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 Arthur et la Nouvelle Menace

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Ariov
Pousse de bambou


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MessageSujet: Re: Arthur et la Nouvelle Menace   Sam 29 Déc - 12:24

Chapitre 7 :

Pendant ce temps, à quelques centimètres à peine sous les brins d’herbe fixés par Archibald, Armand continue à écouter d’une oreille plus ou moins attentive toutes les aventures d’Arthur, parfois racontées par Miro qui sera la version qui figurera dans les livres d’histoire, ou parfois Bétamèche pour appuyer Miro dans sa version ou alors plus simplement pour donner des versions de faits qui le glorifie lui plus précisément. Darkos préfère quand à lui se taire et n’intervient qu’occasionnellement puisque sa version des faits est plutôt celle qu’il a apprise de l’autre coté de la barricade.
Cela vaut peut-être mieux puisque Armand se sent un peu perdu dans cette histoire. Il apprend que son fils qui a maintenant bientôt quinze ans est passé dans ce monde pour la première fois il y a déjà cinq ans et à cette occasion a épousé la princesse du royaume avant de mettre fin au règne d’un immonde tyran, il a d’ailleurs évité que celui-ci ne s’empare du monde d’en haut, que c’est un héro, une légende vivante à travers les Sept Royaumes qui sont situés sous le jardin et le gazon de son beau-père Archibald qui avait été capturé par M. le maudit il y a huit ans, qu’il ne faut pas prononcer le nom de ce dernier car il porte malheur… Il est de plus en plus déboussolé par cette avalanche de nouvelles divers et variées. C’est un peu comme si d’un coup on est propulsé du stade de monsieur tout le monde à fils d’un roi… ce qui est justement ce qu’est en train de vivre Armand.

- Vous avez compris ?, demande Miro que la tête de son interlocuteur laisse dubitatif.
- Je crois que oui, j’ai compris l’essentiel., fini par avouer Armand.

Celui-ci se dit qu’il aurait mieux fait de continuer à dormir au lieu de se réveiller « au son du canon ». Mais il voulait avant out protéger son fils… son fils…
« Où est-il ??!! Où est mon fils ??!! », s’écrit subitement Armand qui vient de se rendre compte de l’absence de celui-ci après avoir émergé du flou provoqué par l’histoire de Miro. « Je suis venu avec lui ! Où est-il passé ?! »
Darkos et Bétamèche, à cette question, se disent mutuellement que les motifs que dessinent les racines un peu partout dans la pièce sont on ne peut plus intéressants. Miro préfère par contre prendre le taureau par les cornes.

- Arthur a été attrapé par M. le maudit., dit-il tristement.
- Comment ?, s’insurge Armand. Mon fils entre les griffes de ce monstre ?
- Oui.

Armand reste un temps de marbre, sans réagir, sous le choc de la nouvelle. Puis, d’un coup, il se redresse.
« Arthur ! J’arrive ! », lance-t-il avant de se précipiter vers la porte.
Il est retenu par Darkos qui sait par expérience que lorsqu’on se laisse submerger par ses émotions, on devient très vulnérable.

- Mais enfin lâchez-moi ! Lâchez-moi je vous dit espèce de grosse andouille ! Mon fils a besoin de moi !
- Vous ne pourrez rien faire tout seul, croyez-moi !, dit Miro dans une tentative pour le raisonner. Vous ne ferez pas le poids face à lui !
- On va bien voir !, rugit le père d’Arthur, aussi remonté qu’avant d’être involontairement passé dans le monde des minimoys. Ce n’est pas un dictateur à la noix qui mettra ses sales pattes sur mon fils !
- Et puis vous ne pesez pas lourd, il fait plus de trois millimètres de haut !, renchéri Darkos qui imagine tenir là son argument le plus valable.
- Parce qu’en plus c’est un lilliputien ? Mais alors pourquoi est-ce que vous avez peur de lui !, ajoute Armand tentant de se défaire de l’étreinte de Darkos.
- Ben du coup il est quand même plus grand que vous., dit Bétamèche pour qui c’est tout à fait logique.

Cette affirmation stop net Armand. Trois millimètres sont plus grands que lui ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
« Non… Sans blague ! », commence Bétamèche tout en se retenant de rire. « Vous n’aviez même pas encore remarqué que vous ne faite pas plus de deux millimètre en taille ? »
Armand tourne doucement la tête vers Miro.

- Vous avez un miroir ?, demande-t-il à Miro dans un ton plein d’appréhension.
- Oui… Oui, je dois en avoir un quelque part.

Miro va à son bureau et se met à farfouiller dans ses affaires. Il en revient avec une petite plaque de métal monté sur un petit manche. Il le tend à Armand qui le lui arrache littéralement des mains. Il lui faut quand même quelques secondes d’hésitation avant de se regarder dans le miroir. Enfin, « se regarder »… le terme qui conviendrait mieux serait « dévisager ». Il regarde son nez, sa bouche, la forme de son visage : son visage, même s’il reste globalement le même, a sacrément changé. A l’arrière, il remarque que ses oreilles se sont considérablement allongés, plus longues, plus pointues : il passe sa main sur l’une d’elle. Il contemple ses vêtements qui ont aussi considérablement changé, il n’y a pas plus écolo que des vêtements en feuilles. Il regarde de nouveau dans le miroir et… tombe à la renverse, évanoui.
« Encore ?! », s’exclame Bétamèche.
Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’il tombe dans les pommes comme ça. Non, pas depuis le début des aventures d’Arthur, on ne les compte plus celle-là : depuis son arrivé devant Miro. Une fois quand il a appris qu’Arthur est marié, une autre quand il a écouté le récit de la course-poursuite dans les tuyaux entre l’eau et la voiture avait piloté, on en passe et des meilleurs. Toujours est-il que ces évanouissements à répétition ont également l’art d’exaspérer nos amis qui ont finalement trouvé un bon remède à ces crise, remède qui va une fois de plus être appliqué.

- Darkos ?, demande Bétamèche tout sourire.
- Oui, j’ai compris., lui répond le guerrier avec lassitude. Il prend Armand au col et lui envoie une baffe.

Une tarte comme ça, c’est le meilleur moyen de ne plus tomber dans les pommes et celle-ci est particulièrement gratinée vu qu’Armand sent presque sa tête se dévisser sous le choc.

- Ca va mieux ?, lui demande alors un Bétamèche avec un mélange d’amusement et de bonne foi.
- Je crois que tout va bien., ment Armand qui sent que deux de ses dents se sont mises à bouger suite au choc.

Il reprend néanmoins le miroir et s’y contemple longuement.

- C’est vraiment incroyable., avoue-t-il au bout d’un moment.
- C’est exactement ce qu’Arthur avait dit la première fois qu’il s’était en minimoy., dit Béta amusé par la coïncidence.
- Ah bon ?, demande Armand, tout aussi amusé que le petit prince.
- Mot pour mot., ajoute ce dernier.

Un silence ponctué de rires étouffés s’installe alors durant quelques minutes puis Miro fini par intervenir.
« Et vous mon cher Armand, comment êtes-vous arrivé ici ? » demande-t-il au père d’Arthur, visiblement curieux de savoir si l’on peut effectivement faire voyager plusieurs personnes en même temps par la salle du passage. Cette question lui avait toujours résisté il avait la chance de rencontrer quelqu’un qui a fait le passage en duo.
Armand lui raconte alors toute l’aventure à partir du moment où il s’est réveillé dans le salon, la vision qui s’offre à lui, à savoir Arthur debout sur un tapis devant une lunette astronomique pointé vers le sol. Il en vient ensuite au rayon de lune tout en omettant de parler de sa dispute avec son beau-père… puis de ce dernier qui le prend dans une main pour le poser sur la lunette tout à coté d’Arthur, la dégringolade le long du tube puis le plafond qui descendait sur eux à toute vitesse.

- … Ensuite, c’est le trou noir jusqu’à ce que je me réveille ici. S’il vous plais, vous pourriez essayer ne pas rire tous en même temps ? merci., conclu-t-il, visiblement vexé par la vison d’un Darkos et d’un Bétamèche bras dessus bras dessus pour s’empêcher de s’écrouler de rire tellement ils se tiennent les côtes et de Miro qui a visiblement bien du mal à de retenir.
- Pardon, mais…, comment dire…, fit ce dernier très difficilement.
- Je comprends. Moi aussi dans d’autre circonstance j’aurai ri de bon cœur, mais pas maintenant. répond Armand visiblement blessé dans son orgueil.
- Pardon… Hum., commence Miro afin de revenir à un sujet plus sérieux avant de jeter un œil à son sablier. Oh, Bétamèche, il va être l’heure !
- Oh oui, c’est vrai., s’exclame le prince qui se ressaisi à la vitesse proche de celle d’un TGV. Où as-tu mis la potion de sélénielle concentrée.
- Elle est déjà en place, sur la table., répond Miro. Armand, suivez-moi !, ajoute-t-il sur un ton ne laissant aucune place à l’objection.

Armand suit donc Miro dans une autre pièce du petit quartier général où quatre minimoys sont allongés sur des lits faits en brindilles rudimentaires. Miro ne s’attarde pas trop, ne faisant que réconforter un des minimoys qui a vraisemblablement été blessé par une épée de séide, et s’avance vers un rideau tiré et que cache probablement un autre lit. Armand le suis et se glisse après lui derrière le rideau.
Là, sur le lit, une jolie jeune fille aux cheveux roux est allongée : Sélénia, comme si elle dormait paisiblement. Miro, après avoir montré à Bétamèche où se trouve les feuilles de laitue imbibée de miel, revient vers Armand qui est resté au pied du lit, sans dire un mot.

- je crois que cela devrait vous donner du courage Armand, lui dit-il simplement.
- Qui est-ce ? demande Armand qui se doute légèrement de l’identité de la patiente.
- C’est Sélénia., répond Béta coupant court à Miro qui allait parler. C’est ma sœur et c’est aussi l’épouse d’Arthur.

Armand est tout près de retomber, une fois de plus, dans les pommes mais l’idée d’une baffe de la part de Darkos lui fait tenir le choc. C’est une méthode rude mais finalement efficace. Il se rend compte que son fils s’est marié à une princesse de toute beauté. De sa vie, il n’aurait rêvé de plus belle belle-fille et se dit que son fils avait fait le bon choix. Mais elle est allongée là, sur un lit de fortune, sans la moindre réaction, comme une princesse attendant le baiser de son Prince.

- Que lui est-il arrivée ?, demande finalement Armand.
- Une poutre lui est tombée dessus lorsque M. le maudit est venu détruire le village. Lui répond Miro. Pour l’instant, son état reste grave mais elle semble bien réagir aux remèdes qu’on lui a donnés. L’avenir nous le dira.
- Moi et Darkos, on a voulu fuir avec elle mais ma sœur est butée comme un gamoul : elle ne voulait pas abandonner le village et elle a fini par se faire avoir.

Armand a un spasme nerveux lorsqu’il imagine le choc, de même que Bétamèche qui se souvient très bien de la scène.

- On a réussi à la sortir de là et on est parti à toute vitesse, les larmes de la mort tombaient partout mais on a réussi à fuir. On est aller se cacher au Stunning Rapid Bar histoire que les choses se tasse : le patron de ce bar est un mai et il a accepté de nous cacher., fini Darkos.
- Pendant ce temps., ajoute Miro, moi j’ai également réussi à me sauver et j’ai commencé à organiser une sorte de résistance face à la tyrannie de M. le maudit. Mais je peux vous dire que ça n’est pas facile tous les jours. Nous avons besoin de toute l’aide disponible. Alors je me demandais si…
- Vous pouvez compter sur moi, si c’est ce que vous alliez me demander., répond Armand qui avait perçu le ton presque suppliant de Miro. Je pense qu’il n’y a que comme ça que j’aurai des chances de sauver mon fils.
- Je n’en attendais pas moins de vous !, déclare Miro, enthousiaste. Je sentais que vous avez un cœur d’or.

Le père d’Arthur partage bien évidemment l’émotion de Miro et Bétamèche mais il lui reste une question dont il voudrait une réponse rapide.
« Que font-ils de leurs prisonniers ? », demande alors Armand à Miro.
Celui-ci perd d’un coup toute sa bonne humeur, tout comme Bétamèche d’ailleurs. Ils savent la réponse, de quel sort M. le maudit a infligé au peuple des minimoys, mais le dire leur fait du mal : Mino, le fils de Miro, est prisonnier dans les geôles de Nécropolis, comme le sont le roi lui-même et la très grande majorité du peuple minimoy.
« Ils sont réduits… en esclavage., répond alors Miro tout en refoulant un sanglot. Malgré tous ses efforts, il ne parvient pas à dissimuler sa grande peine. Armand partage désormais cette peine puisque Arthur est désormais, son propre fils, va probablement partager le sort des prisonniers.
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Ariov
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MessageSujet: Re: Arthur et la Nouvelle Menace   Sam 29 Déc - 19:45

Chapitre 8 :

