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| | Arthur et le Chevalier du Diable | |
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Eléanore Petit arbre dans le vent

Age : 20 Inscrit le : 20 Aoû 2007 Messages : 86 Localisation : Dans la cuisine...
| Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Mer 27 Fév - 13:36 | |
| Chapitre 11 : Première journée de galère
Le lendemain, Arthur fut réveillé de bonne heure par Sélénia. Enfin, il supposait qu’il était tôt puisqu’il n’arrêtait pas de bailler et avait des poches monumentales sous les yeux.
« Et bien je vais avoir une bonne tête pour mon premier conseil royal… » Dit-il en même temps qu’il se débarbouillait.
Sélénia, elle, était déjà prête et le regardait faire, un sourire malicieux illuminant son visage.
« Heureusement que je t’avais dit de te reposer ! Tu étais debout avant moi ! » La réprimanda Arthur.
« J’ai l’habitude de me lever tôt. Et puis, ce n’est pas pour autant que je ne vais pas profiter de ma journée. J’ai prévu un nombre incalculable de chose : d’abord, je vais passer voir mon père, nous prendrons le petit-déjeuner ensemble. Ensuite, je vais rejoindre des amis à notre club de remise en forme. Cela fait des mois que je n’y ai pas mis les pieds ! Puis j’irais faire un tour chez Mr Rossignol. Je voudrais voir si je suis toujours capable de chanter correctement. Et sur le chemin du retour, je pensais emprunter la rue des violettes. Elle regorge d’œufs de libellules et Gena en a toujours besoin pour faire ses tartes… »
Bien sûr, elle disait plus ceci pour elle-même _ afin de voir si elle n’avait rien oublié _ que pour Arthur qui était en train de s’admirer dans le miroir et qui se demandait comment il allait bien pouvoir cacher son air endormi devant une douzaine de conseillers.
Après avoir passer des vêtements plus cérémonieux _ un ensemble de lin blanc accompagné d’une grande cape de feuilles mortes _ Arthur s’apprêta à quitter la chambre quand Sélénia le retint par le bras et commença à ajuster son col.
« J’ai l’air d’un plouc, hein ? » demanda t-il, gêné.
« Je te trouve très élégant. » répondit Sélénia avec un sourire. Puis elle reprit son air sérieux et pour le 275ème fois, elle lui re-fit des recommandations : « Surtout, tiens-toi bien droit et essaye de garder un air sérieux sans être désagréable... Soit sûr de toi et n’hésite pas à intervenir si tu vois qu’ils essayent de te faire tourner en bourrique… Méfis-toi de Falasos, il a tendance à te demander l’impossible pour te tester et voir si ta réaction serait la plus sage… »
Puis elle finit enfin par le lâcher et ils franchirent la porte ensemble. Sélénia l’accompagna jusqu’au bout du couloir et se tourna vers lui.
« Bien. Je vais y aller. Surtout, ne te laisse marcher sur les pieds. J’ai confiance en toi. »
Elle l’embrassa et ajouta : « Et si vraiment tu as un soucis, envoie quelqu’un me chercher et je ferais aussi vite que je pourrais. »
« Ne t’en fais pas, je vais m’en sortir. » répondit-il en ne laissant rien voir de son mal-être et de la trouille monumentale qui lui tordait le ventre, « Bonne journée ma chérie. Amuses-toi bien. Et on se retrouve ce soir, rive du Téluhia. »
« Rive du Téluhia mon ange. A ce soir. Je t’aime. »
Et ils s’embrassèrent une dernière fois. Sélénia finit par quitter le couloir en lui adressant un dernier signe de la main. Arthur la regarda s’éloigner et soupira un grand coup.
*Bien… C’est à moi cette fois… *
Il prit alors la direction de la salle du conseil, dans laquelle il n’était encore jamais entré. Sélénia lui avait indiqué comment s’y rendre. Il trouva après avoir fait quelques détours, aussi arriva t-il pile à l’heure. La porte était immense, toute en bois sculptée et bien fermée.
Respirant profondément, il saisit un des anneaux de fer qui servait à faire bouger la porte et pénétra dans la salle du conseil.
C’était une salle plus longue que large, dont les murs étaient fait dans le même matériau que la chambre royale. Le plafond était très haut et formait une voûte finement sculptée qui représentait de nombreux personnages, parmi lesquels Arthur crut reconnaître les nombreuses races qui peuplaient les 7 terres. Il y avait des Minimoys bien sûr, mais aussi des Koolomassais, des grandes oreilles et d’autres personnages au physique curieux qu’il ne connaissait pas.
Au centre de la pièce était disposé une longue table en bois de chêne, elle-aussi sculptée de motifs minimoys et d’inscriptions qu’Arthur n’était pas capable de déchiffrer.
Un sentiment de malaise l’envahit. Il ne se sentait pas à sa place. Il pâlit en regardant les membres du conseil qui étaient présents. Eux le regardaient avec insistance et curiosité, se demandant certainement où était passée la Reine Sélénia.
Il reconnu rapidement Miro, ainsi que le fameux Falasos que Sélénia lui avait décrit sous toutes les coutures, un individu grand et maigre et de ce fait particulièrement imposant, au teint très pâle et au nez inexistant. En fait, il ressemblait fortement aux séides, mais conservaient tout de même cet air accueillant qui caractérisait les Minimoys. A sa plus grande surprise, il retrouva Galäd, un minimoy charpentier qu’il avait rencontré 6 ans plus tôt et qui était un homme fort courageux mais au tempérament de feu. Le même genre de caractère que Sélénia. Arthur sourit à cette pensée, comprenant rapidement pourquoi cet homme siégeait maintenant au conseil. Il y avait aussi un dénommée Dinar, qu’Arthur connaissait de vue. C’était l’homme qui se chargeait de gérer le trésor royal. Quatre autres personnes qu’il ne connaissait pas _ trois hommes et une femme _ se tenait également assis autour de la table et le regardait avec curiosité. Enfin, avec un grand déplaisir, il reconnut Erakald.
Il se crispa de suite et son visage n’affichait plus la mine joyeuse et insouciante qu’on lui connaissait, mais plutôt un genre de grimace sévère.
Erakald sembla le plus surpris de tous. Il foudroya Arthur du regard et scruta attentivement la porte, semblant attendre quelque chose.
« Bonjour à tous. La Reine Sélénia ne viendra pas ce matin. C’est moi qui présiderais ce conseil aujourd’hui. »
Voyant la mine ahuri des conseillers _ à part Miro qui, bien sûr, était tout joyeux à l’annonce de cette nouvelle _ Arthur poursuivit : « Je sais que j’ai été absent pendant… un très long moment, » insista t-il, « mais il est de mon devoir de Roi de m’impliquer dans la vie de mon Royaume. Je ne connais pas tout des points qui seront abordés aujourd’hui et je m’en excuse auprès de vous. Aussi, j’attends de votre part une brève explication de la situation de façon à ce que je ne donne pas mon avis sur quelque chose qui m’est totalement inconnu. Je sais que je suis très ignorant des choses de ce royaume, mais j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur. »
Un des conseillers qu’il ne connaissait pas _ un gros barbu vêtu tout en fanfreluche _ prit la parole : « C’est très courageux de votre part de vouloir vous initier dans la vie de notre cher première terre. Nous comprenons tout à fait que cela doit être difficile pour vous. Aussi, ferons-nous de notre possible pour vous faciliter la tâche. »
Les autres conseillers acquiescèrent d’un signe de tête _ tous, sauf Erakald qui fixait Arthur d’un regard froid et méprisant _ et invitèrent Arthur à prendre place en bout de table. Il se retrouva tout au fond de la pièce avec, à sa gauche Erakald qui ne le quittait pas des yeux, et à sa droite une chaise vide.
« Il manque quelqu’un ? » demanda t-il à l’assemblée.
Avant même que Miro _ qui avait ouvert la bouche pour répondre _ ne puisse prononcer un seul mot, Erakald avait lancé sur un ton glacial : « Les retardataires prendront le conseil en route. »
Les autres conseillers s’abstinrent de toute réflexion, malgré le fait que Miro et Galäd fixait Erakald d’un air mauvais.
Arthur ne savait pas trop quoi répondre. Il n’aimait pas le ton qu’employait cet homme. Mais comme les autres ne réagissaient pas, il décida de ne pas relever non plus.
« Bien. Dans ce cas, commençons. Quel est le premier sujet à aborder ? » Demanda t-il.
« Eh bien… » Commença la seule femme de l’assemblée, mais elle n’eut pas le temps de poursuivre parce que quelqu’un venait d’ouvrir la double porte en bois tellement violemment que le moitié des conseillers sursauta.
Gena apparut dans l’embrasure de la porte. Elle portait la même robe qu’Arthur avait vu la veille ainsi qu’un tablier de cuisinière taché par endroit. Mais elle ne semblait pas se soucier de son apparence. Elle adressa des signes de tête polis à Miro et Galäd pour les saluer.
Arthur se demanda pendant un instant pourquoi elle n’avait pas fait de même avec les autres conseillers. Il eu sa réponse en regardant leurs visages : ils n’étaient apparemment pas réjouis de voir Gena dans la salle. Beaucoup la regardait passer avec crainte et mépris.
Mais la réaction la plus extraordinaire fut celle d’Erakald. Si Arthur avait compris que cet homme ne l’appréciait pas énormément, la mine qu’il afficha lorsque Gena entra et vint s’asseoir juste en face de lui, au côté droit d’Arthur, montrait clairement qu’il la haïssait au plus haut point. Il affichait une grimace de dégoût et semblait hors de lui.
Gena fit mine de ne rien remarquer et salua Arthur d’un signe de tête.
« On ne vous a jamais appris à être à l’heure ? » demanda Erakald d’un ton qui ne pouvait être plus haineux.
« Pour cela, il serait bien que vous appreniez à communiquer avec autrui. De cette façon, vous auriez pu me prévenir que l’heure de la réunion avait été avancée. » Répondit Gena du ton le plus calme qui soit.
Erakald ne releva pas, mais prit une teinte violette, signe qu’il se retenait de toutes ses forces de ne pas proférer d’horreurs, ce qui arracha un sourire sadique à Arthur.
« Maintenant que tout le monde est là, je suppose que nous pouvons continuer. » dit Arthur en priant la femme qui avait commencé les explications tout à l’heure de poursuivre. _________________
Dernière édition par Eléanore le Mar 22 Avr - 21:17, édité 1 fois |
|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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| Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Mer 27 Fév - 13:36 | |
| Ce qu’il regretta rapidement. Non seulement, il ne comprenait pas grand-chose à ce qui se racontait autour de cette table _ car pas encore assez imprégné de la civilisation minimoy pour en comprendre toutes les subtilités _ mais aussi parce que les conseillers se livraient une véritable petite guerre personnel et qu’il n’était pas facile à Arthur de maintenir le calme et l’ordre dans ce qui semblait être une meute de chiens enragés. Les pires de tous étaient sans conteste Gena et Erakald. Ils prenaient tous les deux un malin plaisir à se contredire, s’envoyer des piques. Aucun des deux ne pouvait dire un mot sans que l’autre s’oppose ouvertement à l’idée qu’il venait d’émettre. Ils étaient tous deux incroyablement virulents, Gena faisant plutôt dans la subtilité, alors qu’Erakald disait les choses clairement, grossièrement, méchamment.
