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| | | Arthur et le Chevalier du Diable | |
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Eléanore Petit arbre dans le vent

Nombre de messages: 81 Age: 21 Localisation: Dans la cuisine... Date d'inscription: 20/08/2007
 | Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Mer 5 Sep - 17:27 | |
| Notre histoire reprend donc le 2 juillet à 10h30 du matin. Comme nous le savons tous, les étudiants, une fois en vacances, se lèvent à des heures très tardives. C’est bien évidemment le cas d’Arthur qui a fini son année scolaire_ et en beauté en plus _ il y a 10 jours. Il descendait les escaliers en se frottant les yeux, encore à moitié endormi et en pyjama et fonça directement à la salle à manger où toute la famille était déjà en train de prendre le petit-déjeuner. Il était le dernier debout, comme d’habitude. Sélénia, en bonne reine, était déjà levée et discutait avec Rose et Marguerite d’une recette toute particulière de tarte aux œufs de libellule. Bien sûr, cela répugnait Marguerite qui essayait de lui faire comprendre que le chocolat, c’était bien meilleur. Rose, en revanche, écoutait avec attention, se disant même que si la recette semblait bizarre, elle n’avait pas l’air bien difficile à suivre, et que ce serait peut-être sa chance. Et puis, de toute façon, après une fourmi à tête rose de plus de 2m, plus rien ne pouvait la choquer ! Darkos était en bout de table et semblait s’amuser à faire entrer dans sa bouche un maximum de tartines et de viennoiserie en tout genre, ce qui avait le don d’exaspérer Armand qui n’arrivait pas à se concentrer sur son journal. Daniel et Aaron était en pleine discussion avec Mino et Bétamèche et essayait de comprendre d’où venaient leurs noms si bizarres et ce qu’était un Enviterloque-de-Silmonelle. Autant dire mission impossible. Arthur sourit. Lui non plus ne savait pas ce qu’est un Enviterloque-de-Silmonelle. Après presque 10 ans, le monde des Minimoys avait encore des secrets pour lui. Il entra définitivement dans la pièce et fit un tour de table pour faire la bise à tout le monde. Il aperçut alors Archibald qui était en bout de table et en grande conversation avec l’ancien roi Maximilien, Miro le conseiller et… Un homme noir de 2m30 ?!? Arthur reconnut immédiatement le chef de la tribu des Bogo-Matassalaï, et alla à sa rencontre. Il afficha un de ses plus beaux sourires et le salua respectueusement en s’inclinant devant lui, avant de lui sauter dans les bras. Le guerrier fit de même, bien que ce ne soit pas dans ses habitudes. « Cela fait vraiment plaisir de vous revoir ! » Dit Arthur. « Cela me fait plaisir à moi aussi, jeune Arthur. » Précisa le chef. Il jeta un coup d’œil au cou du jeune homme, où pendait un collier fait de diverses plantes, lianes et coquillages. « J’espère que tu as tenu compte de nos enseignements pendant cette longue séparation ? » Demanda le chef, bien qu’il connaisse déjà la réponse. Arthur devint sérieux : « J’ai fait de mon mieux pour appliquer votre enseignement, et j’espère être encore digne de votre confiance. » Le chef sourit : « Tu n’as pas changé, mon ami ! » Arthur sourit à son tour. Ils avaient tellement de choses à se dire ! Mais Arthur aurait bien aimé voir les autres guerriers qui, visiblement, étaient absents. « Ils ont préféré ne pas venir. » expliqua le chef, « Regarde, il y a déjà tellement de monde autour de cette table qu’on peine à trouver sa place ici ! » finit-il sur le ton de la plaisanterie. « Tu n’as qu’à venir nous voir dans l’après-midi à la tente. Et amène tes amis. » Là-dessus, il désigna Aaron et Daniel d’un signe de tête : « Si tu as vraiment l’intention de les emmener ce soir, il faut les mettre en condition. Ce n’est pas facile de comprendre et d’accepter l’histoire des Minimoys pour des étrangers, et surtout à cet âge. » Il est vrai que lorsqu’Arthur avait entendu parler des Minimoys pour la première fois, il n’avait que 10 ans ! Il était donc ouvert à la fantaisie, à la magie, à la féerie qui faisait parti de ce monde si merveilleux. Mais lorsqu’on avait presque 20 ans, on avait d’autres choses à faire que d’écouter un blabla incompréhensible à propos de petits êtres mesurant à peine deux millimètres, vivant dans les jardins, ayant des oreilles pointues et quatre doigts. Arthur se gratta la tête : « C’est vrai que ça ne va pas être facile… En fait, je pensais les prévenir au dernier moment. Comme ça, ils ne me prendraient pas pour un fou tout de suite. » Expliqua Arthur, lui-même amusé par ses paroles. Archibald et le chef sourirent à leur tour, et le premier prit la parole : « Il est vrai qu’ils pourraient se montrer... Comment dire ?... Réticents à l’idée de te suivre dans un monde qu’ils ne connaissent pas et auquel ils ne croient pas, mais je pense que leur cacher la vérité plus longtemps ne serait pas digne de votre amitié… » Cette tirade fit réfléchir Arthur. C’est vrai qu’il avait déjà menti à ses amis au sujet de Sélénia. Il était temps de leur dire la vérité. Il regarda ses amis du coin de l’œil et sourit en voyant leurs têtes complètement déconfites à l’évocation d’un jeu prénommé l’Explose-Gamoul. Arthur se dit qu’il était temps qu’il aille récupérer ses compères avant que Béta et Mino ne leur en disent trop… Il se retourna vers le chef et son grand-père : « Vous avez raison. Je vais leur dire la vérité avant de partir. Du moins, je vais essayer de leur faire comprendre… » Le chef lui mit la main sur l’épaule et lui sourit pour l’encourager. Arthur respira un grand coup, attrapa une tartine de confiture de mûre, et se dirigea vers ses amis. « Eh, les gars ! » cria Arthur pour qu’ils l’entendent. Daniel et Aaron se retournèrent : « Salut mec ! Alors, bien dormi ? » Lui balança Daniel avec un clin d’œil en direction de Sélénia. Arthur se mit bien évidemment à rougir même s’il commençait à s’habituer à cette remarque à laquelle il avait droit chaque matin. Pour une fois, il décida de renchérir : « Dormi ? Tu plaisantes ?!? J’avais bien mieux à faire… » Et il lui rendit son clin d’œil puis se dirigea vers la porte d’entrée en faisant signe à ses amis de venir. Sur le coup, Daniel fut surpris. Il ne s’attendait pas vraiment à cette réponse. Il se tourna vers Aaron qui se contenta de hausser des épaules, un sourire malicieux ornant son visage. Les deux garçons se levèrent et suivirent notre Arthur dans la cour de la maison. Au moins, ils seraient tranquilles pour parler ici… |
|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

Nombre de messages: 81 Age: 21 Localisation: Dans la cuisine... Date d'inscription: 20/08/2007
 | Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Jeu 6 Sep - 17:54 | |
| Arthur attira ses amis à l’écart de la maison et notamment des fenêtres ouvertes de la salle à manger. Il se retourna vers ses amis et se passa la main dans les cheveux, signe qu’il réfléchissait profondément. Aaron et Daniel attendirent patiemment, habitués à ce genre de situation. De plus, ils avaient compris qu’Arthur allait leur révéler quelque chose d’important, et étaient dont attentifs et patients, contrairement à d’habitude. Arthur finit par relever la tête et les regarda droit dans les yeux. *Ca va pas être facile…* pensa t-il intérieurement. « Bien… Euh… Si je vous ai fait venir ici, c’est parce que j’avais quelque chose de très important à vous dire… » « Oh ! Vraiment ? On n’avait pas remarqué… » Annonça Aaron sur le ton de la plaisanterie. Cette remarque fit sourire Arthur. Ces amis étaient loin d’être bêtes finalement… « Alors, est ce qu’on va enfin savoir quel est ton grand secret ? » demanda Daniel. Arthur fronça les sourcils. Il ne s’attendait pas à autant de clairvoyance. « Que… Que veut-tu dire par… Par grand secret ? » Daniel se mit à sourire : « Allez, fait pas celui qu’a pas compris ! On n’est pas des idiots ! On sait bien que tu nous caches quelque chose depuis des mois… Là, ce qu’on se demande, c’est si on va enfin avoir plus d’informations sur le sujet ? » Arthur était tenter de dire que ça faisait plutôt des années qu’il leur cachait les faits réels. Mais cela, ils le comprendraient bien assez vite. Le plus important, c’était d’aller à l’essentiel. « Hum… Et bien oui, disons que… J‘ai décidé de vous mettre dans la confidence. » Arthur prit une grande inspiration et se jeta à l’eau : « En fait, c’est à propos de Sélénia et des autres… » Aaron avait l’air complètement abasourdi. Il ne s’attendait pas à ça. Daniel, quant à lui, écoutait attentivement, essayant de voir ce qui était différents chez ces gens là. Bien sûr, ils s’habillaient bizarrement, mais de là a en faire tout un plat… « Tu sais mec, t’as le droit d’avoir les amis que tu veux, on va quand même pas te faire la morale pour ça ! » répondit Daniel sur un ton d’excuse. « Non, non… Ce n’est pas ça… Ecoutez… Ils ne viennent pas d’ici. Ils sont… D’un autre monde ! Mais qui est pourtant si proche du nôtre… » Les deux amis se regardèrent. Aaron fit signe à Daniel en mettant son index contre sa tempe et en le faisant tourner, qu’il pensait que son ami était devenu fou. Daniel, lui, se demanda s’il avait eu affaire à des extraterrestres… Etant donnée la beauté de Sélénia, cette hypothèse n’était pas à exclure… « Ecoutez-moi les gars s’il vous plaît. Ce que j’essaye de vous dire, c’est que Sélénia et les autres viennent d’un autre univers. Un univers où ses habitants ne mesurent que deux millimètres, et où ils ont quatre doigts aux mains et des oreilles pointues. » Arthur ne savait pas s’il avait employé les bonnes expressions. Mais en tout cas, ça avait fait effet : Daniel le regarda la bouche ouverte, encore incertain de ce qu’il venait d’entendre. Aaron, lui, se dit que tout cela n’était qu’un rêve et qu’il allait bientôt se réveiller. Mais tout à coup, quelque chose fit tilt dans sa mémoire… « Les… Les Minimoys ??? » Daniel et Arthur se tournèrent vers Aaron qui n’arrivait pas à croire ce qu’il venait de dire. Il était devenu tout