Après quelques acrobaties dignes d’un grand huit et capable de donner le mal de l’air à un pilote de chasse chevronné, le convoi royale de Malthazar arrive à Nécropolis. La ville a été totalement reconstruite depuis la fin du premier règne de M. le Maudit et a retrouvé toute sa vitalité d’avant la déroute d’il y a cinq ans. Le marché et à nouveau le plus grand centre de commerce de la ville qui est à présent la capitale incontestée des Sept Royaumes… moins un. En effet, Malthazar a voulu effacer jusqu’à l’existence même du Royaume des Minimoys et a décrété qu’il n’y a et qu’il n’y aura jamais que six Royaumes. On peut dire qu’il a la rancune tenace et que beaucoup de choses ont changé en seulement neuf jours depuis son étrange évasion. Que tout cela ait été fait en si peu de temps relève du miracle.
Comme du temps de l’ancienne splendeur de l’ère Malthazarienne, le commerce est florissant et l’on vient des sept… pardon, six Royaumes pour échanger toutes sortes de produits et, au passage, le maître des lieux soutire une petite commission un peu plus élevé qu’avant : Nécropolis est bien redevenue Nécropolis mais à deux détails près, et pas des moindres.
Au niveau du service de sécurité tout d’abord, le tyran avait mis sur pied un corps spécial chargé de maintenir l’ordre ainsi que de lui rapporter tout ce qui se dit sur lui et surtout de sévir si les propos utilisés ne sont pas élogieux. Toutefois, vu que ce sont des séides qui composent ce corps, on les voit arriver de loin et on change rapidement de sujet à leur approche, mais vu qu’ils ont les même armures que les séides normaux, on croit les voir partout et donc peu de chose sont dites à l’encontre de Malthazar.
Mais le plus grave reste quand même le sort que le maître de la ville a réservé au peuple des minimoys. Ils sont martyrisés, humiliés sans relâche et réduit en esclavage : on peut même les louer moyennent finance et on encourage par des présents le fait de les martyriser.
Tout ceci se voit de haut, très haut. Aussi haut que le convoi volant du seigneur de la ville dont la partie chargée de l’escorte du prince Arthur se détache brusquement du convoi royal sur un geste de M. le maudit et se dirige vers les geôles de la ville. Arthur est cependant trop triste pour se rendre compte de ce qui se passe. Les marques de ronces, malgré les loopings qu’il a effectué, ne lui font même pas mal. Comment pourrait-il avoir plus mal ! Malthazar l’a touché au cœur de ses sentiments les plus précieux. Il ne peut pas avoir plus mal que ça.
Sa partie du convoi se pose finalement devant une des cellules. Il est pris par les bras et les jambes par les séides et ils le jettent sans ménagement dans la prison. Il n’a pas la force de se relever et ne souhaite qu’une chose, qu’on le laisse tranquille, que personne ne le touche. La nouvelle de la mort de Sélénia l’a complètement anéanti : son moral est tombé plus bas que terre. Il reste là, sans bouger, toujours à caresser le fourreau du poignard de Sélénia. Il reste par terre et sans prêter une quelconque attention aux chuchotements qui se propagent dans la cellule. Arthur voudrait bien continuer à pleurer, mais il ne trouve plus ses larmes : il ne parvient qu’à émettre un hoquet qui montre la profondeur de sa tristesse.
Bientôt c’est toute la cellule qui s’emplie d’un bruit de fond. « C’est Arthur !», « Arthur est là !», « Le prince est venu !» peut-on entendre dans toute la cellule et bientôt venant des cellules voisines. Quelqu’un fini par se lever et se dirige vers le prince toujours allongé par terre : Mino, le fils de Miro, s’avance vers le prince. Il est devant lui mais Arthur ne bouge pas. Il ne le remarque pas et préfère regarder de près la composition du sol. Pas un geste de sa part. On pourrait croire qu’il ne vit plus si que l’on n’entendait pas ses pleurs.
« Arthur ? C’est bien toi ? », demande Mino qui ose à peine y croire.
Mais Arthur ne répond pas. Sa couleur est trop grande pour qu’il prête attention à ce que l’entoure. Il ne veut parler à personne, il veut que personne ne le voie. Il reste là à tenir le fourreau de Sélénia. Cependant Mino n’est pas du même avis et s’il sent la douleur émaner d’Arthur, il ne va pas le laisser se morfondre dans cette douleur. Ce petit bout de garçon lui a déjà sauvé la vie il y a un temps, le temps est venu pour qu’il fasse quelque chose pour lui et qu’il le sorte de cette misère.
Et il ne perd pas son temps notre petit ami Mino. Malgré le fait qu’il soit plus petit qu’Arthur, le voilà qui le soulève, passant un de ses bras autour de son cou et le porte jusqu’à sa couchette rudimentaire. Les autres minimoys s’écartent à son passage, admirant son courage. Les pieds d’Arthur traînent sur le sol, vu que Mino est plus petit que le prince, mais la petite taupe arrive à le faire se coucher. A la vue de son visage, Mino comprend qu’Arthur souffre d’un autre mal que des blessures qu’on lui a infligé mais par une tristesse insondable.
« Arthur, est-ce que ça va ? », demande Mino de manière maladroite.
Evidemment que non et cela crève les yeux. Mais il n’obtient aucune réponse d’Arthur.
« M. le maudit t’as certainement dit que la princesse Sélénia est morte, c’est ça ? »
A ces mots, tout ceux qui se trouvent autour d’Arthur et tout ceux qui sont présent dans la cellule regarde Mino, l’air effarés. Eux n’auraient jamais oser le dire à Arthur comme cela, de but en blanc : il semble qu’il a le chic de mettre les pieds directement dans le plat. Cette déclaration de la taupe fit retrouver ses larmes à Arthur qui se recroqueville sur lui-même et se met à regarder le mur en pleurant. Mino a effectivement frappé là où ça fait mal mais c’est ce qu’il voulait. Celui-ci ne se laisse pas démonter par son entourage et continue.
« Arthur, ne me dit pas que tu accordes encore une once de crédit à ce qu’il t’a dit ! Ne me dit pas que tu le crois alors qu’il ment comme il respire ! »
La petite taupe vient de marquer un point et l’esprit d’Arthur, paralysé depuis ce qu’il a entendu de la part de Malthazar se remet tout doucement en action.
« Je ne sais pas quand ni comment il te l’a dit, mais c’est plus sûrement pour toit et toi seul qu’il l’a dit !, enchérie Mino. Pour mieux te briser toi ! »
Arthur se remet tout doucement à réfléchir. Après tout, c’est vrai. Si malthazar avait voulu le briser, quel meilleur moyen sinon que de lui annoncer la mort de Sélénia. En plus, il ne le lui avait pas dit plus tôt et avait l’air si enchanté quand il lui a posé la question de savoir si sa bien-aimée était vivante ou pas. Non, définitivement non : ce tyran ne peut même pas se montrer digne de confiance et ne la mérite même pas. Mais il reste la preuve : le fourreau de Sélénia.

- Comment expliques-tu ça alors ?, fini par demander Arthur en jetant le fourreau à Mino qui l’attrape au vol.
- … Et la princesse qui l’a habituellement sur elle, où est-elle ?, répond Mino avec logique.

Ce dernier argument de Mino fait voler en éclat le dernier et plus solide argument de Malthazar. Le cœur d’Arthur, après être resté longtemps étouffé par le chagrin, a de nouveau droit à la parole. Après toutes les aventures qu’ils ont vécu ensemble, elle ne peut pas mourir comme cela : il le sent maintenant, il sait que sa princesse est en vie. Mino a réussi à le tirer de son chagrin, avec la délicatesse d’un rugbyman certes, mais ça a fonctionné.
Le chagrin s’efface aussi vite qu’il était apparu et Arthur retrouve d’un coup toute sa fougue et tout son courage, décuplés par l’envie de revoir sa chère et tendre ainsi que de mettre un bon coup de pied dans l’arrière-train recomposé du menteur qui a osé lui affirmer que Sélénia est morte. Son cœur le sait, elle est toujours en vie.

- Tu as raison Mino !, s’exclame Arthur en se redressant de tout son long. Elle est en vie, je le sens au fond de moi : il ne faut pas perdre espoir.
- Bien dit !, lui répond la taupe, stupéfaite mais ravie de ce rétablissement spectaculaire de même que toute la cellule qui applaudit et l’acclame.

Mais secrètement, Arthur s’en veut beaucoup. Comment a-t-il put ne fut-ce qu’un instant croire à ce que lui disait Malthazar alors que celui-ci est le mensonge incarné. Jamais il ne s’en ait voulu à ce point. Il souhaiterait même se mettre des claques pour se punir lui-même de sa crédulité. Mais il a retrouvé tout son entrain et toute sa fougue et ne veut plus qu’une chose, que cette cellule s’ouvre et après, il aura la possibilité d’en finir définitivement avec ce maudit dictateur. Ah cela-là ! Il va voir qu’on ne ment pas impunément à Arthur Bigantol !

- Bon., dit-il alors. Tout ce qu’il faut faire c’est sortir d’ici.
- Plus facile à dire qu’à faire., lui répond Mino. On a déjà tout essayé mais on a rien pu faire.
- C’est impossible de s’échapper., renchéri une minimoy dans le fond de la prison.
- On va tous finir dans ces geôles., soupire un vieux minimoy couché à la gauche d’Arthur.

Petit à petit, tous les occupants de la cellule d’entendent sur le fait qu’ils sont condamnés à finir leurs jours dans les prisons de Nécropolis et que le royaume des minimoys disparaîtra définitivement avec celui qui sera le dernier à mourir ici. Même Mino qui pourtant suivrait Arthur jusque devant le diable, affirme que l’idée d’une évasion est absurde et impossible a réaliser.
Mais Arthur ne veut pas entendre de défaitistes et cette litanie de plaintes l’énerve au plus haut point.
« Assez !! », hurle Arthur tellement fort que les murs en tremblent et rendrait un malentendant plus sourd encore. « Vous n’êtes rien d’autre qu’une bande de froussard ! Je vais trouver un moyen de sortir TOUT SEUL même si pour ça je dois passer sur le corps de Malthazar lui-même !! »
La foule agglutinée dans la cellule se fige et ne dit plus un mot. Arthur, mention spéciale « pieds dans le plat » : encore une fois il s’est emporté et a prononcé le nom qui porte malheur. Il met de suite ses deux mains sur la bouche comme pour s’empêcher de dire un mot de plus tout en parcourant la foule du regard et remarque que tout le monde fait la même chose : Tous fusillent Arthur du regard. Mino le regarde, l’air dépité et surtout l’air de dire : « Qu’est-ce que tu as encore fait ? Quelle tuile va nous tomber dessus cette fois, comme si ça n’était pas déjà suffisant ! » C’est du moins ce que semble dire son regard. Notre prince, dos à la grille, n’ose même pas imaginer les conséquences de sa gaffe.
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MessageSujet: Re: Arthur et la Nouvelle Menace   Sam 29 Déc - 19:46

chapitre 8 suite :

Une grande forme apparaît dans son dos. Arthur ne la remarque pas de suite mais fini par se dire que son ombre est devenue bigrement grande depuis quelques secondes. Ce n’est qu’en voyant les mines terrorisées de tout les occupant de la cellule qui se pressent dans le fond de la geôle qu’il fini par se dire que cette ombre n’est peut-être pas la sienne. Il a à peine le temps de réaliser de quoi il retourne que de derrière lui, une grosse voix se fait entendre, voix du genre qu’on aimerait pas qu’elle nous dise « bonne nuit », ni même simplement « bonjours » tellement elle fait peur. En fait, une voix qu’on souhaiterait tout simplement qu’elle n’existe pas. Pourtant elle n’a fait que dire « Hé là-dedans ! ».
Arthur a très peur de se retourner mais, courageusement, se retourne quand même. Juste pour regretter sa décision dans la seconde qui suit tellement le spectacle qui s’offre à lui est horrible : le visage de cet… ce… truc a trois yeux et deux défenses de sanglier qui lui sortent de la bouche l’air de dire : « C’est pour mieux te manger mon enfant ». Les yeux du monstre sont rouges sang et il n’a pas de nez.
Quand le prince fini par surmonter son dégoût, il détaille le reste de la « personne », c’est pour se rendre compte qu’il a bien deux millimètres de plus que lui et que ses griffes feraient peur à un sécateur. Mais le pire reste quand il parle, à croire que cet individu ne connaît pas les sens des mots « hygiène dentaire » : il sent tellement de la bouche qu’à coté de son haleine un parfum aux œufs pourris feraient facilement office de Channel n°5. Arthur, occuper à regarder le monstre, va vite s’en rendre compte puisque la chose se met à lui parler face à face.
« Toi ! », dit-il en le montrant d’une griffe. « Suis-moi. »
Le monstre ouvre la porte de la prison et Arthur jette un dernier coup d’œil à la bande de froussards agglutinée dans le fond de la cellule et en train de claquer des dents. Mais Mino prend soudain sa respiration et, ayant également prit une bouffé de courage, se place devant le monstre.

- Si Arthur part, je part aussi !, s’exclame-t-il la voix pleine d’assurance alors qu’il claque des genoux. Je ne te laisserai pas seul., dit-il alors en se tournant vers Arthur.
- Si ça te chante, après tout…, dit simplement la bête en prenant Mino par le col et en collant tout près de son visage.

Mino est sur le point de tomber dans les pommes tellement l’odeur est forte mais il tient bon et le garde, visiblement impressionné par cette action, le « pose » à coté d’Arthur. En fait, le verbe « jeter » serait plus approprié.

- Merci., chuchote Arthur à l’oreille de Mino. C’est très courageux de ta part.
- De rien, mais je suis certain que je vais le regretter., lui répond Mino dont la bouffé de courage vient de disparaître.
- Tout va bien se passer., dit Arthur dans une tentative de le rassurer.
- J’admire ton optimisme., répond la petite taupe en train de se liquéfier.
- SILENCE !!, hurle soudain le monstre qui n’apprécie que très peu le fait que l’on parle dans les rangs.

Tout le trajet vers le palais de Malt… de sa sérénissime et incontournable majesté Malthazar, empereur incontesté des six royaumes, se fait alors dans le plus grand calme, à peine troublé par les renvoies sonores du garde qui les escorte. Au passage des trois, la foule s’écarte sans dire le moindre commentaire. Il faut dire aussi que le service d’ordre est très présent : malheur à celui qui aurait l’audace de prononcer un seul mot déplacé : il serait jeté immédiatement et sans ménagement dans une geôle de Nécropolis. Dans ce cas, le mieux est encore de se taire.
« J’aime pas ça. », murmure Mino à l’approche de la grande porte du palais.
A leur approche, la quarantaine de séides qui garde la porte principale s’écarte, pas comme si l’on faisait rentrer un invité d’honneur, une grosse légume mais plutôt comme on laisse passer un condamné qui s’avance vers son funeste destin. Arthur à un frisson qui lui parcourt toute l’échine et se met à regarder à droite et à gauche. Apparemment, l’inondation qui a englouti Nécropolis voilà plus de quatre ans semble bien loin si ce n’est quelques traces qui restent accrochées aux murs. A ce moment, alors qu’il lève les yeux, Arthur aperçoit un groupe de minimoys suspendus à la paroi du palais : ils sont apparemment en train de travailler très dur.
« Quand M. les maudit a besoin de main-d’œuvre, il vient en sélectionner dans la prison. », chuchote Mino à l’oreille d’Arthur, assez bas pour que les gardes n’entendent rien.
Alors qu’ils sont tous près de la grande porte, celle-ci s’ouvre en grand. Arthur n’a jamais visité ce palais sordide et, franchement, n’en a pas la moindre envie ! Mais il y est forcé par bien des choses, soit un garde presque deux fois plus grand que lui et dont la tronche est l’opposé parfait de Mister Univers, une garde de près de quarante séides et peut-être le moyen de fuir la place, qui sait. C’est donc d’un pas courageux mais contraint qu’il entre dans le palais, accompagné de Mino.
« Suivez-moi ! », crache le grand garde avant d’avancer vers une porte immense fermée par deux battants gigantesques. « Le maître vous attend. »
La lourde porte s’ouvre et Arthur, bien obligé, s’avance dans la salle démesurément grande et d’un seul ton de couleur : le noir. Au fond de la salle se trouve le seul meuble de tout l’endroit, un trône de couleur blanc éclatant mais dont l’ornement laisse à désirer ; il se détache de la couleur noire comme le nez au milieu de la figure. Le noir semble d’ailleurs la seule couleur de tout le bâtiment, hormis ledit trône. Malthazar a fait installer un trône blanc en replacement de son trône de rubis afin qu’il attire les regards. Puisque tout le palais est noir de chez noir, le fait de placer un trône blanc, élément qui se détache de l’ensemble, le dictateur de Nécropolis est certain que tout les regards sont tournés vers lui seul.
C’est d’ailleurs effectivement l’effet qu’il produit sur Arthur et Mino qui ne peuvent détacher leur regard de la seule source de blancheur du palais. Après être resté un moment en arrêt, ils sont remis en mouvement par le bout de la lance de leur gardien et qui traduit on ne peut mieux le désir de Malthazar de les revoir de près.
Ne deux amis traversent donc l’immense salle du trône pour se retrouver devant Malthazar dans toute sa splendeur, ce qui n’est pas peu dire : il n’a plus rien à voir avec le monstre au corps décharné qu’il avait été, il est redevenu un superbe prince à l’allure on ne peut plus noble. Mais il est dit également que l’habit ne fait pas le moine car il est resté le même monstre froid, insensible, imbu de sa personne et égoïste à souhait.
Il voit arriver Arthur et Mino avec un sourire faisant penser à un tyrannosaure face à de la viande fraîche.
« A genoux ! », leur ordonne le monstre en les frappant derrière les genoux avec sa lance. « Prosternez-vous devant votre maître ! »
M. le maudit se délecte à la vue de nos deux amis obligés de s’agenouiller devant lui.

- Bienvenue dans mon humble demeure, ex-prince Arthur., déclare d’emblée Malthazar qui ne cesse de savourer son triomphe.
- Tant qu’il reste des minimoys en vie, il y a toujours un Royaume minimoy !, lance Arthur avec un ton de défi dans la voix.

Le maître des ténèbres est décontenancé par tant d’assurance et de détermination. Lui qui croyait avoir définitivement brisé Arthur, le voilà qui lui répond ?! Quelle insolence !