La situation dégénéra lorsque le conseil aborda le sujet de des fonds à allouer à la restauration du musée historique de la Place Radicelle. Certains étaient pour la reconstruction et la réouverture du musée, et d’autres jugeaient absolument inutile d’entretenir cette ruine qui, de toute façon, n’avait jamais exposé de choses intéressantes sur le passé minimoy. Une lutte qui une fois de plus opposait respectivement Gena et Erakald.
Gena avait haussé le ton mais Erakald l’avait coupé et avait répliqué d’un ton cinglant.
« Nous vous sonnerons quand nous aurons besoin de faire des tartes aux œufs de libellules. Maintenant, taisez-vous et laissez-nous faire notre travail. Ce domaine ne vous concerne pas et vous nous faites perdre notre temps. »
Il y eu un moment de silence pendant lequel tous les yeux se fixèrent sur Erakald puis sur Gena. Même les conseillers qui avaient prouvé au cours de la réunion qu’ils ne portaient pas la jeune fille dans leur cœur semblaient confus et pris de panique.
Le visage de Gena s’était figé dans une attitude totalement inexpressive. En revanche, les jointures de ses doigts craquèrent lorsqu’elle serra le bout de la table de ses mains. Quelque chose se dégageait d’elle… Quelque chose de terrifiant… Le silence était lourd et pesant. Puis, lentement, Gena se leva, toujours sans quitter Erakald des yeux.
« Je vous présente ma démission. Je me retire du conseil. » Dit-elle en s’adressant aux autres conseillers.
Un murmure d’approbation monta dans l’assistance. Arthur nota que les membres du conseil n’aimaient pas cette Gena, et qu’ils n’étaient pas gênés par son départ. Erakald, lui, semblait ravi.
« Et je ne reviendrais que lorsque le conseil aura été épuré de la vermine qui le contamine. » ajouta t-elle à l’adresse d’Erakald sur un ton de défi.
« Encore faudrait-il que nous voulions de vous à votre retour… » Répliqua Erakald.
Gena se contenta d’afficher un petit sourire de dédain et se prépara à quitter la salle.
« Erreur de la nature… » Murmura Erakald.
Gena sembla tout de même entendre puisqu’elle s’arrêta sur son chemin sans se retourner et dit : « Nous nous reverrons plus vite que vous ne le croyez Erakald. Et la prochaine fois, je serais beaucoup moins courtoise… »
Et elle franchit la porte.
Les murmures de protestations se firent de plus en plus nombreux et de plus en plus venimeux. Miro et Galäd furent les premiers à se lever pour crier leur mécontentement de vive voix. Mais Erakald n’en avait que faire. Il était tranquillement assis sur sa chaise, les jambes croisées, le regard dans le vague et un petit sourire carnassier ornait son visage. Les conseillers commencèrent à se disputer entre eux, chacun défendant son opinion. Si ça continuait, la salle du conseil allait devenir un véritable champ de bataille !
Arthur, qui regardait la scène, impuissant, fut soudain prit par un élan de bravoure et se leva en criant : « Silence ! » Tout le monde se tut instantanément et se tourna vers lui. Encore une fois, Erakald fut surpris.
« Ce conseil est terminé. Nous avons suffisamment fait de dégâts pour aujourd’hui. »
« Mais, » commença un des minimoys dont Arthur ignorait l’identité, « nous n’avons pas encore abordé la question de la place de la fontaine ni de… »
« Le conseil d’aujourd’hui est terminé. » reprit Arthur d’une voix forte, « Et il est hors de question qu’une autre réunion ait lieu tant que le conseil ne sera pas à nouveau complet. »
« Mais voyons ! C’est insensé ! Elle s’est retirée d’elle-même ! Elle a démissionné ! » Répondit Erakald en se levant brusquement de sa chaise.
« Elle a été contrainte de se retirer. » poursuivit Arthur, « Et nous la ramènerons. Le conseil ne peut avoir lieu s’il n’est pas au complet, et si Gena ne souhaite pas revenir, alors nous élierons un autre membre. »
La réponse était pourtant claire, mais beaucoup semblèrent contrariés. Arthur ne se laissa pas démonter et continua : « Quant à vous, » dit-il à Erakald, « je ne sais pas comment ma femme préside ce conseil, mais s’il y a une chose dont je suis sur, ce que jamais elle ne permettrait que ses conseillers, ses plus loyaux sujets en qui elle a mit toute sa confiance, se parlent sur ce ton. Vous avez été absolument odieux et cette histoire ne se finira pas ainsi. Nous reparlerons de la façon dont vous présenterez vos excuses à cette jeune femme. En attendant, si vous voulez bien m’excuser, je vais tâcher de réparer vos bêtises. »
Et il se dirigea vers la porte, droit et confiant. Juste avant de la franchir, il se retourna : « Je le répète, ce conseil est terminé. Aussi, il est inutile de rester ici et je ne veux pas que vous régliez vos comptes maintenant. Cela fera office d’un prochain conseil. Maintenant, rentrez chez vous. _ Il jeta un regard autoritaire à Erakald _ Tous. »
Et il quitta à son tour la salle du conseil.
Une fois dehors, il chercha Gena du regard, mais elle semblait être allé plus vite que lui et avait disparu de la circulation.
« Génial… Me voila dans de beaux draps… Enfin, si j’en parle à Sélénia, elle devrait pouvoir convaincre Gena de reprendre sa place au conseil… »
Ce petit incident permit tout de même à Arthur d’avancer tous ses rendez-vous de la journée. Ainsi, il reçut rapidement le forgeron qui voulait son avis sur un nouveau type d’alliage, deux voisins qui se disputaient un buisson à fleurs qui avait eu la bonne idée de pousser juste à la limite de leurs terrains respectifs, une potière qui souhaitait ravancer le festival de la sculpture au mois d’août en raison des risques d’inondation de fin de saison, ainsi que l’instituteur local qui voulait faire rénover la salle de classe n°3 de son établissement.
Arthur s’efforça de traiter chacune de ces requêtes de la manière la plus objective possible, bien qu’il failli perdre son calme plusieurs fois, notamment avec les deux voisins.
Bien sûr, il termina sa journée de bonne heure.
*Il y aura au moins quelque chose de positif à cette journée, c’est que je pourrais retrouver Sélénia plus tôt que prévu…*
Et il passa dans sa chambre pour se changer et prit la direction de la Rive du Téluhia. _________________
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|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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| Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Mer 27 Fév - 13:37 | |
| Cela faisait maintenant plusieurs minutes qu’Arthur se baladait le long d’une petite rivière _ qui, à notre échelle, se trouve être un très mince filet d’eau, mais bon… _ en sifflotant gaiement, sur la route pour rejoindre la Rive du Téluhia.
Le soleil commençait à décliner sur l’horizon et, si Arthur se dépêchait, il pourrait assister à son coucher dans les bras de Sélénia.
Cette pensée lui fit presser le pas et seulement quelques minutes plus tard, il arrivait sur leur lieu de rendez-vous. Sélénia était déjà là, assise au bord du ruisseau, attendant patiemment l’élu de son cœur.
Arthur sourit. Il aimait la regarder de loin, la voir s’émerveiller du monde qui l’entourait, l’observer sans qu’elle ait conscience de sa présence. Il s’apprêtait à sortir des hautes herbes qui bordaient la rive et à s’avancer quand soudain une voix _ qui n’appartenait ni à lui ni à Sélénia _ brisa le silence du crépuscule.
« Me permettrez-vous de me joindre à vous pour ce magnifique coucher de soleil, votre Majesté ? »
Sélénia avait sursauté à l’annonce de son titre et s’était tournée dans la direction d’où provenait la voix pour découvrir Erakald qui s’avançait magnifiquement vers elle, la fixant intensément de son regard azur. Arthur l’avait vu également et n’était pas sorti de sa cachette dans les herbes. Au contraire, il s’y était enfui plus profondément mais de manière à pouvoir observer la scène clairement.
« Erakald ?!? » s’écria Sélénia, interloquée, « Que faites-vous ici ? »
« Ma foi, je me promenais en admirant le paysage lorsque je vous ai vu assise au bord de ce ruisseau fixant le soleil couchant, et je me suis dit que peut-être, vous accepteriez que je vous tienne compagnie… »
Sélénia semblait gênée. Elle rougit instantanément et ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois avant de finalement réussir à articuler quelques mots.
« Bien sûr… Je vous en prie… » L’invita t-elle d’un sourire timide.
Erakald s’approcha et l’invita à s’asseoir sur un rocher avant de se placer tout juste à côté d’elle.
Arthur les observait de dos et ces joues commençaient à prendre une jolie couleur pivoine. Il voyait d’un très mauvais œil que cet homme qu’il n’appréciait guère s’approche aussi près de sa femme.
« C’est le plus bel endroit pour admirer le soleil qui se couche, n’est ce pas ? » demanda Erakald à Sélénia tout en affichant un sourire charmeur.
« En effet… » Dit-elle sans le regarder, bien que son visage n’avait pas perdu ses couleurs rosées.
« Vous nous avez manqué ce matin au conseil. » continua Erakald après un court moment de silence.
Un brin d’herbe s’agita dans le dos du couple qui se parlait. Arthur, qui commençait à bouillonner, s’était retenu de ne pas se jeter sur Erakald et commençait à trouver la situation franchement déplaisante. Il sentait que ce serait pour sa pomme et cela ne le rassurait pas le moins du monde.
« Comment cela ? » intervint Sélénia en se retournant vers son interlocuteur, « Arthur n’a pas été à la hauteur ? »
Erakald pouffa : « A la hauteur ? Il semble que vous n’ayez pas eu d’échos de ce qui s’est passé… » Continua t-il pour laisser le doute et la peur s’insinuer dans l’esprit de la belle. Puis il reprit : « Gena a quitté le conseil ce matin même. »
« Comment ?!? » hurla Sélénia, « Mais… C’est impossible ! Elle n’aurait pas… Il n’aurait pas pu… »
Elle s’était levé et bafouillait, réfléchissant à toute vitesse, complètement désorientée.
« Elle était… Ma plus sage conseillère… Ce n’est pas possible… »
Erakald se leva à son tour et prit Sélénia par les épaules pour la calmer.
« Voyons votre Majesté, il est inutile de vous mettre dans des états pareils. Votre mari n’a pas été à la hauteur ce matin. Et je suis sûr que Gena l’aura comprit. Elle reviendra, ne vous faites pas. »
Il y eu un long silence.
« Je pensais qu’il serait capable d’assurer un simple conseil. Visiblement, je me trompais… » Dit enfin Sélénia.
« Me permettez-vous de parler librement ma Reine ? » demanda Erakald.
Sélénia fronça les sourcils, signe de méfiance, mais finit par acquiescer d’un signe de tête.
« C’est un humain. Tout se résume à ça. Il n’est pas comme nous, et ne le sera jamais. Vous étiez jeune quand vous l’avez choisi. »
Arthur n’en croyait pas ses oreilles. Il allait se lever au moment où Sélénia prit la parole.