blanc et ne savait plus vraiment ce qu’il faisait ni où il était. Comment avait-il pu dire une énormité pareille, lui qui était si rationnel d’habitude ? « Comment tu sais ça ??? » lui demanda Arthur qui, des trois était certainement le plus surpris. « Je… Je… C’est toi… Toi qui nous en avait parlé… Il y a longtemps… On ne devait pas avoir plus de douze ans… » Aaron reprit son souffle et poursuivit, les yeux dans le vague, complètement déconnecté, comme si c’était sa mémoire _ ou son âme, comme vous voulez _ qui parlait sans qu’il ne l’ait autorisé. « C’était… Après cet accident… Dans le village près de chez tes grands-parents… On t’avait demandé… » Puis tout à coup, il secoua la tête et sembla revenir à la réalité. Il se mit à sourire comme un imbécile, mais on voyait bien qu’il se forçait et qu’il commençait presque à paniquer. « C’était une blague, pas vrai ? » dit-il en rigolant comme un tordu, « Les Mini-machin-chose n’existe pas ! Ce n’est pas possible !!! » Daniel se tourna alors vers Arthur. Pour une fois, il ne riait pas et semblait très sérieux. Il devait se souvenir lui aussi : « Arthur… C’est quoi ces histoires… ? » Arthur était gêné. Il ne savait pas quoi penser. Il se tordit les mains et essaya de continuer : « Ecoutez… Je sais que ça peut paraître invraisemblable, mais c’est pourtant vrai. Je… Sélénia est la reine d’une partie de cet univers, la reine de la première terre… Et moi… Et bien, je suis son mari… » Notre pauvre garçon ne savait plus où se mettre. Ses amis allaient le prendre pour un fou. Il essayait de réfléchir à un moyen pour ce sortir de là, en vain. Ces deux amis le regardaient toujours étrangement, ne sachant s’il fallait rire ou prendre leur ami au sérieux. « Ecoutez, si je vous ai dis ça, c’est que… Le passage pour le monde des Minimoys s’ouvrira ce soir et je… J’aurais voulu que vous m’accompagniez… » Continua Arthur en se passant les mains dans les cheveux tellement de fois qu’il finit aussi bien coiffé qu’un hérisson. « J’ai… J’ai toujours voulu vous en parlez, mais… Vous ne m’auriez jamais cru, pas vrai ? » Demanda t-il en souriant, étant déjà sur de la réponse. Arthur et Daniel étaient impressionnés. Ils n’avaient jamais vu Arthur aussi sérieux. Etait-il possible qu’il dise la vérité… ? Daniel prit la parole : « C’est quoi cette histoire de passage ? » Arthur s’empressa de répondre : « C’est la pleine lune ce soir. La dixième de l’année. Et c’est ce soir là que le voyage entre nos deux mondes est possible. Ce passage a tout le temps lieu l’été, mais là ça faisait trois ans que je n’avais pas pu le prendre… » Dans la tête d’Aaron et de Daniel, ça tournait à fond les boulons. Cela expliquerait bien des choses. Mais c’était tellement fou comme histoire !?! Il était vrai que leurs noms et leurs habits étaient bizarres… Et leur vocabulaire aussi… « Je ne sais pas si tu t’en rends compte Arthur, mais ton histoire est complètement dingue ! » s’exclama Aaron. Arthur baissa la tête et soupira d’épuisement. « … Pourtant, je serais tenté de te croire… » Arthur releva la tête et Daniel fixa son ami d’un air ahuri. Aaron s’approcha d’Arthur et lui posa amicalement une main sur l’épaule : « Mais si tu veux qu’on y crois vraiment, et tous les deux _ il désigne Daniel d’un signe de tête _ il va falloir que tu nous fasses confiance et que tu recommences l’explication depuis le début… » En entendant ces mots, Daniel sursauta, indigné : « Mais tu vas quand même pas croire à ses salades ?!? Enfin, Aaron, reviens sur Terre ! On parle de bonhommes qui mesureraient même pas un centimètre, là ! Et pis, où ils sont d’abord tes espèces de mini-elfes, là ?!? » Daniel avait beau couiné et ruminé dans tous les sens, on sentait qu’il voulait en savoir plus. Il savait que son ami ne pouvait pas lui mentir totalement. Aussi, s’agissait-il de trouver la part de vérité et la part de mensonges dans son discours. « Très bien, je vais vous expliquer… » Soupira Arthur de soulagement. « Si vous voulez bien vous asseoir, ça risque d’être un peu long… » Nos amis allèrent un peu plus loin dans le terrain des grands-parents et s’assirent dans l’herbe verte et grasse. « Bien. Tout commence il y a pratiquement 9 ans maintenant, le 30 juillet… » Et c’est ainsi qu’Arthur se lança dans le récit abracadabrant de son voyage chez les Minimoys. Il n’oublia aucun détail : la disparition de son grand-père, la rachat du terrain par Davido, sa quête du trésor, comment il trouva l’entrée de leur monde grâce à l’énigme d’Archibald, son passage dans la lunette et sa rencontre avec le peuple… Son voyage dans les sept terres, son mariage avec Sélénia et sa rencontre avec M, leur course effrénée en jouet Ferrari, le retour dans son monde, et comment il remit ça un an plus tard… Ses amis étaient pendus à ses lèvres et l’écoutèrent toute la matinée, totalement passionnés par ce récit, bien qu’ils aient passé l’âge qu’on leur raconte des contes de fées. Vers une heure de l’après-midi, Arthur finit enfin son histoire : « Et voila comment, grâce à mon grand-père, Sélénia et les autres ont pu nous rejoindre il y a dix jours. » Daniel se mit à applaudir poliment et Aaron dévisagea son ami. « Wouaouh… C’est fou cette histoire… » « Ouais ! Mais ça me plaît bien ! Et je suis partant pour t’accompagner, mon pote ! Surtout si les Minimoysettes sont toutes aussi jolies que ta femme… » Glissa t-il en confidence à Arthur. Ce dernier ne put s’empêcher de décrocher un large sourire. Finalement, Archibald et le chef des Bogos avaient raison. « Je te préviens tout de suite, ne commets pas d’imprudence Dan, car le moindre baiser et tu es lié pour l’éternité ! » Daniel fit la mou : il avait comprit le message. Aaron était déjà debout : « J’ai hâte de voir ça… Un autre monde, un autre univers qu’on ne connaît pas, et pourtant si proche de nous ! C’est du jamais vu… Il faudra que je prenne des notes… » Aaron commença à faire les cents pas et à réfléchir : « Bien sûr, j’emmènerais de quoi écrire… Ainsi que mon appareil photo… » Arthur l’arrêta dans son élan : « Désolé, mon vieux. Mais il y a une condition à votre voyage : vous devez garder ça secret. Pas de preuves, pas de souvenirs… Navré. » Se permit-il d’ajouter en voyant les rêves de son ami partir en fumée. Evidemment, pour un aventurier et scientifique de la trempe de notre cher Aaron, ne pas pouvoir faire des études et ramener des preuves de l’existence de ce peuple fabuleux était une véritable déception. Mais il vivrait avec. Et il était loin de s’imaginer ce qui l’attendait là-bas. « Et on reste combien de temps alors ? » se renseigna Daniel. « 36 heures. » répondit Arthur, « Après, le passage se referme et on est coincé pour une année entière, jusqu’au prochain passage. » A l’évocation de ce risque, ces deux amis se fixèrent, le regard plein d’appréhension. Arthur les rassura : « Ne vous en faites pas, il n’y a aucune raison qu’on ne puisse pas rentrer ! » Arthur ne le savait pas encore, mais ses plans risquaient d’être sérieusement compromis. Et leur retour dans le monde des humains également… |
|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

Nombre de messages: 81 Age: 21 Localisation: Dans la cuisine... Date d'inscription: 20/08/2007
 | Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Sam 8 Sep - 12:19 | |
| Chapitre 7 : Enfin réunis, pour le meilleur… Et pour le pire ! C’était une journée magnifique. Le ciel était bleu, l’herbe bien verte et les oiseaux gazouillaient gaiement sur leurs arbres. Arthur et Sélénia étaient allongés dans la verdure qui entourait la maison d’Archibald. Ils s’étaient éloignés pour pouvoir profiter des quelques heures qu’il leur restait ensemble dans le monde des humains. Arthur était sur le dos, les bras croisés derrière la tête, et admirait le ciel plein de nuages aux formes plus complexes les unes que les autres. Sélénia était allongée juste à côté de lui. Elle avait la tête contre la sienne et une main sur son torse. Ses yeux étaient clos, elle semblait dormir. Arthur tourna légèrement la tête et la regarda. C’est fou ce qu’elle était belle, avec ce petit visage d’ange, tranquille et calme, qui respirait la pureté. Elle sourit légèrement, signe que ses rêves devaient être agréables. Son souffle chaud caressait le visage de son mari qui ne se lassait pas de l’admirer. Il lui passa une main sur le visage, comme pour vérifier qu’elle était bien là, que c’était bien elle, et pas une quelconque illusion ou quelque chose de ce goût là. La belle entrouvrit les paupières et se mit à sourire à ses grands yeux tendres qui la fixaient. Ils se regardèrent longuement, intensément. Ils semblaient s’être hypnotisés mutuellement et leurs visages se rapprochèrent dangereusement tandis que leurs yeux se fermaient progressivement. Leurs lèvres se touchèrent, et un long baiser passionné s’en suivit. Ils eurent du mal à se séparer, mais finirent tout de même par décrocher leur bouche de celle de l’autre. Ils se regardèrent amoureusement. Ils semblaient si heureux. Mais qui donc pourrait bien vouloir briser un couple pareil, qui respirait l’amour et le bonheur ? Sélénia couvrit le visage de son ami de tonnes de petits baisers et se serra davantage contre lui. « Je t’aime… » Lui glissa t-elle à l’oreille. Arthur l’embrassa sur le front : « Moi aussi mon ange… » Tout semblait aller pour le mieux chez le couple royal. Après un long moment de silence, Arthur prit enfin la parole : « Alors… Est-ce que cette petite escapade dans mon monde t’a plue ? » « C’était formidable. Je ne pensais pas que ton monde pouvait être si beau. Vu d’en bas, c’est vraiment affreux et mal entretenu… » « C’est vrai qu’à l’échelle de l’infiniment petit, ce ne doit pas être merveilleux tous les jours. Mais nous faisons de notre possible pour soigner le monde qui nous entoure… En tout cas, dans cette maison. » Sélénia sourit : « C’était dix très bonnes journées, mais je suis tout de même contente de rejoindre notre royaume ce soir. » Arthur s’efforça de