- Bien, bien, bien., fit Malthazar en cherchant une réponse appropriée. Vois-tu, mon cher ennemi, ce que tu appelles encore avec fierté « peuple minimoy » est à mon entière disposition. J’en fais ce dont j’en ai envie. Un peuple qui n’a plus de fierté, comme les minimoys donc, n’est plus un peuple et je pense donc qu’ils ne sont plus dignes d’être nommés « peuple ».
- Ils ont fini par cédé, c’est vrai., admet Arthur. J’en ai vu le résultat moi-même. Mais l’idée qu’ils forment un peuple uni est toujours dans leur esprit. Tu ne peu pas tuer des idées à coup d’épées !
- Certes non, mais à coup de fouet tout est possible., répond le maître de Nécropolis du tac au tac. Je prendrais le temps qu’il faudra, car j’ai le temps et à la fin, ils ne se souviendront même plus de leur propre existence. Ils finiront par admettre que les choses ont toujours été ainsi… parce que j’en aurai décidé ainsi.

Même habitué à une méchanceté profonde de la part de M. le maudit, Mino et Arthur restent bouche bée devant tant de cruauté. Mais cette fois Arthur est bien décidé à ne pas se laisser démonter.
« Pas tant que je serais là ! Pas tant que Sélénia sera en vie : jamais tu ne réussiras ! », fini par lui crier le prince.
Malthazar est interloqué par la remarque d’Arthur : Comment peut-il savoir si elle est vivante ou non ? Il pensait bien que le prince en était persuadé lorsqu’il l’a laissé dans la cage ! C’est une chose qu’il ne peut pas comprendre.
« Pas tant que tu seras là dis-tu. », dit alors Malthazar d’un air faussement interrogatif. « Effectivement, je le sais que tu es un obstacle. Un obstacle qui va finalement me servir… d’exemple. Ta mort, ainsi que celle de ton ami qui aura eu le bête courage de t’accompagner, servira d’exemple et brisera à jamais ce que tu appelles encore avec fierté « peuple minimoy ».
S’en est trop pour Mino qui s’évanouie sous l’œil amusé et méprisant de tyran et celui désolé d’Arthur qui regrette d’avoir embraqué Mino dans cette galère.
« Mais en attendant votre exécution publique, vous pouvez disposer de ma demeure comme bon vous semble. », annonce Malthazar à Arthur.
Cette dernière réplique laisse Arthur totalement pantois. Pourquoi est-ce que ce monstre se montre-t-il si généreux ? C’est évident qu’il profitera de n’importe quelle occasion pour s’évader et que s’ils peuvent disposer du palais, c’est la porte ouverte à toutes les possibilités d’évasions. Ils sont donc libres de déambuler librement dans tout cet immense et lugubre château mais il y a aiguille sous roche et Arthur les sait : tout cela cache quelque chose et il aimerai bien savoir ce que c’est. Mais avant qu’il ne puisse poser la moindre question, Malthazar fait un signe au garde qui les a escorté jusque dans la salle du trône : Il soulève de par ses bras puissants Arthur et Mino par le pantalon, les emmènes sur le seuil de la salle du trône, les jette en-dehors de la salle et se poste devant la porte. Apparemment, ils peuvent effectivement disposer du château comme ils l’entendent, mais pas de cette salle en particulier.

- Bon, et bien puisqu’on en est là… autant en profiter., dit Arthur pour se donner un peu plus de courage.
- Qu’est-ce que tu comptes faire ?, lui demande Mino que le choc a fait revenir à lui.
- Trouver un moyen de sortir d’ici !, répond le prince en s’éloignant à grands pas.
- Mais toutes les issues sont gardées !
- Je trouverai quand même !, répond Arthur qui est déjà loin dans le couloir et à plusieurs mètres de Mino.
- C’est impossible voyons !
- On est déjà sortir d’une cellule ou il est « impossible » de sortir !, répond Arthur dans un écho qui se répercute dans le couloir.

Celui-ci vient alors à disparaître dans un angle du couloir ou il s’est engagé et Mino se sent soudain très seul. Il n’a pas bougé du seuil de la salle du trône et fini par se dire qu’il n’est pas très prudent de laisser Arthur tout seul.
« Euh… Arthur ? »
Aucune réponse. La petite taupe se met alors à s’agiter et fini par partir en trombe vers l’endroit ou elle a vu Arthur pour la dernière fois.
« Arthur, attend-moi ! Tu auras sûrement besoin d’aide pour ça ! », s’exclame-t-elle alors qu’elle est en train de courir pour rejoindre le prince.
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MessageSujet: Re: Arthur et la Nouvelle Menace   Dim 30 Déc - 22:25

Chapitre 9

Arthur est en danger, elle le voit. Elle court. Elle essaie de le rejoindre. Tout est flou autour d’elle. Elle voit le prince qui se bat, qui se débat comme il peut contre une chose qu’elle ne voit pas mais qui est pourtant là : elle sent sa présence. C’est comme si une épaisse fumée noire entoure Arthur et soudain l’étreinte se renforce sur Arthur. Il lui tend la main et elle essaie de la saisir mais leurs mains se manquent de peu. Il parle, mais elle ne l’entend pas. Il fini englouti dans l’ombre. Tout est noir et soudain, des flammes. Rien que des flammes. Elle hurle et se réveille, mais ne reconnaît pas l’endroit où elle se trouve. A coté de son lit, elle voit Bétamèche qui est agrippé au dossier de la chaise sur laquelle il était assis quelques instants auparavant.

- Apparemment, tu es bien réveillée Sélénia., dit-il toujours sous le choc. Belle gueulante, bravo. Tu m’as fait sacrément peur.
- Béta…, commence Sélénia encore un peu dans le gaz. Combien de jours est-ce que j’ai dormi ?... Et qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Au moins neuf jours. Et tout t’étais pris une poutre sur la figure lorsque le village avait été attaqué., lui répond son frère.
- Ah oui, je me souviens… le village ! s’écrit-elle tout d’un coup.

Bétamèche prend alors un air grave qu’on ne lui connaît pas habituellement et secoue tristement la tête de droite à gauche. La princesse aurait bien voulu ne pas comprendre mais elle sait ce que cela veut dire et elle ne le sait que trop bien. Elle prend alors ses jambes entre ses bras croisés et se recroqueville dans son lit. Elle ne peut pas empêcher la tristesse l’envahir petit à petit et de grosses larmes se mettent à couler le long de ses joues.

- Et papa ?, demande-t-elle sans changer de position.
- Il a été fait prisonnier par M. le maudit.
- Et Arthur ?, dit-elle avec une voix de plus en plus chevrotante.
- Aussi… Il était à peine arrivé., lui répond Bétamèche avec une grosse boule dans la gorge.
- Miro ? demande alors la princesse, presque noyée dans ses larmes.
- Moi, je suis toujours là., répond Miro qui vient de pénétrer dans la loge de la princesse.
- Miro !, s’exclame-t-elle en se jetant dans ses bras ce qui a pour effet de renverser la vieille taupe face à l’ « assaut » de la princesse.

Sélénia, les yeux toujours plein de larmes, se relève promptement et s’excuse auprès de Miro qu’elle aide à se relever.

- Moi aussi je suis toujours là !, s’exclame Darkos qui vient, lui aussi, d’entrer suivit par un minimoy que Sélénia n’avait encore jamais vu.
- Je me doutais bien que tu n’étais pas du genre à te laisser faire., dit alors Sélénia qui fait de son mieux pour cacher ses larmes.

C’est qu’il faut se montrer le plus dignement possible en toute circonstance quand on est une princesse et ça, c’est encore dans le protocole : Une princesse de sang royale ne doit jamais pleurer en public. Evidemment, là elle se trouve plutôt en comité réduit, mais on peut affirmer que c’est tout comme.

- Mais, qui est-ce ?, fini par demander Sélénia en pointant le dernier venu du doigt.
- Ah, c’est vrai !, s’exclame Bétamèche en se frappant le front du plat de la main. On ne lui a pas encore présenté ! Sélénia, voilà Armand, le père d’Arthur.
- Enchanté., dit Armand un peu embarrassé par la présentation.
- Euh… de même., répond Sélénia qui se force à sourire pour cacher son étonnement. Mais, euh, comment…, bafouille-t-elle.
- C’est un peu compliqué., répond Armand qui a bien deviné le sens de la question. Disons que c’était par un drôle de concours de circonstance que je me retrouve ici.
- Ah., fit Sélénia que cette explication n’a absolument pas satisfaite.
- On t’expliquera plus tard., coupe Bétamèche. Quand tu comprendras enfin quelque quelques chose.

Pour toute réponse, le petit prince a droit à un bon coup de poing derrière la tête de la part de sa sœur.
« Bon ! », s’exclame alors Sélénia. « Est-ce que quelqu’un peu me dire sur le champ tout ce qu’il c’est passé depuis l’attaque du village ? »
Miro reprend alors la parole et lui raconte tout. Après qu’elle ait été assommée par la poutre, Darkos et Bétamèche sont descendus de voiture pour aller la chercher et l’emmener avec eux.
« D’ailleurs, penses à faire un régime parce que ça a été dur de te porter. », coupe Bétamèche, bien content de pouvoir à nouveau embêter sa sœur.
Mais Sélénia, piquée au vif, prend son coussin et l’envoie à la figure de Bétamèche qui en a le bec cloué. Ne jamais embêter Sélénia à propos de son poids.
Après cet interlude, Miro reprend le fil de l’histoire. Il lui dit qu’ils s’étaient caché au Stunning Rapid Bar de Max qui a accepté de les cacher, vu que Darkos est un de ses meilleurs clients : un vrai pilier de bar qui a déjà réussi l’exploit d’assécher Jack, le moustik serveur. Pendant ce temps, les minimoys qui n’avaient plus eu le temps de fuir furent capturés par les séides avec obligation de ne pas leur faire de mal, ou tout du moins de n’en éliminer aucun et ils furent tous emmener à Nécropolis où ils partagent leur temps entre l’esclavage et le repos entassés dans les prison de M. le maudit.

- Et l’épée du pouvoir ?, s’inquiète Sélénia. Elle est toujours en place ?
- Elle n'y est plus., répond tristement la taupe qui, sur le coup, n’ose même plus la regarder en face. C’est M. le maudit qui l’a à présent.
- Hein ? Mais comment ?, s’étonne Sélénia. Seul une main pure peut enlever l’épée de son socle non ?
- M. ne s’est pas embarrassé de ce détail Sélénia., lui répond Bétamèche tout aussi triste que Miro. Les séides ont détruit le socle de l’épée et sont repartis avec comme si de rien n’était.

Miro reprend alors le fil de son récit. Il raconte comment le roi fut fait prisonnier et emmené et s’excuse de n’avoir rien pu faire, mais Sélénia le pardonne. Ca avait peu duré avant qu’il ne retrouve Bétamèche et Darkos chez Max avec elle. Max avait d’ailleurs administré des remèdes koolomassaïs qui avaient plus aggravé son état qu’autre chose.
Entre-temps, en moins d’un jour, tous les Sept Royaumes avaient été conquis par Malthazar et furent asservis, mais aucun de ceux-là ne subit le sort du royaume des minimoys. Le premier Royaume fut purement et simplement effacé de la liste des Terres par M. le maudit qui l’a déclaré « banlieue lointaine de Nécropolis » en attendant de futurs investissements immobiliers. Les autres royaumes furent sont soumis au bon vouloir du nouveau maître et se doivent de rester tranquilles s’ils ne voulaient pas subir le même sort que celui des minimoys. Même le puissant royaume des fourmis de la Quatrième Terre dut se plier aux exigences du dictateur de Nécropolis après avoir subit une attaque comme jamais il n’en avait subit : les escadrons de guêpes cachaient le soleil et des séides arrivaient toujours plus nombreux. Ils durent se soumettre.
Miro, aidé par Bétamèche et Darkos, rassembla le maximum de minimoys qu’il le put et organisa une organisation de résistance. Histoire d’embêter Malthazar dans son rêve de domination suprême, il édite en plus un journal clandestin qui circule sous le manteau et qu’il a pompeusement appelé « Le Minimoy Survivant ». Quelque fois, grâce à des coups de mains, ils aident les esclaves minimoys à s’enfuir. C’est une chose finalement assez facile vu que les minimoys sont utilisés comme main-d’œuvre bon marché partout dans le Nouvel empire de M. le maudit et loués à des particuliers. Il n’y aura jamais assez de séides pour garder tout les minimoys et, quelque fois, ils capturent des séides pour en refaire des minimoys grâce à un centre de déconditionnement rudimentaire mais efficace : Il y a déjà près de quinze séides qui y sont passés et tous sont redevenus de gentils minimoys remontés contre M. le maudit.
Par la suite, Miro en vient à parler de l’arrivée d’Arthur et de sa capture, de comment Armand y a échappé et de comment il s’est retrouvé ici.
Lorsque Miro lui a parlé d’Arthur, les yeux de Sélénia s’embuèrent à nouveau. Elle n’aurait jamais cru que son prince, son amour, puisse se faire capturer par Malthazar, dont elle croyait être débarrassé à jamais.
Mais l’on sait qu’il ne faut jamais dire jamais et la réalité est bien là à présent : le royaume des minimoys n’est plus que cendre, son mari est entre les mains de M. le maudit et il ne reste que très peu d’espoir pour eux deux. En plus, combien de temps encore le petit groupe de résistance que Miro a constitué va-t-il tenir ? M. ne tardera pas à vouloir s’en débarrasser définitivement grâce à la puissance qu’il a acquise. Et qu’est-ce que l’empêcherait par la suite de retourner dans le monde des humains et d’asservir celui-ci ? L’avenir s’annonce bien sombre.
« Mais j’ai un plan. », conclu Miro. « C’est peut-être même notre seul chance de sauver Arthur. Un peu partout dans l’empire on a affiché ceci. »
Il sort de son habit une affiche montrant la tête d’Arthur. Il la lit à haute voix :
« Arthur, qui a depuis trop longtemps défié notre maître à tous M…, empereur et maître perpétuel de l’empire des Six Royaumes, sera exécuté cet après-midi sur la Place Principale de Nécropolis. »
Tous ceux présents dans la salle prennent tout d’un coup des airs funèbres. Sélénia garde son air digne mais en son for intérieur elle commence a sentir une peur panique s’emparer d’elle. Elle essaie quand même de la combattre alors que l’envie de combattre de tyran de Nécropolis se fait de plus en plus forte. C’est pareil pour Bétamèche et Darkos qui n’ont plus qu’une envie, c’est d’en finir avec le tyran.

- Il faut cependant faire très vite si l’on ne veut pas que cela arrive., s’exclame Miro. Maintenant que la princesse est réveillée, vous allez vous mettre en route pour Nécropolis. Oui, même vous !, dit-il a Armand qui se pointe du doigt de manière interrogative. Il faut que vous y alliez tous et sans perdre de temps.
- Il faut… passer par le… raccourci alors ?, demande un Bétamèche sur le point de se liquéfier.
- Oui !, tranche la vieille taupe d’un air de commandant en chef. Il ne faut plus perdre de temps : votre équipement est déjà prêt.

Ils sortent tous en même temps du petit hôpital pour se rendre dans une salle annexe, le bureau de Miro, où l’équipement avait déjà été préparé. Il y a peu d’armes de minimoy et la plupart sont des « prises de guerre » venant de l’armée de Malthazar. Bétamèche n’hésite pas longtemps devant l’arsenal et s’empare de la petite merveille qu’il vient d’apercevoir : Un couteau multifonction mieux que son ancien canif puisque celui-ci à près de cinq cents fonctions dont pointeur à eau, raraga, écormeur de groseilles, ventillaile et cakeheur pour les œufs de libellule. Il est bien évident qu’il fait toujours aussi sabre laser. Darkos n’a pas besoin de se choisir quoi que ce soit puisqu’il dispose dans son arsenal personnel des armes les plus dangereuses qui existent dans l’ensemble des Sept Royaumes. Sélénia se prend une épée toute simple, une des rares qui soient une arme minimoy car rappelons que ceux-ci sont pacifiques depuis bien des lunes maintenant, et un poignard. Elle remarque d’ailleurs à cette occasion qu’elle n’a même plus le sien. Armand, quand à lui, se prend une épée de séide et un arc.