« C’était une erreur, de toute évidence. »
Dans son buisson de brin d’herbe, Arthur fondit littéralement sur place. Il devint livide, totalement incapable de bouger, complètement désorienté.
« Je croyais… Je croyais que ça finirait par fonctionner… Je pensais qu’un jour il me rejoindrait… Mais il ne veut pas de tout ça, pas vrai ? » Rajouta t-elle.
Erakald tendit la main vers son visage et essuya une larme qui commençait à glisser le long de sa joue. Elle releva la tête et le fixa droit dans les yeux.
« Merci d’être là… Et d’avoir été là lorsque j’avais besoin de soutien. »
« Je ne vous abandonnerais jamais Reine de mon coeur. »
A présent, Erakald avait tendrement prit la tête de Sélénia entre ses mains et leurs visages se rapprochaient dangereusement.
Arthur reprit ses esprits à ce moment là et détourna la tête. Il avait fermé les yeux, ce qui n’empêchait pas des larmes de couler à flots le long de ses joues. Il tremblait de tous ses membres. Il se détourna rapidement et rebroussa chemin, marchant lentement. Plus il s’éloignait de la scène qui l’avait tant bouleversé, plus il accélérait. Il se mit bientôt à courir comme un dératé se alla se perdre, loin, dans les profondeurs inexplorées de la première terre.
Sélénia et Erakald étaient toujours dans les bras l’un de l’autre. Leurs yeux s’étaient fermés et leur bouche n’était plus qu’à quelques centimètres. Au dernier moment, Sélénia détourna la tête. Les lèvres d’Erakald embrassèrent sa joue trempée de larmes salées.
Erakald soupira : « Vous ne m’aimez pas ma Reine ? »
« Je ne peux pas lui faire ça… » Murmura Sélénia.
« Pardon ? »
« Je ne peux pas faire ça à Arthur. » dit Sélénia en levant les yeux vers Erakald, « Je n’ai pas le droit… »
Elle s’apprêtait à partir lorsqu’Erakald la retint par les poignets.
« Sélénia, ne ressentez-vous donc rien pour moi ? »
« Je dois partir… »
« Sélénia ! M’aimez-vous ?! »
Mais Sélénia ne répondit pas à cette ultime question et s’enfuit, loin de ce lieu, loin de cet homme, loin de tous ces malheurs… Et en direction du Palais Royal.
Bien plus tard, alors que le soleil avait fait place à la lune depuis de longues heures, Arthur apparut à l’entrée du palais. Son visage était sale et poussiéreux, ce qui accentuait le désespoir, la tristesse et la colère qu’on pouvait lire sur son visage. Il entra dans le palais et se dirigea instantanément vers la chambre royale. Mais avant même qu’il n’arrive à bon port, il tomba sur Sélénia qui apparut en trombe au détour d’un couloir. Dès qu’elle l’aperçu, elle poussa un grand soupir de soulagement tout en fonçant sur lui.
« Arthur ! Où étais-tu ?! Je t’ai cherché partout !! J’ai eu si peur… »
Elle s’apprêtait à le prendre dans ses bras, mais Arthur la repoussa violemment.
Son visage se crispa : « Mais qu’est ce qui te prend ?! Tu es devenu fou ! »
Arthur tourna alors la tête vers elle et elle put voir son visage, sale, méprisant, encore parsemé de traces de larmes séchées.
L’attitude de Sélénia changea du tout au tout. Sa voix se fit plus lointaine.
« Arthur… Qu’y a-t-il… ? Et où étais-tu… ? »
« Tu as pensé à regarder Rive du Teluhia ? Oh, non bien sûr… Tu étais bien trop occupée pour ça… »
Il lui lança le plus noir de ses regards avant de poursuivre son chemin. Sélénia était tétanisée. Elle mit quelques secondes à retrouver ses esprits et s’élança vers son mari.
« Arthur ! Attends ! Ce n’est pas ce que tu crois ! » Dit-elle en tendant le bras pour l’attraper.
Une fois de plus, il esquiva son geste : « Tu te fiches de moi !?! » cria t-il sans retenue, « Je vous ai vu Sélénia ! Tu m’entends ?! J’ai tout vu !! Je l’ai vu t’embrassé ! »
« Non !!! » dit-elle, « Non, nous ne l’avons pas fait ! Tu te trompes, je ne l’ai pas embrassé ! »
« Mais tu en avais envie, avoues !!! »
« Je t’en prie Arthur, attends ! Je vais tout t’expliquer ! » Continua Sélénia en pleurant toutes les larmes de son corps.
« Réponds-moi ! Réponds à ma question ! Tu ne pourras pas nous avoir tous les deux Sélénia ! Il faut que tu fasses un choix ! » S’écria la voix d’Arthur, retentissant dans tout le couloir.
Les deux amants se regardèrent un instant, puis Arthur posa la question fatidique.
« Lequel de nous deux choisis-tu ? » demanda t-il en la fixant intensément de ses grands yeux noisettes, « Erakald ou moi ? »
« Arthur… S’il te plaît… »
« REPONDS !!! » tonna t-il.
Et, pour la première fois de sa vie, Sélénia ne put répondre. Elle se trouvait là, au milieu de la pièce, le visage trempée, muette et effrayée par la vérité qui venait de sortir de la bouche de son mari : qui choisirait-elle ? Mais pouvait-elle choisir ?
Le vague sentiment d’espoir qui brillait encore dans les yeux d’Arthur s’évanouit aussitôt. Il détourna le regard, retenant la violence de ses sentiments. Un froid glacial l’envahit : il venait de perdre ce qui lui était le plus cher dans ce bas monde. Il se dirigea alors vers la porte du palais, le pas lourd, les yeux à nouveau brillants de larmes, ne disant mot. Et lorsqu’il ouvrit la porte pour quitter le palais, Sélénia ne s’élança même pas pour le rattraper, incapable de bouger, un sentiment de vide et d’impuissance ayant envahit tout son être. _________________
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|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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| Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Mer 27 Fév - 13:38 | |
| Chapitre 12 : Deuxième journée d’enfer
Il devait être approximativement 10h30 du matin et Gena était déjà debout, comme tous les matins. N’ayant vu Sélénia de la matinée, elle se dit qu’elle était encore au lit et que, étant donnée l’heure tardive qu’il était déjà et le peu de temps qui restait avant le départ des humains, elle ferait bien de la tirer du lit rapidement. Pour se faciliter la tâche, elle lui avait préparé un petit déjeuner copieux, chose qu’elle avait souvent fait ces dernières années pour remonter le moral de sa pauvre Reine.
Elle arriva enfin devant la porte de la chambre royale et frappa trois fois. Comme personne ne répondait, elle entra… … Et elle faillit lâcher son plateau : sa petite protégée, la Reine en personne, était affalé sur le fauteuil de sa coiffeuse, la tête dans les mains, portant toujours sa robe de la veille, et d’après les petits gémissements qu’elle entendait, Sélénia était en train de pleurer toutes les larmes de son corps.
Gena s’approcha doucement et posa une main sur l’épaule de Sélénia. Celle-ci leva la tête en sursautant et cria « Arthur ! Je suis désolée ! » mais fut affreusement déçue lorsqu’elle s’aperçut que la personne qui se trouvait derrière elle n’était que Gena.
« Oh… C’est toi… » Dit-elle tout bas avant de re-plonger dans sa crise de pleurs.
« Eh !... Sélène… Voyons, qu’est ce qui ne va pas ? Qu’est ce qui s’est passé ? » Demanda Gena le plus doucement et le plus tendrement possible.
Mais Sélénia semblait incapable de répondre.
« Sélénia… Racontes-moi. Que s’est-il passé avec Arthur… ? »
A l’évocation de ce nom, Sélénia se jeta dans les bras de Gena et sanglota : « C’est ma faute ! Tout est ma faute ! Oh Gena, je l’ai perdu ! »
« Mais qu’est ce que tu dis, voyons ! Arrête un peu de pleurer comme une petite idiote ! Ca ne te ressemble pas ! »
Le ton autoritaire employé par Gena sembla faire son effet puisque Sélénia s’essuya les joues avant de lever la tête vers son amie qui lui souriait.
« Bien, » dit cette dernière, « A présent, racontes-moi. »
Et Sélénia raconta. Elle lui parla de toute la journée d’hier, de la venue d’Erakald et de leur embrassade, d’Arthur qui avait tout vu et qui était fou de rage, de sa solitude, son chagrin et ses remords…
Gena la consola pendant un long moment.
« Cet Erakald est vraiment une sale fripouille ! » dit Gena tandis que Sélénia relevait la tête, « Si j’ai quitté le conseil, c’est à cause de lui et des horreurs qu’il m’a dit ! Arthur s’est très bien débrouillé hier, il a été juste et intransigeant, digne de son titre. Mais cette vermine était jaloux comme un pou et s’est défoulé en te racontant n’importe quoi… »
Un sourire réapparut sur le visage de Sélénia.
« Je savais qu’il ferait un bon Roi… » _ mais les larmes remontèrent _ « Mais je n’ai pas été capable de le gardeeeeerrrrrr !!!!!! »
« Oh, je t’en prie ! Un peu de tenue ! Tu sais très bien qu’Arthur t’adore ! »
« Non, il me détesteeeeee !!! » hurla Sélénia avant de re-plonger la tête dans la main.
Mais une gifle monumentale qui l’atteint en pleine joue droite la coupa dans son élan et la surprise marqua son visage.
« Maintenant, tu arrêtes ton cinéma. » trancha autoritairement Gena, « Tu sais très bien que cet humain est fou de toi. Nous le savons tous. Si ça n’avait pas été le cas, tu crois qu’il se serait embêté à venir te voir chaque année ? Tu crois qu’il aurait supporté de ne voir sa bien aimée que 36h dans une année s’il ne ressentait rien pour toi ? Tu crois qu’il aurait pu attendre trois longues années sans te voir, qu’il t’aurait supporté toi et tes caprices pendant une semaine sous forme humaine, qu’il aurait prit ta place au conseil pour te permettre de prendre un peu de repos ?.... Tu crois qu’il aurait réagi de cette façon quand il t’a vu avec Erakald s’il ne t’aimait pas sincèrement… ? »
Ses paroles firent mouches. Sélénia avait cessé de pleurer et réfléchissait, se rendant compte de ses erreurs.
« Vous allez bientôt fêter vos milles ans de mariage Sélènia… Regardes-moi dans les yeux et dis-moi que tu n’aimes pas ce type plus fort que tout. Regardes-moi dans les yeux et dit moi que tu pourrais vivre sans lui, que tu lui préfère Erakald. »
« Il… Il m’avait tellement manqué… Je ne savais plus où j’en étais… »
« C’est ce que je crois aussi. Il t’a manqué et tu as inconsciemment voulu combler ce manque avec Erakald qui te fait des avances depuis des mois. Mais au final… »
« Je n’ai qu’un seul vrai amour et c’est lui… C’est Arthur ! » S’écria t-elle en bondissant de joie et en serrant Gena dans ses bras.