sourire lui aussi, mais le cœur n’y était pas et on devinait aisément pourquoi : une fois le rayon passé, il n’aurait plus que 36 heures au côté de sa bien-aimé. Après, il lui faudrait attendre une année entière pour la revoir de nouveau. Et il n’était pas sûr d’être capable d’attendre encore. Il était comblé, mais ressentait un certain malaise en même temps. Il était encore plus bouleversé d’avoir été absent pendant 3 ans, cela le rendait presque malade. Il ne pourrait plus supporté l’éloignement… A ces pensées, il prit Sélénia dans ses bras et la berça avec amour et tendresse. « J’aimerais ne plus te quitter. » La princesse sentit ses larmes monter. Elle aussi aurait voulu être à ses côtés pour l’éternité. Mais la nature en avait décidé autrement. « Ne t’en fais pas… » Réussit-elle à articuler, quelques sanglots dans la voix, « Je t’attendrais comme je l’ai toujours fait. » C’était une magnifique preuve d’amour que de jurer fidélité à la personne aimée et accepter de ne la voir que 36 heures dans une année. Arthur en était conscient, mais les paroles de Sélénia avaient pris un autre sens pour lui : « Je t’attendrais comme je l’ai toujours fait. ». Autrement dit : « Je n’ai pas le choix, je ne peux t’avoir qu’une fois par an. Si seulement tu faisais un effort pour rester auprès de moi… ». Arthur sentait le reproche dans ces phrases, mais il ne répondit rien. Il se contenta de l’étreindre davantage et de lui déposer un autre baiser sur le front. « Je voudrais vraiment qu’il en soit autrement… Vraiment… S’il y avait un moyen… Je ferais tout pour toi… » Dit-il, lui aussi en retenant ses larmes. « Je sais… » Et le silence revint à nouveau. Mais ce n’était pas le même genre de silence que tout à l’heure, calme et tranquille, propre à l’amour. C’était un silence lourd et pesant, qui évoquait le malheur d’un jeune couple profondément amoureux, mais que la vie semblait prendre un malin plaisir à séparer pour la énième fois. Etait-ce un test ? C’est bien possible, mais quand cette horrible torture allait-elle enfin s’arrêter ? Ils avaient supporté bien des choses déjà, autant que Tristan et Yseult et bien plus que Roméo et Juliette… Ils méritaient d’être heureux. Mais malheureusement pour eux, le temps de l’amour insouciant n’était pas encore arrivé. En revanche, le temps des épreuves et de la peine, lui, n’avait jamais été aussi proche… |
|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

Nombre de messages: 81 Age: 21 Localisation: Dans la cuisine... Date d'inscription: 20/08/2007
 | Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Dim 9 Sep - 11:19 | |
| Arthur et Sélénia s’étaient relevés et parcouraient les hautes herbes du terrain, main dans la main. Ils s’étaient apparemment remis de leurs émotions passées et gambadaient gaiement dans cette campagne magnifique aux allures estivales. Ils arrivèrent près d’une petite rivière, à l’orée de la forêt. Arthur connaissait bien cet endroit. C’est ici même que les Bogos-Matassalaï l’avaient entraîné il y a 8 ans de cela pour qu’il ne fasse plus qu’un avec la nature. Il se tourna vers sa femme et lui adressa un large sourire : « Ca te dirait qu’on se trempe les pieds ? L’eau a vraiment l’air délicieuse aujourd’hui. » Sélénia fit les yeux ronds : « Je ne sais pas nager, tu as oublié ? » Arthur se tapa le front d’un revers de main, c’est vrai que ça lui était sorti de l’esprit. « Ne t’en fais pas, ce n’est pas très profond… Et puis je suis là ! Je ne vais pas te laisser te noyer quand même ! » Sélénia fronça les sourcils, elle était dans une phase de profonde réflexion. « D’accord. » finit-elle par ajouter, « Mais pas de coups fourrés ! » « Oh ! Ce n’est pas du tout mon genre ! » Fit remarquer Arthur, une main sur le cœur et un sourire malicieux qui s’étendait jusqu’aux oreilles. Les deux amoureux enlevèrent leurs chaussures. Arthur retroussait son pantalon, tandis que Sélénia remontait sa robe afin que le bas ne prenne pas l’eau. Arthur regardait faire sa femme avec attention et lui donna la main pour la mener jusque dans l’eau. Ils entrèrent tous les deux dans la rivière. L’eau paraissait glacée aux premiers abords, mais cette impression passa bientôt et nos deux amis se mirent en route pour remonter ce petit torrent. L’eau leur montant jusqu’aux genoux et les poissons zigzaguant entre leurs jambes, Sélénia n’était pas très rassurée et se cramponnait au bras d’Arthur. « Allons chérie, détends-toi ! Les petites bêtes n’ont jamais mangé les grosses ! » Sélénia, légèrement vexée par la moquerie, lâcha Arthur et croisa les bras sur sa poitrine pour montrer qu’elle était tout à fait capable de remonter ce petit fleuve toute seule. C’est à ce moment précis qu’un courant un peu plus fort que les autres vint frôler leurs jambes. Ceci déséquilibra la reine qui fit de grands moulinets avec les bras pour se redresser et qui finit les fesses dans la rivière. Elle commença à s’agiter quelques secondes en battant des bras dans tous les sens avant de se rendre compte que l’eau ne lui arrive qu’au niveau de la taille et qu’elle ne risquait absolument rien, tout cela sous les éclats de rires de notre cher Arthur qui se tenait le ventre tellement il rigolait. Sélénia se releva, les yeux jetant des éclairs, et poussa un grand coup Arthur en arrière, qui du coup se retrouva également assis au milieu du torrent. Nos deux amis se regardèrent un instant, perplexes. Puis ils se jetèrent l’un sur l’autre en poussant de grands cris de guerre, chahutant dans l’eau comme des enfants de 5 ans. Quelques minutes plus tard, deux silhouettes entièrement trempées regagnaient la rive. L’eau dégoulinait de leurs cheveux et de leurs vêtements, mais ils avaient l’air fiers d’eux et affichaient d’incroyables sourires. « Tu vois que ce n’est pas si affreux que ça l’eau, finalement ! » dit Arthur tout en essorant son tee-shirt. Sélénia, qui fit de même avec sa robe, lui répondit : « Je n’ai jamais vraiment eu peur de l’eau. En fait, ça semble impressionnant comme ça, mais on s’y fait vite. Ce n’est rien de plus qu’une douche géante, et une douche n’a jamais tué personne. » Arthur sourit devant la mauvaise foi de sa femme, mais cela faisait son charme : elle ne supportait pas d’avoir tort. Il s’approcha d’elle par derrière, la prit brusquement dans ses bras et commença à la faire tourner joyeusement. Sélénia, qui s’attendait à tout sauf à ça, commença à agiter les bras puis, voyant que ce n’était rien de plus qu’un autre jeu, lui passa les bras autour du cou et se laissa faire. Au bout de quelques secondes, Arthur s’arrêta, mais comme il avait le tournis, il ne put rester debout très longtemps. Il commença à marcher en zigzag, perdit l’équilibre et tomba à la renverse dans les hautes herbes. Il se retrouva sur le dos, allongé à terre, Sélénia sur lui, l’ayant suivie dans sa chute. Elle le regarda intensément et sourit avant de l’embrasser tendrement. Puis, elle se tourna et se retrouva allongé sur le sol, à ses côtés. « Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi bien… » Dit-elle en clignant des yeux, gênée par la lumière éclatante du soleil. Arthur lui prit la main, et lui déposa un petit baiser sur la joue. « J’ai hâte de te présenter à Erakald. » continua Sélénia. Re « tilt » dans la tête de notre jeune roi, et son sourire s’effaça aussi rapidement qu’il était apparu. Sa réponse fut claire et cinglante : « Et bien moi, je n’ais pas hâte de lui être présenter. » Sélénia se retourna vers lui : « Tiens donc ?! Et pourquoi ça ? » « Parce que ce type ne m’inspire pas… » Répondit-il sur la défensive. « Mais tu ne le connais même pas ! » s’exclama Sélénia, à la fois outrée et amusée par les propos de son époux. « Ouais, ben j’ai pas envie de le connaître davantage… » Sélénia se redressa et se mit en appui sur un coude. Elle regarda Arthur de haut, un petit sourire aux lèvres : « Tu es jaloux ? » « Non !!! » répondit Arthur avec toute la mauvaise foi du monde, « C’est juste que… C’est comme ça c’est tout… Oh ! Et puis oui je suis jaloux ! Et il y a de quoi ! Tu parles presque plus de lui que de moi ! Erakald machin, Erakald truc ! Erakald a fait ci, Erakald a fait ça ! Ca finit par devenir énervant ! Alors oui, je suis JALOUX ! » Hurla Arthur. Il ne s’en était pas rendu compte mais il s’était redressé et était maintenant assis sur le sol, le visage tout rouge et les yeux exorbités. Il regardait Sélénia qui souriait malicieusement mais ne répondait rien, ce qui avait le don de l’énerver passablement. Mais au moment où il s’apprêta à rouvrir la bouche et à la renfoncer un peu plus, celle-ci s’approcha de son visage et l’embrassa amoureusement. Après une telle réponse, Arthur n’osa plus dire quoi que ce soit et se mit à rougir encore davantage. Pas parce qu’il est encore plus jaloux, mais plutôt parce qu’il se sentait honteux d’avoir réagi de cette façon… « Désolé… Je ne voulais pas… » Mais Sélénia lui mit un doigt sur la bouche pour le faire taire. Et nos deux amoureux retombèrent dans les herbes vertes qui entouraient la maison, si hautes qu’on ne les voyait même plus. |
|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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 | Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Mar 18 Sep - 17:09 | |