- Vous savez vous en servir ?, demande Darkos, sceptique, à Armand.
- Et pourquoi pas ?!, s’exclame le père d’Arthur

Celui-ci se retourne, faisant passer, sans le faire exprès, la lame de son arme juste devant les yeux du guerrier.

- Oh, je… suis désolé., bredouille le maladroit avant de déglutir devant l’œil terrifiant que lui lance Darkos.
- Ce n’est rien., répond celui-ci. Je vais vous apprendre les bases., ajoute-t-il avec très peu de conviction.

Après avoir fait leur choix, nos amis sortent du QG. Les encouragements des minimoys présent ne sont pas de nature à les rassurer tout au contraire : l’on croirait qu’on va enterrer quelqu’un. Après avoir refermé la porte du QG, le couloir est de nouveau libre et ils l’empruntent en ayant dans leur dos les ruines du village.
Après quelques mètre, Sélénia fini par se demander où ils vont.

- Dit Béta, c’est quoi le raccourci ?
- Franchement, je préfère ne pas en parler sinon je risque de me sentir très mal., lui répond son frère qui n’est pas rassuré du tout.
- Béta. Tu vas répondre à ma question au lieu de te plaindre, sinon je me fâche !
- Bon, bon… c’est une galerie spéciale, un passage qui va très vite d’ici à sous Nécropolis, voilà.

La réponse convient pour l’instant à la princesse mais elle se demande quand même depuis quand ce passage existe. Elle n’en avait jamais entendu parler et cela la rend assez anxieuse.
Enfin, après avoir marché sur bien deux cents mètres et avoir passer une intersection ou Miro, qui ouvre la marche, était passé à droite, les voilà qui arrivent devant un cour d’eau souterrain qui a quand même l’air assez rapide. Sélénia ravale sa salive en voyant ce petit torrent, imitant son frère. Elle vient de comprendre pourquoi Bétamèche ne voulait pas lui parler de ce raccourci : Au fond d’elle-même, elle sait qu’elle aurait fait pareil.

- Pourquoi ne prend-on pas le chemin de la gare ?, demande Sélénia à Miro, autant pour ne pas affronter les remous du torrent que par curiosité. Les noix c’est mieux non ?
- La gare est beaucoup trop surveillée : on y aurait à peine mis les pieds qu’on serait capturé et jeté dans les prisons de Nécropolis.
- C’est effectivement le moyen le plus rapide d’y être, mais pas de la bonne manière., admet Sélénia. Mais il n’y a rien d’autre que ça ?, dit-elle avec un ton agacé et en montrant l’eau du doigt.
- Non., tranche Miro. Plus rapide que ça, ça n’existe pas : Vous serez directement à Nécropolis. De plus M. le maudit en ignore totalement son existence, ce qui est également quelque chose que nous ne devons pas négliger.

Quelque chose la chiffonne dans la réponse de miro, mais elle fini par se dire que ce raccourci en vaut la peine. Elle ne peut toutefois s’empêcher de frissonner à la vue de l’eau.
Un peu plus loin, une sorte de noix est amarrée à un petit ponton. Sélénia suis le fil de l’eau des yeux et regarde vers là où s’écoule l’eau. Elle se rend compte que le cour d’eau d’enfonce dans un tunnel situé plus bas, juste assez large pour faire passer la noix. Soudain, ses oreilles se redressent. Elle vient d’entendre un cliquetis étrange et se retourne pour voir d’où il vient : ce sont les dents d’Armand qui sont en train de faire des castagnettes. Il a tellement la frousse qu’il claque des dents et des genoux et il aurait déjà rebroussé chemin façon formule 1 si Darkos ne se serait pas tenu juste derrière lui, empêchant par là toute tentative de fuite.
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MessageSujet: Re: Arthur et la Nouvelle Menace   Dim 30 Déc - 22:26

chapitre 9 suite :

L’un après l’autre, Bétamèche, Sélénia et Armand, poussés par Darkos, pénètrent l’un après l’autre dans la noix malgré les multiples excuses bidon que chacun des passagers aura sorti pour échapper au voyage. Ils finissent par s’asseoir et ajustent tous leur ceinture de sécurité avec autant d’anxiété qu’un bœuf en route vers l’abattoir. Darkos rentre après eux et s’apprête à fermer la porte quand Miro intervient une dernière fois.

- Très bien, tout le monde est assit ?, demande-t-il rapidement sans même attendre de réponses. Faites bien attention et sachez que la liberté des Sept Royaumes est en jeu. Nous n’avons pas le droit d’échouer : il faut qu’Arthur et Mino reviennent, c’est vital.
- Miro… Tu ne viens pas ?, demande Sélénia, presque terrifiée à l’idée de voguer sur le torrent.
- Non, je reste., tranche Miro. Il faut que je fasse partir la noix : Vous ne pouvez pas le faire de l’intérieur de la cabine. De plus, je dois mettre en place la phase deux de mon plan.

La princesse et les autres acquiescent, bien qu’ils soient tétanisés. Sauf Darkos : le milieu aquatique ne lui fait pas peur. Sélénia vient de se rendre compte que c’est le « vous » de la réponse de Miro qui l’avait interloquée.

- On… on a… déjà testé ce… passage ?, bégaye Armand, mort de peur.
- … Tout à fait !, s’exclame Miro avec un ton embarrassé.

Et pour finir, Miro ferme la porte en leur donnant les dernières indications d’usage : bien s’accrocher, mettre la tête sur les genoux s’il y a trop de turbulences, ne pas fumer (Darkos écrase la racine qu’il vient d’allumer sur le sol), ne pas manger dans la cabine (Bétamèche range le bellicorne qu’il allait avaler dans son sac) et qu’il les attendra au Stnnings Rapid Bar.
Il ferme alors la porte et, après s’être placé derrière un pupitre un peu plus loin, il lance son dernier mot : « Accrochez-vous, ça va secouer ! » et appuie sur un bouton qui relâche l’étreinte de trois bras métalliques qui retenaient la noix. Celle-ci se met tout doucement à voguer en suivant le cours du courant. Petit à petit, elle prend de la vitesse et, alors qu’elle rentre dans le tunnel, elle prend subitement une grosse accélération et se met au rythme du torrent. Dès ce moment, les passagers ont beau s’accrocher où ils le peuvent, ils sont chahutés, balancés dans tout le sens. Le sac de Bétamèche s’ouvre et c’est une véritable brocante qui volent dans tout les coins de la noix dont les sons qui en sortent sont ponctués de voyelles très allongés et de quelques « mots doux » entre Bétamèche et sa sœur, ponctués des interventions de Darkos alors qu’Armand reste muet de peur.
Heureusement pour les passagers, la noix est une noix conçue spécialement pour le torrent. Déjà, elle est étanche. Ensuite, un poids est placé sous le plancher de la cabine pour éviter quelle ne se retourne trop souvent ce qui est pratique pour ne pas se retrouver la tête en bas et surtout pour que les trous d’aérations prévus pour respirer ne se transforment pas en voies d’eau.
Malgré tout cela, nos amis sont balancés dans tout les sens comme dans un rafting mais en cent fois plus secouant. L’impression générale est qu’ils se trouvent actuellement dans un shaker géant.

- J’espère au moins qu’Arthur appréciera que je fasse tout ça pour lui, sinon je lui met mon poing dans la figure, en danger de mort ou pas !!, s’écrit Sélénia pour bien se faire entendre.
- On est d’accord !, répondent les autres, l’approuvant totalement.

La descente de cette noix durent cependant un certain temps : Nécropolis n’est pas la porte à coté et le torrent forme de nombreux méandres. Tous nos héros sont bientôt pris par le mal de mer, sauf Darkos pour qui cette notion est inconnue.

Pendant ce temps, Arthur cherche encore, dans tout le château de Malthazar, le moyen de s’évader. Lui est Mino n’ont aucune envie de savoir ce qui les attends, tout au contraire, d’autant plus que d’après les rares informations qu’ils sont parvenus à soutirer aux gardes, leurs avenirs s’annoncent plutôt… raccourcis.
Non, ils ne peuvent définitivement pas rester les bras croisés à regarder les minutes passer et ils imaginent tous les moyens possibles et imaginables de partir. Mais la porte est trop bien gardée, l’entrée de service tout autant. Il y a trop peu de fenêtres, elles sont définitivement trop hautes et risquent de se briser le cou. D’ailleurs, ils n’ont rien trouver qui ressemble de près ou de loin à un drap ou une corde et les fenêtres donnent toutes sur la Place Principale : ils seraient très vite repris. Ils ont même fouillé un peu partout pour voir s’ils ne trouvaient pas de passages secrets comme chaque paranoïaque du calibre de Malthazar se doit d’avoir à sa disposition, mais ils en sont venus à la conclusion que s’il y a un passage secret, il est forcément sous le trône. Finalement rien : pas une échappatoire.
Arthur se met lentement à désespérer et, à présent, passe son temps à errer dans les sombres couloirs du palais. Encore une fois, le maître de toutes les tortures vient de frapper : libre de circuler, totalement libre mais sans moyen de partir de ce château qui se révèle être une vraie prison. Et toujours avec ce sentiment d’épée de Damoclès au-dessus de la tête, l’angoisse d’un destin auquel on ne peut pas échapper : une exécution inévitable.

- Je suis désolé de t’avoir entraîné là-dedans., fini par dire Arthur à Mino qui l’accompagne toujours.
- Tu n’y es pour rien., répond la petite taupe. Je me suis mis dans cette noix tout seul.
- J’aurai mieux fait de ne pas venir., dit tristement le prince.
- Allons, tu ne vas tout de même pas… Oh !

Mino vient de voir une forme blanche très vague passer dans un coin éloigné du couloir bien qu’il ne puisse parfaitement la distinguer. C’est une taupe, ne l’oublions pas, et la vue n’est pas son fort. Archibald avait bien pensé, par le passé, de faire des lunettes pour les taupes comme Miro et Mino mais il n’est pas lunettier. Il aurait également eu du mal à faire une commande aussi spéciale à un fabricant de lunette, à moins de faire un long détour par l’hôpital psychiatrique. Du coup, l’ingénieux grand-père d’Arthur dut finalement déclarer forfait.
Il n’en reste pas moins qu’elles sont capables de reconnaître certaines formes, mêmes floues, si elles les voient régulièrement. Dans le cas présent, cette forme-là, Mino l’a déjà reconnue et il y a peu de doutes quand au propriétaire de cette forme-là. Il fini par appeler Arthur qui accourt.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as trouvé un moyen pour nous échapper ?, demande-t-il, étant passé de zéro à cent pour cent au niveau du moral.
- Euh, non., répond Mino qui voit directement le visage d’Arthur se décomposer. Mais je suis certain d’avoir vu passer Palmito passer par ce couloir.

Arthur n’attend pas plus de détail et se met à courir dans le couloir, suivit par Mino qui court comme il peut derrière le prince. Palmito, le « corps » du roi lors des cérémonies, ici ! Ca voudrait dire que le roi n’est pas loin non plus, mais il faut avant tout les retrouver. Il ne veut pas crier pour avertir le mogoth, de peur d’alerter Malthazar. Nos deux amis se mettent à courir dans tout les sens, regardent dans chaque pièce sans trouver la moindre trace de Palmito. Arthur est persuadé que Mino n’a pas menti : pourquoi le ferait-il ?
A force de courir, ils finissent par renter dans un séide qui marchait en sens inverse.

- Hé ! Non mais ça va pas ?! Vous pouvez pas faire gaffe où vous mettez les pieds ?!, hurle le séides à nos deux coureurs qui sont restés le cul par terre devant le séides, lui aussi assis sur le sol mais qui se relève rapidement et domine Arthur et Mino de toute sa hauteur.
- Excusez-nous, on cherchait…, répond Arthur, cédant à la politesse mais s’interrompant rapidement.
- Vous cherchez ?, demande le séide d’un air inquisiteur.

Arthur vient de placer deux mots de trop et le voilà à présent sacrément embêté : il est obligé de se justifier mais il ne veut pas dire à ce séides qui il cherche. Mais Mino vient directement interrompre sa réflexion.

- On cherche Palmito !, achève la taupe en toute bonne conscience.
- Ah lui? Je l’ai vu passer par là., répond le séide en pointant le bout du couloir de sa lance. Il ne doit pas être bien loin : il va sûrement à la cellule du roi Maximilien, elle est dans la même direction, deuxième couloir à droite. On le laisse courir : il ne fait même pas de mal à une mouche.
- Euh, ben… merci., balbutie Arthur.
- C’est rien, ravie de vous rendre service. Au fait…

Arthur, qui vient à peine de se relever, s’interrompt. Il a peur de ce qui va se passer. Va-t-il finalement le dénoncer ? Connaissant les séides, c’est très probable.

- … Je peux avoir votre autographe ?, demande gentiment le séide en tendant un stylo et un carnet à Arthur.
- Ben, bien entendu., répond Arthur avec un sourire légèrement forcé. Il prend le stylo et le carnet des mains du séide. A quel nom ?, demande encore Arthur.
- Séides n°24 965G.
- Voilà., dit Arthur en rendant son carnet et son stylo au séide.
- Merci., répond le séide apparemment aux anges.

Arthur, tout en s’éloignant avec Mino dans la direction opposée du garde, se dit que les séides ne sont peut-être pas des pas des lumières mais que là, il n’aurait jamais pensé à un niveau intellectuel aussi bas. En tout cas, ça lui confirme qu’il est bel et bien très célèbre, même chez ses ennemis.
Les deux prisonnier se remettent à courir et, suivant la direction indiquée par le séide, finissent par rentrer dans une énorme peluche toute blanche au détour d’une salle : Ils viennent de retrouver Palmito. Le porteur officiel du roi se tiens là, devant eux. Il faut pourtant une bonne poignée de secondes pour que le mogoth se rende compte de qui vient de lui rentrer dedans à pleine vitesse, même si ce genre de collision n’est pas de nature à le déstabiliser. Passé ce délais, voilà qu’il les prend dans ses bras et les sert fort contre lui tellement il est content de les voir. Nos deux amis, comprimé par la force colossale de cette montagne de poils blancs, ont pratiquement l’impression de sentir leurs os se briser.
« Palmito, qu’est-ce que tu fais ? », demande une voix dont le propriétaire se trouve derrière l’immense masse velue que forme Palmito.
Dans la position qui est la leur à ce moment là, il n’est franchement pas facile à Arthur et à Mino de voir quoi que ce soit si ce n’est du blanc et encore du blanc. Mais cette voix, ils la connaissent tout les deux, c’est celle du roi.

- Majesté ?, articule difficilement le prince Arthur, toujours comprimé par Palmito. C’est moi, c’est Arthur.
- Arthur ?!, s’écrit le roi. C’est bien toi ? Tu es vivant ! Oh quelle joie !
- Oui, je suis vivant, mais plus pour longtemps si…, prononce le prince en s’étouffant.
- Oh, c’est vrai. Palmito, ça suffit. Lâche-les maintenant.