« Doucement… Doucement… Si ça ne te gêne pas, je préfèrerais ne pas mourir étranglée aujourd’hui… » Suffoqua Gena, « Dépêche-toi maintenant, il ne reste plus beaucoup de temps avant le passage… »
« Je l’aime !!! Je l’aime !!!! Je n’aime que lui !!! Merci Gena !!! » et elle embrassa son ami sur la joue avant de sortir en trombe de la chambre.
Gena reprit ses esprits et regarda autour d’elle : « Et ben… Tu parles d’une matinée… »
Après près de quarante minutes de recherche, Sélénia trouva enfin Arthur : ce dernier était à la Rive du Téluhia, assis au bord d’une petite falaise avec le fleuve en contrebas, lançant pensivement de petits cailloux dans l’eau.
En l’apercevant, Sélénia afficha son plus beau sourire et courut en direction de son mari.
« Arthur !!! Arthur, c’est toi !!! C’est toi que j’ai choisi !!! Je t’aime !!! »
Arthur sursauta et se remit debout. En se retournant, il vit Sélénia courir vers lui. Son cœur se mit à battre la chamade dans sa poitrine. Il n’avait pas oublié ce qui s’était passé la veille, mais en même temps il ne pouvait résister à une telle apparition : Sélénia semblait être au comble du bonheur. Il se tourna afin de l’écouter, gardant pour l’instant ces distances, même si, au plus profond de son être, il ne rêvait que de la prendre dans ses bras.
« Je te demande pardon mon chéri… Je ne sais pas ce qui m’a prit… Je n’étais plus moi-même… Il n’y a que toi qui compte pour moi, que toi… Et je ne pourrais jamais vivre sans toi. »
Ces paroles semblaient tellement sincères, et elle était si belle quand elle était heureuse. Arthur ne put retenir un sourire, ce qui fit comprendre à Sélénia que tout était rentré dans l’ordre, et les deux amoureux se jetèrent l’un dans les bras de l’autre, s’embrassant langoureusement, comme il ne l’avait jamais fait auparavant.
C’était le plus beau baiser d’amour qu’ils avaient jamais échangé.
Et pourtant, quelqu’un était venu s’assurer que ce serait le dernier… _________________
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|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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| Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Mer 27 Fév - 13:39 | |
| « Touchant… » Dit une voix dans le dos des amoureux, et quand ceux-ci se retournèrent, ils se retrouvèrent face à Erakald et à la totalité des Guerriers-Soleil qui, visiblement, ne semblaient pas des plus amicaux avec leurs lances et leurs épées dans les mains.
« Erakald… Mais qu’est ce que cela signifie ?... » Demanda Sélénia, redoutant déjà le pire.
« Cela signifie, ma chère, que puisque vous n’avez pas voulu vous livrer à moi lorsque j’ai utiliser la méthode douce, je vais maintenant employer la force. »
« Je savais bien que vous n’étiez pas clair… » Dit Arthur d’un ton mauvais tout en resserrant Sélénia contre lui.
« Oh, quelle lucidité. » se moqua Erakald juste avant de claquer des doigts.
Les Guerriers-Soleil se ruèrent alors sur le jeune couple. Sélénia poussa un cri tandis qu’Arthur la faisait passer dans son dos afin de la protéger et de faire face à ses adversaires. Il savait pertinemment qu’il n’avait aucune chance face à une douzaine d’hommes surarmés et entraînés, mais il vendrait sa peau aussi chère que possible, donnant ainsi à Sélénia le temps de s’échapper. Mais les soldats avaient prévu la ruse. Et pendant que la moitié d’entre eux se jetait sur Arthur, les autres se précipitèrent sur Sélénia.
« Sélénia !!! Je vous interdis de la toucher !!! » S’écriait Arthur tout en balançant ses poings en avant pour cogner les premiers de ses adversaires. Deux de ses coups atteignirent leur but, ce qui mit hors d’état de nuire deux guerriers, un qui s’était pris un violent coup dans l’estomac et l’autre qui était tombé à terre suite à un crochet du droit particulièrement bien placé. Mais Arthur était submergé par le nombre et n’arrivait plus à éviter les armures des soldats, ce qui le fatiguait considérablement. Il fut bientôt maîtriser par 3 hommes et ne pouvait pratiquement plus bougé.
Un garde avait saisit Sélénia par la taille et lui ceinturait les bras de façon à l’empêcher de se défendre. Mais la jeune Reine avait de la ressource. Aussi, avant d’être elle aussi complètement immobilisée, elle réussit à mordre le nez d’un soldat et à atteindre le deuxième dans les parties grâce à un coup de pied bien placé.
« Voici le sort que je te réserve sale menteur ! Imposteur ! Profiteur ! » Hurlait Sélénia à l’attention d’Erakald, « Quand je pense que je t’avais fait confiance ! »
Les deux soldats qui maintenaient Sélénia se rapprochèrent d’Erakald de façon à ce que ce dernier puisse la toucher. Il lui caressa la joue et retira sa main rapidement, Sélénia ayant essayé de le mordre.
« Sacré bout de femme ! » lança t-il à l’adresse d’Arthur qui se trouvait face à lui, les bras et le corps bloqué par des soldats, « Mais elle saura être plus docile, croyez-moi… »
Et il la gifla. Pas fort, non. Juste pour énerver un peu plus Arthur qui tremblait de colère.
« Si vous lui faites le moindre mal… »
« Voyons Arthur, vous ne comprenez vraiment rien à rien… Je n’ai absolument pas l’intention de violenter votre femme ! Vous, en revanche… »
Il s’approcha d’Arthur et, après l’avoir fixer avec dédain, un sentiment de triomphe sur le visage, il lui assénât un grand coup de poing dans les côtes.
Arthur se plia en deux de douleur, et Erakald en profita pour lui envoyer un deuxième coup qui le frappa juste sous le menton, renvoyant sa tête en arrière, un filet de sang jaillissant de sa bouche.
« ARTHUR !!!! » Hurla Sélénia, « Je vous le ferais payer, espèce de sale malade !!! »
Erakald se retourna vers Sélénia avec un sourire avant de donner un grand coup de tête au niveau du visage d’Arthur. Cette fois-ci, les soldats qui tenaient notre pauvre roi lâchèrent prise et Arthur vola près de trois mètres plus loin et glissa dans la poussière.
Arthur avait la tête qui tournait, et sa vue était brouillée. De plus, un liquide rouge et visqueux lui coulait sur les paupières et l’empêcha d’apercevoir Erakald qui se rapprochait de lui. Ce dernier, alors que notre Arthur tentait de se relever, lui envoya son pied en pleine figure et Arthur se trouva de nouveau allongé sur le dos au bord de la falaise, les yeux dans le vague. Puis Erakald vint à son niveau et appuya son pied au niveau de son entrejambe pour l’empêcher de se relever, ce qui arracha à Arthur un cri de douleur.
Erakald pouffa. « Je ne comprends pas comment tu as réussi à tenir M le maudit en échec aussi longtemps… »
Arthur réalisa soudain toute l’horreur qui était contenu dans les paroles d’Erakald.
« Malt… Maltazar… Que… Vient-il faire là… Là dedans… ? » Essaya d’articuler Arthur.
Une fois de plus, Erakald se moqua.
« Voyons mon cher Arthur… Sur les ordres de qui crois-tu que j’agis depuis le début… ? »
« Je vous ferais payer… » Suffoqua notre jeune héros.
Erakald retira son pied et commença à faire les cents pas _ devant Arthur qui se remettait difficilement sur pieds _ un air dur et sérieux qui ne lui ressemblait pas sur le visage : « Tu ne peux absolument rien contre moi Arthur. Je suis bien plus fort que toi, au-delà de ce que tu peux imaginer… Tu n’es qu’un parasite, un puceron que je vais me faire une joie d’écraser… Tu ne sais rien de moi, de ma grandeur et de ma puissance ! Mon nom véritable est Adënar, ce qui signifie « guerrier sanglant » ! Autrefois, j’étais un simple vagabond. Mes parents m’ont abandonné à ma naissance et j’ai du me débrouiller tout seul toute ma vie. Mais bien sur, étant un nomade sans attache, personne ne voulait de moi. Alors j’ai erré… J’ai erré pendant des années, des dizaines de floraisons de sélénielles ! Et à chaque fois que je demandais un abri pour dormir, ou juste un peu de nourriture, je me faisais envoyer paître… J’ai fini par me rendre compte que de demander gentiment ne servait à rien. La seule façon pour moi d’avoir ce que je voulais, c’était de l’exiger. Et c’est en exigeant un repas digne de ce nom que j’ai tué mon premier homme… Et bizarrement, cela ne m’a fait ni chaud ni froid. Etant habile et combat et en plus capable de réfléchir contrairement à certains _ il jeta un œil à ses acolytes _ j’ai fini par devenir mercenaire et j’ai rapidement été monté au rang de chef de clan et j’ai pris ce nom qui inspire tant de terreur chez mes ennemis ! J’ai conduit les miens à de grands succès, de grands pillages, de grandes batailles. Toujours vainqueurs, jamais perdants ! Mais je vise plus que ça à présent… Piller et me battre ne me satisfont plus. Je veux plus de pouvoir. Et ce pouvoir, M le maudit me l’a promis en échange de ta belle… Et en ce qui te concerne toi, ses ordres étaient plus que clairs… »
Un sourire sadique apparut soudain sur son visage et il s’adressa directement à Sélénia : « C’est le moment de dire adieu à ton mari ma belle… »
Les yeux de Sélénia s’agrandirent de stupeur et elle cria.
« NONNNNNNNNNNNNNN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »
Erakald se retourna et, d’un formidable coup de pied, propulsa Arthur en arrière. Ce dernier quitta le sol et finit par tomber de la falaise pour aller s’écraser une bonne dizaine de mètres plus bas, dans le lit du cours d’eau. _________________
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|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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| Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Mer 27 Fév - 13:40 | |
| Chapitre 13 : Siège
Lorsqu’Arthur reprit conscience et qu’il ouvrit les yeux, il ne vit pas clair tout de suite. Sa vue était encore trouble et tous les os de son corps lui faisaient mal. Il apercevait devant lui des formes indistinctes, pâles et aux contours flous. Il essaya de se redresser mais une violente douleur au niveau des côtes le bloqua dans son élan, et il bascula en arrière, la tête dans les coussins, en poussant un cri de douleur.
Sa vue devint plus nette malgré la douleur et il se rendit compte que les formes indistinctes étaient en fait des minimoys, dont Aaron et Daniel, accompagné de Gena, d’Amanda, de Darkos, de Miro et du Roi Maximilien.
Lorsqu’il s’aperçut que son ami avait repris connaissance, Daniel s’élança, apparemment fou de rage vers Arthur, près à l’étrangler de ses deux mains.
« Toi ! Tu es vraiment un imbécile ! On fait comment, nous maintenant ?!? » Hurlait-il pendant qu’Aaron essayait de le retenir.
« Calmes-toi, calmes-toi Daniel ! Il n’est pas au courant… » Dit Aaron en retenant son ami.