| Chapitre 8 : Au douzième coup de minuit L’après-midi s’était bien terminé pour tout le monde : Marguerite, avec l’aide plus ou moins désirée de sa chère fille, avait fait quelques tartes pour le repas du soir et fêter le départ de leurs amis. Archibald avait fouillé dans son atelier et dans les anciens jouets d’Arthur pour trouver quelques matériaux susceptibles d’être utile à Darkos pour son garage, sous le regard perplexe d’Armand. Il est vrai que ce dernier voyait mal comment une petite voiture à qui il manquait la roue arrière droite, un camion de pompier miniature, et une enseigne « garage Jouetö » qui appartenait à un vieux jouet d’Arthur réduit en morceaux, pouvaient être utile pour améliorer un garage automobile… Mais bon, il commençait à avoir l’habitude des bizarreries de sa belle-famille, aussi décida t-il de ne pas faire de commentaires. Bétamèche et Mino se lancèrent dans une partie de Chasse-Noisette endiablée, sous l’œil attentif d’Aaron et de Daniel qui essayaient tant bien que mal d’assimiler les règles du jeu. Les autres Minimoys qui se trouvait là passèrent leur temps attablés sur la terrasse, à discuter de tout et de rien et à rire de bon cœur en sirotant quelques verres de limonade. Enfin, à l’heure du dîner, donc vers 20h00, Arthur et Sélénia se montrèrent de nouveau au domaine familial. Tout le monde était content de les retrouver, excepté Marguerite qui, en voyant l’état dans lequel ils avaient mis leurs habits respectifs, se demandait combien elle allait encore devoir faire de machine pour les décrasser. Le dîner fut une merveille. Un repas digne des rois, ce qui, dans un sens, fut vérifié, car la famille royale se régala, et Bétamèche trouva même un dessert meilleur que les bellicornes, à savoir la fameuse tarte au citron meringuée de Marguerite. « Je t’en donnerais une part pour ramener chez toi. » lui dit Marguerite en lui adressant un clin d’œil. Bref, tout le monde avait passé une radieuse journée. Il était donc maintenant 23h00 passé, et tout le monde s’affairait à proximité du grand chêne : Archibald et Arthur préparait la lunette et expliquait en même temps le fonctionnement pour le moins étrange de cet appareil qui était censé les faire passer dans le monde des Minimoys à Aaron et Daniel qui étaient littéralement suspendus à leurs lèvres. Les Bogo-Matassalaïs supervisaient les opérations et préparaient la toile à déposer au pied de la lunette. « Le ciel est bien dégagé ce soir. Ce sera un bon passage. » Annonça le chef à ses semblables. Ces derniers acquiescèrent d’un signe de tête. Pendant ce temps, Marguerite était en train de réfléchir à ce qu’elle allait bien pouvoir dire à sa fille et à Armand pour leur expliquer ce qui se passait ici. Il est vrai que notre Rose, depuis l’été où Maltazard avait rejoint le monde des humains et où un tas d’évènements les plus incroyables les uns que les autres s’étaient produits, ne se posait plus guère de question sur les choses qui semblaient complètement déjantées pour un être humain normalement constitué. Archibald pensait que ses neurones en avaient pris un coup. Toujours était-il que plus rien ne la choquait ou la surprenait. Mais Armand, c’était une autre paire de manche ! Lui avait l’art de poser des problèmes là où, au départ, il n’y en avait pas, et cela inquiétait Marguerite car elle doutait que dans ce cas précis, la vérité soit bonne à dire. Mais elle sortit de ses réflexions lorsque Sélénia, suivie de près par son frère et les autres membres de la communauté Minimoys lui sautèrent au coup pour l’embrasser et la remercier de ces 10 jours de vacances extraordinaires. S’en suivit une longue discussion qui évoqua les évènements de cette dernière semaine, de la plus insignifiante des anecdotes à la plus grande crise de fou rire. Le temps passa vite et minuit fut enfin là. Tout le monde s’embrassa une dernière fois et se souhaita bon courage pour la suite à coup de grandes tapes dans le dos. Les guerriers Matassalaïs se mirent en place et on passa la dernière minute à attendre silencieusement que le rayon de lune vienne frapper la lunette. Ce qui ne se fit pas attendre longtemps. A minuit pile, la lune, qui brillait dans le ciel d’une lueur opaline, se mit à scintiller davantage et sembla exploser, ce qui eu pour effet d’envoyer un énorme rayon de lumière blanche en plein sur la lunette. Le passage était maintenant ouvert et tout le monde se dirigea hâtivement vers la lunette, en faisant de derniers signes d’adieux. Bien sûr, tout le monde ne prit pas le passage : les Minimoys rentraient chez eux, et seuls Arthur et ses deux amis les accompagnaient. Tout le monde se pressait devant la lunette : ils n’avaient qu’une minute pour faire passer une dizaine de personne, ce qui semblait pratiquement impossible. Arthur passa le premier, la clé de la lunette à la main. « Rendez-vous de l’autre côté… » Glissa t-il à l’oreille de Sélénia avant de s’accrocher à la lunette et de commencer à rapetisser. « Suivez et faites comme moi ! » eu t-il juste le temps de hurler avant d’être trop petit pour que sa voix soit perçue par les oreilles des humains, à Daniel et Aaron qui regardaient, perplexes, leur ami disparaître sous leur yeux. Bien sûr, Armand et Rose se mirent à crier à ce même moment. Armand parce que son fils venait de rapetisser sous ses yeux jusqu’à disparaître totalement. Rose parce qu’elle était maintenant persuadée que son fils était véritablement magicien. Et c’était un si beau tour qu’elle en avait la larme à l’œil. Contrairement à d’habitude, elle ne rejoignit pas les pommes. Ceci, en revanche, était moins sûr en ce qui concernait son mari. Leur fils venait de se volatiliser, et elle, tout ce qu’elle trouvait à faire, c’était de sautiller sur place, un énorme sourire lui fendant le visage, en hurlant : « C’est de la magie ! C’est de la magie ! » Et il fallait dire que notre pauvre Armand, qui avait juré aux parents de Daniel et d’Aaron de prendre soin de leurs garçons pendant les vacances, les voyait eux aussi rapetisser et disparaître par le même processus que son fils. C’en était trop pour ce brave homme qui s’évanouit, et c’était bien la première fois qu’un évènement le chamboulait autant. Comme vous l’avez donc compris, Daniel et Aaron, après avoir attentivement écouté les explications d’Archibald, avaient eux aussi posé la main sur le sommet de la lunette et commençait à disparaître à la vue des hommes. Bien sûr, il n’y avait que leur taille qui se trouve modifier, du moins pour l’instant. Bien qu’ils aient été prévenus par Arthur et Archibald maintes et maintes fois, ils ne pouvaient pas nier qu’ils étaient morts de trouille. Ils finirent enfin par arrêter de rapetisser. Ils eurent juste le temps de souffler un coup en s’appuyant sur la première lentille de la lunette que cette dernière céda, et ils se retrouvèrent à faire de merveilleux roulé-boulé au milieu de ce canal cylindrique. Après quelques secondes de descente effrénée, ils vinrent s’éclater contre la lentille du fond de la lunette. Daniel, qui avait tapé la tête la première, se massait le front, alors qu’Aaron, qui s’était retrouvé les quatre fers en l’air, essayait de se remettre sur pieds. Arthur était là, debout et dos contre la paroi de la lunette, affichant un léger sourire de moqueries à l’adresse de ses amis qui n’arrivaient plus à se remettre debout tellement ils étaient courbaturés. « Dis donc toi… Tu nous avais pas dit que ce serait aussi intense la descente ?!? » Dit Daniel en essayant tant bien que mal de se redresser. Arthur s’apprêtait à répondre, mais il n’eut pas le temps de le faire car une autre forme descendait le long de la lunette à une vitesse ahurissante. Il eu juste le temps de s’écarter avant qu’Aaron, qui venait enfin de se remettre debout sur ses deux pieds, entre en collision avec l’objet non identifié qui n’était autre que Darkos. Suivirent Bétamèche et Mino qui s’écrasèrent aussi lamentablement. Sélénia, elle, était beaucoup plus gracieuse et, bien que ce fut son premier passage par la lunette, se réceptionna admirablement. Le roi _enfin Maximilien _ et Miro arrivèrent à la suite, tellement pétrifiés de terreur qu’ils s’étaient tenus les bras pendant toute la descente et arrivèrent donc en bas sous la forme d’un seul et même paquet. Ils étaient légèrement sonnés, mais on les aida à se relever. Tout le monde était enfin là et regardait Arthur. « Prêts ? » demanda t-il à l’assemblée. Ils répondirent tous affirmativement d’un signe de tête. Arthur mit alors la clé dans la serrure et tourna d’un seul coup. |
|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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 | Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Jeu 20 Sep - 17:05 | |
| Tout se passa excessivement vite : la lentille du haut de la lunette se décrocha et se mit à chuter à une vitesse vertigineuse. Nos amis ne s’en rendirent pas compte tout de suite. Mais le sifflement métallique qui venait d’au dessus de leur tête les incita à lever les yeux. Bien sûr, tous regrettèrent aussitôt cette action et se mirent à hurler comme des chiens enragés. Arthur eu beau essayé de leur expliquer que ce phénomène était normal et sans danger, sa voix n’arrivait pas à couvrir les hurlements. La lentille atteint alors nos amis. Dans la lunette, il n’y avait plus personne. Vu comme cela, on aurait pu croire que tout le monde s’était fait écraser. Mais il n’en était rien. Nos amis étaient bien arrivés dans le monde des Minimoys, sous forme de cocons ovoïdes et visqueux qui étaient en train d’éclore dans la salle des passages. Le premier à sortir de son cocon fut Arthur, le seul qui ait déjà pratiqué la lunette. Il éventra son cocon d’un coup de pied et se releva, tout en prenant soin de s’épousseter, l’enveloppe du cocon étant particulièrement collante. Le suivit Sélénia, qui s’agitait tellement dans son cocon que ce dernier explosa littéralement sous la pression des coups portés. Elle se retrouva finalement assise sur le sol de la salle des passages, dégoulinante de peau de cocon, les yeux encore hagards et le souffle haletant de s’être tant débattu. La première chose qu’elle vit après sa sortie était son mari, calme et serein, qui s’époussetait gaiement. Son sang ne fit qu’un tour et elle se leva pour se précipiter vers Arthur. Ce dernier ne l’avait pas vu arriver et lorsqu’il se retourna pour voir comment ses camarades s’en sortaient, il se prit la plus monumentale des gifles qu’il ait jamais reçu. « C’est ne t’est pas venu à l’idée de nous expliquer ce qui nous entendait avant qu’on s’engage dans la lunette ?!? » lui hurla Sélénia, « J’ai eu la plus belle peur de ma vie ! Tu es vraiment le pire idiot