Arthur et Mino s’effondrent par terre et reprennent leur souffle. Il leurs semble qu’il n’ont plus respiré depuis dix bonnes minutes. Ils se relèvent néanmoins et s’avancent vers la cellule du roi tout en se tenant le dos. C’est que ça sert très fort un mogoth, surtout quand il est content. D’ailleurs, le roi avait mis en place un service spécial de massage pour ceux qui faisaient l’erreur d’être dans les bras du roi quand celui-ci est monté sur Palmito, et vu que celui-ci sert très souvent fort, il faut bien deux heures de massage pour remettre quelqu’un d’aplomb, et encore. Là en tout cas, Arthur et Mino s’en sortent bien : Il ne sont pas rester trop longtemps dans l’étreinte du mogoth.
Il n’y a pas que le roi dans la cellule. Arthur remarque également que tous les notables du royaume des minimoys et les membres du conseil se trouvent dans le fond de la prison. Ils viennent de trouver le quartier VIP des geôles de Malthazar.
Arthur aimerait bien faire quelque chose, n’importe quoi, pour tenter de les sortir de leur prison, mais apparemment Palmito lui-même a tenté de s’en prendre aux barreaux et rien n’y a fait. En plus, si d’aventure il arrive à faire sortir le roi de sa cellule, comment sortirait-il du palais alors que tout seul, il n’y arrive pas. Il regarde un peu partout s’il n’y a pas une clef ou quelque chose pour les faire quand même sortir d’ici, mais il n’y a rien.
Arthur n’en peut plus. Il se met à genoux et frappe le sol de rage, maudissant M. le maudit de toutes les malédictions possibles et imaginables sous les yeux désolés de Mino, du roi et de Palmito. Le tyran a bien tendu son filet. Un filet sans aucun trou et qui se ressert toujours un peu plus autour de lui et de Mino. Malthazar savait forcément que tôt ou tard, Arthur finirait pour trouver cette grande cage de métal et qu’il ne pourra rien faire pour les aider. C’est de la fine torture, cruelle et sans pitié comme celles qu’affectionne habituellement le maître des ténèbres. Arthur le reconnaît bien là, à ses pratiques.

- Allons Arthur, voyons., commence le vieux roi. Il faut que tu saches que tu ne peux pas tout faire non plus. Tu ne peux pas porter le monde sur ton dos. Personne ne le peut.
- Mais je peux… je pourrai vous sortir de là, il y a forcément…, enchéri Arthur qui n’en démord pas.
- … un moyen ? Arthur. Cesse donc de te mettre dans des états pareils. Tu sais aussi bien que moi que dans la vie il y a toujours des choix douloureux à prendre. Tu n’as aucun moyen de nous sortir de là pour le moment.
- Mais je ne peux tout de même pas vous laisser là et repartir comme si de rien n’étais !, s’exclame le prince.
- J’ai déjà vécu tellement de choses, crois-tu que je vais en rester là ?, lui demande le roi Maximilien. Fais-moi confiance, nous en sortirons tôt ou tard. Tu es simplement venu trop tôt. N’oublies pas que toujours et en toutes circonstances : « Tout est bien qui fini bien. » Tu verras, c’est avec fierté que tu raconteras cette aventure à mes petits enfants.
- Bien, j’ai compris…, lance tristement Arthur en quittant la salle. Mais je ferai de mon mieux majesté. Même si j’ai peu d’espoir.
- Il faut garder l’espoir Arthur. C’est un des meilleur moyen de s’en sortir., lui répond le roi alors que le prince est en train de sortir, suivit de Mino.

Palmito ne les suit pas. Il préfère rester avec le roi. De toute façon, il y a peu de chance qu’il soit très utile : il ne ferait pas de mal à une mouche et puisqu’il ne peut pas tordre les barreaux de la prion de son maître, il y a peu de chance qu’il leur ouvre des portes.
Arthur s’éloigne la tête basse, suivit de Mino, tout en continuant à penser aux paroles du roi. Puis il fini par se redresser. Le roi a raison, s’il y a des choses que Malthazar ne pourra jamais lui prendre, c’est l’espoir. Et il veut garder l’espoir de revoir Sélénia.
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MessageSujet: Re: Arthur et la Nouvelle Menace   Mar 1 Jan - 22:10

Chapitre 10 :

Le moral d’Arthur chute quand même de minutes en minutes, mais il gardera l’espoir jusqu’au bout. Mais il n’a aucun moyen de s’échapper du piège que lui avait tendu par Malthazar. L’échéance de son exécution semble s’approcher à grands pas et en plus, il va entraîner Mino avec lui et s’il ne s’échappe pas, il ne pourra plus revoir Sélénia, ni sa famille. Archibald, Marguerite, Rose, Armand, Alfred et tout les autres, plus jamais à moins d’un miracle. Mais il a promis au roi de garder espoir et il le gardera jusqu’au bout.
Le prince a compris le plan du tyran de Nécropolis : il va faire de lui un exemple et montrer ce qu’il en coûte de s’opposer à lui afin de briser les dernières volontés de résistance des minimoys. Le petit prince aimerait bien retourner dans la salle du trône et mettre une bonne dérouillé à M. le maudit… mais il a l’épée du pouvoir en sa possession et des pouvoirs qui lui paraissent assez impressionnants. Il n’a aucune chance face à lui et puis de toute manière, il ne veut pas laisser au dictateur l’occasion d’en finir personnellement avec lui. Non, le mieux est d’attendre l’échéance et de garder espoir. Peut-être qu’à ce moment là il pourra aviser mais il devra solliciter rapidement l’ensemble de sa matière grise pour trouver la meilleur des astuces pour s’en sortir. Sans cela, Mino et lui sont perdus à moins de bénéficier d’une aide extérieure.
C’est cela. Alors autant attendre calmement la fin de l’échéance et là il pourra trouver la solution. En attendant, nos deux amis, qui sont toujours piégés dans le palais de Malthazar, ont cessé de chercher une sortie et se sont finalement installés près d’une fenêtre qui donne sur la place principale de la ville, devant le château. Arthur et Mino remarquent qu’une estrade a été montée au beau milieu de la place et qu’il y a un billot qui a été placé au centre de l’estrade. Mais ça n’est certainement pas du bois qu’on va couper sur ce billot au vu de la taille de la hache qu’un garde, du même calibre que celui qui leur avait servi d’escorte jusqu’au maître de Nécropolis, est en train d’affûter sur une pierre à coté de l’estrade. Mino, en voyant ce spectacle, se sent mal.

- Tu… crois…, bégaie Mino avec de très grosses difficultés en montrant de son doigt alternativement la hache et son cou.
- Tu as tout deviné., lui répond Arthur qui se met à transpirer et passe sa main sur son cou comme pour vérifier si sa tête est encore bien attachée.

C’en est trop pour la petite taupe qui reste pantoise pendant quelques instants et se raidit un peu. Elle jette un ultime coup d’œil à la place et finie par tomber à la renverse.
Arthur est cependant trop occupé à suivre l’aiguisage de la hache et d’imaginer tous les plans d’évasions éventuels pour prêter attention à son peureux compagnon de sort.

Pendant ce temps, le quatuor enfermé dans la noix nautique est sur le point d’arriver à destination. Mais ils se sentent comme s’ils passaient par toute les étapes du linge à laver : machine à laver, essoreuse, sèche-linge… Un voyage en noix volante serait, en comparaison à ce rafting d’enfer, une paisible promenade aérienne. Seulement à ce moment même Darkos et l’on sait que c’est vraiment un dur, commence à en avoir franchement marre et à avoir l’estomac tout retourné.
Enfin, au bout de cinq minutes supplémentaires de tangage, la noix s’étant même renversée par moment, affolant les passagers, mais le dispositif est tel qu’elle s’était remise droite aussi sec. Ce dernier mot n’est d’ailleurs plus vraiment adéquat pour les passagers qui sont plutôt « humides » à la fin du voyage. Ils viennent enfin de parvenir au terminus. Celles-ci est conçue de manière très ingénieuse : Une grille barre la suite du torrent qui coule toujours plus loin et la noix ne peut donc pas aller plus loin. Du coup, elle n’a pas d’autre choix que d’emprunter une vois annexe creusée à cet effet et où l’eau est bien plus calme. A peine la noix pénètre dans ce canal qu’elle pousse une manette située dans le fond de la voie qu’elle ne peut pas éviter. Le sol du canal se met alors à se soulever et entraîne la noix dans un creux où elle reste bloquée et où les bords touchent tous les bords du creux. Tout est parfaitement conçu pour qu’aucun des passagers ne tombent à l’eau. La machine qui soulève le sol et l’idée même du raccourci souterrain par voie d’eau sont tout les deux des inventions d’Archibald. En revanche, il semble qu’il n’a pas eu le temps de penser au confort des passagers.
C’est donc des passagers complètement groggy et déboussolés qui sortent de la noix en chancelants, comme si chacun d’entre eux s’était envoyé une citerne entière de jack-fire. En tout cas, la première chose qu’ils font tous c’est de se précipiter vers la berge tout près du torrent et de rendre tout ce qu’ils ont mangé lors de leurs trois derniers repas. Tous sauf Armand : Lui a à peine posé le pied sur le sol, fait quelques pas très mal assurés et patatras, il tombe à la renverse. Sa tête lui tourne tellement qu’il n’arrive même pas à se relever et c’est donc en rampant qu’il se dirige vers la berge, histoire d’imiter ses compagnons de voyage. Lorsque Arthur avait fêté ses treize ans, Armand l’avait emmené dans un parc d’attraction et ils y avaient fait des montagnes russes et des grands huit. Mais ce qu’il vient de subir est de loin le pire.
Mais tous sont désormais sûr d’une chose : plus jamais, même dans des cas extrêmement grave, ils ne mettront leurs pieds dans une noix de ce genre.
C’est en se relevant du bord de la rivière que Sélénia, qui se relève d’ailleurs avant tout le monde, toute honteuse de s’être ainsi donnée en spectacle et de n’avoir pas su résister à cette terrible épreuve, faisant une grosse entorse au protocole, qu’elle remarque qu’un minimoy est en trin de les regarder. Apparemment, il ne vient pas d’arriver et serait plutôt du genre à avoir attendu un certain temps. Ce qu’il voit ne semble d’ailleurs même pas l’étonner.
Celui-ci s’avance vers le groupe et la princesse a tout le loisir de l’examiner de la tête aux pieds. Il porte un large chapeau presque blanc, un foulard en feuille d’érable et se tient bien campé sur ses pieds tout en se tenant la ceinture comme si son pantalon allait partir de son propre chef d’un instant à un autre. Elle remarque également qu’il porte un lance-pierre sur son coté droit. Il continue à s’avancer et alors que le groupe se relève tant bien que mal, l’on remarque également qu’il a une brindille au bec et qu’une mèche de ses cheveux noirs dépasse du bord de son chapeau.

- Alors, c’est vous le groupe que le chef a envoyé pour libérer le prince Arthur ?, demande le cow-boy sans détour.
- Euh, oui., répond la princesse. Elle n’a jamais vu ce minimoy de sa vie mais sent quand même qu’il est digne de confiance.
- Je suis Lychnis, votre contact pour le secteur de Nécropolis, enchanté. Le chef m’a demandé de vous aider.
- Moi aussi, enchanté., répond Béta. Je suis le prince…
- … Bétamèche, oui je sais., l’interrompt Lychnis. Vous êtes la princesse Sélénia., dit-il en désignant ladite princesse. Vous êtes sûrement Darkos et vous êtes… qui ?, demande-t-il en s’arrêtant sur Armand.
- Je suis le père d’Arthur., répond Armand qui s’est à peine remis du voyage.
- Bien., dit sobrement le contact. J’ai été envoyé ici par le chef Miro il y a déjà trois jours. Je devais préparer le terrain à la libération de notre peuple enfermé à Nécropolis mais il m’a averti que les plans ont changé… il faut d’ailleurs se dépêcher : il nous reste du chemin à parcourir et l’exécution aura lieu dans une demi-heure.
- On peut au moins vous faire confiance ?, demande subitement Bétamèche coupant net l’élan de Lychnis. Vous m’avez l’air de faire parti de ces minimoys assez louches qui vagabondent sur les Sept Terres et ailleurs.
- Voici une preuve de ma bonne foi, si vous y tenez tant., répond-il du tac au tac en lui donnant une feuille de bouleau enroulée.

Bétamèche la déroule mais elle lui est arrachée des mains par sa sœur. Le temps qu’il réalise que la feuille n’est pas devenue subitement transparente et qu’elle est entre les mains de Sélénia, voilà que celle-ci la lui rend.

- C’est signé par Miro et de plus, je reconnais son écriture., annonce-t-elle à tous.
- Je confirme., annonce un Bétamèche un tantinet vexé.
- Alors assez perdu de temps !, lance Lychnis. Suivez-moi !

Il les conduit tout d’abord dans une salle annexe du sas de réception de la noix ou se trouvent diverses affaires.
« Avant de continuer, que chacun prenne une cape. », leur lance leur guide.
Rapidement, nos amis enfilent les capes en pelure d’aubergines que leur tend le cow-boy. Elle semble avoir la même allure que des capes en cuir mais elles sont plus légères et la doublure est faite en duvet de pissenlit, l’avantage que cela confère est qu’elles tiennent chauds ce qui n’est apparemment pas du luxe puisqu’il fait plutôt frisquet dans le coin.
« Cela nous permettra de passer inaperçu là-haut, dans Nécropolis. »
Armand s’arrête aussi sec.

- Là-haut ?, demande-t-il, tout en redoutant la réponse.
- Oui., lui dit alors leur guide. Nous nous trouvons actuellement à quelques mètres à peine sous le marché de Nécropoles : il nous faudra bien dix minutes pour remonter à la surface.

Mais Armand n’y comprend plus rien : Comment diable un système aussi sophistiqué que le raccourci par voie d’eau a-t-il bien put être construit au nez et à la barbe de Malthazar ?
En fait, lors d’une des visite d’Archibald dans le monde des minimoys, le roi lui avait demandé s’il lui serait possible de faire un système plus fiable que les noix traditionnelles et qui aurait pu éviter les détournements impromptus dus aux mauvaises rencontres. La voie directe vers Nécropolis, qui ne s’appelait d’ailleurs pas encore comme ça à l’époque, devait être le prototype d’une série de voies navales souterraines. Mais la prise du pouvoir de M. le maudit dans la ville terminus coupa court à tout ces projets et la voie prototype ne fut même pas totalement achevée : elle aurait due être équipée d’un système d’ascenseurs qui aurait permit aux voyageurs de remonter à la surface sans effort.
Mais la peur du tyran ainsi que les conditions de voyage firent que l’on oublia ce moyen de transport et que l’on construisit le labyrinthe au cas où M. le maudit découvrirait l’existence de ce passage. Il n’y a qu’après la destruction de village des minimoys que l’idée était venue à Mino de réutiliser ce passage mais uniquement dans les cas d’urgence. Et là il n’y a pas meilleur cas d’urgence.
Après avoir qu’ils aient enfilés leurs capes, Lychnis emmène nos amis dans un long couloir qui semble tourner en rond vers la surface puis il s’arrête devant une échelle de corde.
« A partir de là, il vaut mieux se faire le plus discret possible : pas d’actions vaines, pas de coup de sang, vous devez tous rester calme. », dit alors Lychnis tout en fixant particulièrement le frère et la sœur du groupe : leur réputation n’est plus à faire. « Ce que je vais maintenant vous dire est très important. »
Tout le groupe l’écoute attentivement sauf Bétamèche qui est plutôt à l’écoute de son estomac qui est en train de gargouiller, et Sélénia qui se demande pourquoi Miro a dit dans son message qu’elle devait se plier aux ordres de leur contact.
« Nous nous trouvons actuellement sous une impasse du coté du marché de Nécropolis. », continu le minimoy cow-boy. « Elle est habituellement déserte mais on ne sait jamais. Je vais donc passer en premier et une fois à la surface, je vous donnerai les instructions à suivre pour le plan de libération.
Tous acquiescent en même temps, bon gré mal gré. Leur guide monte alors l’échelle de corde et ouvre légèrement la trappe qui, dans l’impasse où elle débouche, est pratiquement invisible, à part si l’on colle vraiment son nez sur le sol. Les séides n’ayant pas de nez, cela arrange les choses. Par contre le fait que l’a trappe s’ouvre pourrait au contraire attirer l’attention du séide qui tourne le dos à la trappe mais que Lychnis a vu. Rapide comme l’éclair, il sort son lance-pierre, place son caillou, tend l’élastique avant de le lâcher ce qui envoie le projectile directement sur la tête de sa cible. L’arrière du casque n’a pas résisté au choc et le caillou frappe directement le séide à l’arrière du crâne dans un « gong » sonore qui dit absolument tout sur les capacités cérébrales de celui-ci. Ce dernier s’effondre, assommé et est parti pour une bonne sieste d’au moins quatre heures.
En bas, dans la galerie, c’est à peine s’ils ont vu ce tireur d’élite prendre son arme et Lychnis la remettant le place. Tout ce qu’ils ont vraiment compris, c’est que le bruit qu’ils viennent d’entendre et celui d’un séide qui s’étale par terre. Ils comprennent évidemment que leur guide y est pour quelque chose dans ce qui est de cette action et finissent par se dire qu’il est quand même sacrément doué. Même Darkos, qui pourtant en a vu d’autre en matière de technique de combat, est impressionné par la chose.
« La voie est libre. », leur chuchote leur contact qui ouvre alors la trappe en grand et sort à l’air libre. Le reste du groupe le suit calmement tout en remerciant le ciel que ce minimoy soit de leur coté.
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MessageSujet: Re: Arthur et la Nouvelle Menace   Mar 1 Jan - 22:11

chapitre 10 suite :

