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estival de BD de Solliès-Ville. Créateur avec sa femme Céline, de l’univers d’Arthur et les Minimoys, le dessinateur six-fournais fourmille de projets. Rencontre et explications.
Pour la dernière journée du festival de Solliès-Ville, l’ambiance a été plus que chaude. Après la fraîcheur des deux premiers jours, le thermomètre s’est mis au rouge. Sous les tentes de l’un des festivals les plus sympas du genre, dixit les auteurs, on accuse le coup. Mais il en faut plus pour décourager les aficionados et autres traqueurs de dédicaces prêts à attendre une heure pour obtenir l’objet de leur désir. Si Bilal n’a pu venir cette fois-ci, d’autres invités valaient le déplacement : Tardi en personne, l’auteur d’Adèle Blanc-Sec et adaptateur entre autres de Léo Mallet (lire La Marseillaise du 26/08), François Schuiten et Benoit Peeters, Soleils d’or de cette édition 2007, venus avec leur monde étranges des Cités obscures, Jean-Claude Denis, Lewis Trondheim, Berberian, Batem, Dany, Arleston et son Lanfeust de Troy, le dessinateur de Largo Winch, Philippe Franck… On en passe et des tout aussi talentueux.
« Nous aimons raconter des histoires ».
Sur la place du village, les deux cafés ne désemplissent pas, alors que le festival touche à sa fin. Une autre star se fait attendre : Patrice Garcia, dessinateur et créateur avec son épouse, Céline, d’Arthur et les Minimoys, rendus célèbres par le film de Besson.
Le premier a été le directeur artistique du film, la deuxième a écrit l’histoire. « Mais je laisse parler Patrice, il fait ça beaucoup mieux que moi », glisse Céline Garcia, passionnée de cinéma, alors que tous les deux viennent de recevoir le prix du meilleur album jeunesse de Solliès.
« Avec Céline, on vie ensemble, alors le travail est très simple. La vie de l’un et de l’autre est importante. On fait des histoires qui se nourrissent au fil des échanges. On aime les histoires, les raconter. On aime les gens qui rêvent, les gosses, et on aime donner du rêve. Parfois des choses sortent : c’est une prolongation de nos vies. Là, le travail commence. Et ce n’est pas facile à faire : il y a plein de projets qui meurent dans les cartons à dessin, des choses magnifiques qui partent dans l’oubli. Enfin, il faut savoir mourir l’épée à la main… » Queue de cheval, barbe fournie, Patrice Garcia ne manque pas de panache.
La suite d’Arthur et les Minimoys en préparation
Six-Fournais d’adoption, l’auteur est peintre, dessinateur de BD, designer, homme de cinéma, et fourmille de projets. « On redémarre avec Luc Besson sur la préparation des numéros deux et trois d’Arthur et les Minimoys qui sortiront dans la foulée. Il y a un timing de fabrication très serré : cela représente deux ans de travail, de recherche. Mais cette fois-ci, je ne les suivrai de la même manière, le film étant désigné par l’équipe graphique du premier épisode. D’autre part, je donne la main à un autre film, celui de Rudolphe de Carini, Trax. C’est un projet qui doit être tourné à Marseille. De la science-fiction ou plutôt une vision poétique sur l’univers du cirque ».
D’autres projets avec Besson ? «Il m’a proposé de travailler sur un nouveau film, quelque chose de très intéressant. On se rejoint dans nos domaines respectifs, nos vies se croisent dans le travail et je ne suis qu’un intervenant dans son empire. Et cela fait 15 ans que ça dure, depuis le 5ème élément ! »
Série d’animation avec des marionnettes
Mais un autre projet est sur les rails : « Actuellement, je suis surtout rentré en production sur une série avec des marionnettes », poursuit-il. « C’est un projet rigolo, de 52 épisodes de 13 minutes, qui a un rapport avec l’enfance et l’écologie, avec des personnages dans la forêt, de la magie. On veut faire une sorte d’état des lieux en matière d’environnement sans donner de leçons. Là, on veut sortir de l’animation classique, avec un mélange des genres qui se situe plutôt du côté de Dark Crystal».
« La particularité est que l’on veut tout faire dans le sud, tout en travaillant aussi au Canada et à Paris », insiste-t-il. « L’idée n’est pas de créer une structure énorme, mais de monter un outil de travail qui puisse perdurer dans le temps. Pour cela, il faudrait que l’on trouve un lieu dans les zones industrielles de l’agglomération toulonnaise. On veut rassembler les énergies. France Télévision est derrière nous, on leur a déjà montré deux pilotes, ainsi que Artmelle et Maybe Movies ».
Il conclut : « Ici, il y a beaucoup d’énergie. Si on va s’entourer de grosses pointures, nous voulons aussi embaucher des jeunes qui ont envi de bosser pour manipuler les marionnettes. Les prendre le temps qu’ils apprennent, un ou deux mois, histoire qu’ils grandissent avec nous. Mais pour l’instant, tout ça est une chimère : ce qu’il faut c’est tenir le cap »