« On a loupé le passage… On a loupé le passage pour rentrer chez nous ! On est coincé ici pour une année complète, et toi, tu veux que je me calme !!! »
Arthur réussit à s’asseoir dans son lit cette fois, et se massa la tête. Il se rendit alors compte qu’il portait un énorme bandage ici, ainsi qu’au niveau de l’abdomen, et qu’une de ses chevilles avait fortement souffert. Puis, tout à coup, tout lui revint en mémoire : Sélénia qui l’avait retrouvé, la trahison d’Erakald _ ou plutôt d’Adënar _ , l’enlèvement de la Reine et sa chute vertigineuse du haut de la falaise. Il remercia la Déesse de la Forêt d’être encore en vie quand quelque chose de bien plus grave lui vint à l’esprit.
« Sélénia ! SELENIAAA !!! » Hurla t-il dans la chambre, essayant de se relever malgré l’intense douleur qui l’éprouvait.
« Stop ! On se calme ! Arthur, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce qui se passe Arthur ?!? » L’interrogea Gena en lui prenant la tête dans les mains pour qu’il la regarde droit dans les yeux.
« Erakald… Je veux dire Adënar… C’est un traître… Il est parti… Il l’a enlevé… Il travaille pour le compte de M… Il faut que je la retrouve !! »
Une fois de plus, ils ne furent pas trop de quatre pour retenir Arthur qui se débattait dans tous les sens.
« Je dois y aller !!! Laissez-moi partir !! »
Gena s’était écarté pendant que les autres maintenaient Arthur. Elle tremblait de rage, mais lorsqu’elle se retourna vers la petite assemblée, elle avait retrouvé son attitude habituelle.
Arthur s’était calmé et maintenant sa voix exprimant souffrance et désespoir.
« Laissez-moi y aller, je vous en prie… »
Gena s’assit en face d’Arthur et lui parla doucement : « Ecoute… Ce qui vient de se produire, c’est affreux… Mais cela ne doit pas t’empêcher de réfléchir correctement. En partant tout de suite à la recherche de Sélénia, seul et dans cet état, penses-tu avoir la moindre chance de la secourir ? »
Arthur se tût. Gena avait raison. Il s’assit confortablement et leur raconta l’épisode avec Erakald. De leur côté, Aaron et Daniel racontèrent comment Gena s’était inquiété lorsqu’elle n’avait pas vu revenir le couple royal alors qu’il était presque midi, et comme elle les avait envoyé, eux ainsi qu’Amanda, en reconnaissance pour les retrouver. C’est Aaron qui avait trouvé Arthur qui s’était échoué à un endroit où l’eau était peu profonde et qui avait alerté les autres. Arthur avait échappé à la mort, mais il était plutôt mal en point : il avait deux côtes cassées, s’était foulé la cheville, et le choc qu’il avait reçu le laissait encore nauséeux.
Malgré son état, ses amis le portèrent et l’emmenèrent au dehors, afin qu’il puisse prendre l’air et surtout annoncé au peuple minimoy le grand malheur qui s’était abattu sur eux.
C’est au moment où ils avaient pénétré dans le grand hall que la porte d’entrée s’ouvra en fracas et qu’un garde minimoy, livide et affolé, apparu en poussant un cri de peur.
« Ils sont là !!! Ils sont là !!! C’est une catastrophe !!! »
Voyant Arthur, il lui fonça dessus.
« Majesté !!! Majesté, c’est affreux !!!.... Nous sommes assiégés !!!!!!! »
Puis ses yeux commencèrent à rouler dans leurs orbites et il tomba sur le sol, inconscient.
« Mais… Mais que signifie cette histoire de siège ?!? » Demanda Maximilien, aussi terrifié que le garde l’avait été quelques secondes plus tôt.
« Allez-vous mettre à l’abri Maximilien. Et vous aussi Miro. Et faites évacuer le village. Ou du moins, faites votre possible pour éloigner les habitants de la place… » Répondit Arthur d’un ton autoritaire.
« Mais… »
« Faites ce que je vous dis et que toutes les personnes capables de se battre nous rejoignent. »
« Bb… Bien. »
Et les deux personnes concernées s’en furent. Restait Arthur, soutenu par Aaron et Daniel, Gena, Darkos et Amanda.
« Décidément, ce rêve commence à prendre des horizons inattendus… » Sourit Amanda.
« Ce n’est pas un rêve Amanda. Aussi, si tu veux sauver ta vie, je te conseille de fuir aussi. » Lui répondit Arthur au bord de l’évanouissement.
Amanda lui jeta un regard méprisant, comme s’il était tombé sur la tête _ ce qui n’était pas totalement faux dans un sens.
« Je m’occupe d’elle. Vous feriez mieux d’aller voir ce qui se passe dehors vous quatre… » Dit Gena en empoignant Amanda et en la tirant à l’autre bout du hall malgré ses protestations. Elles disparurent rapidement par une petite porte de bois.
« Bon… Eh bien ze crois que nous zallons devoir zortir les zarmes ? » Demanda Darkos, un léger sourire aux lèvres, dégainant déjà sa masse.
« Oui… » Répondit Arthur qui avait de plus en plus de mal à parler, « Mais avant, il va falloir nous trouver des armes. »
« Za, ze m’en occupe… Allez-y, ze vous rezoins très vite… » Répliqua Darkos avant de prendre une autre petite porte de bois et de disparaître à son tour.
« Maintenant on y va. » dit Arthur à l’attention de ses deux camarades qui le soutenaient.
« Mais t’es malade ?!? T’as vu dans l’état dans lequel tu es ? Tu tiens à peine debout ! » Cria Daniel, outré par les propos de son ami.
« On y va. » se contenta de répéter Arthur. Et vu le ton qu’il avait employé, aucun de ses deux amis ne se permit de le contredire une seconde fois.
C’est alors qu’ensemble, ils franchirent les grandes portes du palais… _________________
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|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

Age : 20 Inscrit le : 20 Aoû 2007 Messages : 86 Localisation : Dans la cuisine...
| Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Mer 27 Fév - 13:41 | |
| … Et ce qu’ils virent, c’était le chaos.
Des séïdes à dos de moustiques sillonnaient le plafond de la caverne, tandis que d’autres soldats d’apparence minimoy, mais beaucoup plus laids et sales _ les mercenaires d’Adënar _ couraient en tout sens en poussant des cris de guerre et en incendiant tout ce qui se trouvait sur leur chemin.
« Nom d’une citrouille… » Murmura Aaron.
« Cette fois les gars, c’est la fin… J’ai été ravi de vous connaître… » Énonça Daniel à voix basse.
C’était l’horreur la plus totale. Tout flambait, tremblait, criait, s’effondrait. Et les pillards semblaient se réjouir de ce massacre. Heureusement, les minimoys semblaient avoir réagi assez vite et les quelques personnes qui restaient étaient des hommes pour la plupart qui luttaient courageusement pour protéger leur famille.
Un mercenaire remarqua alors le trio qui était sorti du palais. Il pointa le doigt sur eux en affichant un large sourire et hurla à plein poumon : « Il est là ! Il est là ! Je l’ai trouvé ! Arthur est là ! » Les séïdes se figèrent en plein ciel et les mercenaires arrêtèrent leurs combats pour se tourner vers les trois hommes. En provenance des lignes arrières, un grand homme, dont l’armure semblait plus brillante que les autres, mais qui devaient autant puer de la gueule que ses camarades, s’avança vers Arthur.
« Tu es assez solide finalement… » Se moqua t-il.
Il y eu quelques rires dans la salle.
« Je suis Gorak, « Dent de Tigre ». Adënar m’a chargé de me débarrasser de toi. Définitivement. »
Il jeta ensuite un œil à Aaron et à Daniel qui le soutenait.
« Lâchez-le. »
Mais les deux amis ne bougèrent pas d’un pouce. En revanche, le cliquetis familier d’une arbalète qu’on charge se fit entendre.
« C’est bon, j’y vais. » finit par dire Arthur.
« Mais… Tu peux à peine marcher ! »
« Sauvez votre peau les gars… Et laissez-moi faire. » Dit-il avant de leur lancer un dernier clin d’œil et de s’avancer en boitant vers le centre de ce qui maintenant était devenu une arène.
« Pitoyable… » Répondit Gorak en se débarrassant de sa cape et des vêtements trop encombrants qu’il portait. Puis, sans prévenir, il se rua sur Arthur. Il fonçait comme un rhinocéros, tête baissée, droit sur son adversaire. Arthur n’avait plus beaucoup de forces, mais encore suffisamment pour éviter une charge aussi grossière. Il se décala d’un petit pas sur le côté _ petit pas qui lui coûta une grimace de douleur _ et Gorak passa tout droit, manquant de percuter un des ses hommes tellement il était lancé à pleine vitesse. Gorak recommença son attaque, et Arthur évita de la même façon, mais cela lui demandait de plus en plus d’effort. Mais tant que son adversaire essayerait de le prendre de vitesse, Arthur réussirait à esquiver à chaque fois. Gorak était très massif, et donc peu rapide, ce qui n’était pas le cas d’Arthur, qui demeurait très agile, même blessé. Mais bien que bête à souhait, Gorak comprit rapidement qu’il n’arriverait à rien de cette façon. Il se saisit de l’énorme gourdin qu’il portait à la ceinture et s’avança vers Arthur. Ce dernier restait immobile, essayant d’économiser ses forces. Gorak s’approcha et leva son gourdin. Il franchit les derniers mètres qui le séparait d’Arthur en hurlant comme un sauvage et en abaissant son gourdin. Mais Arthur avait senti le coup venir et, une fois de plus, il avait réagi rapidement. Il s’était élancé en avant pour faire une roulade et passa entre les jambes de Gorak, n’oubliant pas de relever le pied pour toucher son adversaire au point sensible du même coup. Son coup porta d’ailleurs, et Gorak lâcha son gourdin pour se masser l’entrejambe. Cependant, la roulade d’Arthur avait réveillé sa blessure aux côtes et il n’arrivait pas à se relever. Gorak finit par récupérer son arme et se rapprocha d’Arthur toujours à terre, visiblement pas content du tout.
« C’est fini pour toi vermine… » Lui souffla t-il au visage.
A ce moment précis, où Gorak allait donner le coup fatidique, un drôle de bruit, comme un tremblement de taire, se fit entendre.
« Mais qu’est ce que… »
Soudain, le mur est du palais explosa littéralement et une petite dépanneuse à ressort s’écrasa sur le sol, fonçant à toute vitesse.
« SARRRRZZZEEEEEEZZZZZZZZZ !!!!! » s’écria Darkos qui était aux commandes de l’engin en faisant tournoyer sa grosse masse pleine de piques au dessus de sa tête, la petite voiture n’ayant pas de toit.
Cet évènement eut pour effet de semer la pagaille dans les rangs ennemis ce qui donna l’occasion aux minimoys qui s’étaient fait capturer de se libérer et de mettre hors d’état de nuire quelques uns de leurs gardiens. Gorak tourna lui aussi la tête pour voir ce qui se passait, ce qui donna le temps à Arthur de rouler sur le côté et ainsi d’éviter Darkos et sa dépanneuse qui fonçait droit sur le grand Gorak. Ce dernier fut percuté de plein fouet et nous sommes tous certains qu’il ne se relèvera pas. Au passage, Darkos balança quelques armes au pied d’Arthur, d’Aaron et de Daniel.
« Allez les zeunes !!! On va leur montrer de quoi on est capable !!! » S’écria t-il avant de faire demi-tour et de foncer vers un petit amas de mercenaire et de faire un magnifique strike en les percutant.