Plus tard, à l’autre bout du palais de Malthazar, quelques séides montent encore la garde devant la porte de service et discutent du grand événement qui va avoir lieu dans dix minutes à présent. L’un d’entre eus sort même un ticket pour une place VIS (Very Important Séide) histoire de faire jaser ses collègues de travail et de bien leur faire savoir qu’alors que lui sera au premier rang pour assister aux spectacles, les deux autres devront monter la garde devant les cages mobiles remplies de minimoys qui seront déplacés exprès pour voir l’exécution d’Arthur : encore une idée du géni diabolique de leur maître.
Ils sont toujours dans leur conversation, qui tournait alors à pour combien le séide VIS cèderait sa place, lorsque deux minimoys, un grand mince et avec une allure étrangement féminine et un plus petit rondouillard avec un paquet dans les mains qui a plutôt l’air de vouloir manger le contenu de la boite plutôt que de le livrer, se présentent devant la porte de service et sont accostés par les séides. Ils ont tous les deux une casquette enfoncée sur la tête et une grosse moustache sous le nez. Les séides sont méfiants quand à l’arrivée de ces deux livreurs, en tout cas autant que le peuvent leurs capacités intellectuelles cruellement limitées : le déguisement est assez grossier et l’on voit au premier coup d’œil qu’il s’agit de Sélénia et de Bétamèche.

- Bonjours !, lance Bétamèche peu convainquant. On est des livreurs.
- C’est pour quoi ?, demande un séide d’une voix de vigil vexé.
- Euh… livraison de pizza pour Arthur Bigantol., continue Sélénia en aggravant sa voix.
- Il n’a pas le droit de sortir du palais., reprend le deuxième séide.
- Ben, on ne peut pas la lui remettre à cette porte alors ?, demande Bétamèche un peu plus sur de lui, du moins autant que le peuvent les circonstances.
- Non., tranche le troisième séide qui a bien envie que ces trouble-fêtes disparaissent de sa vue.
- A ben c’est dommage, vraiment., continue Sélénia. La commande a été faite par le… euh, l’empereur en personne.

Cette déclaration ne manque pas de culot mais elle fonctionne. Les séides savent très bien qu’il ne faut pas contrarier le Maître et que surtout, si c’est lui qui a fait cette commande, il n’y a aucune raison pour les empêcher de faire la livraison. Mais les consignes son strictes.

- Sinon, c’est simple : vous faites venir le prisonnier ici et on lui donne le colis.
- Hm… bon, c’est d’accord, on va faire comme ça., conclu un des gardes.

Ce dernier ouvre alors la porte et disparaît à l’intérieur du palais. Il s »absente juste assez longtemps pour que nous comprenions d’où les minimoys connaissent les pizzas.
C’est Arthur qui a introduit cette recette des gens de la surface dans le monde des Sept Royaumes à l’occasion de son troisième voyage, le premier sans incident. Il avait emmené avec lui un certain nombre de fiche de recettes après que ce grand gourmand de Bétamèche le lui ait justement demandé, curieux de savoir comment sont fabriquées les pâtisseries que réussies très bien la grand-mère d’Arthur. C’est donc avec plusieurs fiches de recettes que ce dernier passa d’un monde à l’autre.
Bien que, au grand désespoir de Bétamèche, ils ne puissent pas adapter la grande majorité des recettes puisqu’une bonne part des ingrédients n’existe même pas dans l’ensemble des Sept Royaumes comme le chocolat, la vanille, … Le prince fut intrigué par une recette salée du nom de pizza et qui, elle, est tout à fait concevable dans son monde à lui. Ce fut un succès fou car cette recette est alors totalement originale, faite à base d’œufs de chenilles, les lardons sont alors remplacés par de la carotte auxquelles on a dès lors trouvé une fonction puisqu’on les trouvait aussi dégoûtantes que des radis. On y ajoute du fromage de malamoute venu de la deuxième terre et on peut dire sans détour que cette nouvelle recette a fait la richesse de la plupart des Thoulabas.
L’arrivé de ce nouveau met fut une véritable révolution car, pour la première fois, un met salé dépassa, pour un temps, le nombre de bellicornes mangés sur l’ensemble des Sept Royaumes. Il ne fallut cependant pas longtemps avant que ceux-ci ne reprennent la première place suite à la contre-offensive commerciale des cacheflots qui ont mis en avant le fait que manger des pizzas donne soif. Ce qui est nouveau est systématiquement dangereux, c’est bien connu. Mais cela n’empêche pas le fait qu’actuellement les pizzas sont reconnues et très appréciées.
Mais revenons à présent à Arthur lui-même qui est emmené sans ménagement vers la porte de service, encadré par tout un bataillon de séides. On ne sait jamais.

- Bien, donnez moi cette boite., ordonne le séide à Béta sur le ton d’un sergent-chef.
- Tenez., lui répond Bétamèche qui tremble alors que le séide s’empare de la boite.
- OK. Et maintenant ouste ! Du vent !, tempête le séide. Et que je ne vous y reprenne pas à traîner dans le secteur !

Pour toute réponse, les deux pseudo livreurs s’éloignent. Avant de disparaître dans la foule qui commence à s’agglutiner autour de l’estrade, Sélénia jette un dernier regard en arrière. Elle se sent malheureuse, alors qu’elle savait que son prince se tient juste de l’autre coté de la porte, elle n’a pas pu aller vers lui. A plus forte raison, elle ne le pouvait pas à moi de faire capoter tout le plan et de perdre son amour pour toujours. Il lui faut être forte.
Le séide a attendu que les livreurs soient définitivement hors de son champ de vison pour passer la boite à pizza à son collègue de l’autre coté de la porte qui lui la donne à Arthur. Enfin, la donne…
« Attrape ! » hurle le séide a Arthur qui doit faire un bond pour rattraper la boite. Sa réception est digne d’un arrêt d’un professionnel de rugby mais il s’étale de tout son long dans la poussière. Qu’importe : restant le plus digne possible, il se relève sans même s’épousseter sous les rires des séides. Il fixe alors le lanceur de boite d’un regard hautain que n’aurait pas renié Sélénia et s’éloigne avec la boite, les séides étant redevenus subitement muets.
Après quelques couloirs, il rejoint Mino accoudé à la fenêtre, toujours en sueur. Celui-ci voit revenir Arthur avec un grand soulagement car il imaginait que l’horaire avait été avancé.
« On a plus beaucoup de temps. », lui dit Arthur.
Celui-ci pose la boite sur le rebord de la fenêtre et s’apprête à l’ouvrir. Si ce sont ses derniers instants, il vaut mieux mourir le ventre plein. Mais en ouvrant la boite, ce qu’il voit lui fait remonter le moral comme jamais depuis sa venue dans ce palais : il y a un message de Sélénia écrit à l’envers du couvercle.

- Mon Dieu… Mino !, appelle tout bas Arthur.
- Oui, qu’est-ce qu’il se passe ?, lui demande la petite taupe sur le même volume sonore qu’Arthur.
- Regarde !, lui dit ce dernier en lui montrant le message de Sélénia.

Mino exulte. Il a devant lui la preuve qu’on ne les a pas oubliés. Mais pour Arthur, c’est d’autant plus important : l’assurance définitive que sa princesse est bel et bien en vie et qu’en plus elle sais où il se trouve. Il relit le message griffonné à toute vitesse : « Quand le moment sera venu, soyez près ! Signé : Sélénia. » Près à quoi ? Qu’importe. Arthur et Mino ont finalement retrouvé tout ce que Malthazar a voulu leur enlever en les enfermant dans sa propre demeure : l’espoir, le moral et le courage. Ils savent que quelque chose va être tenté contre le tyran et que celui-ci ne va pas du tout aimer ça.
Mais c’est également un Malthazar encore loin d’être vaincu qui, sur le moment, regarde ses victimes comme une araignée qui s’avance vers ses proies prises au piège de sa toile. Au moment où celui-ci arrive de façon discrète, soit avec seulement une quinzaine de séides, Arthur a juste le temps de faire glisser la boite et son contenu par la fenêtre. M. le maudit se rapproche toujours plus près et nos deux mais n’en reviennent toujours pas de cette remise en forme miracle. Arthur serait même tenté de le toucher pour voir si ça n’est pas du toc mais la présence des séides suffit à l’en dissuader. Mais la vitalité retrouvée de Malthazar ne lui a pas donnée de meilleures pensées. C’est désormais un monstre au visage d’ange.
« Il est l’heure, mon cher Arthur. », se contente-t-il de dire arrivé à la hauteur de nos deux compagnons.
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MessageSujet: Re: Arthur et la Nouvelle Menace   Sam 5 Jan - 21:39

Chapitre 11 :

C’est avec une grande dignité qu’Arthur sort du palais de Mathazar, accompagné de Mino. Arthur sait que jusqu’au bout, il doit rester crédible en tant que condamné, mais ça n’est pas si simple lorsque l’on sait que, quelque part dans la foule, ses amis attendent le moment propice pour passer à l’action. Il ne peut donc pas s’empêcher de jeter de discrets coups d’œil dans la foule amassé pour l’occasion et qui borde le chemin qui mène à l’échafaud.
Mino n’a pas besoin de simuler son abattement : il a tout simplement peur et claque des dents et ça durant tout le trajet. Puis Arthur lui-même se met à douter. Il a beau scruter la foule mieux qu’un scanner, il ne reconnaît personne. Et si ça n’était pas encore un coup fourré de malthazar ? Un bon plan pour lui faire subir la pire des désillusion : celle de croire jusqu’au bout en sa propre libération. Et plus il avance vers l’estrade, plus son enthousiasme s’évanouie et, à contre-courant, le sourire de Malthazar devient de plus en plus radieux, tout comme celui de l’ogre qui attend sur l’estrade et à qui on a donné l’ordre de jouer de sa hache sur cette célébrité qu’est Arthur. Peu de chance que celui-ci ne se contente d’un autographe.
Au loin, derrière la foule, le peuple minimoy a été enfermé dans les cages spécialement prévues à cet effet et son gardé par des compagnies de séides. De là, les minimoys ne peuvent rien faire du tout, sinon assister impuissants à la fin d’Arthur le héro. Le roi n’est pas avec eux : Il a été emmené avec tout les membres du conseil, au sommet de la plus haute tour du palais du tyran. De là, il a effectivement une vue imprenable sur ce qui se passe en bas. Il peut donc tout voir et tout entendre, même si pour le moment tout ce qu’il y a à entendre ce sont les séides tambours qui jouent une marche funèbre à mesure qu’avancent les condamnés. Par contre, la foule garde le silence. Depuis la fois où il a réussi à détruire le premier règne de M. le maudit et après quand il est allé le défier sur les Hautes Terres, la célébrité d’Arthur n’est plus à faire et, malgré les membres de la brigades des mœurs qui les poussent à hurler contre Arthur, la grande majorité des spectateurs reste de marbre.
Avant de monter les escaliers qui mènent à l’estrade, Arthur se risque encore à jeter un coup d’œil dans la foule et il aurait bien hurlé de joie après ce qu’il voit de voir s’il ne s’était pas promis de ne rien montrer qui eut pourrait paraître suspect au dictateur de Nécropolis. Là, dans la foule, au milieu d’une petit groupe de trois encapuchonnés, Sélénia a très légèrement retirer sa capuche pour glisser un coup d’œil complice à son amoureux, un de ces coups d’œil qui veulent tout dire. Pour Arthur, c’est déjà beaucoup. Ce coup d’œil à fait s’envoler tout ses doutes : Sélénia est bel et bien vivante et elle va tout faire pour les faire sortir de là, lui et Mino tout en faisant un pied de nez magistral à Malthazar. C’est alors en toute confiance qu’il monte sur l’estrade, sans rien dire à Mino histoire de ne pas éveiller les soupsons et surtout parce qu’il sait que Mino aurait beaucoup trop de mal à cacher son enthousiasme.
Effectivement, le petit groupe de résistants est là, cachés sous leurs capes qui les rendent méconnaissables. Mais ils restent anxieux et attendent la suite des événements.

- Est-ce que Lychnis est en place ?, demande Sélénia à Bétamèche.
- Oui., répond le prince.
- Et Darkos ?
- Aussi. Arrête maintenant, tout va bien se passer., lui répond Béta qui n’est apparemment plus à sa première réponse.
- Justement, vu que c’est toi qui le dit., dit la princesse avec une pointe de sarcasmes.
- Ah, ben… Hé ! Ca veut dire quoi ça ?!, s’insurge Bétamèche.
- Oh, c’est pas bientôt fini tout les deux !, coupe Armand juste à coté d’eux. Ca commence.
- D’accord. Que tout le monde se tienne près pour le signale., fini Sélénia.