que j’ai eu l’occasion de croiser ! » Un peu sonné, Arthur se massa la joue qui avait viré au violet aubergine. Il n’avait pas compris tout ce qu’il s’était passé, mais ce qui était sûr, c’est qu’il avait prit une bonne baffe qui lui avait fait tourner la tête. Il lui fallut quelques secondes le temps que sa vue se réadapte, et il se retrouva face à une jeune rouquine aux oreilles pointues particulièrement jolie, même si elle semblait très énervée. Oreilles pointues ? Arthur se souvint alors que lui et ses compagnons venaient de franchir le passage et que la personne qui lui faisait face devait être sa femme. Elle avait drôlement changée depuis la dernière fois qu’il l’avait vu sous sa forme minimoy. Bien sûr, elle avait toujours ces mêmes cheveux couleur rouille qui lui tombaient dans le cou, ces mêmes petits yeux espiègles et malins, ces mêmes taches de rousseur qui lui recouvraient le visage et lui donnaient un air enfantin, cette même bouche douce et pulpeuse. Mais elle avait grandit. Elle avait prit quelques centièmes de millimètres, ce qui pour nous équivalait à plusieurs centimètres. Sa silhouette était devenu celle d’une jeune femme aux courbes délicates. Une fine couronne de feuille de houx dorés ornait sa chevelure. Elle était vêtue d’une longue robe en feuille de chêne, aux manches ouvragées et au décolleté impressionnant, ce qui n’était pas pour déplaire à notre bon roi qui se mit à rougir jusqu’à la pointe de ses oreilles. Et avec la marque violine de la baffe par-dessus ça, je vous laisse imaginer le mélange sympathique de couleur qui ornait le visage de notre cher Arthur. Sélénia, qui avait parfaitement vu où s’était orienté le regard de son mari, se mit à sourire. « Toi aussi tu as changé… » Lui dit-elle sur un ton coquin. Instinctivement, Arthur tendit les bras devant lui. Il ne fut pas surpris de se retrouver avec seulement quatre doigts, et se dirigea alors vers la lunette pour admirer son reflet. C’est vrai qu’il avait changé : lui aussi avait grandi et s’était considérablement musclé, ce qui se voyait d’autant plus qu’il ne portait en guise de dessus, qu’un petit gilet de feuille sans manches et ouvert sur le devant, ce qui laissait entrevoir ses pectoraux de jeune homme sportif. En bas, il portait un simple pantalon de feuilles cousues et des bottes en cuir de gamoul. Mais ce qui le surprit le plus était son visage : ce regard curieux mais affectueux, sa peau maintenant claire et lisse comme de la peau de pêche, ces yeux bleus qui brillaient sincèrement tel l’océan au crépuscule, cette tignasse de cheveux blancs qui maintenant n’étaient plus dressés sur sa tête, mais lui tombaient de chaque côté du visage jusqu’à hauteur des oreilles, étant rasés en dessous. Arthur se passa une main sur le visage, histoire de vérifier que c’était bien lui qu’il voyait dans ce verre. A ce moment précis, une autre forme apparut dans le verre, juste à côté d’Arthur. L’individu était un jeune homme, qui faisait bien une tête de moins que notre héros, au corps d’athlète moulé dans un chemisier de feuille et un pantalon baggy assorti taillé dans le même matériel. Deux yeux noirs d’ébène, une petite bouche malicieuse, un visage triangulaire et allongé, une peau pâle et veloutée, et pour finir une crête de cheveux verts émeraude, et un anneau d’argent accroché à l’une de ses oreilles pointues. Pas de doute possible : c’était bien Daniel qui s’admirait dans la lunette au côté d’Arthur. Ce dernier regardait son ami avec admiration : il faisait un sacré minimoy ! Daniel jeta un regard émerveillé à son ami, toujours ébahie par ce qu’il était devenu. Un bruit de craquement attira l’oreille des deux compères qui se retournèrent et tombèrent nez à nez avec un autre minimoy, assis au milieu de ce qui semblait être des restes de coquilles de cocons. Il se massa le front, certainement secoué par tout ce qui venait de se passer, puis se mit debout. Arthur et Daniel furent obligés de lever la tête pour regarder cet énergumène qui faisait pratiquement une tête de plus qu’Arthur. « Et ben… Tu parles d’un voyage… » Dit-il à l’adresse de ses amis tout en retirant de ses longs cheveux noirs et ondulés une espèce de matière gluante et transparente qui devait être elle aussi un reste de cocon. Il fixa alternativement Arthur et Daniel de ses grands yeux bleus ciel, et leur adressa un sourire chaleureux. Son teint était plus foncé que celui de ses compagnons, légèrement basané, ce qui était assez exotique pour un minimoy. Pour continuer dans la bizarrerie, il n’était pas imberbe comme la plupart des jeunes : il portait un petit bouc qui lui donnait un air plus mature et séduisant. Il était vêtu d’une longue combinaison de cuir gris bleuté sans manches et de gants noir du même cuir teinté. « Et ben les gars ? Ca n’a pas l’air d’aller ? » Répondit t-il à ses amis complètement estomaqués. C’est Daniel qui répondit le premier : « Pourquoi faut-il que même dans un monde où on ne mesure que deux millimètres, je sois toujours le plus petit ! » grogna t-il avant d’exploser de rire, suivi de près par ses deux compagnons. Mais un bruit de trompettes officiels vint interrompre ce moment de détente des trois amis. Ces derniers se retournèrent et virent alors que tous les autres « voyageurs » étaient sortis de leurs cocons, certains avec plus de mal que d’autres. Ils virent aussi une petite troupe d’une dizaine d’individu se diriger vers eux. A y regarder de plus près, tous semblaient être en armure, ou du moins habillé d’une façon qui y ressemblait fortement. Des trompettistes ouvraient la marche, suivis par des gardes armés qui marchaient au pas. Arrivé dans la salle des passages, la petite procession s’arrêta, lança un dernier coup de cor cérémonial et s’écarta afin de former deux rangées d’hommes bien distinctes au centre desquelles un seul homme s’avança. Il ne portait pas de casque, mais son armure était beaucoup plus décorée et beaucoup plus scintillante que celles de ses hommes. Il s’avançait le long du chemin qu’on avait tracé pour lui et se dirigeait droit vers nos amis. Tandis qu’il se rapprochait, on discernait de mieux en mieux les traits de son visage. C’était un jeune minimoy aux allures de seigneur qui s’avançait, la main sur le pommeau de son épée, gracieux et élégant dans son costume bleu et argenté. Ses longs cheveux blonds, noués en catogan, lui tombaient jusqu’au milieu du dos, et ses yeux d’un bleu océan étaient pleins de fierté et d’assurance. Un sourire discret mais séducteur ornait son visage ovale et pâle. Il semblait serein, sur de lui, plein de confiance. Il faut dire qu’il était terriblement beau, le savait, et aimait en jouer. Arthur n’avait pas besoin qu’on le lui présente. Il l’avait reconnu à la seconde même où il avait mit les pieds dans la pièce. L’homme aux allures de chevalier s’avançait toujours plus prêt et arriva à hauteur de Sélénia, qui lui adressait le plus beau de ses sourires. Il pencha légèrement la tête, en signe de respect, mais la fixa bien dans les yeux. « Votre altesse. C’est une immense joie de vous revoir. » Et sans la quitter des yeux, il se pencha pour saisir sa main et y déposer un baiser. Sélénia souriait toujours à pleine bouche. « C’est aussi une joie pour moi de te revoir… Erakald. » |
|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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 | Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Jeu 8 Nov - 9:40 | |
| Le jeune Minimoy s’était redressé et dévorait à présent la princesse d’un regard pétillant. « Vous nous avez manqué pendant ces quelques jours. » ajouta t-il sans ciller. Après quelques longues secondes d’immobilité, ses yeux cessèrent d’observer Sélénia et se tournèrent enfin vers le reste de l’assistance. « Vous nous avez tous manqué. » poursuivit-il en s’approchant de Maximilien et des autres Minimoys. Visiblement, tous semblaient l’apprécier puisqu’ils lui adressaient de larges sourires et tendaient généreusement leur main pour saluer ce beau garçon. Bétamèche lui aurait presque sauté dans les bras si sa sœur ne l’avait pas retenu d’un regard venimeux. Daniel et Aaron semblaient aussi fascinés par le personnage droit et majestueux, élégant et charmant, qui se tenait devant eux. Seul Arthur ne paraissait pas enchanté par cette intervention. Il faut dire qu’on pouvait facilement le comprendre : cet homme, aussi distingué soit-il, avait baisé la main de sa femme et l’avait complètement ignoré, lui qui était tout de même le Roi de la terre Minimoy à présent ! Il regardait le spectacle du coin de l’œil, discret mais méfiant, lorsqu’une main lui agrippa l’épaule et l’emmena justement près de la personne qu’il considérait presque maintenant comme un rival. Bien évidemment, la main appartenait à sa chère et tendre princesse qui le traînait de force auprès de la petite assemblée. Arthur n’eu pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il se retrouva en face de cet homme qu’il avait du mal à apprécier. Heureusement, ce dernier était de dos car en pleine conversation avec Maximilien. « Erakald ! » l’interpella Sélénia, toujours sourire, « J’ai le plaisir de te présenter le nouveau Roi du pays des Minimoys, Arthur… Mon mari. » Sélénia paraissait tellement fière et enjouée de faire les présentations qu’Arthur n’osa pas la contredire. A cet instant, le dénommé Erakald se retourna, et lui et Arthur se retrouvèrent face à face, les yeux dans les yeux. On dit toujours que la première impression n’est pas forcément la bonne et que l’habit ne fait pas le moine. C’est ce qu’Arthur s’était dit pendant que sa femme le traînait de force vers le petit groupe. Cet Erakald n’était peut-être pas si mauvais que ça finalement. Arthur avait tellement peu apprécié le fait que cet individu montre tant de familiarité avec sa femme qu’il avait du se faire de fausses idées. Pourtant, lorsqu’Erakald se retourna et qu’il le vit de près, face à lui, il perçut dans ses yeux un sentiment de