des limites. C’est de cette façon que, en cherchant bien, Archibald retrouva la recette de sa fameuse potion qui faisait grandir (voir Arthur et la guerre des deux mondes).
En fait, il la connaissait par cœur, mais cela le gênait fortement de l’utiliser pour une situation qui n’était pas une extrême urgence. Sélénia lui fit comprendre que, pour elle, c’était une question de vie ou de mort, et que s’il ne lui donnait pas cette foutue potion, il pourrait véritablement y avoir des morts, et qu’elle ne serait pas la seule concernée…
Archibald retrouva donc aussitôt la mémoire et fournit à la reine la recette de la potion. Celle-ci envoya donc plusieurs de ses coursiers sillonner la première terre afin de lui ramener tous les ingrédients nécessaires à la potion qui, heureusement pour Archibald, n’étaient pas très rares. Une fois tous les ingrédients en main, Sélénia se mit au travail et passa la journée à préparer sa mixture. Et comme elle avait peur de ne pas en avoir assez, elle avait triplé toutes les quantités !
Du coup, quand elle eut fini, vers minuit environ, il y avait de la potion pour un régiment. Finalement, elle décida d’emmener quelques autres minimoys avec elle qui avaient hâte de revoir Arthur.
Et voila comment nos amis arrivèrent à la soirée anniversaire surprise de notre cher Arthur !

La soirée s’était donc merveilleusement passée. Tous les invités avaient fait la connaissance de Sélénia, qu’Arthur avait présenté comme sa petite amie.
Bien sûr, Amanda Devanture ne l’avait pas vraiment bien pris, elle qui s’efforçait de faire craquer Arthur depuis le premier jour.
Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres ! Et du coup, Daniel avait enfin le champ libre pour s’attaquer à cette proie de taille qu’était Miss Devanture.

Arthur avait fini par se décontracter et oublier un peu le fait qu’il avait « abandonné » Sélénia pendant 3 ans.
Il re-croisa, dans la soirée Darkos _ qui lui fit un véritable speech sur les véhicules tendances ces derniers mois et les magnifiques carrosses qu’il avait pu récupérer pour son entreprise de transport _ l’ancien roi Maximilien ainsi que son fidèle conseiller Miro _ qui lui firent un résumé bien détaillé de ce qui s’était passé pendant son absence, si détaillé même qu’Arthur faillit s’endormir alors que le musique était à fond _ mais aussi Bétamèche et Mino _ ce dernier ressemblait à un petit garçon blond déguisé en lutin avec une énorme paire de lunette sur le nez _ qui enchaînait farces et bêtises en tout genre. Heureusement que Marguerite était là pour les surveiller un peu, sinon ils auraient déjà fait flamber la maison !

Toujours est-il que tout se termina parfaitement bien. La moitié des invités dormirent sur place, à même le sol de la salle à manger et repartir le lendemain en remerciant les grands-parents pour leur hospitalité et en souhaitant, pour la 352ème fois un bon anniversaire à Arthur.
Arthur, lui, était aux anges. Cela faisait un moment qu’il n’avait pas été aussi heureux et que les bons évènements ne s’étaient pas enchaînés aussi vite.

Et ce qui était encore plus formidable, c’est que Sélénia et les autres avaient décidé de rentrer par la lunette le soir de la pleine lune, et qu’Arthur les accompagnerait pour rentrer 36h plus tard, passer un maximum de temps avec sa bien-aimée et rattraper le temps qu’il avait perdu.
Il leur restait donc une bonne semaine à être tous ensemble avant de se séparer à nouveau. Le seul problème consistait à expliquer à Daniel et Aaron, qui n’était au courant de rien sur les Minimoys, qui étaient vraiment Sélénia et les autres et où Arthur avait l’intention de les emmener tous les deux dans quelques jours…

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Dernière édition par le Jeu 6 Sep - 17:58, édité 1 fois
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Arthur et le Chevalier du Diable

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