Alors que nos trois comploteurs en herbe vient de finir sa petite discussion, voilà que Malthazar entre en scène et monte sur l’estrade un peu après les condamnés. Ceux-ci se font attacher les mains derrière le dos et Arthur est immédiatement placé à genoux devant le billot qu’il va apparemment inaugurer. Un soupçon infime vient alors se glisser dans l’esprit d’Arthur. Si M. le maudit voulait vraiment lui faire du mal, pourquoi est-ce qu’il ne fait pas passer Mino juste avant lui ? Il a à peine le temps d’imaginer cette idée que ledit dictateur commence son discours, rompant un silence presque lugubre qui n’est finalement pas pour lui déplaire.
« Peuple de mon empire ! », commence-t-il, aussi triomphant qu’un Napoléon après la bataille d’Austerlitz. « Je vous demande de vous souvenir des événements d’il y a cinq ans. Alors que nous tenions notre victoire à porté de mains. Ce sont eux qui nous ont empêché d’accomplir notre destiné ! »
Mathazar, à ce moment-là, dominant toute la scène, ne daigne même pas poser son regard sur Arthur ou Mino mais les désignent vaguement du doigt.
« Et il y a quatre ans, alors que j’avais réussi à passer dans le monde d’en haut… C’est encore une fois ce renégat qui m’a empêché de mettre nos projets à exécution, en conquérant un monde meilleur pour notre gloire à tous ! », lance-t-il alors, tonitruant comme un homme politique haranguant les foules.
« J’ai été retenu prisonnier durant trois longues années, où j’ai été humilié… »
A ces mots, Arthur étouffe un rire qui arrive tout de même à se faire entendre. Après tout, combien de fois n’avait-il pas vu ce tyran aujourd’hui triomphant se prendre des pâtisseries sur la figure, invariablement, dimanche après dimanche ?
« … Mais un soir, la providence est arrivée et m’a aidé à sortir de ma prison, me libérant ainsi de mon triste sort. Elle a donné à mon corps l’aspect qu’il aurait toujours dut avoir. », dit fièrement Malthazar à son peuple qui se retient de bailler : Il a entendu cette rengaine au moins trois à six fois par jour depuis son retour. Mais l’on est bien obligé de participer si l’on ne veut pas se faire choper par la brigade spéciale.
« Néanmoins, je n’ai pas oublié le temps de ces défaites et j’ai décidé de mettre fin à ce passé. La fin du prince Arthur… », à ce moment du discours, le tyran daigne enfin regarder Arthur d’un regard de haine qu’Arthur lui rend bien « … Signe l’arrivé d’une ère nouvelle, c’est celui d’un retour à nos origines. Mais chers sujets, nous voici enfin à l’étape ultime de l’histoire de notre jeune empire. »
Malthazar s’arrête sur ces mots et est applaudi, suite à l’apparition du panneau « applaudir », par tout les séides, acclamé et ovationné par les troupes présentes sur place. Mais il faut bien toute la force de persuasion de la Brigade Spéciale pour faire applaudir la foule et encore, très timidement. Malthazar est grisé par cette ambiance et veut achever par du sensationnel : Il fait un geste au bourreau qui lève très haut sa hache et s’apprête à l’abattre sur la nuque d’Arthur.
Soudain, sorti de nul part, une flèche enflammée se plante aux pieds de l’empereur de Nécropolis après qu’elle ait tracé un magnifique arc de cercle dans les airs. Le temps que passe l’effet de surprise et plusieurs choses vont arriver car il faut faire très vite. Tout d’abord, la flèche enflammée commence à embraser l’estrade, d’abord doucement puis l’incendie prend de l’ampleur. Alors que le bourreau, dont la capacité mentale est encore moindre que celle de son maître, est resté immobile, la hache levée.
Tout autant arrivé de nul part, voilà qu’arrive un minimoy, qu’Arthur ne connaît mais alors ni d’Eve ni d’Adam, monté sur un moustik tout blanc. C’est en fait Lychnis qui arrive avec deux sacs remplis de « larmes de la mort » dérobés à l’ennemi. Le voilà qui se met à les lancer dans les régiments bien rangés de séides, semant la panique dans leurs rangs.
Cette panique se transmet rapidement à la foule qui se met à fuir de tout les cotés dans le plus grand désordre. Au passage, et à la vitesse de l’éclair, comme d’habitude, Lychnis décoche un coup de son lance-pierre sur la hache que le bourreau n’a toujours pas baissée. Le temps que ce dernier remarque que sa hache s’est subitement allégée et voilà qu’il se prend le plat du métal de son armée sur le pied : le cow-boy avait bien prit soin de viser le manche en bois de la hache et l’a brisée du premier coup.
A ce moment-là, alors que Malthazar était en train de s’éloigner, vu qu’un pan de son bel habit de maître du monde était en train de prendre feu, Sélénia et Bétamèche bondissent sur l’estrade en feu et rejoignent les deux prisonniers qu’ils délivrent de leurs liens, à coup d’épée pour Sélénia qui délivre Arthur et à coup de coupe-corde, bien entendu, pour Bétamèche qui délivre Mino. Arthur, à peine libéré et alors que le feu sur l’estrade commençait à prendre une ampleur inquiétante, se jette dans les bras de Sélénia.

- J’ai cru que je ne te reverrai jamais Sélénia., lui glisse-t-il à l’oreille alors qu’il était au bord des larmes.
- Moi aussi… Oh Arthur, si tu savais… si tu savais à quel point j’ai pu avoir peur., lui répond sa princesse.

Arthur ne tient plus. Il oublie tout : les flammes, les séides, Malthazar. Il est là avec sa princesse, celle dont le tyran avait dit qu’elle était morte. Son bonheur est complet, autant que Sélénia qui a bien cru que jamais elle ne reverrait son prince vivant. Ils n’hésite plus et approche leurs bouches afin de faire le plus beau baiser qui n’a jamais été vu dans l’ensemble des Sept Royaumes, sous les yeux de Bétamèche, Mino et de son père qui se met alors à penser que quand il avait rencontré Rose, il y avait également de la fumée et des flammes.
Seulement voilà, la réalité va très vite les rattraper. Bétamèche, dans un calme qui camoufle avec peine sa grande anxiété, s’approche des deux tourtereaux.
« Je ne dis pas ça pour vous embêter ni vous déranger et je fermerai volontiers les yeux en ce qui concerne le protocole. Après tout, vous avez le droit après ce qui vient de nous arriver mais… vous ne pensez pas qu’il y a actuellement d’autres priorités ? »
La remarque de Béta ainsi que l’odeur de brûlé ramène les deux amoureux du septième ciel à la réalité.
« Tu… tu as raison., dit Arthur avant de se précipiter en bas de l’estrade avec sa princesse dans les bras, toute gênée par sa position. Il est immédiatement suivit par Mino, Bétamèche et par son père.
Alors que les fugitifs s’éloignent à toute vitesse à travers la foule paniquée, le maître de Nécropolis, enfin remis de sa surprise, bouillonne.
« Faites bloquer toutes les issus ! », hurle-t-il soudain aux séides. « Que l’armée se mette en état d’alerte et ramener les prisonniers dans leurs cellules ! Je les veux morts ou vif ! »
Le maître est vexé, humilié, blessé dans son orgueil. Encore une fois cet Arthur se sort d’une situation impossible et sans issu. Il aurait pourtant dut se douter que la Résistance allait entrer en action : il aurait même dut utiliser cet événement pour éliminer ces renégats, faire d’une pierre deux coups mais il n’avait pas pensé qu’elle ait été si efficace. Il se jure à lui-même qu’il finira par retrouver le prince Arthur et sa princesse Sélénia et de leur faire payer cet ultime affront fait à sa personne. Mais même au vu de son état d’esprit, il ne semble pas avoir beaucoup d’espoir quand aux chances qu’ont les séides de les rattraper pour le moment.
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MessageSujet: Re: Arthur et la Nouvelle Menace   Sam 5 Jan - 21:39

chapitre 11 suite :

Il est vrai que, noyés dans cette foule hurlante et qui court dans tout les sens, ils ne sont pas si faciles que ça à retrouver. Accompagné de sa princesse, de son père, de son beau-frère et de Mino, Arthur a réussi à semer un bataillon de séides lancé à leur poursuite. Ils ont fini par être piétinés sous les pattes d’un gamoul qui, dans la panique, s’était détaché. Mais l’alerte a été donnée et, dans la caserne à coté du palais, quartier générale de la Brigade Spéciale, on s’active. Les séides qui étaient tranquillement en train de regarder le spectacle ont tout vu de la scène du désastre et de la débandade. Ils s’apprêtent maintenant à partir à la recherche des fuyards. Epées sur le cotés, arbalètes parées, ils sont près à en découdre avec n’importe qui ou presque.
« Aller tout le monde ! », leur hurle un séide qui est probablement un officier vu toutes les décorations qu’il arbore sur son armure. « Il faut absolument retrouver les prisonniers qui se sont échappé et leurs complices, c’est un ordre du maître. », ajoute-t-il avant d’ouvrir grand la porte de la caserne.
Ce même séide s’apprêtait à sortir quand une énorme masse le cogne violemment et lui fait parcourir un trajet en ligne droite vers le mur du fond, derrière les troupes, où il vient s’encastrer profondément. Un grand guerrier, le « presque » que les séides devraient craindre, se tient dans l’encadrement de la porte : C’est Darkos qui est tellement surarmé que même Rambo en aurait peur.
« Coucou, vous vous souvenez de moi ? », demande-t-il en arborant un grand sourire de requin blanc.
La peur paralyse les séides. Ce n’est que lorsque Darkos tranche trois séides d’un coup d’épée et en plante deux autre dans le sol grâce à sa masse télescopique que, de leur unique neurone, leur vient l’idée de réagir. Toute la brigade se jette sur Darkos dans l’espoir de museler le monstre mais, même tous ensemble, ils ne font pas le poids. On ne compte plus les séides qui volent par la porte et les fenêtres à la vitesse d’un supersonique ou ceux qui sont plantés dans le sol ou dans le plafond, les jambes pendant dans le vide ainsi qui les nombreux bas-reliefs en forme de séides qui se sont ajoutés sur les murs ainsi que les puzzles qui furent autrefois des séides. Les murs finissent éventrés et du mobilier il a fait des cure-dents.
La bataille fut brève mais intense. Darkos sort de la caserne avec un air tout à fait satisfait mais il s’arrête un instant sur le pas de la porte. Il prend alors une grande inspiration et donne un grand coup de masse dans l’encadrement de la porte qui vole en éclat. Le bâtiment tout entier se met à trembler de toute part. Darkos à juste le temps de s’éloigner en courant avant que la caserne, en train de se fendiller, de craqueler, ne s’écroule pour de bon. Darkos est tout sourire : sa partie de la mission est un succès et en plus, cela faisait vraiment longtemps qu’il n’avait pas dérouillé comme ça.
Pendant ce temps, Lychnis avait pris de l’altitude sur son moustik pour avoir une bonne vue d’ensemble. Mais les choses se gâtent pour lui, et pas qu’un peu. En relevant le nez, il se rend rapidement compte que des escadres entières de guêpes aux yeux rouges ont pris leur envol et foncent sur lui de tout les cotés. Il essaie autant qu’il le peut de désarçonner les séides qui montent les guêpes mais malgré sa rapidité de tir et ses nombreux ricochés dévastateur dans les rangs ennemis, il se rend rapidement compte qu’il aurait plus de chance d’arrêter la pluie avec ses mains que de vaincre tout ces escadrons.
Il se retrouve obligé de rompre le combat autant parce que les guêpes sont beaucoup trop nombreuses pour lui tout seul mais surtout parce que ses munitions s’épuisent vite. Il fini par être encerclé par les guêpes qui lui fonce dessus. Mais au dernier moment, d’un coup de rêne, il fait un looping et pique vers le sol et plusieurs dizaine de guêpes se rentrent dedans au-dessus de lui à l’endroit où il se trouvait. Redressant son moustik à temps, il arrive juste à apercevoir nos cinq fuyards en train de se diriger vers une des portes de Nécropolis. Lychnis est alors rassuré, l’objectif de la mission que lui avait assigné le chef Miro est accompli. Le temps de le constater et il file vers le puis de lumière qui mène vers l’extérieur, à la surface en évitant au maximum les guêpes qui volent dans tout les sens.
Alors que la foule commence à se dissiper et à rejoindre des abris sûrs, Sélénia finie par remarquer que toutes les issues sont gardées par des séides accompagnés par des grand gardes monstrueux.

- Comment on va faire ?, demande Bétamèche un tantinet inquiet.
- On va t’envoyer en avant pour te faire prendre et comme ça ils seront trop occupés pour nous voir passer., lui répond Sélénia avec une grosse pointe de sarcasme dans la voix.
- Ca c’est pas gentil !, grogne Béta.
- J’ai une idée !, s’exclame Armand en désignant un ensemble de fourrures : On va se cacher sous ces manteaux en attendant que les choses se tassent.

Avant même que quelqu’un ne dise quoi que ce soit, il se glisse sous la fourrure qui lui paraît étrangement chaude. C’est alors que la fourrure se met à bouger et Armand se voit subitement éjecté de sa cachette sans autre forme de procès, par un pied qu’il n’avait pas remarqué. En fait, ce qu’il ne savait pas, c’est que ce qu’il avait pris pour un gros manteau de fourrure est en fait un balong-boto qui s’était caché avec des collègues devant un stand de vêtements.
« Non mais ho ! Il ne faut surtout pas vous gêner ! », Abois le balong-boto à l’adresse d’Armand encore surpris.
C’est alors qu’Arthur s’avance vers son père, toujours le cul par terre, au propre comme au figuré, et l’aide à se relever.

- Tu viens de me donner une bonne idée., dit-il à Armand.
- Ah bon ? Mais comment…, s’interroge le paternel.
- Tu vas voir., lui répond simplement son fiston sans autre explication.

Alors que la panique générale commence enfin à s’estomper, les gardes séides surveillent toujours les allers et venus dans la cité et tout particulièrement aux portes. Uns chose en tout cas, la fête qu’espérait Malthazar a tourné au vinaigre. Il vient de passer du Napoléon d’Austerlitz à celui de Waterloo. Un mot suffit à résumer la situation à ses yeux : désastre. Comble de tout, les minimoys ont applaudi, hurlé de joie au moment de l’évasion d’Arthur et de Mino organisée par la Résistance. Il a même été dit que le roi Maximilien a été vu en train de danser avec un des membre du conseil sur la plus haute tour du palais de Malthazar tellement il était heureux qu’Arthur s’en sorte et de voir que ses enfants étaient toujours en vie.
Depuis, les patrouilles sont renforcées et les portes sont gardées de telle manière que même un minuscule insecte est interrogé sur les raisons de son départ ou de son arrivé dans la ville et tous les bagages sont fouillés. En tout cas, les fuyards ne peuvent plus compter sur le passage fluvial pour une raison simple, le passage ne se fait que vers Nécropolis et pas l’inverse.
Ah un moment, quatre balong-botos se présentent à la porte Ouest de la ville. Il fallait s’y attendre, ils sont immédiatement appréhendés par les séides.

- Où allez-vous comme ça ?, demande un des gardes.
- Nous rentrons chez nous, dans la Cinquième Terre., répond poliment un des balong-botos.

Ils ont tous l’air imposants et portent chacun une grosse valise en bois.
« Nous somme obligés de fouiller vos bagages. Ouvrez-les ! », ordonne les sergent-chef séide.
Les quatre balon-botos ont l’air d’hésiter. Ils ont l’air embêté et le sergent-chef a bien l’impression d’avoir touché le jackpot nécessaire à sa promotion. Mais ils finissent par s’exécuter et ouvre leurs valises. La mine du sergent-chef devient subitement plus maussade. Des provisions pour le voyage vers la terre des Koolo-Massaï, des babioles sans grandes importances, mais aucuns passagers clandestins planqués dans les valises.
« C’est bon. », fini par conclure le chef séide à l’humeur devenue morose. « Vous pouvez passer. »
Les quatre balong-botos sortent donc sans encombre de la cité de Nécropolis tandis que derrière eux un asparguetto s’insurge contre le fait qu’on ne le laisse pas passer parce que ses bagages, très grands car fait spécialement pour sa taille, sont suspects.
Après être sorti du champ de vision de la garde de la porte, les balong-botos s’arrêtent.
« Vous pouvez sortir. », dit l’un d’eux. « Ils ne peuvent plus vous voir à présent. »
A peine a-t-il prononcé ces mots qu’Arthur et Armand sortent de sous ses grandes oreilles, Sélénia et Bétamèche d’un deuxième et enfin Mino d’un troisième.

- Nous vous en serons toujours infiniment reconnaissants., déclare Sélénia solennellement.
- Ouais, c’était sympa de votre part., déclare Béta à sa suite. Je ne sais pas si l’on serait sorti avec ma sœur dans le groupe., ajoute-t-il rien que pour énerver sa sœur qui lui répond par un coup derrière la tête, signe que la pique a marché.
- Ce n’est rien., répond aimablement un des balong-botos. C’est toujours un plaisir d’aider des résistants.
- Et qu’allez-vous faire maintenant ?, demande Sélénia.
- Nous allons retourner à Nécropolis par une autre porte., lui répond-il. Nous avons encore du travail à y faire. D’ailleurs, n’oubliez pas de prendre vos affaires.