dédain, d’énervement, de haine qui lui firent froid dans le dos. Ceci ne dura que quelques dixièmes de secondes, car Erakald afficha rapidement un sourire poli et respectueux pour saluer son Roi. Arthur éprouva un fort sentiment de malaise, comme lorsque votre mère vous force à boire ce sirop au goût parfaitement ignoble qui est censé soigné la grippe, mais en beaucoup plus intense. Il ne s’était pas fait un ami, il en aurait mis sa main à couper. « Votre Majesté, c’est un immense honneur pour moi de vous rencontrer. » dit le jeune garçon en s’inclinant respectueusement. « Je commençais à désespérer de vous être un jour présenté. » ajouta t-il avec un petit rire dans la voix. Sélénia et l’assemblée émirent un petit rire en réponse à la plaisanterie d’Erakald. Seul Arthur resta de marbre car il savait que cette remarque n’était qu’un moyen détourné de lui reprocher son absence pendant près de trois ans. Il s’efforça tout de même à sourire avant de répondre. « Oui, en effet. Mais je suis enfin là, et j’ai bien l’intention de rattraper le temps perdu, soyez en sûr. » Dit-il tout en serrant sa femme contre lui. L’expression d’Erakald se figea en une moue froide et distante. Les deux hommes se regardèrent un instant sans ciller. On aurait cru qu’ils s’affrontaient dans un combat psychique demandant une concentration très poussée. C’est Erakald qui brisa le silence. « Oh, je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit à rattraper. Votre charmante épouse _ il tourna la tête vers Sélénia en affichant un sourire charmeur qu’elle lui rendit aussitôt _ se débrouille particulièrement bien dans la gestion du royaume. C’est à croire qu’elle n’a pas besoin de Roi pour s’en sortir. » Erakald sourit. Mais c’était un sourire mauvais, plein de moquerie et de plaisir d’avoir frappé le point sensible de notre jeune héros. Le sang d’Arthur ne fit qu’un tour. Il était prêt à éclater. Ses muscles se crispaient et ses poings se serraient. C’est cet instant que Maximilien choisit pour s’avancer et prendre la parole : « Bien ! C’est très gentil à vous mon cher Erakald de nous avoir attendu, mais je pense qu’il est plus que l’heure d’aller se coucher, et ma fille, dans sa grande sagesse, n’osera pas vous dire le contraire ! » « Il est vrai qu’il se fait tard, en effet. » répondit Erakald. « Si vous le permettez, je vais vous raccompagner jusqu’à vos appartements. » Ce dernier claqua alors des talons pour saluer l’assemblée, lança un dernier regard à Sélénia, et se retourna pour raccompagner le reste de la famille royale à ses chambres. Ne restait plus que notre petit couple, ainsi qu’Aaron et Daniel, qui avaient suivi toute la scène attentivement. Arthur regardait fixement le soi-disant grand guerrier Erakald disparaître dans un morceau obscur de galerie avant de se mettre en marche à son tour. Notre bon prince n’était pas dans son assiette, et cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mais Sélénia ne semblait pas l’avoir remarqué. Elle souriait dans le vide, nullement perturbé par le silence de son mari. Il faut préciser que, depuis qu’Erakald les avait quitté, elle n’avait pas jeté un seul regard à Arthur. |
|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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 | Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Ven 9 Nov - 18:17 | |
| Chapitre 9 : Invité surprise et présentations imprévues Soudain, un bruit sourd provenant de derrière le petit groupe, en direction de la lunette, tira notre cher Arthur de ses sombres pensées. Il se retourna donc et ce qu’il vit alors le laissa sans voix : une Amanda Devanture d’un millimètre martelait de ses petits poings la plus basses des lentilles de la lunette et semblait crier à l’aide, ses lèvres remuant sans qu’aucun son ne parviennent aux oreilles de nos amis, sa voix étant étouffée par l’épaisseur du verre de la lentille. « A… Amanda ?!? » S’écria Arthur, abasourdi. « Mais qu’est ce que… Comment… ? » Demandait-il tout en s’approchant de la lunette pour venir en aide à la pauvre jeune fille. Bien évidemment, le fait qu’Arthur ai prononcé un autre prénom féminin que le sien fit réagir Sélénia. Cette dernière sorti de sa torpeur et regardait alternativement d’un air rageur son mari et la mijaurée qui criait à l’aide dans la lunette. « Arthur ! Mais qu’est ce que c’est encore que ce bazar ?!? » Bien sûr, il est inutile de préciser qu’Aaron se trouvait dans une situation délicate, essayant de retenir un Daniel complètement survolté qui s’agitait en tout sens en s’écriant : « Elle est venue ! Elle est venue ! Amanda Devanture est venue !!! » Et bien que son ami mesurait plusieurs dixièmes de millimètres de moins que lui, Aaron en bavait pour calmer son ami à qui la présence d’une joli femme donnait des ailes, mais surtout, comme le dit le proverbe, lui mettait le feu aux fesses. Arthur, qui était arrivé à hauteur de la lentille _ et qui n’avait absolument pas entendu la question pleine de reproches de Sélénia _ avait posé ses mains sur la lentille et regardait sa camarade de classe se défouler sur la pastille de verre, son visage rouge de colère. Notre bon prince ne savait pas quoi faire : il n’avait plus la clef qui permettait d’abaisser la lentille supérieur pour passer dans le monde des Minimoys. Aussi, après quelques minutes de réflexion, il se dirigea vers le cocon du passeur et donna un grand coup de pied dedans, si bien que ce dernier tomba sur le sol et se craqua en deux, laissant apercevoir un petit être poilu et barbu, à la peau laiteuse, qui paraissait extrêmement troublé. « Mais… Que… Que… » Le passeur, qui s’était précipité dans son cocon lorsque toutes les personnes venant de l’extérieur étaient enfin passées, n’avait pas eu le temps de se réinstaller confortablement pour sa sieste que son petit lit douillet s’était éclaté contre le sol. « Si c’est une plaisanterie, elle est de très mauvais goût ! » tonna t-il dans la salle des passages. « Arthur, mais enfin ! Qu’est ce que tu fabriques ?!? » L’interpella Sélénia qui était au comble de l’énervement, et certainement aussi de la jalousie. « Enfin Sélénia, regarde ! On ne va pas la laisser là tout de même ? » Répliqua Arthur qui avait retrouvé ses esprits. Sélénia haussa les sourcils et jeta un œil méprisant à Amanda avant de répondre : « Ce ne serait pas une grande perte pourtant… » « Chérie ! Voyons ! » S’exclama Arthur totalement outré, avant de se retourner vers le passeur et de le traîner vers la lunette. « Vous pouvez faire quelque chose pour la faire venir vers nous ? » demanda Arthur au passeur, ignorant les protestations indignées de Sélénia. « Vous avez la clef ? » demanda froidement le passeur. Arthur lui tendit l’objet, le passeur la prit brusquement sans dire merci et se dirigea vers la lunette. Il ouvrit alors une petite trappe sur le côté de celle-ci, plongea sa tête dans l’ouverture, bricola quelques rouages et ressorts tordus, et la lentille se mit alors à descendre. Amanda Devanture était paralysé de terreur et hurlait comme un chien qu’on égorge, ce qui arracha un petit sourire sadique à Sélénia. Finalement, Amanda tomba sur le sol sous la forme d’un cocon visqueux et transparent tandis que le passeur retournait vers son lieu de repos tout en bougonnant. Arthur se baissa pour aider Amanda à se sortir de son enveloppe opaline, rapidement rejoint par Daniel qui affichait le plus beau et le plus séducteur de ses sourires. Le cocon explosa et laissa apparaître une petite minimoys à la longue chevelure blonde, à la peau nacrée et aux grands yeux bleu océan. Celle-ci, encore secouée par les derniers évènements, s’efforçait péniblement de se remettre debout, ses jambes flageolantes refusant de lui obéir. La première chose qu’elle vit distinctement fut alors le visage d’Arthur qui s’était penché sur elle pour l’aider à se relever. Son sang ne fit qu’un tour, et notre cher Arthur se re-prit une baffe des plus monumentales qui lui fit tourner la tête. « Eh ! » s’écria Sélénia qui fonçait vers la nouvelle venue, les mains sur les hanches en signe de mécontentement, « Il n’y a que moi qui ait le droit de faire ça ! » Elle rattrapa son mari qui était en train de tourner en rond à quelques pas d’ici, son sens de l’orientation ayant été perturbé par la calotte qu’il avait reçue quelques secondes plus tôt. Sélénia lui prit la tête dans ses mains. « Ca va ? » demanda t-elle, aux petits soins pour son Arthur. « Je crois que oui… » Répondit celui-ci, s’efforçant de s’arrêter de tournicoter. « Je préfère ça. » dit Sélénia en lui déposant un petit baiser sur le front, « Il n’empêche que tu l’as bien mérité ! » conclut-elle en le repoussant aussi soudainement qu’elle s’était précipitée vers lui pour l’aider à retrouver son équilibre. Il n’y a pas à dire, cela faisait presque 20 ans qu’Arthur fréquentait les filles, mais il ne comprenait toujours rien à leur façon de penser… |
|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

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 | Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Jeu 21 Fév - 20:20 | |