Aaron et Daniel récupérèrent des armes et foncèrent aider Arthur à se remettre sur ses deux jambes.
« Ca va mon vieux ? » demanda Daniel.
« J’ai connu mieux, mais ça ira… » Répondit Arthur en se saisissant d’un petit marteau de guerre et en se remettant lentement debout. « Bien, nous avons l’avantage de la surprise. Ils sont effrayés et ne sont plus du tout organisé… C’est le moment de frapper ! »
« Oh mais bien sûr ! Et qu’est ce que tu veux qu’on fasse ?!? Nous sommes bien inférieur en nombre !!! »
« Plus maintenant… » Répliqua Aaron, un soupçon d’admiration dans la voix.
Et pour cause, un formidable flot de minimoy était en train de se déverser dans la cour du palais et fonçait sur les envahisseurs en poussant de petits cris de guerre aiguë, et avec à leur tête…
« … Amanda… ? » Grimaça Daniel.
« Et la folle des tapisseries… » Ajouta Aaron.
Et en effet, Gena et Amanda, respectivement armées d’un rouleau à pâte… euh, tap… enfin peu importe, et d’une poêle à frire, et de couteaux de cuisine, menaient ce qui semblaient être les serviteurs du palais _ et la Déesse de la Guerre seule sait qu’ils sont nombreux _ au combat, tapant de tout côté et faisant tomber un nombre très important d’ennemis.
« Alors là… Je ne regarderais plus jamais cette fille de la même façon… » Réussi à articuler Daniel, encore sous le choc.
« Allez, il faut en profiter… Qui m’aime me suive ! » Lança Arthur avant de s’élancer aussi vite que lui permettait sa cheville et ses côtes fracturées.
« Ne m’en veux pas Arthur, mais c’est pas vraiment toi que j’ai envie de suivre là… » Répliqua Daniel avant de se tourner vers Aaron : « Dis voir, c’est toi l’escrimeur ! Alors tu peux pas m’apprendre deux trois trucs vite fait là ? »
« Au point où nous en sommes, mon cher Daniel, je n’ai qu’un conseil à te donner : Lances-toi et frappes !! » dit Aaron avant de courir à son tour en direction de la mêlée.
« Décidément, je suis pas aidé… » Souffla Daniel avant de s’élancer lui aussi.
Le spectacle était hallucinant. Les Minimoys, au départ très inférieurs en nombre, avaient largement pris l’avantage grâce à l’intervention de Darkos, de Gena et d’Amanda. Et même si les dégâts qu’ils faisaient étaient souvent minimes _ essayez d’arracher une tête avec un rouleau à pâtisserie, vous verrez que ce n’est pas très pratique _ ils avaient le mérite d’étourdir ou du moins d’incapaciter les adversaires, ce qui faisait tourner le combat à leur avantage. L’espoir qui était arrivé en même temps que ses amis avait redonné à Arthur le courage et la force de se battre. Même s’il souffrait énormément, il se jetait comme un fou dans la bagarre et se servait de sa hache son marteau comme un professionnel, enfonçant les armures, écrasant les casques. Darkos, lui, faisait un véritable carnage : sous ses coups de masse impressionnants, les ennemis volaient à plusieurs mètres. Il avait d’ailleurs trouvé un nouveau jeu _ qui se rapprochait assez de notre golf _ qui consistait à frapper un fantassin et à viser un séide-moustique avec, ce qui était bien pratique étant donné que les Minimoys n’avaient pas de moyens de transport aérien, et donc pas d’autre moyen de se débarrasser de cette menace qu’était les cavaliers séides. Gena se battait admirablement bien pour une servante. Elle maniait le rouleau et la poêle avec une incroyable facilité, à croire qu’elle s’entraînait au combat avec ses outils originaux chaque jour de sa petite vie. D’autant plus que ses pieds semblaient être des armes particulièrement efficaces eux aussi. Elle faisait beaucoup de dégâts et les ennemis autour d’elle tombaient comme des mouches. Amanda se débrouillait pas mal non plus, mais dans un style très différent. N’étant pas habituée au combat, elle s’était fait désarmer rapidement. En revanche, elle n’avait pas son pareil pour viser les endroits sans armures de ses ennemis et le panel de coups bas qu’elle leur faisait subir était assez impressionnant : coup de genou dans l’aine, pouces dans les yeux, dents acérés et autres joyeusetés qui ne manquaient pas d’énerver les mercenaires. Daniel avait un autre atout : sa tchatche. Il avait manqué de se faire embrocher une bonne quinzaine de fois, mais à chaque fois, il réussissait à déstabiliser son adversaire en lui balançant quelques insultes ou moqueries bien senties. L’ennemi, énervé, baissait sa garde, et Daniel en profitait pour lancer son épée. Mais le plus extraordinaire combattant de tous était sans conteste Aaron. En effet, ce dernier pratiquait l’escrime depuis son plus jeune âge et il maniait l’épée avec une grâce et une rapidité sans égale. Et surtout, il faisait mouche à chaque coup.
La bataille ne dura pas très longtemps. Les mercenaires et séides qui n’avaient pas fuis se retrouvèrent rapidement dépasser par ces Minimoys qui étaient tellement hargneux et valeureux qu’ils finissaient par prendre peur. Une dernière intervention de Darkos, qui avait délaissé le golf pour se mettre au bowling, avait fait fuir les derniers opposants les plus tenaces lorsqu’un de leur confrère, dont l’armure avait soigneusement été remodelé pour prendre la forme d’une boule de métal, leur était arrivé dessus et les avaient tous fiché à terre, à la merci des Minimoys qui tapaient comme des sauvages avec leurs balais brosses, leurs cintres et leurs pieds de table. Autant d’armes improvisées qui n’avaient pas occasionné plus que des bosses, mais qui avaient tout de même fait comprendre aux attaquants que les Minimoys ne se laisseraient pas faire, foi de coléoptère !
Lorsque le dernier soldat prit ses jambes à son cou, un grand cri de victoire s’éleva du côté du clan Minimoys qui lançaient leur chapeau et leurs pieds de chaise en l’air en signe de contentement _ ce qui eut pour effet d’occasionner quelques bleus supplémentaires. Tous les combattants, ainsi que ceux qui avaient assisté au spectacle depuis la ferme à Mul-Mul où ils s’étaient réfugiés, se serraient les uns dans les bras des autres. Les Minimoys venaient de montrer que, bien qu’ils ne soient pas fait pour le combat, ils ne manquaient pas de courage. Arthur était heureux de cette victoire, mais ce sentiment de triomphe fut vite chassé par un autre beaucoup plus gênant : il devait partir à la recherche de Sélénia. Aaron et Daniel revenait vers lui, traînant derrière eux un mercenaire qui n’avait pas pu s’enfuir et qu’ils avaient apparemment interrogé.
« Ce type dit que son plouc de chef, Adechezpasquoi, seraient parti en direction des terres désertiques, au-delà des sept royaumes, là où se trouverait le nouveau repère de ton Maudit. » lui rapporta Daniel.
Le mercenaire tremblait de la tête aux pieds et, visiblement, se demandait ce qu’on pourrait bien faire de lui. Arthur se pencha dans sa direction.
« Que mijote ton chef ? Qu’est que M le Maudit et Erakald préparent ? Dis-le moi si tu ne veux pas finir ta vie très rapidement… »
« J’en sais rien !!! J’en sais vraiment rien, j’vous jure ! Je suis qu’un soldat moi ! Tout ce que je sais, c’est qu’ils ont rendez-vous à la Forteresse de Sable, le nouveau quartier général de M le Maudit !!! Ne me tuez pas, je vous en prie ! »
Arthur réfléchit un instant, puis se tourna vers deux gardes du palais.
« Enfermez-moi ça quelque part à double tour, qu’il ne puisse pas s’enfuir. »
Puis il se retourna vers son prisonnier.
« Nous allons te faire confiance et suivre la piste que tu nous as donné. Mais si par malheur c’est un piège où qu’il n’y a rien là-bas, il va t’arriver des bricoles mon gars… »
Là-dessus, les gardes l’emmenèrent et Arthur, se retrouvant maintenant seul avec ses deux amis, leur fit signe de le suivre. Ils se rendirent dans la salle de réunion et Arthur s’adressa à eux.
« Je sais que je suis encore faible, mais il faut absolument partir tout de suite si on veut rattraper Erakald. Si jamais il a vent que nous avons résisté à son siège, il changera de trajet et nous ne pourrons jamais le retrouver. »
Il marqua une courte pause.
« Je sais que par ma faute, nous avons raté le passage _ Daniel rougit à ce moment, signe qu’il regrettait les paroles amer qu’il avait eu plus tôt, sachant pertinemment qu’Arthur n’avait rien à se reprocher _ mais ne vous en faites pas, il y a d’autres moyens pour rejoindre le monde des humains. Ils sont justes… Plus compliqués. Vous n’avez pas à m’accompagner. Vous feriez mieux de rentrer. »
« Non mais attends ! Tu crois quand même pas que tu vas te débarrasser de nous aussi facilement ?!? On t’accompagne mon vieux ! » Répondit Daniel.
« C’est sur, on vient Arthur. On te laisse pas y aller tout seul. Surtout pas dans cet état. »
« Nous aussi, nous venons. » s’écria Gena qui venait de passer la porte de la salle de réunion, accompagnée d’Amanda et de Darkos.
« Ce n’est pas très prudent… » Dit Arthur.
Gena éclata de rire.
« Prudent ?! Et ce que tu as fait sur la place tout à l’heure, c’était prudent peut-être ? » Elle reprit un ton plus sérieux : « Tu auras besoin de nous. Nous venons, et n’essaye pas de discuter. »
« Et ben les tartepenfières, c’est pas de tout repos ! » plaisanta Daniel.
« Figures-toi mon garçon qu’un de mes rôles est notamment de veiller à la sécurité de la Reine. Donc je viens. »
« Et moi, je ne me suis jamais autant amusée… Même pas dans mes rêves les plus fous ! » Remarqua Amanda.
« A nous touz, nous zommes zur de les zavoir ! Nous zallons retrouver ta Reine, Arthur ! »
Arthur était surpris de voir à quel point ces compagnons étaient solidaires et volontaires. Cela lui faisait chaud au cœur, et il sourit à cette pensée. Ce qui fit renaître une forte douleur au niveau de ses côtes.
« Mais avant de partir, il va falloir qu’on s’occupe de toi. » fit remarquer Aaron.
« Ca ira, ne vous en faites pas… » Grimaça Arthur.
« Pas zi nous devons marsser. » compléta Darkos.
Gena sourit : « Je m’occupe du moyen de transport. Vous, préparez vos affaires et faites-lui un bandage au niveau des côtes. » Dit-elle en désignant Arthur d’un signe de tête. « Darkos, va voir l’apothicaire et demande-lui de me fournir quelques onguents médicinaux pour soulager les fractures. »
Darkos acquiesça d’un signe de tête et disparu derrière la lourde porte en bois par laquelle il était venu.