Et voilà que le dernier balong-boto sort de sous ses oreilles les différentes affaires ainsi que les provisions qui seront nécessaires à nos amis pour leur voyage vers la terre des Koolo-Massaï.

- Juste par curiosité. Quel est votre travail ?, demande Armand, curieux.
- On se sert de nos oreilles !, répondent en riant les balong-botos qui s’éloignent déjà.

Cette réponse a le mérite de laisser notre pauvre Armand totalement dans le vague. Il ne peut évidemment pas savoir que les balong-botos se servent effectivement de leur oreilles mais c’est pour balayer les rues.
Le groupe s’éloigne alors afin de rejoindre le point de rencontre fixé par Miro, soit le Stunnig Rapid Bar de Max, non sans avoir une dernière fois remerciés les balong-botos de leur aide. Nos amis doivent faire vite, mais pour arriver sur la Cinquième Terre, ils doivent d’abord traverser une bonne partie de la Sixième. En regardant le ciel à la sortie du cœur de l’empire de M. le maudit, Bétamèche remarque qu’il ne doit pas être loin de midi passé… ce que lui confirme son estomac qui se met subitement à grogner comme un lion qui n’a pas eu sa portion de viande fraîche depuis trois jours.

- Dites…, commence Bétamèche tout doucement.
- Pas maintenant !, répondent en cœur Arthur et Sélénia avant même qu’il ait dit quoi que ce soit d’autre.
- Mais j’ai faim !, se met à râler le petit prince.
- Il n’a pas tout a fait tort je dois dire., ajoute Armand qui tente désespérément de se souvenir en quelle année il avait pris son dernier repas.
- Nous n’avons pas le temps., lui répond sèchement Sélénia, comme à son habitude lorsqu’elle est contrariée. On doit être au Stunning Rapid bar le plus vite possible.
- Et vous il faudrait que quelqu’un vous apprenne la politesse !, répond Armand, vexé de se faire ainsi réprimander par quelqu’un qui est, tout de même, sa belle-fille.

Sélénia reste un moment interdite, mais elle encaisse sans broncher. Elle garde toutefois un coin de mémoire pour cette réprimande d’Armand et se promet de la lui faire payer un jour : On ne réprimande pas une princesse de sang royal sans en payer les conséquences.
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MessageSujet: Re: Arthur et la Nouvelle Menace   Dim 23 Mar - 10:16

chapitre 12 :

Au-dessus d’eux à a peine quelques mètres, Archibald est toujours accoudé à la rambarde du balcon, les yeux dans le vague. Dans quelques minutes, le gouverneur en personne sera là. En d’autres circonstances, il aurait pris ça comme un honneur sans nom mais là, celui-ci vient tout bonnement le chasser de chez lui. Mais le vieil homme ne veut pas se laisser faire. Non, il ne lâchera pas sa maison, pas sans s’être battu jusqu’au bout. C’est sa mission. Les minimoys l’on surnommé « le bienfaiteur » et il va tout faire pour être digne de ce titre : Il protégera les sept terres même si pour cela il doit aller jusqu’au bout.
A ce moment, il aperçoit un nuage de poussière s’élever au loin sur le chemin de terre menant à sa maison.

« Les voilà. », commente-t-il tristement.

C’est en effet une grosse limousine sui vient de garer devant la maison dans un épais nuage de poussière. Archibald est là, devant la porte de sa demeure et voit quatre personnes sortir de la voiture. D’abord le chauffeur, histoire d’ouvrir la porte aux passagers assis à l’arrière de la voiture. Ils sortent l’un après l’autre : Tout d’abord Etienne qui, comme convenu, est revenu avec le gouverneur de l’état et son secrétaire. Ce dernier est un homme bien bâti que l’on devine droit dans ses bottes, blond et vêtu d’un splendide costume trois pièces bleu marine. Il est grand, pas jusqu’à dépasser un membre de la tribu des Bogo-Matassalaï, mais il ne doit pas être loin du mètre quatre-vingt-dix. A coté de lui, le gouverneur lui-même fait grise mine tellement son secrétaire en impose. Lui arbore un costume noir à faire pleurer la Mer du Nord et, malgré son sourire, on sent comme une certaine gène émaner de lui.

- Monsieur Suchot !, l’interpelle Etienne Jones avec son sourire habituel. Ravi de vous revoir.
- Je ne peux pas vous dire si c’est réciproque ou non., répond Archibald tout bas.
- Euh… je vous présente Mr le gouverneur..., dit alors le fonctionnaire.
- Enchanté Mr Suchot, dit ledit gouverneur en lui serrant vigoureusement la main.
- … Et son conseiller et secrétaire.
- Bonjours., lui dit simplement le conseiller restant aussi froid qu’on bloc de glace.
- Tout le plaisir est pour moi., s’efforce de dire le grand-père en tentant d’être le plus courtois possible. Nous pourrions peut-être discuter de notre affaire à l’intérieur si vous le voulez bien.
- Volontiers !, répond le gouverneur en lui emboîtant le pas suivit de son conseiller et du croque-mort du matin.

Alfred, lui, ne comprend décidément rien à rien à tout ces gens qui arrivent et qui reviennent à la maison. Par contre, il parierait son meilleur os à moelle que tous ces gens ne sont pas là pour rigoler. Aucune chance donc pour qu’ils jouent à la balle avec lui. Tant pis : Il jouera donc tout seul, comme d’habitude quand ses maîtres sont aux abonnés absents. De toute façon, ça ne l’a jamais dérangé. Mais d’ailleurs, où a-t-il bien pu la mettre cette balle ?
Le fidèle compagnon se lève donc et commence à renifler, la truffe au vent et perçoit une petite odeur. C’est qu’il est curieux notre Alfred. Il en oublie illico sa balle juste pour savoir d’où peu bien venir cette odeur bizarre. Tournant autour de la maison, il fini par en découvrir la source. En effet, ne viendrait-elle pas de ce trou dans le jardin ? Il y a même une petite fumée qui en sort. Mais Alfred hésite. Est-ce qu’il doit gratter afin de voir d’où vient exactement cette odeur ? La tentation est forte malgré l’interdiction formelle de papy Archibald qui lui a signifié plus d’une fois que gratter dans le jardin est interdit ! Mais la curiosité est très forte cette fois. Soudain, une guêpe lui passe directement sous la truffe, suivie par beaucoup d’autres guêpes. Alfred s’affole : La seule fois où il a eu affaire avec ces bestioles, c’est lorsqu’une guêpe lui avait piquée la truffe. Non seulement ça lui a fait horriblement mal mais les plaisanteries d’Arthur et de mamy Marguerite sur sa truffe qui avait doublé de volume lui avait déconseillés d’avoir à nouveau affaire avec elles. Depuis, il a une peur panique de ces insectes et ne pense plus qu’à une chose, c’est de fuir !
Alfred se carapate à la vitesse d’un avion supersonique et va trouver refuge au fond de sa niche.

Au fond du trou, c’est bien sûr l’estrade qui finie de se consumer qu’a senti Alfred. Il venait de retrouver le passage de Nécropolis vers le monde extérieur. Dans la ville de M… le maudit, la panique semble être retombée et les choses ont repris leur cour normal : Les minimoys, à l’exception de ceux qui ont été choisi pour réparer les dégâts et nettoyer la place, sont retournés dans leurs cellules tout comme le roi Maximilien et son conseil. Par contre, le nombre de séides-soldats en patrouille a augmenté, sûrement parce qu’il n’y a plus assez d’agents de la brigade spéciale dont la caserne a été détruite par Darkos. D’ailleurs, des minimoys sont en train de la reconstruire, sous les coups de fouets des gardes. Leur sort est décidément moins enviable encore que celui des hébreux en Egypte, il y a très longtemps.
Alors que les ruines de l’estrade cessent de fumer, il y en a un autre, dans son palais, qui fulmine encore. C’est Malthazar, évidemment, qui n’arrête pas de tourner en rond. Et dire que ce jour promettait d’être mémorable. Oh oui, il l’a été, mais pas du tout dans le sens escompté par le tyran.

« Dire que j’avais tout prévu sauf ça ! », n’arrête pas de répéter Malthazar pour lui-même. « J’aurai pu éliminer toute résistance et j’aurai enfin pu commencer à… »

Il enrageait encore plus fort quand on l’interrompt.

- Maître ?, demande un séide qui se tient à genoux devant la porte.
- Oui ! Quelles nouvelles ?! J’espère pour vous qu’elles sont bonnes !, rugit l’empereur.
- Malheureusement…, commence le séide qui déglutit en même temps. Il semblerait bien que le prince Arthur et ses complices aient réussi à fuir…

M… le maudit prend cette nouvelle comme à son habitude : mal. Il s’approche doucement du séide messager porteur du rapport de police.
Dire que le séide a peur de ce qui va lui arriver est un doux euphémisme. Celui-ci est en train de produire tellement de sueur que le liquide commence à dégouliner hors de son armure. Histoire de sauver sa peau, il termine le message destiné à son maître.

- … Mais nous avons réussi à en attraper au moins un.
- Ah ! Enfin une bonne nouvelle., s’exclame Malthazar. Et où est-il ?
- Nous l’avons mis dans une cellule à part en attendant vos ordres sir.
- Très bien. Conduisez-moi à lui., ordonne-t-il au séide. J’ai l’impression qu’il a beaucoup de choses à nous apprendre.

Le gouverneur a également beaucoup de chose à apprendre à Archibald, notamment des choses que ce dernier n’aurait même pas voulu savoir. Celui-ci lui expose en détail, aidé par son conseiller, le plan d’urbanisation qui avait été conçu par Davido il y a près de cinq ans : De hautes tours de béton, sorte de clapiers à lapin pour travailleurs de bas salaires. Fini le jardin, la forêt, la petite maison et son chemin tortueux et place au moderne qui ne jure que par le béton, le bitume et quelques arbres plantés pour la circonstance. L’homme ne s’adapte plus et s’impose, triste marche en avant du progrès qui ne connaît plus que la couleur grise, triste nuance entre le blanc et le noir. Donc fini aussi le vert, le violet, le mauve, le bleu, le brun et bien d’autres couleurs encore.
Archibald sait tout cela et regarde le plan d’un œil vide, prêtant à peine attention aux explications que lui fournit le trio de fonctionnaires plantés devant lui, sur le divan. Derrière lui, sa femme l’imitait parfaitement tandis que Rose essayait de suivre autant qu’elle le pouvait. Archibald aurait volontiers prit le plan que le conseiller avait étalé sur la table pour le mettre au feu. Il n’aime pas ces projets architecturaux que l’on dit révolutionnaires : Dans dix ans, se dit-il, on les trouvera hideux à souhait, si ce n’est dans cinq ans. Lui qui avait vécu en Afrique durant de longues années sait que tout ce dont on a besoin pour vivre c’est d’avoir un toit, quel qu’il soit, au-dessus de la tête, de quoi boire à sa soif et de quoi manger à sa fin est être en compagnie de ceux qu’on aime, rien de plus. L’expérience lui a aussi appris que celui qui s’adapte à bien plus de chance de réussir là où échouent ceux qui s’imposent.

- Evidemment !, s’exclame le gouverneur, ce qui tire notre explorateur de sa réflexion. Il n’est pas question de ne pas rendre hommage aux services que vous avez rendu au pays. Je crois savoir que vous êtes un explorateur chevronné et que vous avez participé à la Première Guerre mondiale.
- C’est tout à fait vrai., enchaîne Archibald visiblement trop content de parler d’autre chose que l’immobilier et la probable destruction de son chez-lui. J’ai participé à cette guerre en Afrique.
- En Afrique ?, s’étonne le gouverneur et le croque-mort au sourire de vendeur de dentifrice. Il me semblait que la guerre ne s’était déroulée qu’en Europe ?

Marguerites et Rose qui, jusqu’à présent, n’avaient brisées leurs silences que pour faire une ou deux remarques, ce mettent à écouter d’une oreille plus attentive. Archibald parle très rarement de ce qu’il a fait durant la guerre, mis à part quand il avait un petit coup dans l’aile, et maintenant qu’il a lancé le sujet, il ne peut plus faire marche arrière.

- La guerre n’a pas eu lieu qu’en Europe, monsieur le gouverneur, mais également en Afrique où l’Allemagne possédait des colonies.
- Et où étiez-vous ?, demande le conseiller avec un œil intéressé.

Archibald sent que cet homme en connaît un rayon sur le sujet. De plus, il lui semble qu’il a quelque chose à cacher. Le grand-père va donc jouer franc-jeu et raconter son histoire sans rien laisser de coté.

- En 1914, j’ai été affecté à un régiment du génie de l’armée coloniale anglaise. En face, nous avions pour adversaire les troupes allemandes commandées par les redoutable, et admirable, colonel Lettow-Vorbeck. Un sacré bonhomme ce colonel, des hommes comme on en fait plus. Il a tenu tête à une armée de près de cent trente milles hommes alors que lui-même n’en avait que près de douze milles. Et encore, ses troupes étaient surtout constituées par des Africains.
- Oui, certes. Mais parlons de vous., repris le secrétaire qui cache à peine son envie de pousser le vieux soldat dans ses derniers retranchements. Avez-vous lié des amitiés en Afrique ?
- Bien entendu. J’ai même encore des amis Africains. Je suis citoyen d’honneur de la tribu des Bogo-Matassalaï.
- Oui, bien entendu. Mais je parlais d’amitié liée pendant la g…

Mais le gouverneur est un homme impatient et s’il y a une chose qu’il ne peut pas supporter, c’est bien le hors sujet. En plus, celui-ci semble bien parti pour durer.

- Et si nous revenions à notre affaire., déclare le gouverneur.
- Euh, oui, bien entendu., s’excuse le conseiller. Sachez, Mr Suchot, qu’en compensation de votre bienveillante coopération à ce projet, une rue de l’ensemble immobilier sera à votre nom. Sachez également que nous sommes près à vous offrir beaucoup d’argent pour le terrain et votre propriété. De plus, les propriétaires voisins ont déjà tous acceptés notre offre.
- Oui, pourquoi pas… Mais moi, je ne vois tout simplement pas l’intérêt d’abandonner ma maison. J’y tiens plus que vous ne pouvez vous m’imaginer. En plus, vous semblez oublier qu’on me l’a offerte pour service rendu., réplique le vieil homme qui n’a visiblement pas l’intention de se laisser faire.
- A ce que l’on sache Mr Suchot, vous n’êtes pas si pauvre., lui répond Etienne qui était jusque-là resté silencieux. En plus de l’argent que nous allons vous donner, vous pourrez refaire votre vie n’importe où.
- Mr Breit ?, dit alors le gouverneur comme il l’avait prévu dès le départ.

Le conseiller se lève alors et sort de sa serviette une énorme liasse de billets de banques. Rose, en voyant cette abondance d’argent dans une seule main, autant qu’elle n’en a jamais vu, à les yeux qui pétillent. Il n’est pas difficile de s’imaginer que si elle était à la place de son père, à la vue de tout cet argent, elle aurait signé sans hésiter. Seulement voilà, elle n’est pas à la place de son père et la vue de cette liasse aurait plutôt tendance à l’exaspérer. Mais il sait se contrôler et rester courtois.

- D’abord, j’aimerai que l’on revoie le plan si vous le voulez bien., dit-il après un court temps de réflexion.
- Mais bien entendu !, s’exclame le gouverneur qui se penche de nouveau sur le plan. Celui-ci a bien l’impression que le pigeon va signer dans les minutes qui vont suivre. C’est normal car personne ne peut résister à l’appel des billets verts.
- Voilà, il y a ce point qui me chiffonne un peu., précise Archibald en posant son index sur un point précis du plan. A quoi serviront ces bâtiments ? Il ne s’agit pourtant pas d’immeubles ?
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Arthur et la Nouvelle Menace

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