| Arthur mit quelques secondes pour revenir à la réalité. Lorsque ses yeux se posèrent à nouveau sur la scène, il vit un Daniel très occupé à aider une Amanda Devanture toujours fumante de rage à se remettre debout, un Aaron qui était debout dans un coin et qui regardait faire son ami, un sourire amusé sur les lèvres, et juste à côté Sélénia qui tapait du pied sur le sol, se retenant on ne sait comment de ne pas proférer d’ignominies à l’attention de la dernière venue. Amanda finit par se défaire de la prise de Daniel et s’adressa violemment à Arthur : « Que s’est-il passé ? Où suis-je ? » Puis, fronçant rageusement les sourcils, elle continua : « J’espère que tu as une explication satisfaisante à me donner Arthur… » Arthur, tout gêné, réagit de suite. « Mais… C’est toi qui nous as suivi ! Je n’ai rien fait moi ! » Visiblement, la réponse d’Arthur ne semblait pas convenir à Miss Devanture, qui n’avait dit mot mais ne décolérait pas. « Je crois… Tu n’aurais pas dû… » Bafouillait Arthur. Voyant son ami en grande difficulté, Daniel décida d’intervenir. Bon, il est vrai que cette intervention lui permettrait également d’engager la conversation avec Amanda, il devait donc faire attention à ce qu’il allait dire. « Bienvenue au pays des Minimoys, chère Amanda ! » lança t-il en présentant l’endroit d’un ample geste du bras. Amanda le dévisagea. « Le pays des quoi ? » « Des Minimoys. » intervint Sélénia, « Le pays des Minimoys. Mon peuple. Enfin… Notre peuple. » Finit-elle en s’approchant d’Arthur et en lui prenant le bras. « Je suis Sélénia, reine de cette terre, et Arthur est mon époux. » Amanda les regarda un instant, posant alternativement les yeux sur un Arthur dont le teint avait plus de la pivoine que de l’humain, et sur une Sélénia au regard froid et dur qui ne cillait pas. Quelques dizaines de secondes s’écoulèrent, puis elle éclata de rire. Mais elle était bien la seule qui semblait aussi joyeuse. « C’est… C’est une plaisanterie je suppose ? » Demanda t-elle en essuyant une larme qui pointait au bout de son œil droit. « Absolument pas. » répliqua Sélénia avec un calme à vous glacer le sang. Les hommes ne disaient mot. Ils étaient complètement figés, et regardait les deux jeunes filles se jauger du regard. Le silence qui régnait dans la pièce devint pesant, mais aucune des deux femmes n’étaient décidées à se laisser aller. Puis Amanda finit par craquer. « Mais… C’est impossible ! On ne peut pas… Je ne peux pas… Je n’ai jamais entendu parler de ces mini-machins… » « Minimoys !! » S’écria Sélénia, si fort que tous les membres de la petite assemblée sursautèrent. « Ecoutez, je ne sais pas qui vous êtes, ni ce que vous faites ici _ elle lança alors un regard noir à Arthur, et ce dernier eu tôt fait de détourner la tête _ mais il est tard, et nous avons tous besoin de repos. Nous nous occuperons de votre cas demain. » Puis elle se détourna et laissa une Amanda totalement déboussolé, à la fois par l’invraisemblance de ce qu’elle venait d’apprendre et par la conduite hautaine de cette jeune femme. Un rapide coup d’œil d’Aaron et de Daniel à Arthur firent comprendre à ce dernier qu’ils s’occupaient d’Amanda, et que lui ferait mieux d’aller retrouver sa princesse avant qu’elle n’explose. C’est donc ce que fit Arthur et, à contrecoeur, il quitta ces deux amis qui aidaient la pauvre Amanda à retrouver ces esprits et tentaient de lui expliquer ce qu’elle faisait ici. Arthur rattrapa vite Sélénia qui n’avait que quelques mètres d’avance et dont la cadence de pas montrait clairement qu’elle n’avait aucune intention de semer son prince. Elle le laissa revenir à sa hauteur mais ne lui accorda pas un seul regard. Arthur, lui, se tut également, se disant que ce n’était pas le moment de l’ouvrir. Ils marchèrent comme cela, côte à côte dans le tunnel qui débouchait sur la place du village. Arrivé à peu près au milieu de celle-ci, Sélénia qui bouillonnait vu la couleur qu’avait pris son visage, se retourna vers Arthur et implosa : « C’est qui cette fille ? Qu’est ce que tu espérais en l’amenant ici ? Non, mais tu as vu sa tête, à cette espèce de petite ahurie !?! Franchement, tu n’as pas honte de toi !? Nous voila dans de beaux draps ! C’est vraiment la groseille sur le gâteau… » Arthur tentait désespérément de la calmer, caressant ses bras nus et s’efforçant d’adopter un ton calme et posé. « Voyons mon ange… Ce n’est pas si catastrophique que ça… Amanda est juste _ il choisit ses mots _ une amie, une simple amie. Elle a dû nous suivre lorsque nous sommes passés par la lunette... Il n’y a absolument rien entre nous ! » Confirma t-il avec un léger sourire aux lèvres pour montrer à quel point cette idée lui semblait stupide. « Sélénia, tu sais bien qu’il n’y que toi qui compte pour moi. » dit-il le plus sérieusement du monde, « C’est un fâcheux accident, mais je te jure que ça ne perturbera en rien nos retrouvailles. Je t’aime. » A ces derniers mots, Sélénia, si rageuse soit-elle, laissa retomber sa colère. Elle regardait amoureusement son prince, et lui faisait de même. Puis, lentement, elle passa les bras autour de son cou et s’approcha dangereusement. « Je sais. Moi aussi. » Et ils fermèrent les yeux. Mais ils furent interrompus dans leur étreinte par un énorme vacarme métallique provenant de derrière eux, quelques mètres plus loin sur la place. « Allons bon… Qu’est ce que c’est encore... ? » Murmura Sélénia qui commençait à en avoir marre d’être sans arrêt interrompue dans ses moments d’intimité. Ils se retournèrent tous les deux dans la direction du bruit qui semblait provenir d’une annexe du palais réservée au personnel. Avant qu’ils n’aient eu le temps de rejoindre le lieu en question, Aaron _ suivi de près par Daniel et Amanda _ débouchèrent sur la place par le tunnel que nos deux tourtereaux avaient emprunté quelques minutes auparavant. Aaron était essoufflé et se précipita sur Arthur, tandis que Daniel restait à l’arrière, papillonnant autour d’une Amanda pas vraiment emballée par son numéro de charme. « Ca va tous les deux ? On a entendu un vacarme épouvantable… » Réussi à articuler Aaron, qui soufflait comme un bœuf. Arthur lança un regard suspect à Daniel qui faisait la cour à Amanda. Aaron expliqua : « Amanda est persuadé qu’elle est en plein rêve complètement dingue et qu’elle va se réveiller d’une minute à l’autre. Seulement… On est moins méfiant dans un rêve que dans la réalité… Alors je le surveille _ dit-il en désignant Daniel de la tête _ qu’il aille pas faire quelque chose de… Disons regrettable. » Arthur confirmait tandis que Sélénia, à moitié scandalisée, s’apprêtait à rétorquer. Mais avant même qu’elle ait eu le temps de répondre, le boucan reprit dans les appartements du personnel royal et des éclats de voix se firent rapidement entendre. Puis, déboulèrent des ces fameuses pièces une demi-douzaine de jeunes Minimoys à l’air rebelle, les bras chargés de toutes sortes de choses informes et non identifiables à cette distance. Ils couraient à toute vitesse en riant de plus belle et semblaient fuir quelque chose. Et en effet, juste derrière eux apparu une jeune Minimoy lancée à tout allure. Elle semblait en colère _ ceci se voyait à son teint légèrement rosé _ et hurlait à tout va en donnant des coups de ce qui semblait être un rouleau à pâtisserie dans le vide afin d’effrayer les enfants qu’elle pourchassait. « Revenez ici, sales morveux !!! Rendez-moi ça immédiatement !!! » Et les gamins rigolaient de plus belle, se dispersant rapidement pour empêcher la jeune femme de les poursuivre. Sélénia afficha un sourire amusé tandis que la jeune personne au rouleau à pâtisserie jetait des coups d’œil dans toutes les directions afin de déterminer la direction qu’elle devait prendre pour poursuivre ses larcineurs. Voyant que ces derniers avaient tous décampé, elle soupira et s’apprêtait à faire demi-tour quand son regard tomba sur Sélénia et toute sa clique. N’ayant plus personne à poursuivre, elle se dirigea vers les nouveaux venus, son rouleau sur l’épaule. C’était une grande femme _ presque aussi grande qu’Aaron _ à la longue chevelure rousse nouée en queue de cheval et au regard flamboyant. Elle semblait légèrement plus âgée que Sélénia et arborait un petit sourire malicieux et déconcertant. En y regardant de plus près, Arthur trouva cette jeune femme ne ressemblait pas vraiment aux autres minimoys qu’il avait eu l’occasion de rencontrer jusque là. Certes, elles avaient des oreilles pointues et 4 doigts aux mains, mais son teint était plus orangé, sa peau semblait plus granuleuse, et ses yeux grands yeux d’un violet profond lui donnaient un regard perçant. Mais ce qui le choqua par-dessus tout était sa taille : il n’avait jamais vu de femme minimoy aussi grande. Visiblement, les deux femmes se connaissaient bien. « Alors, comment s’est passé ton escapade dans le monde des humains Sélène ? » commença la jeune inconnue en souriant à Sélénia, mais sans accorder un seul regard au reste de la petite troupe. « Bien, je te remercie. » répondit Sélénia. « Tu avais des problèmes ? » continua t-elle en désignant le lieu de la course-poursuite d’un signe de tête. La jeune rouquine soupira : « Ce sont les gosses… Ils m’ont encore piqué du matériel. Tu ferais bien de te débrouiller pour faire tenir tes sujets en place Sélène, aussi jeunes soient-ils. » Dit-elle sur un ton de reproche en pointant son rouleau sur Sélénia qui faisait plus d’une tête de moins qu’elle. « Et toi, tu devrais en faire un peu moins. Tu es tout le temps en train de courir à droite à gauche. Tu ne voudrais pas prendre quelques jours de repos ? » Son interlocutrice sembla amusée. « Et qu’est ce que tu voudrais que je fasse en repos ? Je m’ennuierais ! Et puis, il faut bien que quelqu’un soit là pour s’occuper de ce fichu palais… ! Ne t’inquiète pas pour moi, tout va bien. Enfin, ça ira bien mieux dès que j’aurais récupéré tout mon matériel… » Ajouta t-elle plus bas, plus pour elle-même que pour les autres personnes présentes. Elle daigna alors jeter un œil aux personnes qui accompagnaient Sélénia. « Alors, c’est lequel ton homme ? » Sélénia se fit une joie de tirer Arthur contre elle et le présenta cérémonieusement. « Je te présente le Roi Arthur, mon mari et souverain des premières terres. Et voici Aaron et Daniel, deux de ses amis. » Lorsqu’elle se rendit compte qu’elle avait été « oubliée », Amanda fit la moue mais se retint de répondre. « Et ? » demanda la jeune rouquine en désignant Amanda du pouce. « Amanda Devanture. » répondit Amanda d’un ton froid et supérieur, « Et vous, vous êtes qui ? » demanda t-elle plus par simple envie de s’immiscer dans la conversation que de véritablement s’informer sur l’identité de son interlocutrice. La jeune femme afficha son plus beau sourire : « Gena. Tartepenfière Royale. Ravie de vous rencontrer, tous autant que vous êtes. » Dit-elle, les