« Le voyage risque d’être long et fatiguant, alors essayer de ne prendre que l’essentiel, de vous charger le moins possible. Rendez-vous ici même dans une heure. »
Et à son tour, elle quitta la pièce. _________________
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|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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| Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Sam 1 Mar - 18:01 | |
| Chapitre 14 : En route pour l’aventure !
Un peu plus d’une heure plus tard, seule Gena manquait à l’appel dans la salle du Conseil. Amanda avait fait un beau pansement à Arthur grâce au matériel qu’avait ramené Darkos, et Aaron et Daniel avait fait le tour du village afin de récolter équipement, nourriture et vêtements potables pour partir à l’aventure. Nos cinq amis étaient également allés sur la grande place pour retirer l’épée magique de son piédestal, mais elle avait résisté à l’appel d’Arthur. Après plusieurs minutes de réflexions intenses, ils en avaient conclu que le cœur d’Arthur, rempli à l’heure actuelle de chagrin, de haine et de désir de vengeance, n’était pas assez pur pour permettre de retirer l’épée. Ils feraient donc sans.
La petite troupe commençaient à se faire du soucis pour la jeune Tartepefière lorsque cette dernière ouvrit violemment la porte de la salle du Conseil et apparue, souriante et changée pour l’occasion : elle portait une longue combinaison noir sans manche, faite dans un matériau totalement inconnu des cinq personnes restantes mais qui ressemblait assez à un cuir souple et brillant. De longues bottes poussiéreuses lui montaient jusqu’à mi-cuisse et elle portait sur une épaule un petit sac qui devait contenir ses affaires personnelles et sur l’autre d’autres combinaisons semblables à la sienne qu’elle eut tôt fait de répartir à chacun de ses amis, sauf à Darkos.
« Désolé, je n’avais pas de taille hybride amphibien… » Dit-elle avec un petit sourire en coin.
Darkos, qui avait l’habitude de ses plaisanteries douteuses, se contenta de sourire à son tour et de lui donner un petit coup de coude affectif qui faillit renverser la jeune femme.
« Dézolé, ze n’ai pas conscience de ma forze… » Expliqua t-il tout gêné.
« C’est rien… » Répondit Gena, « Bien ! J’ai mis un peu plus de temps que prévu mais ça en vaut la peine… Ca, ce sont des Distills. » Dit-elle en présentant les combinaisons qu’elle avait apporté, « Ca va nous être fort utile dans les terres désertiques vu le long trajet qui nous attend. Ces combinaisons repoussent la chaleur et recycle la transpiration pour nous éviter de nous dessécher. »
« Cette fois, j’en suis certain. Tu n’es vraiment pas Minimoy. » Lança Arthur à son adresse.
Gena ne releva pas et fit comme si elle n’avait pas entendu. Elle ne se départit pas de son sourire énigmatique et continua : « J’ai prévenu Miro de notre départ. Il va s’occuper de gérer la première terre pendant notre absence. Bien, tout le monde est prêt ? Alors, allons-y ! »
Et elle se dirigea vers la porte, rapidement suivie par toute la clique d’aventuriers en herbe.
« T’avais pas parlé de montures à un certain moment ? » demanda Daniel à Gena alors que la petite troupe approchait de la surface de la terre.
Le petit groupe avait emprunté des chemins peu fréquenté pour atteindre la limite de la petite ville Minimoy afin de ne pas attirer les regards sur leur groupe plus ou moins hétéroclite et inquiétant avec ses membres qui se baladaient en armes avec des combinaisons en cuir sur le dos.
« Si, si… D’ailleurs, elle nous attend impatiemment… »
A ce moment précis, Daniel eut comme l’impression que la lumière du soleil, apparue depuis peu puisqu’ils venaient de sortir de terre, avait totalement disparue et une ombre immense se dessinait autour de lui.
Lentement, il leva la tête…
… Et apperçut une énorme masse bleu luisante au dessus de lui, qui se révéla rapidement être une tête d’insecte géant, avec des mandibules, des antennes sur le haut du crâne, et deux yeux noirs et globuleux, qui le regardaient d’un air intrigué.
« ….wwaaaahhaaaaaAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!!! » cria t-il de terreur.
La bestiole qui le toisait sursauta lorsqu’il vida ses poumons puis se mit à hurler à son tour, d’un petit cris strident et aigu qui obligea tous les membres du petit groupe à se boucher les oreilles _ sauf Gena qui, bien sûr, semblait habituée.
« Oh… Elle a l’air de t’apprécier ! » Dit Gena à Daniel qui semblait pétrifier sur place et qui regardait la bestiole se faire flatter l’encolure par Gena en clignant des yeux et en poussant de petits cris de plaisir.
« Mais… C’est quoi ce truc ?!? » Demanda Amanda, complètement interloquée.
« C’est un bébé Patchimolet. » répondit sereinement Gena. « Elle s’appelle Guibouille. Je l’ai adopté il y a peu. Elle est très affective et très joueuse, alors fait attention de ne pas trop l’exciter : pour elle, les cris Minimoys sont signes de jeux… » Ajouta t-elle à l’adresse de Daniel avec un sourire moqueur sur les lèvres.
Voyant le regard interrogateur de ses amis, Arthur expliqua : « Les Patchimolets, c’est ce que nous appelons les mille-pattes… »
« Bien ! Il ne nous reste plus qu’à monter ! Suivez-moi ! » Lança Gena, pleine d’entrain, en grimpant sur le haut de la tête du bébé mille-pattes en s’accrochant à ses longs poils épais. Les autres firent de même, bien qu’avec un peu moins d’aisance, et arrivèrent au sommet de la créature, juste derrière Gena. Daniel fut celui qui peine le plus pour grimper, particulièrement parce que la bestiole n’arrêta pas de bouger la tête en poussant de petits cris qu’on aurait pu prendre pour des rires d’enfants particulièrement aigus et qu’elle le déstabilisait sans arrêt.
« Je crois que tu t’ai fais une nouvelle amie ! Amanda va être jalouse… » Ricanait Aaron en regardant Daniel se positionner péniblement sur le crâne de la bestiole qui leur servait de moyen de transport.
Gena caressa tendrement ce qui pourrait correspondre au front de l’insecte et ce dernier se mit en marche, avançant doucement sur la terre sèche à l’aide de ses centaines de pattes. _________________
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|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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| Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Sam 1 Mar - 18:02 | |
| Chapitre 15 : Arkone Il devait être à peu près 17h lorsque Gena daigna enfin stopper sa monture. A la vue du paysage, ils étaient toujours sur la première terre, bien que les limites de celle-ci ne devaient plus être loin. Ils s’étaient arrêtés dans une petite clairière rocheuse, entourée de hauts brins d’herbe.
Gena fit signe aux autres de descendre et de l’accompagner, puis elle s’assit sur un côté du corps du mille-pattes avant de se laisser glisser comme sur un toboggan et de se retrouver debout sur le sol de terre. Les autres la rejoignirent rapidement. Il faut dire que, même sur le dos de la créature était assez confortable, ils avaient hâte de se dégourdir les jambes.
« Ah, ça fait du bien de marcher de nouveau ! » dit Aaron « Dis voir Gena, pourquoi fait-on une pause ? »
« Guibouille commence à avoir faim. » répondit-elle.
Au même moment, un gargouillement horrible monta dans l’air, provenant sans conteste de l’estomac de l’insecte. Ce dernier, qui semblait finalement pas si bête que ça, eut un petit mouvement de recul gêné à l’encontre de accompagnateurs.
« Ne t’en fais pas, » la réconforta Gena en lui grattant le menton, « Ca arrive à tout le monde d’avoir le ventre qui grogne. »
« Za, z’est vrai ! D’ailleurs, ze commence à avoir faim auzzi… » Dit Darkos en se massant le ventre.
« Il y a quelques viennoiseries dans mon sac si vous voulez. Mais ne mangez pas tout ! Nous en aurons besoin pour plus tard… »
Et elle s’éloigna, suivie par l’immense mille-pattes qui ne la lâchait pas d’une semelle.
Darkos se précipita vers le sac de Gena, en sortit plusieurs croissants, petits pains et autres corniottes avant de les distribuer à chacun de ses compagnons _ mais en gardant davantage pour lui tout seul _ et s’assit sur un rocher avant de commencer à s’empiffrer.
« Mmmhhh !!! Z’est bon ! Miam… Crunch... Z’est touzours dit… Miam… que Gena… Slurp… Crunch… Crap… était une exzellente… Miam… cuizinière ! »
Daniel approcha un croissant de son nez, le renifla avec prudence et, n’ayant rien remarqué de particulier, croqua dedans à pleine dent.
« Mmhhh… C’est vrai que c’est pas mauvais ! »
Tout le monde finit par choisir précautionneusement sa pâtisserie et à la dévorer goulûment. Seul Arthur émettait quelques doutes, vérifiant au préalable que le gâteau qu’il avait choisi n’était pas parfumé aux œufs de libellules. La petite troupe mangeait et discutait gaiement, ne prêtant absolument plus attention à leur environnement. Ils ne virent donc pas les quelques mercenaires, de la même trempe que ceux qu’ils avaient affronté le matin même, se glisser derrière les rochers qui les entouraient et se préparer à l’assaut.
C’est lorsque Darkos aborda le sujet de l’amélioration de son magasin de véhicules que les ennemis se montrèrent.
« Chargez !!!!!!!! » hurla un premier mercenaire.
« Pas de quartiers, pas de pitié ! » s’écria un deuxième avant de se ruer sur nos jeunes aventuriers qui étaient en bien mauvaise posture, puisque encerclés et désarmés, leur matériel de défense se trouvant à quelques pas de là, derrière les lignes ennemis, au pied d’une marguerite.
A vu d’œil, il y avait une vingtaine d’individus. Le combat promettait donc d’être rapide et en faveur des mercenaires.
Les trois premiers mercenaires qui arrivèrent à portée foncèrent sur Arthur. Visiblement, ce dernier était la cible principale, aussi dut-il plonger sur le côté afin d’éviter les trois longues lames dentelées et acérées qui se ruaient vers lui. Avec une souplesse et une rapidité légendaire, il réussit à se mettre sur le dos et à bloquer une quatrième lame, qui s’abattait sur lui pour le trancher en deux, du plat de ses bottes. Un coup de pied bien placé dans la tête du dernier adversaire le fit s’écrouler, le mettant hors d’état de nuire. Arthur profita de ce moment de répit pour se remettre debout et se mettre en position de combat à mains nues. Il savait qu’il avait peu de chances, sans armes, contre des adversaires surentraînés et sans pitié, mais la victoire du matin qui lui revenait en mémoire lui donna suffisamment de courage pour balancer son poing en avant vers un deuxième mercenaire…
… qui s’écrasa lourdement sur une plaque d’armure et qui ne fit donc aucun dégât, à part à notre pauvre Arthur qui soufflait sur sa main en la secouant en tout sens.
Amanda était complètement affolée _ visiblement, elle commençait à se rendre compte qu’elle n’était pas exactement en train de rêver _ et courait dans tous les sens, hurlant à la mort, en se jetant par terre et en se cachant derrière divers éléments du paysage pour échapper à ses poursuivants, qui se faisaient de plus en plus nombreux étant donné qu’elle était la seule femme du groupe _ Gena n’étant pas revenue _ donc la seule qui pouvaient attirer les mâles en chaleur.