saluant dans un semblant de salut militaire grossier en mettant deux doigts tendus sur son front et en les écartant d’un geste vif. « Joli rouleau… » Fit remarquer Daniel sur le ton de la conversation, un sourire néanmoins moqueur sur les lèvres. Tout le monde se retourna vers lui et fit les gros yeux tellement cette remarque était idiote, mais Gena ne semblait pas vexée. Au contraire, elle semblait s’amuser de cette remarque. « Oh, vous trouvez ? » dit-elle en le saisissant à deux mains et en faisant mine de l’examiner attentivement, « Il se trouve qu’il va assez bien en effet. Les tapisseries ne lui résistent pas. » Daniel tiqua : « Les pâtisseries vous voulez dire… ? » Gena le regarda comme s’il était un extra-terrestre. « Non non… Les tapisseries. Lorsqu’elles se froissent ou commencent à prendre de mauvais plis, cet ustensile est extrêmement pratique pour les remettre en état. Mais ça pourrait être utile pour étaler les pâtes à tartes en effet… » Elle posa son regard illuminé par cette nouvelle découverte sur un Daniel complètement déconcerté avant de s’adresser de nouveau au petit groupe : « Bien ! Si vous voulez bien m’excuser, j’ai encore du travail. Je vous souhaite une bonne nuit. » Et elle partit son rouleau sous le bras, retournant à ces tapisseries _ ou bien à ces pâtisseries, qui sait _ en laissant notre petit groupe totalement décontenancé par cette nouvelle rencontre. Seule Sélénia n’était pas choquée par ce qui venait de se passer, aussi Arthur se dit qu’il lui demanderait des explications plus tard, surtout sur les raisons qui poussait une soi-disant Tartepenfière à travailler à des heures aussi tardives. « Elles sont toutes comme ça les Minimoysettes ? » demanda Daniel à l’oreille d’Aaron. « J’en sais rien… Mais celle là, elle est bien flippante… A ton avis, c’est quoi une Tartepenfière ? » « Sais pas… P’têtre un genre de peintre en bâtiment ? Ou une décoratrice très kitch ? » « Dans quel pays de dingues je suis encore tombée moi… ? » murmura Amanda. Et c’est sur ces profondes réflexions que notre petite troupe se dirigea vers le palais royal où, avec un peu de chance, ils allaient enfin réussir à trouver un endroit pour dormir. |
|  | | Eléanore Petit arbre dans le vent

Nombre de messages: 81 Age: 21 Localisation: Dans la cuisine... Date d'inscription: 20/08/2007
 | Sujet: Re: Arthur et le Chevalier du Diable Mer 27 Fév - 13:33 | |
| Chapitre 10 : Bonne nuit les petits Quelques minutes plus tard, nos héros, après avoir pénétré dans le palais, avaient été conduits à leurs chambres par Sélénia. Malgré toute l’insistance dont avait fait preuve Daniel, la Reine avait refusé de lui donner une chambre à partager avec Amanda, et Arthur fut surpris qu’elle n’ait pas profité d’une telle occasion pour mettre sa rivale dans la déveine. Daniel fut donc contraint de partager sa chambre avec Aaron tandis qu’Amanda se retrouvait seule dans la sienne. Le couple royal, bien sûr, avait la chambre royale. Le petit groupe se dit donc bonne nuit, certains _ comme Amanda _ avec moins de conviction que d’autre, et ces membres rejoignirent leur chambre respective. Lorsque Arthur referma la porte de la suite royale derrière lui, Sélénia lui sauta littéralement au cou et lui déposa un doux petit baiser entre les deux yeux avant de se défaire de son étreinte aussi brusquement qu’elle était venue et s’installa devant sa coiffeuse. Arthur en profita pour jeter un coup d’œil autour de lui : l’endroit était vraiment fantastique. Les murs étaient fait en un matériel qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à notre marbre, parsemé de petits motifs et liserés en or massif. Le sol était avait le même aspect luisant et propre, à tel point qu’on pouvait presque y voir son reflet. Du plafond tombaient de magnifiques tapisseries qui représentaient pour la plupart des minimoys dans diverses situations, probablement des membres de la famille royale et ancêtres de Sélénia. Un immense lit à baldaquin occupait le centre de la pièce et de nombreuses étoffes de soie pure pendaient de chaque côté, lui donnant un air imposant et luxueux. De chaque côté du lit se trouvait deux coiffeuses, une très fleurie et ouvragée devant laquelle était assise Sélénia, une autre plus sobre et simple sur laquelle il n’y avait aucune affaire, certainement destinée au Roi qui n’avait pour l’instant pas eu l’occasion d’y installer ses effets personnels. Arthur, appuyé contre un des piliers du lit, regardait Sélénia se coiffer et se préparer pour la nuit devant son petit bureau. Elle-même jetait régulièrement de petits coups d’œil en direction de son mari par l’intermédiaire du miroir et souriait malicieusement. Au bout de quelques minutes d’admiration passive, Arthur s’approcha de Sélénia, s’accroupit derrière elle et l’enlaça. Le miroir reflétait l’image d’un couple qui inspirait calme et tranquillité, amour et bonheur. « Cette Gena que nous avons rencontré en chemin… J’ai peur de ne pas avoir bien compris quel était son rôle ici… » Demanda Arthur. « C’est la Tartepenfière Royale. » répondit Sélénia en continuant de se brosser les cheveux. Voyant le regard énigmatique de son mari, elle poursuivit : « Elle s’occupe de tout ce qui a attrait à la famille royale, et notamment à ma personne. C’est notre élément le plus digne de confiance. » « C’est un genre de femme de chambre, en fait ? Un serviteur privilégié ? » Sélénia fronça les sourcils pour réfléchir. « C’est à peu près ça oui… Elle fait la cuisine mais aussi le ménage et s’occupe de l’entretien du palais. Elle est ma confidente et ma conseillère la plus avisée.» « Elle est très familière avec toi… » Remarqua Arthur. Sélénia détourna le regard du miroir et baissa la tête. « C’est elle qui m’a élevé après la disparition de ma mère… » Visiblement, les souvenirs de ce terrible évènement mettaient Sélénia mal à l’aise. Arthur s’en voulu et s’excusa auprès de sa bien-aimé avant de lui déposer un léger baiser sur le front. Mais comme certaines de ses interrogations restaient toujours sans réponse, il continua : « Pourtant elle semble très jeune… Enfin, à peine plus âgée que nous… » « Il ne faut pas s’y fier. Elle est… différente. » La curiosité d’Arthur grandissait au fur et à mesure de l’explication de Sélénia. « Comment se fait-il que tu ne m’ais jamais parlé d’elle ? » « Elle a très peu été auprès de moi à l’époque où nous nous sommes connus tous les deux… » Sélénia ouvrit la bouche, puis la referma. Elle semblait hésitante sur les précisions à apporter. « Elle est assez peu appréciée au village… Parce qu’elle n’est pas tout à fait comme nous… En fait, elle n’est pas vraiment Minimoy… » Sélénia rougit, comme si elle venait de révéler un lourd secret qu’elle aurait dû garder pour elle-même. Arthur fut surpris par cette réponse. Il essaya d’en savoir plus. « Comment ça « pas vraiment Minimoy » ? C’est une humaine qui est passé dans votre monde et qui a décidé de rester ? Ou bien… » Il n’eut pas le temps de finir sa question. Sélénia la coupa sèchement : « Je ne sais pas exactement, mais c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup et qui est digne de toute ma confiance, même si parfois elle semble bizarre et imprévisible. » Arthur se rattrapa : « Je ne pense pas de mal d’elle. C’est juste que je me demandais… » « Tu n’as pas besoin d’en savoir plus. C’est quelqu’un de bien, c’est tout ce qui compte. » Voyant que le sujet commençait à devenir tabou et qu’il n’obtiendrait rien maintenant, Arthur préféra changer de sujet. « Cette chambre est vraiment magnifique. C’est toi qui l’as aménagé ? » Sélénia reprit son habituel sourire flatté et répondit avec enthousiasme en se levant : « Oui, c’est moi. Avec un peu d’aide bien sûr. Les dorures nous ont donné du fil à retordre. Je suis contente que ça te plaise. » Répondit-elle en passant ses bras autour de son cou avant de l’embrasser. « J’ai vu que la grand place avait également été réaménagé en passant tout à l’heure. Tu fais vraiment du bon travail. » Dit Arthur avec le sourire. « Merci. Ce n’est pas facile tous les jours, mais on finit par s’y faire. » Elle fit la moue et reprit : « A cause des derniers évènements, j’ai pris une semaine de retard sur le planning. Les jours qui viennent promettent d’être chargés… Nous avons déjà 3 réunions programmées demain…» Arthur répondit presque du tac au tac : « J’irais à ta place si tu es d’accord. » Sélénia leva des yeux ronds vers lui : « Mais… Tu n’es pas au courant des dernières actualités… » « Justement, cela me donnera l’occasion de m’informer sur ce qui s’est passé pendant tout ce temps ! Et puis… _ il baissa la tête _ j’ai été absent pendant toutes ces années et je n’ai rien fait ni pour notre peuple, ni pour toi. Laisse-moi me rattraper ! Prends du bon temps demain, repose-toi, va voir des amis et profites de ces quelques moments de détente ! Je me charge de l’administratif. » « Mais… » « Il n’y a pas de « mais » qui tiennent. Tu fais un travail formidable, mais tu es exténuée, ça se voit. Une journée de repos, ça te fera du bien. Et ça me permettra également de m’occuper un peu des affaires des premières terres. Après tout, je suis quand même Roi. C’est aussi à moi que revient la tâche de faire fonctionner le royaume. » Voyant que Sélénia allait répliquer, il ajouta : « Je m’en sortirais. » Sélénia sembla réfléchir quelques instants puis lui sourit de nouveau : « Très bien. Si cela te tient à cœur, je te laisse faire. Et je suis sûre que tu seras à la hauteur. Je ne t’ai pas choisi pour rien… » Ils se regardèrent encore un instant avant de s’embrasser amoureusement. Quelques minutes plus tard, le couple royal était au lit. Arthur entourait Sélénia de ses bras. Cette dernière dormait déjà. Lui, en revanche, était parfaitement réveillé et réfléchissait. Il pensait aux conseils qu’il aurait à diriger le lendemain et à la galère dans laquelle il s’était embarqué. Mais il le faisait pour Sélénia. |
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