Voyant certains de ces machos sexistes commencer à retirer leur ceinture à la vue d’Amanda, Daniel se fâcha tout rouge et se rua sur le mercenaire obsédé le plus proche de lui.
« Je vous interdis de la toucher, espèce de sales porcs dégénérés !!! »
Il sauta alors sur le dos de son ennemi, lui enserrant la taille de ses jambes et le cou de ses mains, s’agrippant fortement, déterminé à ne pas lâcher prise. Sa petite ruse fonctionna puisque les autres soldats, attirés par les cris de leur compagnon qui n’arrivait pas à se débarrasser de cette sangsue de Daniel, vinrent à leur rencontre et essayèrent tant bien que mal d’aider leur ami à se décoller de son parasite qui s’accrochait farouchement. Daniel eut juste le temps de lâcher prise pour éviter un javelot qui arrivait droit sur lui, lancé par un mercenaire un plus crétin que la normale, et qui transperça le soldat auquel il était agrippé quelques secondes plus tôt et le cloua à une tige de fleur qui traînait par là. Daniel était assez content de lui et affichait un air satisfait, qui disparut totalement lorsque les mercenaires qui restaient se tournèrent vers lui, affichant un rictus sadique. Notre bon Dan battit donc le record de vitesse du 100m plat et s’adonna lui aussi à une longue partie de cache-cache derrière les éléments du décor.
Aaron était de loin celui qui éprouvait le moins de problème pour dominer ses ennemis. Il esquivait habilement tous les coups surpuissants mais extrêmement prévisibles qui pleuvaient sur lui. Il avait déjà réussi à forcer un mercenaire à planter sa lame dans une tige de fleur qui se trouvait là en s’écartant au dernier moment, si profondément, que le malheureux soldait était toujours en train d’essayer de l’en extraire. Egalement en faisant un pas de côté à la dernière minute, il avait réussi à faire en sorte que le mercenaire qui l’avait pris pour cible lance son énorme hache en direction d’un de ses collègues qui avait prit le tranchant de la lame en plein sur son armure ventrale. Les deux soldats, franchement pas malins, s’étaient mis à se battre comme des chiffonniers et de ce fait, avaient fichus la paix à Aaron.
Bien entendu, Darkos s’en sortait bien lui aussi, en occasionnant tout de même bien plus de dégâts que ses compagnons. Il avait déjà embroché une demi-douzaine de mercenaires sur les lames affûtées de son casque et secouait la tête comme un fou furieux pour les décrocher et les envoyer valdinguer à plusieurs mètres à la ronde.
Malgré le courage et la chance dont bénéficiaient nos amis, ils étaient tout de même en mauvaise posture et n’allaient pas tarder à être submergés. Malgré leur souplesse et leur habileté, Aaron et Arthur essuyait déjà plusieurs blessures légères, leurs ennemis ayant fini par comprendre comment ils fonctionnaient. Le gros de la troupe s’était jeté sur Darkos pour l’immobiliser, sachant pertinemment qu’ils n’avaient aucune chance d’en venir à bout pour l’instant. Aussi avaient-ils adroitement passé une épaisse corde autour des chevilles de l’hybride amphibien qu’ils avaient fortement serré, et Darkos s’était écroulé de toute sa hauteur, ne pouvant plus bouger les jambes. Enfin, Daniel s’était précipité sur Amanda et se tenait maintenant devant elle, les bras écartés mais tremblant de tous ses membres, tentant désespérément d’empêcher les soldats de l’approcher.
Tout semblait perdu lorsqu’un cri suraigu retentit, et lorsque les mercenaires se retournèrent, ils n’eurent pas le temps d’éviter Guibouille qui leur fonçait dessus avec la ferme intention de les envoyer ad patres. De puissants coups de mandibules mirent hors d’état de nuire tous les soldats qui s’étaient trouvés au trousses d’Amanda et de Daniel, et les deux tourtereaux poussèrent un soupir de soulagement et se serrèrent l’un dans les bras de l’autre en chantant leur survie. Après un léger moment de stress et d’émotion, Amanda se rendit compte qu’elle était dans les bras de Daniel Belfontaine et elle eut tôt fait de le menacer du plat de sa main pour le faire reculer et lâcher prise, ce qui ne manqua pas d’arracher à Daniel un soupir agacé et déçu.
Pendant ce temps, Aaron et Daniel avait profité de l’inattention de leurs ennemis pour balancer poings et pieds dans leur direction afin de causer le plus de dégâts possible. Deux soldats furent touchés du côté d’Arthur, contre trois chez Aaron, et ils s’écroulèrent devant les deux jeunes garçons, se massant toutes sortes de parties du corps et miaulant de douleur.
Le combat semblait tourner à l’avantage de nos amis lorsqu’un mercenaire enragé et deux fois plus costaud que les autres fonça sur Arthur, une longue épée à deux mains levée au dessus de sa tête. Au moment où la lame s’abaissait dans la direction d’Arthur qui n’avait pas eu le temps de réagir, un fouet s’enroula autour de la puissante épée et désarma l’adversaire d’Arthur d’un seul coup.
Gena apparu à l’autre extrémité du fouet et se prépara à parer la lourde charge que le gros mercenaire était sur le point de lui imposer. Souple sur ses jambes, elle bondit sur un côté au dernier moment et lança de nouveau son fouet qui enserra la gorge du dit mercenaire. Ce dernier n’eut aucun mal à arracher le fouet des mains de Gena et récupéra son arme qui était tombé au sol afin de charger à nouveau la jeune femme. Entre temps, Gena avait arraché de sa ceinture un petit morceau de bois fin d’une trentaine de centimètres aux extrémités duquel apparurent immédiatement deux piques acérées de métal. Gena eut juste le temps de brandir son arme devant elle afin de bloquer le coup surpuissant de son adversaire et d’un mouvement habile, elle planta une des extrémités pointues de son arme dans le bras de son adversaire, partie qui n’était protégée par aucune plaque d’armure. Le gros mercenaire poussa un cri _ plus de rage que de douleur _ et donna un nouveau coup d’épée très lent, ce qui permit à Gena de riposter une fois de plus. Pour déstabiliser son adversaire, Gena lui envoya un furieux coup de botte derrière l’articulation du genou et profita de cet instant pour piquer la cuisse de son adversaire. Ce dernier, qui semblait totalement imperméable à la douleur, la repoussa furieusement de ses bras et la fit tomber sur les fesses, la laissant à sa merci. Lorsque son adversaire s’apprêtait à la trancher en deux d’un coup d’épée particulièrement terrifiant, Gena roula sur le côté et se remit debout en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et lança sa pique en direction du mastodonte qu’elle affrontait. Ce dernier, qui eut le temps de voir venir l’attaque, donna un grand coup de son arme de bas en haut et trancha littéralement la pique de Gena en deux avant de sourire et de foncer sur elle avec rage, elle qui se trouvait maintenant complètement désarmée et qui ne pouvait qu’attendre la fin arriver.
« Gena !!! » cria Arthur qui était aux prises avec un autre soldat. Il aurait bien voulu l’aider, mais son propre adversaire lui donnait du fil à retordre et il lui était impossible de se désengager pour porter secours à la Tartepenfière. Il en allait de même pour Aaron qui se battait déjà courageusement contre deux mercenaires particulièrement obstinés. Quant à Daniel et à Amanda, ils étaient à l’opposé du combat qui se déroulait, bien trop loin pour tenter quoi que ce soit.
Arthur avait déjà prévu la fin de Gena, lorsque celle-ci, dans un geste particulièrement désespéré, mis ses bras en crois devant sa tête, comme si ce simple geste de protection suffirait à bloquer le terrible coup que le gros soldat allait lui porter.
La lame s’abattit
Et fut extraordinairement bloquée au niveau des bras de Gena dans un bruit de métal qui vient frapper avec violence la roche la plus dure qui soit. Gena avait coincé la lame de l’arme de son adversaire là où ses bras se croisaient devant sa poitrine. Soudain, deux petites cornes osseuses courbes d’une dizaine de centimètres poussèrent sur ses bras, à équidistance de ses coudes et de ses poignets. Surpris, le soldat retira son épée et arma un nouveau coup. Gena bloqua ce dernier grâce à la corne de son bras gauche contre laquelle l’épée de son adversaire vint se briser dans un horrible crissement métallique. Profitant de l’ébahissement de son adversaire, Gena lança un formidable coup de pied circulaire qui toucha au niveau de la tête et qui fit reculer le gros soldat, juste assez pour qu’il se reprenne un autre formidable coup de pied dans le ventre qui lui fit faire quelques pas en arrière supplémentaires. Gena s’approchait de lui, l’arrosant de coups de pieds violents pour le faire reculer. Puis, alors que son ennemi tombait à genou contre le sol, elle fit un tour complet sur elle-même et lança son coude plié au niveau de la tête de son adversaire. Pendant qu’elle lançait son coup, on vit apparaître distinctement une autre corne osseuse, plus longue et effilée que celles sur ses bras, qui avait poussé juste au niveau de son coude, et lorsqu’elle arrêta son coup, la pointe de cette dernière corne n’était qu’à quelques millimètres de la gorge exposée de son adversaire. Ce dernier déglutit péniblement avant de s’écrouler à terre, évanoui.
Gena se tourna alors vers le reste des combattants.
Les quelques ennemis qui continuaient de se battre s’arrêtèrent et la fixèrent de longues secondes. Puis, sans crier gare, ils commencèrent à détaler comme des lapins, abandonnant leurs armes et appelant leur mère. En moins d’une dizaine de secondes, il ne restait plus un seul mercenaire à l’horizon.
Le calme revenu, la petite troupe put se tourner vers Gena et observer plus attentivement ce qu’elle était devenue. Arthur comprit immédiatement pourquoi il lui avait semblé que sa peau était plus granuleuse que celle des Minimoys. En effet, les quelques parties de son corps qui étaient dénudés _ à savoir bras et tête _ étaient par endroits recouvertes d’écailles qui avaient exactement la même couleur que sa peau d’origine, rendant la confusion possible à distance. Du même coup, le peu de peau qui lui restait brillait de milles feux et semblait s’être durcie… fossilisée. Elle portait toujours les cornes qui avaient poussé sur ses bras et son coude gauche, et son visage était crevassé, particulièrement au niveau de la bouche et du menton. Elle fixait l’assemblée de son regard violine intense et on pouvait y lire une certaine détresse, une certaine honte. Elle détourna rapidement le regard devant les mines éberluées de l’assistance et fixa le sol à ses pieds.
De longues secondes de silence s’installèrent qui furent brisées, à la surprise de tous, par Darkos, qui s’était enfin dépêtré de la corde qui lui attachait les chevilles.
« Nom d’un cef de guerre ! Mais… Tu es une Arkone… ?!? » Dit-il la respiration haletante, essayant lui aussi de se remettre de ce qu’il avait devant les yeux. _________________
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|  | | Mike Admin

Age : 26 Inscrit le : 17 Aoû 2005 Messages : 517
| Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Jeu 20 Mar - 15:57 | |
| Je suis en train de tout imprimer pour lire ca dans mon lit le soir  je te dirais ce que j'en pense! _________________ Mike - Administrateur
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